L’administration républicaine a fait savoir qu’elle refuserait, à compter de mardi, les demandes d’asile formulées à la frontière sud par des migrants qui n’auront pas sollicité le statut de réfugiés au Mexique ou dans un autre pays sur la route des États-Unis.

Refus d’asile aux migrants passés par le Mexique

WASHINGTON — Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi une mesure qui verrouille l’accès à l’asile pour les migrants arrivés à la frontière sud, suscitant les foudres du Mexique et un recours immédiat en justice.

L’administration républicaine a fait savoir qu’elle refuserait, à compter de mardi, les demandes d’asile formulées à la frontière sud par des migrants qui n’auront pas sollicité le statut de réfugiés au Mexique ou dans un autre pays sur la route des États-Unis.

«Les États-Unis sont généreux, mais complètement débordés par le fardeau créé par les centaines de milliers d’étrangers arrêtés à la frontière sud», a justifié le ministre de la Justice Bill Barr, en souhaitant que la nouvelle règle «décourage les migrants économiques qui veulent exploiter notre système d’asile».

Conséquences inconnues

Les conséquences concrètes du texte, qui prévoit des exceptions notamment pour les victimes de traite des êtres humains, n’ont pas été explicitées. Mais le Mexique s’est déjà élevé contre toute volonté de renvoyer les migrants sur son sol.

«Nous allons être très vigilants sur le respect du principe de non-refoulement, conformément au droit international», a déclaré le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard, en exprimant son «désaccord» avec la décision des États-Unis.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a de son côté fait savoir qu’elle allait saisir la justice en urgence pour bloquer la nouvelle réglementation.

Des tribunaux ont déjà invalidé plusieurs tentatives du gouvernement de restreindre le droit d’asile, notamment une circulaire qui interdisait de formuler une demande en cas d’entrée clandestine dans le pays.

Si elle devait malgré tout s’appliquer, la nouvelle règle pourrait empêcher des centaines de milliers de migrants d’accéder à la première économie mondiale, et les forcer à rester au Mexique où plus de 40 % de la population vit dans la pauvreté.