Le président brésilien Michel Temer, en point de presse.

Temer à Rio pour instaurer un dispositif de sécurité

Le président brésilien Michel Temer s’est rendu samedi à Rio de Janeiro pour définir les grandes lignes de l’implantation d’un nouveau système de sécurité pour cet État en proie à une flambée de violences et où le commandement des forces de l’ordre a été confié à l’armée.

Le chef de l’État est arrivé en début d’après-midi pour une réunion avec le gouverneur Luiz Fernando Pezao, plusieurs ministres et le général Walter Souza Braga Netto, qui sera en charge des opérations et avait déjà été à la tête du dispositif de sécurité des jeux Olympiques de Rio en 2016.

Au Brésil, la police est sous la responsabilité de chacun des États qui composent le pays, mais le décret présidentiel de vendredi, intitulé «intervention fédérale», octroie le commandement au général Netto, directement subordonné au président Temer et non plus aux autorités locales de Rio.

Le décret est déjà en vigueur, mais il doit encore être validé par le Congrès, la chambre des députés ayant fixé le vote à lundi soir. La mission des militaires se poursuivra jusqu’au 31 décembre.

Inédite depuis la fin de la dictature militaire, cette «mesure extrême», comme M. Temer l’a définie lui-même vendredi, a été prise au lendemain du carnaval, qui a vu une multiplication des agressions et vols à main armée.

Mais les autorités sont dépassées depuis de nombreux mois et le gouvernement fédéral avait déjà envoyé en juillet 8500 militaires en renfort, sans effet notable à ce jour.

Dans un éditorial publié samedi, le journal O Globo parle d’une «décision inévitable».

Le décret a suscité des réactions politiques partagées, à huit mois de l’élection présidentielle, l’opposition de gauche se montrant méfiante quant à l’intervention des militaires dans un pays encore marqué par les années de plomb de la dictature.

«La situation de Rio est grave, mais il faut rester en alerte pour que ces mesures ne soient pas accompagnées de répression des mouvements sociaux et de la suspension de droits constitutionnels», a affirmé sur Twitter Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs, de l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, en tête des intentions de vote pour le scrutin d’octobre.

Pour Miro Teixeira, du parti écologiste Rede, «la population de Rio avait besoin d’une mesure de ce type, parce que tout le monde a peur». «Est-ce que ça va fonctionner, c’est une autre histoire, mais c’est une tentative qu’il faut soutenir».