Des bombes ont explosé dans la ville de Saraqib, jeudi.

Risque d’escalade en Syrie

ANKARA — La Turquie bombardait dans la nuit de jeudi à vendredi des positions du régime de Bachar al-Assad en représailles à la mort de 22 militaires turcs dans la région d’Idleb, a déclaré la présidence turque.

«Toutes les positions connues du régime (syrien) ont été prises sous le feu de nos unités terrestres et aériennes», a affirmé le directeur de la communication de la présidence Fahrettin Altun dans un communiqué.

Cette riposte intervient après la mort d’au moins 22 militaires turcs dans des frappes attribuées par Ankara au régime syrien dans la région d’Idleb. «Nos valeureux soldats seront vengés», a déclaré M. Altun.

Le responsable turc a par ailleurs exhorté la communauté internationale, y compris la Russie et l’Iran, parrains de Damas, à «prendre leurs responsabilités» pour «faire cesser les crimes contre l’humanité que commet le régime».

Conseil extraordinaire

Le président Recep Tayyip Erdogan a convoqué jeudi soir un conseil de sécurité nationale extraordinaire consacré à la situation à Idleb.

Les lourdes pertes essuyées par les forces turques jeudi interviennent après des semaines d’escalade à Idleb entre Ankara et le régime syrien, appuyé par Moscou.

Avec le soutien de l’aviation de Moscou, Damas a déclenché en décembre une offensive pour reprendre le dernier bastion rebelle et jihadiste d’Idleb. Le régime et son allié russe ont mis les bouchées doubles ces dernières semaines et repris plusieurs localités dans cette province frontalière de la Turquie.

L’offensive a aussi entraîné des tensions entre la Russie et la Turquie, deux acteurs majeurs du conflit syrien qui ont renforcé leur coopération sur ce dossier depuis 2016 malgré leurs intérêts divergents.

Ces derniers jours, M. Erdogan a plusieurs fois sommé le régime syrien de retirer ses forces d’ici fin février de certaines zones dans la région d’Idleb, menaçant sinon de recourir à la force.

L’offensive du régime syrien a aussi provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d’un million de déplacés coincés dans une étroite bande de territoire à la frontière turque. Le conflit en Syrie a fait plus de 380 000 morts et déplacé des millions personnes depuis 2011.