Le président russe Vladimir Poutine

Le FBI craint une ingérence russe dans les élections présidentielles de 2020

WASHINGTON — Le directeur du FBI Christopher Wray a déclaré vendredi qu’il s’attendait à ce que la Russie vise l’élection présidentielle américaine de 2020 avec des campagnes sur les réseaux sociaux, et a vivement dénoncé l’espionnage économique de la Chine.

«Ce qui a continué quasiment de façon aussi intense est l’utilisation [par la Russie] des réseaux sociaux, des infox, de faux comptes et de la propagande», a dit M. Wray, qui s’exprimait devant le Council on Foreign Relations (CFR) à Washington.

Il a ajouté que comme lors de l’élection présidentielle de 2016, la Russie avait tenté d’influencer les élections législatives de mi-mandat en novembre, sans toutefois qu’il y ait eu d’interférence avec les infrastructures électorales.

À longueur d’année

Les agences de renseignement russes cherchent à «nous dresser les uns contre les autres, à semer la division, et à saper la confiance des Américains en la démocratie».

«Ce n’est pas juste une menace qui concerne les élections, c’est une menace qui dure 365 jours par an, et elle a effectivement continué», «de façon quasiment aussi intense», a-t-il averti.

«Nous voyons 2018 comme une répétition générale» pour 2020, a-t-il ajouté, louant les efforts des géants des réseaux sociaux pour stopper d’eux-mêmes ces personnes mal intentionnées, par l’entremise notamment de la suspension de comptes.

Menace Chinoise

Christopher Wray a par ailleurs critiqué la menace que représente la Chine pour les États-Unis.

«Aucun pays ne pose une menace plus grande et plus grave en termes de collecte de renseignements que la Chine», a-t-il déclaré, regrettant que celle-ci ait été sous-estimée depuis des décennies.

La Chine a développé une approche «stratégique» du «vol d’informations, de toutes les manières possibles, auprès d’un large éventail allant des entreprises aux universités et organisations», a-t-il accusé.

«Ils font cela à travers les services de renseignement chinois, des entreprises étatiques, d’autres soi-disant privées, des étudiants diplômés ou des chercheurs», a énuméré le directeur du FBI.

La Chine et les États-Unis négocient depuis janvier un accord commercial qui vise entre autres à mettre fin au transfert forcé de technologies et au vol de propriété intellectuelle. Les négociateurs américains doivent se rendre en Chine la semaine prochaine pour une nouvelle session de discussions.

Selon M. Wray, les enquêtes pour espionnage économique de presque tous les 56 agents de terrain du FBI «mènent quasiment invariablement à la Chine.»

«C’est illégal. C’est une menace pour notre sécurité économique, et par conséquent pour notre sécurité nationale», a-t-il martelé.