Donald Trump a rapidement condamné vendredi «les événements horribles» de Christchurch, tout en estimant un peu plus tard que cette idéologie d'une supériorité blanche dans le monde n'était pas une menace «répandue».

Christchurch: Trump dénonce les critiques «ridicules» le visant

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a dénoncé lundi les critiques «ridicules» dont il a fait l'objet après les attentats meurtriers contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande, certains élus lui reprochant ses atermoiements sur les suprémacistes blancs.

«Les médias Fake News font tout ce qu'ils peuvent pour me rendre responsable de l'horrible attaque en Nouvelle-Zélande», a-t-il tweeté, évoquant la tuerie perpétrée à Christchurch par un extrémiste de droite australien qui a coûté la vie à 50 fidèles musulmans.

«Ils vont devoir travailler très dur pour démontrer ça. Tellement ridicule!» a-t-il ajouté.

M. Trump a rapidement condamné vendredi «les événements horribles» de Christchurch, tout en estimant un peu plus tard que cette idéologie d'une supériorité blanche dans le monde n'était pas une menace «répandue».

L'auteur des attentats a revendiqué son acte sur les réseaux sociaux dans un long texte truffé de références racistes et de théories du complot. Il a fait une référence à Donald Trump, qualifié de «symbole de l'identité blanche renouvelée».

Lors d'un discours prononcé lundi, la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, a souligné que si la «principale menace terroriste» restait celle des «militants islamistes», les États-Unis ne pouvaient ignorer le «réel danger» que représentent ceux qui prônent la «haine» sous d'autres formes.

«Ils utilisent les mêmes techniques de meurtres de masse, comme nous l'avons vu avec l'horrible attaque la semaine dernière en Nouvelle-Zélande contre des musulmans», a-t-elle déclaré.

«Nous aussi, nous avons vu le visage de cette haine avec les attaques de Charlottesville, Pittsburgh, et Charleston», a-t-elle ajouté.

En août 2017, une militante antiraciste avait été tuée par un néonazi à Charlottesville. Onze personnes avaient été abattues en octobre 2018 dans un attentat dans une synagogue de Pittsburgh et un partisan de la suprématie blanche avait tué neuf paroissiens noirs dans une église de Charleston en 2015.

«Après la tragédie qui a frappé la Nouvelle-Zélande, je veux être très claire : nous ne tolérerons pas une telle haine sur le territoire américain», a-t-elle encore dit.

La démocrate Rashida Tlaib, l'une des deux élues musulmanes au Congrès, a regretté ce week-end l'absence de condamnation «claire et forte» par Donald Trump des groupuscules qui font l'éloge de la suprématie blanche.

«De façon répétée, ce président soutient et encourage les suprémacistes blancs — et au lieu de condamner les terroristes racistes, il les couvre. Ce n'est ni normal, ni acceptable», a estimé de son côté la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, candidate à la présidence en 2020.

Donald Trump avait provoqué un tollé en déclarant qu'il y avait des gens biens «des deux côtés» après des affrontements entre manifestants antiracistes et néonazis à Charlottesville.