Des gens se sont rassemblés pour témoigner leur soutien à la secrétaire permanente de l’Académie Sara Danius, qui a quitté son poste la semaine dernière, au même moment que Katarina Frostenson.

Nobel de littérature: «Comportement inacceptable» observé à l’Académie

COPENHAGUE - Une enquête sur des allégations d’inconduite sexuelle au sein de l’organisation suédoise qui décerne le convoité prix Nobel de littérature a permis de constater «un comportement inacceptable sous la forme d’une intimité non désirée» au sein de la prestigieuse institution.

Le conseil secret de 18 membres de l’Académie suédoise a été plongé au cours des dernières semaines dans un scandale d’inconduite sexuelle qui «n’était pas généralement connu», selon les enquêteurs. Il a mené au départ de six membres et terni la réputation du prix.

Le premier ministre et le roi de Suède de même que le conseil du Nobel ont tous exprimé leur inquiétude en lien avec le scandale qui a provoqué une onde de colère dans la nation scandinave, connue pour sa promotion de l’égalité des sexes. Jeudi, des milliers de personnes se sont rassemblées devant l’Académie suédoise pour exiger la démission des membres restants.

L’Académie a demandé à des avocats d’enquêter sur des allégations d’inconduite sexuelle faites par 18 femmes à l’endroit de Jean-Claude Arnault, une figure importante du milieu culturel en Suède, qui est marié à la poétesse et ex-membre de l’Académie Katarina Frostenson.

Mme Fronstenson a quitté son poste la semaine dernière, au même moment qu’une autre femme, la secrétaire permanente de l’Académie Sara Danius.

La controverse a mis en lumière d’amères divisions au sein de l’Académie, dont les membres sont nommés à vie, et en a mené certains à accuser des membres d’avoir des tendances patriarcales.

Le scandale a éclaté alors que la Suède a vécu son propre moment  #moiaussi en novembre, lorsque le pays a vu des milliers d’allégations d’inconduite sexuelle révélées au grand jour, dans toutes les sphères d’activités. Ces allégations ont touché l’Académie quand 18 femmes ont partagé leurs accusations à l’endroit de Jean-Claude Arnault dans un quotidien suédois.

L’homme s’est vu interdire, en décembre, d’assister à un banquet de l’Académie pour le prix Nobel après que l’une des plus importantes publications de la Suède, le Dagens Nyheter, eut publié les allégations.

Jean-Claude Arnault a nié les présumées agressions, qui se seraient produites entre 1996 et 2017. Le mois dernier, les procureurs suédois ont annoncé qu’une enquête sur de présumés viols et agressions sexuelles datant de 2013 à 2015 avait été abandonnée, mais qu’une enquête sur d’autres présumés gestes criminels se poursuivait.

L’Académie a par ailleurs indiqué vendredi avoir trouvé une lettre, reçue en 1996, dans laquelle le destinataire mentionnait une présumée agression sexuelle au centre culturel de Jean-Claude Arnault, qui recevait du financement de la part de l’Académie.

Elle a affirmé «regretter profondément que la lettre ait été mise de côté, ce qui signifie que rien n’a été fait pour enquêter», et a pris ses distances face au harcèlement sexuel et à la violence sexuelle, «où qu’ils se produisent».