L’attaque visant la communauté juive de Poway s’est déroulée exactement six mois après l’attaque armée contre une synagogue de Pittsburgh au cours de laquelle 11 personnes avaient perdu la vie.

Fusillade dans une synagogue californienne: un mort et trois blessés

POWAY — Un homme a ouvert le feu samedi dans une synagogue près de San Diego (sud de la Californie), faisant un mort et trois blessés, dont un rabbin, et le président Donald Trump a aussitôt dénoncé un «crime motivé par la haine».

L'attaque, au dernier jour des festivités de la Pâque juive, a visé la communauté juive de Poway, une ville d'environ 50 000 habitants.

«Nous avions quatre blessés par arme à feu et une des personnes est décédée», a indiqué à la chaîne de télévision MSNBC le maire, Steve Vaus. Il a ajouté que le rabbin avait été blessé à la main et que la vie des autres blessés n'était pas menacée.

C'est une femme de 60 ans qui a succombé à ses blessures, tandis que les blessés sont une mineure, le rabbin et un homme de 34 ans, a indiqué le shérif du comté de San Diego, Bill Gore, au cours d'une conférence de presse.

La police locale a annoncé que le tireur présumé, un jeune homme de 19 ans habitant San Diego, avait été arrêté. Il s'appelle John T. Earnest, et n'était pas connu des services de police.

D'après les médias locaux, il avait annoncé publiquement sur Internet son intention de tuer des juifs.

«Nous avons des copies de ses publications sur les réseaux sociaux et de sa lettre ouverte et nous les examinerons pour déterminer leur authenticité et savoir ce que cela apporte à l'enquête», a précisé le shérif.

Le texte présenté par les médias comme sur celui du tueur, lu par l'AFP, revendique comme inspiration celui écrit par Brenton Tarrant, un Australien suprémaciste blanc qui a tué 50 personnes dans l'attaque de mosquées le 15 mars à Christchurch (Nouvelle-Zélande).

Le shérif a précisé que la police avait été alertée peu avant 11h30 (15h30 heure du Québec) qu'un jeune homme avait ouvert le feu à Poway avec une arme «de type AR». Les fusils d'assaut AR-15 ont été utilisés dans de nombreuses fusillades aux États-Unis ces dernières années.

«J'étais devant la maison, je m'apprêtais à faire du jardinage, et j'ai entendu six ou sept détonations», a raconté à la télévision locale NBC7 Christopher Folts, qui habite à proximité de la synagogue. «Il y a eu une pause, une voix d'homme qui criait et six ou sept autres détonations.»

Le tireur s'est enfui en voiture à l'arrivée de la police, mais a ensuite été rattrapé, interpellé et conduit au commissariat de San Diego, a ajouté M. Gore.

Trump dénonce l'antisémitisme

Un garde-frontière de repos, qui se trouvait sur place, a tiré sur le suspect au moment où il s'enfuyait et il a atteint sa voiture. L'arrestation est l'oeuvre d'une brigade cynophile qui s'est précipité sur les lieux, a précisé le chef de la police de San Diego, David Nisleit.

«Lorsque le policier a arrêté l'homme de 19 ans, il a clairement vu un fusil sur le siège passager du véhicule. L'homme a été placé en détention sans autre incident», a-t-il ajouté.

Selon la chaîne locale KGTV, la synagogue devait célébrer la Pâque juive à partir de 11h locales.

Le maire de Poway a rendu hommage «aux membres de la congrégation qui se sont opposés au tireur et qui ont évité ainsi un incident beaucoup plus horrible».

Le président américain Donald Trump a présenté ses «plus sincères condoléances». «À ce stade il semble qu'il s'agisse d'un crime motivé par la haine», a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche.

Puis, arrivé pour une réunion publique à Green Bay (Wisconsin, nord), il a dit que «la Nation tout entière [était] en deuil». «Nous condamnons avec force les maux de l'antisémitisme et de la haine, qui doivent être vaincus», a-t-il souligné.

Onze personnes avaient été tuées exactement six mois auparavant, le 27 octobre, dans une fusillade dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie (est des États-Unis). Il s'agissait de l'attaque la plus meurtrière contre la communauté juive jamais commise aux États-Unis.

«Il est temps de passer à l'action, de déclarer une guerre déterminée [à l'antisémitisme], et pas de condamner mollement, ce qui permet aux forces de la haine de revivre les heures sombres de l'histoire, a estimé l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon.

«Une attaque sur quelque lieu de culte que ce soit, depuis les églises du Sri Lanka ou de France, en passant par les synagogues de Jérusalem, jusqu'aux mosquées de Christchurch, sont une agression contre la dignité humaine et notre droit en tant que croyants de prier Dieu», a affirmé le centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.

L'Anti-Defamation League, une organisation qui combat l'antisémitisme, avait dénombré un bond de 57 % des incidents antisémites aux États-Unis en 2017, la hausse la plus brutale depuis les années 1970.