Les membres de la National Rifle Association (NRA) sont réunis ce weekend en convention annuelle à Indianapolis.

Déchirement à la tête du lobby américain des armes

WASHINGTON — La direction du puissant lobby américain des armes, la National Rifle Association (NRA), réunie ce weekend en convention annuelle, se déchire au moment où son influence considérable sur la politique américaine semble décliner.

Dans une lettre à la direction du mouvement, qui s'oppose depuis des décennies à toute restriction sur le port d'armes à feu, le directeur général de la NRA, Wayne LaPierre, a révélé avoir fait l'objet de menaces de la part du nouveau président, Oliver North.

Ancien officier américain impliqué dans le scandale des ventes d'armes à l'Iran pour financer les Contras au Nicaragua, M. North a accusé M. LaPierre d'abus financiers et l'a menacé de rendre ces accusations publiques s'il ne démissionnait pas, selon cette lettre publiée vendredi par le Wall Street Journal.

M. LaPierre y indique avoir refusé cet ultimatum, qu'il a qualifié de tentative «d'extorsion».

M. North a répliqué samedi par une autre lettre — lue cette fois à la tribune de la convention annuelle par un autre membre de la direction, Richard Childress — annonçant qu'il ne se représenterait pas à la tête de l'organisation.

L'ancien conseiller de Ronald Reagan, qui est âgé de 74 ans, assure avoir agi «pour le bien de la NRA», dont il était arrivé l'an dernier à la présidence.

La NRA, qui revendique cinq millions de membres, est le premier lobby américain des armes, extrêmement actif auprès des élus qu'il finance ou note défavorablement en fonction de leurs positions sur les armes à feu.

Elle se heurte systématiquement à toute tentative de mieux encadrer le port d'armes, un droit garanti par le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis, auquel de nombreux Américains sont très attachés.

Elle compte parmi ses fervents supporteurs le président Donald Trump, qui a parlé vendredi à sa tribune et qui a bénéficié de l'appui financier de l'organisation pendant sa campagne électorale.

Mais son étoile est en train de pâlir face à la multiplication des fusillades aux États-Unis et depuis que ses liens avec la Russie ont été mis au jour par l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de Moscou dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

Une jeune femme accusée d'être une agente russe, Maria Butina, a ainsi été condamnée vendredi à 18 mois de prison par un tribunal de Washington pour avoir infiltré l'appareil politique américain à travers ses liens avec la NRA.