Le président italien Sergio Mattarella

L’Italie plonge dans une crise politique

ROME — Le président italien Sergio Mattarella a refusé dimanche de nommer un ministre des Finances eurosceptique choisi par les populistes, ouvrant la voie à une crise politique sans précédent en Italie, la troisième économie de la zone euro.

Cette décision a contraint le chef du gouvernement désigné Giuseppe Conte à renoncer à être premier ministre. Elle aussi immédiatement provoqué la fureur de Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), et de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), majoritaires au Parlement, qui avaient négocié un programme et un gouvernement d’union.

«J’ai remis le mandat qui m’avait été confié par le président Mattarella pour former le gouvernement du changement», a brièvement déclaré dimanche soir M. Conte, un juriste de 53 ans totalement inconnu des Italiens il y a encore une semaine, qui s’était présenté comme «l’avocat du peuple» après sa désignation mercredi par M. Mattarella.

Ce dernier a de son côté convoqué lundi Carlo Cottarelli, un économiste ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) pour, selon toute vraisemblance, le charger de former un «gouvernement du président» qui devra avant tout préparer de nouvelles élections.

Dimanche soir, M. Conte a présenté une liste de noms pour son gouvernement, mais il s’est heurté au refus du président Mattarella de nommer un économiste eurosceptique à la tête du ministère de l’Économie et des Finances.