Le prochain dirigeant du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a été accueilli en héros chez lui, mercredi, proclamant à la foule en liesse que le pays était témoin du «déploiement d'une nouvelle démocratie».

L’aube d’une «nouvelle démocratie» au Zimbabwe

HARARE — Le nouvel homme fort du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a salué mercredi le début d’une «nouvelle démocratie» dans son pays au lendemain de la démission historique du président Robert Mugabe, dont il s’apprête à prendre la délicate succession.

Quelques heures après son retour d’un bref exil sud-africain, M. Mnangagwa a réservé son premier discours public de futur président à quelques centaines de partisans enthousiastes réunis devant le siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

«Aujourd’hui, nous sommes les témoins du début d’une nouvelle démocratie», a-t-il lancé, avant d’appeler «tous les patriotes du Zimbabwe [...] à travailler ensemble».

Selon le scénario écrit par la Zanu-PF, l’ex-vice-président déchu doit prendre officiellement les rênes du pays vendredi, selon le président de l’Assemblée, Jacob Mudenda.

Âgé de 75 ans, le «crocodile», ainsi qu’il est surnommé pour son caractère inflexible, tient sa revanche. Fidèle de l’ancien président et de son régime, ce héros de la guerre d’indépendance, plusieurs fois ministre, avait été sèchement remercié le 6 novembre dernier, sur injonction de la première dame Grace Mugabe, à qui elle barrait la route de la succession de son nonagénaire de mari. Il avait alors quitté le pays pour des raisons de sécurité.

Son éviction a provoqué dans la nuit du 14 au 15 novembre un coup de force de l’armée, catégoriquement opposée à l’arrivée au pouvoir de l’incontrôlable Grace.

Après avoir résisté plusieurs jours, Robert Mugabe a finalement rendu les armes mardi, alors qu’il était sous la menace d’une procédure de destitution lancée par son propre parti.