Au quatorzième jour d’une grève par épisodes lancée en février, la direction d’Air France prévoit d’assurer «près de 85%» des vols lundi.

«La survie d’Air France en jeu», dit le ministre de l’Économie

PARIS - «La survie d’Air France est en jeu», a averti dimanche le ministre français de l’Économie, rappelant que l’État n’était «pas là pour éponger les dettes» de la compagnie minée par un conflit salarial et dont le PDG a démissionné vendredi.

«Air France disparaîtra si elle ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires», pour permettre d’affronter la concurrence internationale, a souligné Bruno Le Maire sur la chaîne BFM-TV.

Le patron d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, a démissionné vendredi après le rejet par le personnel de la proposition salariale mise sur la table pour sortir du conflit qui dure depuis février.

Les salariés, qui appellent de nouveau à la grève lundi, réclament une augmentation de 5,1% dès 2018 au titre d’un «rattrapage» nécessaire après six ans de gel des salaires, alors que la direction propose des augmentations générales de 7% sur quatre ans.

«Quand on a le niveau de rémunération actuel des pilotes, que l’on sait que l’entreprise est en danger, on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées», a asséné dimanche M. Le Maire.

«J’en appelle au sens des responsabilités de chacun, des personnels navigants, des personnels au sol, des pilotes qui demandent des augmentations de salaire qui sont injustifiées: +prenez vos responsabilités, la survie d’Air France est en jeu+», a-t-il ajouté.

Le ministre a par ailleurs averti que l’Etat, qui détient 14,30 % du capital de la compagnie «n’est pas là pour éponger les dettes, venir à la rescousse d’entreprises qui ne feraient pas les efforts nécessaires de compétitivité».

Le conseil d’administration d’Air France-KLM a demandé samedi à Jean-Marc Janaillac d’assurer ses fonctions jusqu’au 15 mai, date à laquelle une gouvernance de transition doit être mise en place.

Au quatorzième jour d’une grève par épisodes lancée en février, la direction d’Air France prévoit d’assurer «près de 85%» des vols lundi.

Le groupe aérien vise 99% de vols long-courriers, 80% des moyen-courriers depuis et vers l’aéroport parisien Roissy-Charles de Gaulle, et 87% des court-courriers à Orly et en province.

Au global, il s’agit du taux d’annulation le plus bas enregistré depuis le début du mouvement, à égalité avec le 3 mai où une érosion de la mobilisation du personnel avait aussi été constatée.