Des travailleurs vaporisent du désinfectant dans un terminal d’autobus à Séoul, en Corée du Sud, jeudi. 
Des travailleurs vaporisent du désinfectant dans un terminal d’autobus à Séoul, en Corée du Sud, jeudi. 

Coronavirus: l’inquiétude monte au Japon et en Corée du Sud 

PÉKIN — La Chine s’est félicitée jeudi d’une baisse spectaculaire du nombre des nouvelles contaminations par le coronavirus, mais l’inquiétude monte au Japon, avec la mort de deux ex-croisiéristes, et en Corée du Sud, où un cas de transmission massive de la maladie a été constaté.

La commission nationale (ministère) de la Santé a fait état de 114 décès supplémentaires en Chine en 24 heures, ce qui porte à 2118 le nombre total des morts au niveau national (hors Hong Kong et Macao).

Mais elle a surtout annoncé un nombre quotidien de nouvelles contaminations au plus bas en près d’un mois : 673 — ou même seulement 394, en tenant compte d’un ajustement effectué par les autorités de la province du Hubei (centre), le berceau de l’épidémie.

Au total, plus de 74 500 personnes ont été contaminées en Chine depuis l’apparition du nouveau coronavirus en décembre. Ailleurs dans le monde, l’épidémie a fait une dizaine de morts et la contamination touche une vingtaine de pays, dont l’Iran qui a annoncé deux morts — les premières enregistrées au Moyen-Orient.

Au Japon, un homme et une femme octogénaires qui faisaient une croisière à bord du Diamond Princess ont perdu la vie. Ce sont les premiers décès enregistrés parmi les victimes du Covid-19 sur ce navire, au nombre de 634 après l’annonce jeudi soir de 13 nouveaux cas par le ministère japonais de la Santé.

«Énormes progrès»

En Corée du Sud voisine, où le nombre des porteurs du virus a triplé au cours des dernières 24 heures, passant à 156, un sexagénaire est mort mercredi dans le Comté de Cheongdo, à 320 kilomètres au sud de Séoul.

Il faisait partie d’un groupe de quinze patients et membres du personnel ayant contracté la maladie dans le même hôpital.

Non loin de là, à Daegu, la quatrième plus grande ville de Corée du Sud avec plus de 2,5 millions d’habitants, une femme de 61 ans appartenant à la secte chrétienne l’Église Shincheonji de Jésus qui ignorait souffrir de la pneumonie virale est soupçonnée d’avoir contaminé à elle seule une quarantaine de personnes, notamment en assistant à des offices religieux.

En Chine, les autorités estiment que les mesures prises pour limiter les déplacements, notamment la mise en quarantaine de plus de 50 millions de personnes dans le Hubei, commencent à payer.

«Les mesures énergiques de la Chine ont permis de contenir la propagation du virus dans le pays et dans d’autres parties du monde», s’est félicité le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, citant les nouveaux chiffres.

Le nombre des nouveaux cas en Chine chute depuis quatre jours consécutifs. Et plus de 16 000 ex-malades y sont désormais rétablis, selon les chiffres officiels.

Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné mercredi qu’il était «encore trop tôt» pour parler d’endiguement du virus, elle a relevé les «énormes progrès» effectués dans la gestion de l’épidémie.

Inquiétudes au Japon

Mais si Pékin se montre optimiste quant à l’endiguement de l’épidémie, le Japon fait face à des critiques croissantes à propos de la quarantaine imposée au Diamond Princess, cet immense paquebot amarré à Yokohama théâtre de la plus grande concentration de personnes contaminées hors de Chine.

Mercredi, 443 personnes ont pu débarquer après avoir été testées négatives et avoir subi une quarantaine de 14 jours.

D’autres passagers ont quitté le navire jeudi, prenant place dans des cars jaunes à destination de gares et d’aéroports.

Mais certains au Japon s’inquiètent de voir ces anciens croisiéristes éparpillés dans la nature.

Le ministère japonais de la Santé s’est voulu rassurant, soulignant avoir procédé avec des experts à des «consultations sur la manière adéquate de contrôler l’infection à bord du navire».

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Des passagers du Diamond Princess sont évacués par des militaires au port de Yokohama, jeudi.   

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LES CROISIÉRISTES DU DIAMOND PRINCESS EN ROUTE POUR LE CANADA

Les Canadiens en santé qui se trouvaient à bord du navire de croisière Diamond Princess sont en route pour le Canada, après avoir passé des semaines de quarantaine. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé jeudi que l’avion nolisé pour les rapatrier au pays a décollé du Japon. Les passagers canadiens seront emmenés jusqu’à la base des Forces armées canadiennes de Trenton, en Ontario, où ils subiront un examen médical plus approfondi avant d’être assujettis à une autre quarantaine de deux semaines à Cornwall. La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a indiqué que les personnes qui ne sont pas porteuses du virus et qui ne présentent aucun symptôme pourraient être autorisées à quitter la quarantaine plus tôt. La décision sera prise au cas par cas par l’administratrice en chef de la santé publique du Canada. Le navire amarré à Yokohama a été le théâtre de la plus importante éclosion du virus à l’extérieur de la Chine, avec 634 passagers infectés au dernier décompte. Parmi les personnes infectées, 47 Canadiens devront rester au Japon pour recevoir un traitement. La Croix-Rouge canadienne a d’ailleurs annoncé jeudi que quatre travailleurs humanitaires seraient envoyés au Japon pour porter assistance aux Canadiens hospitalisés après avoir contracté le virus. Par ailleurs, un sixième cas du nouveau coronavirus a été diagnostiqué en Colombie-Britannique après le retour au pays à partir de l’Iran d’une femme dans la trentaine. La médecin en chef de la province, Bonnie Henry, a déclaré jeudi que le cas de la femme était relativement bénin et qu’un certain nombre de personnes ayant été en contact avec elle avaient déjà été mises en isolement. La Presse canadienne