«C'est quelque chose [l'utilisation d'armes chimiques] que nous ne pouvons accepter. Et la communauté internationale doit continuer de se tenir extrêmement fermement pour que la Syrie rende des comptes», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau, samedi.

Trudeau approuve les frappes occidentales en Syrie

LIMA — Le Canada et les États-Unis ont montré un front uni, samedi, pour condamner l'utilisation présumée d'armes chimiques par le gouvernement syrien et ont laissé entendre que les négociations sur la nouvelle entente sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) allaient bon train.

Les deux pays semblaient sur la même longueur d'onde, lors d'une rencontre très attendue entre le vice-président américain Mike Pence et le premier ministre canadien Justin Trudeau en marge du Sommet des Amériques, à Lima, au Pérou.

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Certains s'attendaient à ce que les discussions sur l'ALENA dominent les échanges, surtout après que des messages contradictoires eurent été lancés par des représentants américains au commerce et le président américain Donald Trump.

Mais c'était avant que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France mènent des frappes aériennes coordonnées pour riposter contre l'attaque chimique perpétrée le 7 avril, qui a fait 43 morts et des centaines de blessés dans une région contrôlée par les rebelles près de Damas.

Devant les caméras et les enregistreuses, M. Trudeau a dit à M. Pence qu'il s'agissait d'une démarche «malheureuse, mais nécessaire» pour que le gouvernement syrien cesse d'avoir recours aux armes chimiques.

«C'est quelque chose que nous ne pouvons accepter, a déclaré le premier ministre. Et la communauté internationale doit continuer de se tenir extrêmement fermement pour que la Syrie rende des comptes.»

Le gouvernement syrien a nié toute responsabilité dans l'attaque, alors que la Russie a montré du doigt Israël et le Royaume-Uni.

Les États-Unis, le Canada et leurs alliés ont réfuté les déclarations de la Syrie, mais aucun d'entre eux n'a expliqué comment ils en étaient venus à cette conclusion.

De son côté, le vice-président américain Mike Pence a remercié le Canada pour son appui et a fait écho aux propos du président Trump, de la première ministre britannique Theresa May et du président français Emmanuel Macron en affirmant que des installations d'armes chimiques avaient été «détériorées et paralysées».

Il a toutefois signalé que les États-Unis étaient préparés à «maintenir cet effort si nécessaire», bien qu'il ait exprimé de l'espoir que ces tirs et la condamnation internationale dissuadent la Syrie.

Des signes positifs sur l'ALENA

Par ailleurs, les dirigeants semblaient optimistes en abordant l'état des négociations sur la nouvelle mouture de l'ALENA.

Certains espéraient qu'un nouvel accord soit signé au Sommet des Amériques, mais cela n'est pas arrivé. Les négociateurs canadiens, américains et mexicains sont en ce moment à Washington pour poursuivre leurs pourparlers.

Mike Pence, qui doit aussi rencontrer le président mexicain Enrique Peña Nieto, avait un ton très confiant, affirmant que les représentants américains croyaient que les trois pays étaient «près» d'une entente.

«Nous avons espoir que nous pourrons conclure une renégociation fructueuse de l'ALENA, qui amènera plus de prospérité, et un commerce plus équitable et plus réciproque entre le Canada, les États-Unis et le Mexique», a-t-il indiqué.