Figure respectée de l’univers politique aux États-Unis, le sénateur John McCain lutte depuis des mois contre un cancer du cerveau. Il avertit que sa parole est d’autant plus libre.

John McCain égratigne Trump dans ses mémoires

WASHINGTON — Le sénateur américain John McCain, ténor du parti républicain, n’épargne pas Donald Trump dans la dernière édition de ses mémoires et dénonce la perte de la valeur d’humilité chez certains élus.

L’octogénaire, figure respectée de l’univers politique aux États-Unis, lutte depuis des mois contre un cancer du cerveau. Il avertit que sa parole est d’autant plus libre.

«C’est mon [sixième et] dernier mandat» au Sénat, écrit-il dans son livre à paraître le 22 mai, dont des extraits ont été dévoilés par Apple News. «Je peux dire ce que j’ai sur le cœur sans craindre les conséquences.»

«Ces temps-ci, l’humilité se fait rare en politique», constate l’élu de l’Arizona. «Si celle-ci venait à disparaître, notre société se déchirerait.»

Lui qui depuis deux ans s’est révélé être l’un des républicains les plus critiques de Donald Trump, pourtant issu du même parti, ne mâche pas ses mots quand il évoque le président.

«Il a refusé de distinguer les actes de notre État de ceux de régimes despotiques», dénonce John McCain, un héros de la guerre du Vietnam.

«L’apparence de la fermeté, ou une pseudo-apparence de fermeté façon télé-réalité, semble être plus importante à ses yeux que nos valeurs», ajoute-t-il.

Ces mémoires du sénateur républicain couvrent la période postérieure à 2008, année de sa candidature présidentielle malheureuse face au démocrate Barack Obama.

Le titre de l’ouvrage, The Restless Wave, semble être une référence à «l’hymne de la Navy», chanté notamment à l’académie navale américaine d’Annapolis, où est passé John McCain avant de devenir pilote de l’aéronavale.

Âgé de 81 ans et traité depuis juillet 2017 pour un cancer particulièrement dangereux (glioblastome), il affiche sa lucidité.

«J’ignore combien de temps encore je serai parmi vous. Peut-être encore cinq ans», confie-t-il. «Peut-être serais-je parti avant que vous ne lisiez cela.»

«Je n’ai aucun regret. Pas un seul. Cela a été un sacré voyage. J’ai connu de grandes passions, j’ai assisté à des choses merveilleuses, j’ai combattu dans une guerre et j’ai pris part à la paix.»