Près de trois mois après l’ouragan qui a frappé Porto Rico avec des vents de plus de 250 km/h, soufflant les maisons et dévastant son réseau électrique et d’eau potable, le bilan officiel est encore de 64 morts. Mais selon plusieurs investigations, le bilan lié à l’ouragan se situerait en fait à entre 500 et plus de 1000 morts.

Porto Rico ordonne un nouveau décompte des victimes de l’ouragan Maria

SAN JUAN — Le gouverneur de Porto Rico a ordonné lundi un nouveau décompte des victimes de l’ouragan Maria, après la publication de bilans beaucoup plus lourds que celui avancé par les autorités depuis son passage meurtrier en septembre.

«Il ne s’agit pas d’un simple nombre mais de vies : de vraies personnes, qui ont laissé derrière elles leurs êtres chers et leurs familles», a écrit le gouverneur de l’île caribéenne, Ricardo Rossello, dans un communiqué.

Près de trois mois après l’ouragan qui a frappé ce territoire américain de 3,4 millions d’habitants avec des vents de plus de 250 km/h, soufflant les maisons et dévastant son réseau électrique et d’eau potable, le bilan officiel est encore de 64 morts.

Le bilan lié à l’ouragan Maria se situerait en fait à entre 500 et plus de 1000 morts, selon plusieurs investigations - notamment du centre portoricain de journalisme d’investigation, de CNN, du New York Times et de Vox - qui se basent sur des visites dans des centres funéraires, des maisons de retraite et des hôpitaux, en plus de statistiques officielles.

L’électricité n’a été rétablie qu’à 70 % de sa capacité, le danger persistant donc pour les habitants les plus vulnérables n’ayant toujours pas le courant sur cette île à la chaleur tropicale, comme les personnes âgées ou les malades soignés à domicile grâce à des machines.

L’ouragan Maria a frappé le 20 septembre. Le nombre moyen de décès enregistrés en octobre est beaucoup plus élevé que l’année précédente, selon les données du gouvernement consultées par l’AFP, avec 2963 morts, soit 606 - ou 25,7 % - de plus qu’en octobre 2016.

Le gouverneur Rossello affirme que son gouvernement s’est toujours attendu à ce que le bilan grimpe lorsque des informations plus fiables seraient disponibles. Pour le nouveau décompte, tous les décès survenus depuis le 20 septembre seront examinés, a-t-il précisé.

Démographe et consultant indépendant, Raul Figueroa expliquait récemment à l’AFP que «le bilan n’a pas été élaboré de la façon la plus adaptée».

«Certains médecins ne disposaient pas d’un protocole à suivre pour recenser les décès et ceux-ci n’ont donc pas pu être certifiés ensuite par le gouvernement», poursuivait-il. En outre, certains habitants «étaient tellement occupés par les besoins les plus essentiels et leur survie qu’ils n’ont pas signalé leurs morts».