En quittant la rencontre pourtant annoncée comme une «conférence de presse», jeudi à la Maison-Blanche, Donald Trump a refusé de répondre aux questions des journalistes. À gauche, le procureur général William Barr.

Recensement: cuisant revers pour Trump

WASHINGTON — Après plusieurs semaines de vives polémiques, Donald Trump a fait machine arrière : il a renoncé jeudi à imposer une question controversée sur la nationalité dans le prochain recensement aux États-Unis.

«Nous allons choisir une autre voie», a-t-il indiqué lors d’une déclaration depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Cet épisode est un revers cinglant pour le président américain qui avait engagé un bras de fer sur ce sujet et évoqué la possibilité d’avoir recours à un décret présidentiel, voire de reporter l’impression des formulaires devant servir au recensement qui doit se tenir tous les 10 ans selon la Constitution.

La Cour suprême a bloqué il y a deux semaines l’ajout de cette question dans le prochain recensement, jugeant artificielles» les justifications fournies par l’administration Trump.

Les enjeux sont immenses : le recensement conditionne l’octroi de 675 milliards $ de subventions fédérales et détermine le nombre de sièges alloués à chaque État américain à la Chambre des représentants, en fonction de la population.

Or l’ajout d’une question sur la nationalité, abandonnée il y a plus de 60 ans, pourrait pousser entre 1,6 et 6,5 millions d’immigrés à s’abstenir de participer ou à mentir sur le questionnaire par peur, notamment chez les sans-papiers, d’être repérés, selon les experts du bureau du recensement.

Après avoir renoncé à la question sur la nationalité dans le recensement, M. Trump a annoncé la signature d’un décret imposant de rassembler toutes les informations disponibles dans «les bases de données fédérales» des différents ministères.

«Nous ne reculons pas dans nos efforts», a martelé le président américain. «Il est essentiel d’avoir une image claire du nombre de citoyens et de non-citoyens qui composent notre population», a-t-il ajouté, sans répondre aux questions des journalistes lors de cet événement qu’il avait initialement présenté comme une «conférence de presse».