L'incendie a déjà détruit près de 800 bâtiments et en menace 18 000 autres.

Incendies: mince espoir d’accalmie en Californie

LOS ANGELES — Le sud de la Californie était toujours lundi la proie d’un incendie monstre qui a brûlé plus de 90 000 hectares de terres en une semaine et compte déjà parmi les plus vastes de l’histoire de la Californie.

Plus de 6000 pompiers luttaient contre le principal brasier, baptisé «Thomas», qui a poursuivi sa course vers le nord et l’ouest, menaçant les villes de Montecito et Summerland, au nord de Los Angeles, selon l’agence californienne de lutte contre les incendies, Calfire.

«Une météo propice aux incendies va permettre une expansion significative au foyer vers le comté de Santa Barbara, menaçant les communautés de Montecito et Summerland», a indiqué Calfire dans un communiqué.

Des célébrités près des flammes

Des opérations d’évacuation étaient prévues dans les zones situées à l’ouest de l’incendie qui a déjà détruit près de 800 bâtiments et en menace 18 000 autres. «Notre maison est menacée par les flammes, on a dû évacuer nos animaux», a témoigné sur Twitter la présentatrice Ellen DeGeneres, qui habite Montecito, une bourgade prisée des célébrités.

«Le feu s’approche. Les pompiers luttent avec courage. Ça peut aller des deux côtés. Je me prépare à évacuer», a également posté l’acteur Rob Lowe, qui possède une maison à Santa Barbara.

Eric Boldt, météorologiste du National Weather Service à Los Angeles, a expliqué à l’AFP que même si le vent s’est légèrement apaisé, l’humidité reste quasi nulle et les températures plus élevées que les normales saisonnières, ce qui fait que la moindre étincelle se propage à toute vitesse sur les collines et dans les forêts couvertes d’herbes et bois desséchés.

Ces conditions sont «très critiques», estime-t-il.

L’incendie «Thomas» n’est encore contenu qu’à 15 % et ne cesse de s’étendre, encerclant le village bucolique et touristique d’Ojai et progressant vers la côte et la très chic cité côtière de Santa Barbara.

C’est l’incendie «le plus vaste jamais enregistré dans le comté de Ventura en termes de taille, et le cinquième dans l’histoire» de la Californie, ajoute M. Boldt.

«Étant donné que nous ne voyons pas de précipitations arriver pour au moins deux semaines, il pourrait devenir le plus vaste dans l’histoire de l’État», précise-t-il.

Parti le 4 décembre dans le comté de Ventura, «Thomas» a dépassé lundi le seuil des 90 000 hectares de surface calcinée, a estimé Calfire.

«Nouvelle norme»

Après des pointes à plus de 130 km/h en milieu de semaine, le vent devrait souffler entre 40 et 70 km/h sur le nord de Los Angeles, où la qualité de l’air était toujours «mauvaise pour la santé». La fumée pourrait faire tousser les habitants de la mégapole dès lundi après-midi, selon les services météorologiques de l’État.

L’incendie a également entraîné des coupures de courant pour près de 85 000 habitants de la région de Santa Barbara, selon un bilan établi dimanche soir par l’Agence d’électricité de Californie du sud.

Ailleurs dans le sud de la Californie, les cinq autres feux ayant démarré depuis lundi semblaient sous contrôle.

Au total, les feux ont détruit plus de 100 000 hectares et provoqué l’évacuation de centaines de milliers de personnes. Ils ont fait un seul mort et quelques blessés, selon les secours.

Le président Donald Trump a publié vendredi une déclaration d’urgence pour cet État de la côte ouest, permettant le déblocage de l’aide fédérale pour Los Angeles et sa région.

L’année 2017 a été la plus meurtrière en Californie à cause d’incendies. Plus de 40 personnes sont mortes en octobre dans plus d’une dizaine de feux qui ont ravagé une partie du nord viticole, ont rasé plus de 10 000 bâtiments et brûlé plus de 73 000 hectares.

Le gouverneur de Californie Jerry Brown avait affirmé samedi que la récurrence de ces incendies était la «nouvelle norme», directement liée au changement climatique.