Après la tuerie de Parkland, M. Trump s’était dit ouvert à de nouvelles mesures sur les armes tout en refusant d’envisager l’interdiction des fusils d’assaut.

Trump devant la NRA pour soutenir le lobby pro-armes

DALLAS - Le président Donald Trump doit afficher vendredi son soutien au premier lobby américain des armes, la NRA, six semaines après la plus grande manifestation contre les armes à feu de l’histoire des États-Unis qui n’a toutefois pas fait avancer la législation sur ce sujet.

M. Trump s’exprime à la mi-journée à la tribune de la convention annuelle de la National Rifle Association (NRA), dans la ville texane de Dallas.

C’est la quatrième année de suite que Donald Trump assiste à cette convention. Autre signe de ce soutien sans faille, il est accompagné du vice-président Mike Pence qui doit également s’exprimer.

Mais l’évènement s’inscrit cette année dans un contexte de critiques contre les fabricants d’armes et la dissémination des fusils d’assaut dans le pays, après une tuerie le 14 février qui a fait 17 morts dans un lycée de Floride.

Le tireur, Nikolas Cruz, âgé de 19 ans, avait ouvert le feu dans son ancien établissement de Parkland avec un fusil semi-automatique type AR-15, acheté légalement malgré des antécédents psychologiques.

Le drame a généré une mobilisation nationale, aiguillée par les lycéens rescapés de la fusillade, pour exiger un durcissement de la législation sur les armes à feu, qui font plus de 30 000 morts par an dans le pays.

Un événement national, baptisé «March for Our Lives» («Marchons pour nos vies»), a rassemblé le 24 mars plus d’un million de personnes dans les rues des États-Unis et ailleurs à l’étranger pour cette cause.

Après la tuerie de Parkland, M. Trump s’était dit ouvert à de nouvelles mesures sur les armes tout en refusant d’envisager l’interdiction des fusils d’assaut.

Armer les enseignants

Le président républicain a pris une mesure relativement consensuelle en demandant l’interdiction des «bump stocks». Ce dispositif qui permet de tirer en rafale a été utilisé lors de la fusillade la plus meurtrière de l’histoire du pays: 58 morts lors d’un concert de musique country à Las Vegas (Nevada) en octobre 2017.

Reprenant l’antienne de la NRA selon qui «la seule façon de stopper un méchant avec une arme est de lui opposer un gentil avec une arme», il a aussi défendu l’idée d’armer les enseignants, alors que cette mesure très controversée est catégoriquement rejetée par nombre d’élus du Congrès, démocrates comme républicains.

Il a également évoqué le relèvement de l’âge légal pour acheter des armes semi-automatiques, de 18 à 21 ans, une idée combattue par la NRA.

Dans les faits, aucune avancée législative majeure n’a été opérée, le Congrès à majorité républicaine y étant opposé.

Le lobby pro-armes, qui revendique environ cinq millions de membres, est pour beaucoup dans cet immobilisme. Il défend bec et ongles le deuxième amendement de la Constitution qui protège le droit pour un citoyen de détenir une arme, une culture qui reste présente dans la société américaine. Pour faire avancer ses idées, la NRA influence, financièrement et politiquement, les politiques au niveau local et national.

La venue des deux têtes de l’exécutif a d’ailleurs été annoncée par la NRA-ILA, la branche de l’organisation chargée du lobbying politique auprès des élus.

Après Parkland, le président de la NRA, Wayne LaPierre, a notamment dénoncé «la politisation honteuse de la tragédie», en référence aux appels à une régulation plus sévère. Sa porte-parole, Dana Loesch, fustige régulièrement «les médias dangereux» qui s’affichent anti-armes.

La NRA a soutenu Donald Trump sans réserve tout au long de sa campagne. Celui-ci lui a bien rendu en affirmant: «Il n’y a pas de plus grand admirateur du deuxième amendement et de la NRA que moi».

Outre MM. Trump et Pence, la convention accueille les deux sénateurs républicains du Texas, État où la culture des armes à feu est particulièrement vivace.

Paradoxalement, les armes seront bannies du site de la réunion, conformément aux ordres du Secret Service, la police d’élite chargée de la protection des hauts responsables aux États-Unis.

Trump se défend d’avoir changé de version sur l’affaire Stormy Daniels

Le président américain Donald Trump s’est défendu vendredi d’avoir changé sa version des choses sur l’affaire Stormy Daniels, du nom de l’actrice de films X qui soutient avoir eu une liaison avec lui en 2006, en accusant les médias de colporter des «conneries».

M. Trump avait jusqu’ici assuré ne rien savoir du versement, par son avocat personnel, de 130 000 dollars à l’actrice porno en échange de son silence.

Mais visiblement en difficulté, le président américain a radicalement viré de stratégie jeudi, en admettant remboursé à son avocat les fameux 130 000 dollars.

Il s’est pourtant défendu de tout changement vendredi.

«Nous ne sommes en train de changer aucune version», a-t-il rétorqué vendredi à une journaliste qui lui demandait pourquoi il avait modifié sa position.

«Tout ce que je vous dis, c’est que ce pays marche tellement bien en ce moment, et parler de ce genre de conneries, et parler de ces chasses aux sorcières tout le temps, c’est tout ce dont vous voulez parler», a-t-il lancé en référence aux médias.

En avril, interrogé par la presse à ce sujet, M. Trump avait affirmé qu’il n’avait pas eu connaissance du paiement.

À la journaliste qui lui rappelait sa réponse vendredi, le président américain a dit de «retourner voir [...] ce que j’ai dit».

«C’est une chasse aux sorcières», a-t-il lancé.