Jared Kushner, influent conseiller de son beau-père, Donald Trump, a longtemps bénéficié d’une accréditation temporaire lui permettant d’accéder aux informations les plus délicates.

Le Congrès scrute les accréditations «secret-défense» à la Maison-Blanche

WASHINGTON — La Maison-Blanche a délivré des accréditations «secret-défense» à de proches conseillers de Donald Trump malgré des avis défavorables, a affirmé lundi une puissante commission du Congrès, relançant la controverse sur les risques pour la sécurité nationale au sein de l’administration américaine.

«Environ 25 personnes ont obtenu des habilitations “secret-défense” ou des autorisations d’accès à des informations touchant à la sécurité nationale malgré des avis défavorables», a indiqué lundi la commission de contrôle de la Chambre des représentants, en rendant public le témoignage de Tricia Newbold, une employée de l’exécutif présentée comme une «lanceuse d’alerte».

Ces 25 personnes ne sont pas identifiées, mais la commission a réclamé à la Maison-Blanche des informations concernant le processus d’habilitation de plusieurs collaborateurs, dont la fille du président Donald Trump, Ivanka, et son mari Jared Kushner.

Jared Kushner, influent conseiller de son beau-père, a longtemps bénéficié d’une accréditation temporaire lui permettant d’accéder aux informations les plus ,délicates.

La requête des parlementaires concerne également le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-­Blanche John Bolton, l’un de ses prédécesseurs Michael Flynn ainsi qu’un ancien conseiller présidentiel Rob Porter.

Ce dernier a travaillé pendant des mois sans avoir obtenu un feu vert complet des services de sécurité. Il a quitté son poste en février 2018 après avoir été accusé de violences conjugales.

Michael Flynn a plaidé coupable de mensonge pour n’avoir pas révélé des discussions avec l’ambassadeur russe à Washington après l’élection de Donald Trump.

Son nom, ainsi que celui de M. Kushner, est apparu dans l’enquête du procureur spécial Robert Mueller qui a conclu à l’absence d’éléments prouvant une coordination entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie en 2016.

Mme Newbold, qui travaille depuis dix-huit ans dans les services administratifs de la Maison-Blanche, a été entendue le 23 mars par la commission, a indiqué son président, le démocrate Elijah Cummings.

Pas d’analyses suffisantes

Chargée des autorisations de sécurité au sein du service du personnel, Tricia Newbold a mis en garde «contre les risques graves pour la sécurité dont elle a été témoin ces deux dernières années», a poursuivi M. Cummings dans une lettre adressée à la Maison-Blanche.

L’administratrice a évoqué «un large éventail de problèmes susceptibles de disqualifier [le demandeur], dont une influence étrangère, un conflit d’intérêts, un comportement personnel inquiétant, des problèmes financiers, une consommation de drogue et un comportement criminel».

Ainsi, avec l’un de ses collègues, elle avait émis un avis défavorable concernant un haut responsable de la Maison-Blanche, car «la vérification des antécédents avait révélé des facteurs disqualifiant importants, concernant une influence étrangère, des activités extérieures et un comportement personnel». L’habilitation avait toutefois été délivrée par le supérieur hiérarchique de Mme Newbold, Carl Kline.