Le nombre de décès liés au COVID-19 est passé à 19 aux États-Unis.

L’État de New York déclare l’état d’urgence après de nouveaux cas de coronavirus

LOS ANGELES — L’inquiétude montait samedi parmi les passagers confinés sur un navire de croisière au large de la Californie après la confirmation de cas de coronavirus, alors que l’État de New York a déclaré l’état d’urgence pour accélérer la lutte contre l’épidémie.

Le capitaine du Grand Princess, à bord duquel 21 cas de COVID-19 ont été détectés, «n’a encore rien à nous dire sur quand ni où nous pourrons débarquer», a raconté à l’AFP Carolyn Wright, une photographe professionnelle qui voyage avec une amie.

À la mi-journée, le paquebot était à environ cent kilomètres au Sud de San Francisco.

«Nous espérons que (...) les autorités et les experts médicaux vont vite se mettre d'accord sur un plan pratique qui priorisera la santé et le bien-être de tous ceux à bord du Grand Princess», a déclaré lors d'un point de presse la présidente de la compagnie Princess Cruises, Jan Swartz. 

«Nous préférons débarquer les passagers et l'équipage le plus vite possible», a-t-elle ajouté.

Des tests effectués sur 45 passagers et membres d'équipage qui présentaient des symptômes similaires à la grippe ont montré que 21 d'entre eux - 19 membres d'équipage et 2 passagers Américains -, étaient positifs au Covid-19.

Samedi en Floride, le vice-président Mike Pence a évoqué avec plusieurs responsables de compagnies de croisière les «défis uniques» de cette industrie face à cette épidémie.

Il a dit que tous les 3 533 passagers et membres d'équipage seront soumis à des tests et placés en quarantaine si nécessaire.

De son côté, Mme Swartz a indiqué que sur les 2 422 passagers, 2 016 étaient Américains et 938 de Californie. Elle a précisé que les personnes à bord étaient de 54 nationalités différentes.

Le navire doit accoster dans la partie non-commerciale d’un port, qui n’a pas été précisé, d’ici dimanche. Toutes les personnes à bord seront alors de nouveau testées et les cas confirmés seront placés en quarantaine.

Le Grand Princess, parti de San Francisco et qui devait y revenir samedi, a interrompu son circuit après la découverte de symptômes chez certains de ses 3 533 passagers et membres d’équipage.

Un homme de 71 ans qui a participé à une partie de la croisière est mort du COVID-19 à son retour en Californie.

Un passager gravement malade et ses proches ont été évacués par hélicoptère dans la nuit mais ce cas n’est pas lié au coronavirus, a indiqué samedi la compagnie Princess Cruises.

Princess Cruises possède également le Diamond Princess, qui avait été placé en quarantaine en février au Japon avec plus de 700 contaminations, dont six mortelles.

Ralentir la propagation 

Samedi en Floride, Mike Pence a évoqué avec plusieurs responsables de compagnies de croisière les «défis uniques» de cette industrie face à l’épidémie du nouveau coronavirus.

Pour tenter d’endiguer la contagion, l’État de New York a à son tour déclaré l’état d’urgence après l’annonce de nouveau cas positifs, portant le total à 76.

Selon le gouverneur Andrew Cuomo, cette déclaration «permet d’accélérer les procédures d’achat (d’équipement) et d’embauche (de personnel), ce qui est ce dont nous avons besoin actuellement».

«Nous voulons trouver autant de cas positifs que possible afin de les mettre hors circulation», affirmé M. Cuomo. «C’est toute la raison de cet exercice. On isole les gens et on ralentit la propagation».

La majorité des personnes contaminées (57) sont liées à une communauté juive orthodoxe de New Rochelle, dans la banlieue nord de New York.

Face à la propagation du virus, les visiteurs extérieurs sont désormais interdits dans les maisons de retraites autour de New Rochelle, a dit M. Cuomo. Il a également indiqué que la période de quarantaine de 14 jours pour les personnes infectées pourrait être rallongée.

Le gouverneur a également menacé de poursuites les commerces qui gonfleraient leurs prix en profitant de la pénurie, évoquant des informations de consommateurs sur «une bouteille de gel désinfectant vendue 80 dollars».

Le coronavirus perturbe également les secteurs de l’éducation et de la culture.

En Californie, la prestigieuse université de Stanford a décidé de fermer ses portes et de passer aux cours en ligne à partir de lundi et pour deux semaines. Cette décision fait suite à «la poursuite de la propagation du COVID-19 dans le monde et dans le comté de Santa Clara», siège de l’institution.

Le ballet de San Francisco a pour sa part annoncé samedi à la demande de la mairie de la ville l’annulation des représentations du Songe d’une nuit d’été jusqu’au 15 mars.

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LES ÉTATS-UNIS ENREGISTRENT 19 DÉCÈS LIÉS AU CORONAVIRUS

Le nombre de décès liés au COVID-19 est passé à 19 aux États-Unis.

L'État de la Floride a signalé deux décès, les premiers à survenir à l'extérieur de la côte ouest américaine. Ces deux victimes étaient des septuagénaires, la première dans le comté de Santa Rosa et l'autre dans la région de Fort Myers. Elles revenaient d'un voyage outre-mer. Le nombre de cas identifiés est passé de quatre à sept.

Le nombre de personnes infectées par le coronavirus a franchi le seul des 400 qui sont répartis dans la moitié des États. La Pennsylvanie, l'Indiana, le Minnesota et le Nebraska ont signalé leurs premiers cas.

En Californie, les autorités de l'État travaillaient 24 heures sur 24 avec des fonctionnaires fédéraux pour amener le navire de croisière Grand Princess dans un port non commercial afin de faire passer des tests à tous les passagers et membres d'équipage.

Si les membres d'équipages demeureront vraisemblablement à bord du navire, les passagers pourraient être débarqués pour être placés en quarantaine, peut-être sur des bases militaires.

«Ceux qui devront être mis en quarantaine seront mis en quarantaine. Ceux qui auront besoin d'une aide médicale la recevront», a promis vendredi le vice-président américain Michael Pence en annonçant que 19 membres d'équipage et deux passagers avaient été diagnostiqués atteints du COVID-19.

Les passagers à bord du Grand Princess sont restés enfermés dans leur chambre en attendant de connaître le sort du navire.

Les autorités sanitaires ont confirmé samedi un autre cas en Californie impliquant un résident du comté de Madera qui avait présenté des symptômes après son retour d'une autre croisière.

Selon un épidémiologiste qui étudie la propagation des particules virales, l'air recyclé du système de ventilation d'un bateau de croisière, la proximité des chambres et les salles communes rendaient les passagers et l'équipage vulnérables aux maladies infectieuses.

«Ils ne sont pas conçus comme des installations de quarantaine, à tout le moins», souligne Don Milton de l'Université du Maryland.

Dans le monde, le virus a infecté plus de 100 000 personnes et tué plus de 3 400 personnes, la grande majorité d'entre elles en Chine. La plupart des cas ont été bénins et plus de la moitié des personnes infectées se sont rétablies. Associated Press