De nouvelles manifestations étaient attendues jeudi dans le centre de la capitale du Chili

Chili: nouvelle réunion des partis politiques

SANTIAGO DU CHILI — Le gouvernement conservateur chilien a invité jeudi l’opposition à une nouvelle réunion pour tenter de trouver une sortie politique consensuelle à la crise sociale sans précédent qui secoue le pays depuis près deux semaines, mais sans convaincre la gauche de l’appuyer.

Alvaro Elizalde, le président du Parti socialiste, le principal parti d’opposition, a affirmé à l’issue de la réunion que le gouvernement n’était «pas disposé à écouter les demandes des citoyens». Le chef du Parti pour la Démocratie (PPD), de centre gauche, Heraldo Munoz, a déclaré ne pas avoir constaté «pour l’heure de signal clair en faveur du dialogue».

Le président Sebastian Pinera, qui semble impuissant à juguler la contestation malgré l’annonce d’une batterie de mesures sociales, avait déjà tenté de réunir tous les partis trois jours après le début de l’explosion sociale le 18 octobre, déclenchée par une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale.

Mais le Parti socialiste (PS) avait boycotté la réunion en raison de l’état d’urgence décrété dans la capitale et plusieurs régions du pays pour faire face aux troubles et qui est désormais levé depuis le 28 octobre.

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Gonzalo Blumel, en poste depuis le remaniement gouvernemental opéré lundi par le chef de l’État, a annoncé que le gouvernement était prêt à réviser un projet de loi de réforme fiscale déjà envoyé au Parlement.

Ce projet de loi destiné à remplacer une réforme approuvée lors du deuxième mandat de la présidente socialiste Michelle Bachelet (2014-2018) devait, selon l’opposition, permettre aux plus riches de réduire leurs impôts.

En ce qui concerne la modification de la Constitution en vigueur depuis la dictature d’Augusto Pinochet (1970-1993), réclamée par la gauche et de nombreux manifestants, le ministre a indiqué que le «gouvernement n’était fermé à aucune option».

COP 25 annulée

Mercredi, le président Pinera s’était déjà dit ouvert à engager des «réformes structurelles» du modèle socio-économique ultra-libéral chilien, hérité de la dictature et peu remis en cause depuis.

La crise sociale au Chili, qui a fait 20 morts et plus d’un millier de blessés, a contraint le gouvernement chilien à renoncer à accueillir la conférence de l’ONU sur le climat COP 25 prévue en décembre à Santiago et le sommet du forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) les 16 et 17 novembre.

De nouvelles manifestations étaient attendues jeudi dans le centre de la capitale.