Les Français semblent partagés sur ces grèves - 44% d’entre eux les trouvent justifiées - 62% d’entre eux souhaitent que la réforme soit menée à bien, selon un sondage IFOP.

France: nouvelle grève à la SNCF, l'État veut aller «au bout»

PARIS - Les cheminots français étaient de nouveau en grève dimanche contre la réforme de la SNCF et se disent prêts à durcir le mouvement pour faire plier le gouvernement, qui affiche lui aussi sa détermination.

Malgré les nombreux trains restés à quai, «tout le monde doit savoir notre détermination à aller au bout», a répété le premier ministre Édouard Philippe dans Le Parisien de dimanche, à propos de cette réforme phare du programme d’Emmanuel Macron, soutenue par une courte majorité de Français.

Les grandes lignes du projet (ouverture à la concurrence, réorganisation de l’entreprise et fin d’un statut privilégié pour les nouveaux embauchés) ne sont «pas négociables», a-t-il martelé, tout en soulignant être «ouvert aux discussions sur les modalités».

«Tout le monde peut le comprendre, dans une entreprise qui perd de l’argent, l’avenir des salariés ne peut pas être garanti», a renchéri dans le Journal du dimanche le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, en rappelant l’énorme dette de 46 milliards d’euros accumulée par le groupe.

De leur côté, les syndicats restent vent debout, qualifiant de «mascarade» la concertation engagée. Dénonçant une volonté de «détruire le service public», les cheminots ont engagé depuis début avril une grève marathon par épisodes de deux jours sur cinq. Cette deuxième séquence de débrayage doit s’achever mardi matin.

«Il n’y a pas eu de négociation» véritable, a déploré Laurent Brun, du syndicat CGT Cheminots, à l’issue d’un nouveau round de discussions avec le gouvernement vendredi. La grève pourrait «aller au-delà du mois de juin» si le gouvernement persiste dans cette direction, a-t-il averti.

Le mouvement était un peu moins suivi ce dimanche, avec 35% de grévistes contre 48% lors des deux journées précédentes. Les perturbations n’en sont pas moins restées fortes en ce week-end de départ en vacances, avec seulement un train sur cinq sur les grandes lignes et un sur trois au sein des régions.

Les Français semblent partagés sur ces grèves - 44% d’entre eux les trouvent justifiées - 62% d’entre eux souhaitent que la réforme soit menée à bien, selon un sondage IFOP.

De quoi conforter le président Emmanuel Macron qui a décidé de s’exprimer sur le climat social tendu dans le pays jeudi, lors d’un entretien d’une heure dans le journal de la mi-journée sur la chaîne TF1.