Donald Trump était initialement interrogé sur son fils aîné, Donald Trump Junior, qui lors de la campagne présidentielle de 2016 avait participé à une réunion avec des personnes qu’il pensait mandatées par Moscou, et qui lui avaient promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate Hillary Clinton.

Trump accepterait des informations d’une puissance étrangère sur ses rivaux

WASHINGTON — Donald Trump était jeudi assailli par les critiques, y compris dans son camp, pour avoir affirmé qu’il était prêt à accepter des informations compromettantes d’une puissance étrangère sur ses rivaux, malgré la tempête judiciaire déclenchée par les contacts entre son entourage et Moscou en 2016.

«Honteux», «choquant», «une erreur»... Les déclarations du président américain ont alimenté les appels des démocrates favorables à l’ouverture d’une procédure de destitution, mais aussi les critiques de proches alliés républicains.

Interrogé mercredi par la chaîne ABC pour savoir s’il accepterait des informations compromettantes sur ses adversaires, venues par exemple de Russie ou de Chine, ou alors les transmettrait au FBI, le président américain a répondu qu’il ferait probablement «les deux».

«Mes réponses sont rarement mises en avant dans leur intégralité par les médias infox», s’est-il défendu jeudi sur Twitter.

Dans un surprenant parallèle, le locataire de la Maison-Blanche, qui visera un deuxième mandat en novembre 2020, a par ailleurs souligné qu’il était en contact avec des dirigeants étrangers, comme la reine Elizabeth II ou le président français Emmanuel Macron, «tous les jours». «Devrais-je immédiatement appeler le FBI pour leur rendre compte de ces appels et de ces rencontres?», a-t-il ironisé. «C’est ridicule!»

Donald Trump était initialement interrogé sur son fils aîné, Donald Trump Junior, qui lors de la campagne présidentielle de 2016 avait participé à une réunion avec des personnes qu’il pensait mandatées par Moscou, et qui lui avaient promis des informations compromettantes sur la candidate démocrate Hillary Clinton.

Cette rencontre et d’autres contacts entre des membres de son équipe et des Russes ont intéressé le procureur spécial Robert Mueller, qui après pratiquement deux ans d’enquête a mis en évidence l’ingérence de Moscou dans la présidentielle de 2016.

«Plus bas que jamais»

M. Mueller a toutefois conclu qu’il n’y avait pas eu d’entente entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie. Mais il ne l’a pas blanchi de soupçons d’entrave à la justice.

Ces conclusions, publiées fin avril, ont provoqué une avalanche d’appels à ouvrir une procédure de destitution contre Donald Trump chez les candidats démocrates à la présidentielle de 2020.

L’ancien vice-président Joe Biden a dénoncé les propos de Donald Trump: «C’est une menace contre notre sécurité nationale».

Critique régulier du président, le sénateur républicain Mitt Romney a souligné qu’il devrait être «impensable» pour tout candidat d’accepter de telles données.

«Nous sommes tombés aujour­d’hui plus bas que jamais, au Sénat, au parti républicain et dans notre démocratie», a réagi le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.