Des tubes de tests de la COVID-19 au Brésil
Des tubes de tests de la COVID-19 au Brésil

COVID-19: plus de 2 millions de contaminations au Brésil

RIO DE JANEIRO — Le Brésil a franchi jeudi le cap des 2 millions de contaminations au nouveau coronavirus, le deuxième bilan le plus élevé du monde derrière les États-Unis, et se rapproche de celui des 80 000 morts.

Le plus grand pays latino-américain a enregistré 45 403 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures, ce qui porte le total à 2 012 151 contaminations, a annoncé le ministère de la Santé.

Ces chiffres sont toutefois considérés comme largement inférieurs à la réalité par la communauté scientifique, en raison de l’insuffisance de tests.

Plus de quatre mois après le premier décès attribuable à la COVID-19, le Brésil a encore enregistré au cours des dernières 24 heures un chiffre très élevé de morts — 1322 — ce qui porte le total à 76 688 décès.

Si aucune décélération n’intervient, ce pays de 212 millions d’habitants devrait ainsi franchir le cap des 80 000 morts dans les prochains jours.

Le chiffre des décès représente aussi le deuxième pire bilan au monde derrière celui des États-Unis, dans ce pays dont le chef de l’État, Jair Bolsonaro, a lui aussi été contaminé et se trouve en quarantaine.

Le Brésil déplore 365 morts par million d’habitants, un chiffre inférieur à la majorité des pays ébranlés par la crise sanitaire partie de Chine, mais qui cache de très grandes disparités régionales.

Le coronavirus est très actif actuellement dans le Sud, et, dans un État sur cinq de l’immense pays, la courbe des contaminations est encore franchement ascendante. La pandémie semble s’éterniser dans un Brésil ayant enregistré sa première contamination le 26 février.

Le comportement du virus est différent selon les régions du pays-continent, mais de nombreuses villes n’ont toujours pas atteint un plateau, ni pour les nouvelles contaminations ni pour les décès, avertissent les experts.

«Deux millions [de contaminations], c’est un chiffre symbolique, parce que nous n’avons pas de tests de masse», a déclaré à l’AFP Jean Gorinchteyn, infectiologue à l’Institut Emilio Ribas et à l’hôpital Albert Einstein de São Paulo.

«Mais le chiffre réel est probablement quatre ou cinq fois plus élevé», a-t-il estimé.

«Phase ascendante»

L’État de São Paulo, capitale économique et culturelle du pays, est le plus affecté, avec plus de 19 000 décès et plus de 400 000 cas de contamination, soit un cinquième de ceux de tout le pays.

Dans le Sud-Est également, l’État touristique de Rio de Janeiro est en deuxième place pour le nombre des morts — près de 12 000 — et compte quelque 135 000 cas de contamination.

Ces deux États très peuplés ont enclenché récemment une reprise de l’activité économique, avec une réouverture notamment des commerces, restaurants, cafés et salles de gymnastique jugée prématurée par des médecins qui redoutent un rebond de la pandémie.

«Nous sommes toujours dans une phase ascendante» de la pandémie, a déclaré M. Gorinchteyn, «le déconfinement est très rapide et il est possible que ces chiffres augmentent encore beaucoup».

Confiné en son palais présidentiel d’Alvorada, le président Bolsonaro a exprimé tour à tour son impatience face à une privation «horrible» de liberté de mouvement et sa foi inébranlable dans l’hydroxychloroquine.

Il a assuré qu’il «allait bien» grâce à la molécule dont l’efficacité n’a pas été scientifiquement prouvée à ce jour.

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La Russie a été accusée jeudi par Londres, Washington et Ottawa de vouloir voler des recherches sur un vaccin contre la COVID-19.

MOSCOU ACCUSÉ DE PIRATAGE INFORMATIQUE POUR UN VACCIN

La Russie a été accusée jeudi par Londres, Washington et Ottawa de vouloir voler des recherches sur un vaccin contre la COVID-19, maladie qui continue de se propager dans le monde.

En pleine course mondiale au vaccin, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada ont accusé les services de renseignement russes d’être derrière des attaques informatiques visant à s’emparer de recherches, une accusation vivement démentie par le Kremlin.

Selon l’organisme gouvernemental britannique chargé de la cybersécurité, un groupe de pirates informatiques russes s’en est pris à des organisations britanniques, canadiennes et américaines.

Face à la recrudescence des contaminations et à la menace d’une deuxième vague, plusieurs pays d’Europe continuent de durcir les mesures sanitaires.

Plus de 68 000 nouveaux cas aux États-Unis

Les États-Unis ont encore battu jeudi un record de contaminations quotidiennes à la COVID-19, avec plus de 68 000 nouveaux cas enregistrés en 24 heures, selon les chiffres de l’Université Johns Hopkins, qui font référence.

À 20h30, heure avancée de l’Est, jeudi, 3 560 364 cas de coronavirus avaient été diagnostiqués dans le pays depuis le début de l’épidémie. Les États-Unis avaient déjà battu la veille un record de nouveaux cas sur une journée.

Le nombre de décès sur les dernières 24 heures s’élève lui à 974, pour un total de 138 201 morts.

Devenue l’épicentre actuel de l’épidémie dans le pays, la Floride a connu jeudi, avec 156 décès, sa pire journée de la pandémie.

Ces morts suivent la hausse exponentielle des contaminations observée depuis le début du mois de juin, étant donné le délai entre infection, hospitalisation et décès.

La Floride est l’État américain qui détecte le plus de nouveaux cas chaque jour, devant la Californie et le Texas, dont les bilans quotidiens avoisinent les 10 000 cas. Plus de 315 000 habitants de Floride ont été contaminés à ce jour.

Malgré ce violent regain de l’épidémie dans le pays, où plus de la moitié des États affichent un nombre de contaminations détectées en hausse, un reconfinement ne semble pas à l’ordre du jour, même si bars et restaurants ont été refermés dans plusieurs régions.

Les États-Unis sont le pays du monde le plus touché en valeur absolue, tant en nombre total de cas recensés que de morts. Selon les prévisions des modèles épidémiologiques, la situation devrait encore empirer.

Plus de 5600 décès en 24 heures dans le monde

La pandémie de nouveau coronavirus a fait au moins 585 750 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi à 15h, heure avancée de l’Est.

Plus de 13 660 780 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l’épidémie, dont au moins 7 442 700 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations. Certains pays ne testent que les cas graves, d’autres utilisent les tests en priorité pour le traçage et nombre de pays pauvres ne disposent que de capacités de dépistage limitées.

Depuis le comptage réalisé mercredi à 15h, heure avancée de l’Est, 5604 nouveaux décès et 236 985 nouveaux cas ont été recensés dans le monde.  AFP