Jonathann Daval (à droite), le mari d’Alexia Daval lors des funérailles de sa femme, le 8 novembre dernier. Jonathann Daval a finalement été inculpé de meurtre mardi après être passé aux aveux.

France: le mari d'une femme retrouvée morte dans un bois inculpé de meurtre

BESANÇON - Un rictus de douleur déformait son visage lorsque le corps partiellement brûlé d’Alexia, sa femme âgée de 29 ans, avait été retrouvé fin octobre dans un bois : Jonathann Daval a finalement été inculpé de meurtre mardi après être passé aux aveux.

Trois mois jour pour jour après cette macabre découverte, cet informaticien de 34 ans a été «mis en examen pour meurtre sur conjointe encourant la réclusion à perpétuité», a déclaré au cours d’une conférence de presse la procureure de Besançon (est), Edwige Roux-Morizot.

En fin d’après-midi, les avocats de Jonathann Daval eux-mêmes avaient annoncé que leur client avait avoué, pendant sa garde à vue, avoir tué sa femme au cours d’une dispute.

«L’ensemble de ces explications et des éléments d’enquête ont abouti à des éléments suffisants pour imaginer que la mort a été donnée volontairement et non pas accidentellement», a en revanche considéré la procureure Edwige Roux-Morizot.

«C’est vraisemblablement une dispute conjugale» qui est à l’origine du meurtre, a-t-elle précisé, soulignant que «la préméditation n’a pas été retenue».

L’étau s’était resserré depuis lundi autour de Jonathann Daval, interpellé à son domicile de Gray-la-ville (est) par les enquêteurs.

«Il l’a étranglée», a déclaré devant la presse, quelques heures avant la procureure, un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, assurant que son client n’avait «pas été dans une logique criminelle» et «n’avait impliqué personne d’autre».

«Il n’a jamais essayé de mettre le feu au corps d’Alexia» Daval, a ajouté l’avocat.

Pourtant, le corps d’Alexia Daval, une employée de banque, avait été retrouvé partiellement brûlé le 30 octobre, dissimulé sous des branchages dans le bois d’Esmoulins, près de Gray, à quelques kilomètres du domicile du couple.

Deux jours auparavant, c’est son mari qui avait signalé sa disparition, affirmant que sa femme était partie courir, mais n’était pas rentrée.

L’autopsie avait révélé que la jeune femme avait été victime de violences, de coups et avait été asphyxiée.

«Rabaissé, écrasé»

«Ils avaient une relation de couple avec de très fortes tensions. Alexia avait une personnalité écrasante, il se sentait rabaissé, écrasé. À un moment, il y a eu des mots de trop, une crise de trop, qu’il n’a pas su gérer», a raconté Me Schwerdorffer.

«C’est un couple dont malheureusement l’un des conjoints était violent, mais ce n’est pas celui auquel on pense, c’est-à-dire qu’Alexia, en période de crise, pouvait avoir des accès de violence extrêmement importants à l’encontre de son compagnon», a expliqué l’avocat plus tard.

«Il a essayé d’être ce gendre parfait, il n’a pas réussi. (...) Il l’a étranglée et après il a été dépassé par tout», selon son avocat

Dans les jours qui avaient suivi la découverte du corps d’Alexia, au cours d’une marche blanche à sa mémoire ou au moment des obsèques de la jeune femme, Jonathann Daval apparaissait toujours extrêmement fragile, devant être soutenu, en larmes.

Dès mardi matin, les conseils de Jonathann Daval reconnaissaient que «l’étau se resserr(ait) violemment» autour de leur client, la première personne à avoir été placée en garde à vue dans cette affaire.

Plusieurs nouveaux éléments dans l’enquête ont mis en péril la version du mari, qui avait toujours nié tout lien avec le meurtre de sa femme.

Un voisin a affirmé avoir entendu une voiture sortir du domicile du couple la nuit ayant précédé la disparition de la jeune femme et le dispositif de traçage dont était équipé l’utilitaire professionnel de Jonathann Daval l’atteste, selon une source proche du dossier.

Des traces de pneus correspondant à la voiture auraient également été retrouvées près du corps de la jeune femme. Les enquêteurs ont également découvert un tissu recouvrant le corps d’Alexia, pouvant correspondre à des draps appartenant au couple.

Au cours de sa première audition, en tant que simple témoin, Jonathann Daval avait évoqué une dispute avec sa femme la veille de sa disparition. L’altercation expliquait, selon lui, les marques de griffures, voire de morsures, visibles au niveau de ses bras et de ses mains.