Donald Trump «piétine la Constitution», a tonné l’ancien vice-président de Barack Obama et possible adversaire du milliardaire républicain en 2020.

Destitution de Trump: Biden à l’attaque

WASHINGTON — Une «menace» pour les États-Unis, un président qui a «trahi» son pays : Joe Biden en tête, les ténors démocrates ont fait front mercredi contre Donald Trump qui, sous la menace d’une procédure de destitution, a choisi l’affrontement maximal.

Donald Trump «piétine la Constitution», a tonné l’ancien vice-président de Barack Obama et possible adversaire du milliardaire républicain en 2020.

«Pour protéger notre Constitution, notre démocratie, nos principes fondamentaux, il doit être visé par une procédure de destitution», a ajouté Joe Biden depuis le New Hampshire, affirmant, dans un discours cinglant, que le milliardaire avait «trahi» son pays et représentait «une menace».

«Pathétique», lui a répondu le locataire de la Maison-Blanche dans un tweet.

L’issue du clash constitutionnel qui démarre sera lourd de conséquences pour M. Trump, mais constituera aussi un test pour les institutions démocratiques américaines.

La stratégie de la Maison-Blanche est claire : bloquer toutes les demandes, tenter de convaincre l’électorat républicain que la procédure en cours n’est qu’une basse manœuvre politique et se servir de cette dernière pour galvaniser les troupes pour l’élection présidentielle à venir.

«Les démocrates-qui-ne-font-rien sont obsédés par une seule chose : nuire au parti républicain et au président», a tweeté Donald Trump mercredi matin. «La bonne nouvelle, c’est que NOUS ALLONS GAGNER!!!!»

Dans un courrier de huit pages aux accents plus politiques que juridiques, l’avocat de la présidence Pat Cipollone, a informé mardi le Congrès que l’administration Trump ne participerait pas à une enquête «partisane et anticonstitutionnelle».

Pour le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, qui a rappelé que «personne n’était au-dessus des lois, même le président Trump», cette missive ne change rien au fond du dossier.

«Les Américains méritent de connaître les faits et la Chambre ne relâchera pas ses efforts pour mettre en lumière la conduite du président», a-t-il écrit.

Bras de fer juridique

Le bras de fer devrait rapidement passer sur le terrain juridique. Donald Trump a d’ailleurs estimé mercredi que la bataille finirait «probablement» devant la Cour suprême.

Mais l’impeachment est avant tout affaire de volonté politique et la perception dans l’opinion publique de la procédure jouera un rôle crucial dans les semaines à venir.

Les démocrates, qui ont souvent des difficultés à trouver le bon ton, ou la bonne stratégie face au style résolument provocateur de Donald Trump, s’efforcent de démontrer que l’affaire ukrainienne est de nature différente des scandales qui ont jusqu’ici éclaboussé sa présidence.

Le point de départ est simple : un échange téléphonique, au cœur de l’été, entre le président des États-Unis et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au cours duquel M. Trump lui a demandé de chercher des informations compromettantes sur son rival Joe Biden.

Empêcher le Congrès d’avancer dans son enquête pourrait constituer une entrave à la justice, rappellent-ils par ailleurs, soulignant que cela avait été l’un des trois motifs de destitution retenus à l’encontre du président Richard Nixon en 1974, avant sa démission.

La première salve a été tirée mardi par la Maison-Blanche qui a interdit à l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne Gordon Sondland, un «acteur-clé» dans l’affaire ukrainienne, de témoigner devant les élus.