La Corée du Sud a proposé à son voisin du nord, mardi, d’organiser des discussions entre hauts dirigeants afin d’établir une coopération entre les deux pays durant la tenue des Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang, prévus en février.

Quelle délégation nord-coréenne possible aux JO?

PARIS — Alors que la Corée du Nord et la Corée du Sud multiplient les gestes d’ouverture, le couple de patineurs nord-coréens Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik pourrait être accompagné par d’autres sportifs du Nord aux Jeux olympiques présentés du 9 au 25 février 2018 à PyeongChang, en Corée du Sud.

Le 29 septembre dernier, Ryom, 18 ans, et Kim, 25 ans, portant des costumes noirs à paillettes, ont gagné le droit de rêver. À Oberstdorf, en Allemagne, ils ont pris la sixième place de l’épreuve qualificative en patinant sur l’air de la pièce Je ne suis qu’une chanson, interprété par Ginette Reno.

Leur participation aux Jeux de PyeongChang n’est toutefois pas encore acquise. Le Comité olympique nord-coréen (NOC of DPRK) a, en effet, raté la date limite du 30 octobre pour confirmer leur participation auprès de la Fédération internationale de patinage (ISU).

Mais ces sportifs pourraient néanmoins concourir à l’invitation du Comité international olympique. «Nous continuons nos discussions avec le NOC of DPRK pour parvenir à de telles participations dans le respect de la Charte olympique. Le CIO garde donc disponibles ses invitations pour la délégation nord-coréenne et ne prendra sa décision qu’au moment venu», écrit d’ailleurs le CIO dans un communiqué.

Et l’invitation du CIO pourraient s’étendre à d’autres disciplines, et concerner des athlètes nord-coréens qui ne sont pas parvenus à se qualifier sur le plan sportif.

«Le CIO dit que le Nord serait capable de prendre part à toutes les disciplines», explique Lee Hee-beom, le patron des Jeux de PyeongChang. «Mais la Corée du Nord enverra plutôt des sportifs en patinage artistique, en patinage de vitesse, en ski de fond et en hockey sur glace féminin», avance-t-il.

Ouverture

Lundi, le numéro un nord-coréen Kim Jong-un a ouvert la porte à ce que Pyongyang soit représenté à Pyeongchang. «Nous sommes disposés à prendre les mesures nécessaires» pour «envoyer notre délégation» aux Jeux de PyeongChang, a dit M. Kim dans son message de Nouvel An à la nation nord-coréenne.

Et la Corée du Sud a proposé mardi de tenir des discussions de haut niveau avec Pyongyang le 9 janvier afin d’améliorer les relations intercoréennes. La Corée du Nord et la Corée du Sud sont toujours techniquement en guerre malgré la signature du pacte de non-agression en 1953.

Pour autant, les relations sportives entre les deux pays ne sont pas systématiquement houleuses, même si le Nord avait boycotté les Jeux d’été de Séoul en 1988, ou même refusé de participer aux qualifications du Mondial-2002 de football, que la Corée du Sud organisait conjointement avec le Japon.

Deux médailles aux JO d’hiver

Depuis Séoul-1988, la Corée du Nord — qui n’est pas particulièrement attirée par les sports d’hiver —  a envoyé à cinq reprises une délégation sur les huit dernières présentations des JO d’hiver.

Seules les éditions de Sotchi en 2014, de Salt Lake City en 2002 et de Lillehammer en 1994 n’ont pas vu le drapeau du pays flotter au Village olympique.

À Albertville, en France en 1992, il y avait même un record de 20 représentants de la Corée du Nord, avec à la clé une médaille de bronze en patinage de vitesse (500 m dames).

Dans l’histoire des Jeux d’hiver, la Corée du Nord a remporté deux médailles avec également l’argent sur 3000 m dames à Innsbrück (1964), toujours en patinage de vitesse. 

PyeongChang se situe géographiquement à tout juste 80 kilomètres de la frontière avec la Corée du Nord, une  frontière fortement militarisée.

Aussi bien Séoul que le CIO désirent que le Nord participe à ces «Olympiques de la Paix». Mais la participation de Pyongyang à des événements sportifs est largement tributaire de l’évolution de la situation politique et militaire dans la péninsule. La tension est particulièrement forte ces derniers mois, avec la poursuite de la progression des programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord et les échanges de menaces et d’invectives entre Kim Jong-un et le président des États-Unis Donald Trump.

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LA CORÉE DU SUD A PROPOSÉ UNE TRÊVE À SON VOISIN DU NORD

SÉOUL — La Corée du Sud a proposé à son voisin du nord, mardi, d’organiser des discussions entre hauts dirigeants afin d’établir une coopération entre les deux pays durant la tenue des Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang, prévus en février.

Cette proposition de Séoul survient au lendemain d’une rare déclaration d’ouverture de la part du régime nord-coréen. Une réponse qui laisse croire à une possible amélioration des relations après une année de menaces nucléaires qui a fait craindre la reprise de la guerre dans la péninsule coréenne.

Dans un discours du Nouvel An très attendu, le leader nord-coréen Kim Jong-un a déclaré, lundi, qu’il était disposé à envoyer une délégation d’athlètes aux Jeux. Il a toutefois maintenu et répété ses menaces de guerre nucléaire avec les États-Unis.

Selon les analystes, Kim Jong-un pourrait vouloir tenter de diviser Séoul et son allié, Washington, dans l’espoir de réduire son isolement de la communauté internationale ainsi que les sanctions qui pèsent contre la Corée du Nord.

Cette légère ouverture du dirigeant nord-coréen a été accueillie comme une bonne nouvelle par le gouvernement sud-coréen et son président Moon Jae-in, qui favorise le dialogue afin d’apaiser les menaces nucléaires de la Corée du Nord.

Tentative de rapprochement

Moon Jae-in souhaite profiter des Jeux olympiques de PyeongChang pour améliorer les relations entre les deux Corée. Le ministre sud-coréen de l’Unification, Cho Myoung-gyon, a suggéré lors d’une conférence de presse télévisée que les deux Corée tiennent une rencontre, le 9 janvier, dans le village de Panmunjom, situé sur la frontière, afin de discuter d’une possible coopération des deux pays lors des Jeux et des moyens d’améliorer leur relation en général.

Le Comité international olympique (CIO) a lui aussi accueilli favorablement cette ouverture de la Corée du Nord. Le CIO soutient que son invitation à la Corée du Nord de participer aux compétitions est toujours valide.

Si les discussions se concrétisent, il s’agirait du premier dialogue officiel entre les deux Corée depuis décembre 2015. La relation entre les deux «frères ennemis» s’est détériorée au rythme où Pyongyang a développé son programme d’armement face à la ligne dure préconisée par les prédécesseurs de Moon Jae-in en Corée du Sud.  AP