Le choix de John Ratcliffe, ancien maire d’une banlieue aisée de Dallas, au Texas, et procureur fédéral pendant tout juste un an, en 2007, avait été critiqué notamment par des démocrates, en raison du manque d’expérience de l’élu et de son dévouement au président.

Sous pression, le candidat de Trump pour diriger le renseignement renonce

WASHINGTON — La pression fut trop forte : critiqué pour son manque d’expérience et accusé d’avoir exagéré certains faits d’armes, l’élu républicain John Ratcliffe, choisi par Donald Trump pour occuper le poste, sensible, de directeur du renseignement national, a annoncé vendredi son retrait.

Le président américain, dont il est un fidèle, a dénoncé «la manière très injuste» dont M. Ratcliffe a été traité par «les grands médias bidon».

«Plutôt que de subir des mois de calomnies, j’ai expliqué à John à quel point ce serait terrible pour lui et sa famille d’avoir affaire à ces gens-là. John a donc décidé de rester au Congrès», a tweeté M. Trump, en précisant qu’il allait révéler le nom de son nouveau candidat «sous peu».

L’intéressé, 53 ans, a dit dans un communiqué être «très reconnaissant envers le président» mais qu’en raison du vif débat suscité par sa nomination, il avait décidé de demander «au président de nommer quelqu’un d’autre» à cette fonction qui coordonne les activités de la CIA, de la NSA et des 15 autres services de renseignement américains.

L’annonce a aussitôt été accueillie avec soulagement par des responsables démocrates.

«Dieu merci», a réagi le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer. Le nom de John Ratcliffe «n’aurait jamais dû être envisagé».

Le choix de John Ratcliffe, ancien maire d’une banlieue aisée de Dallas, au Texas, et procureur fédéral pendant tout juste un an, en 2007, avait été critiqué notamment par des démocrates, en raison du manque d’expérience de l’élu et de son dévouement au président.

M. Ratcliffe est souvent apparu sur la chaîne conservatrice Fox News pour critiquer l’enquête du procureur spécial Robert Mueller et déclarer qu’il n’avait «pas vu de preuve» qu’une ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016 ait contribué à la victoire de M. Trump.

Son entourage au Congrès a par ailleurs affirmé que durant son mandat de procureur, il avait dirigé les poursuites dans d’importantes affaires de terrorisme, mais aucune trace de son implication dans ce genre d’affaires n’a été trouvée dans les archives judiciaires.

Et selon le Washington Post, il a largement exagéré son rôle, mais aussi les faits eux-mêmes, en assurant avoir arrêté plus de 300 migrants clandestins en un jour au Texas.