«Je vais me présenter devant l’ONU même si ce doit être en fauteuil roulant ou sur un brancard, je vais y aller parce que je veux parler de l’Amazonie», a dit le président à Brasilia devant des journalistes.

Bolsonaro annule sa présence à un sommet régional sur l’Amazonie

BRASILIA — Le président brésilien Jair Bolsonaro a annulé pour raisons médicales sa participation à un sommet régional sur les incendies en Amazonie prévu vendredi en Colombie, a annoncé lundi son porte-parole.

« Le président doit suivre un régime à base de liquide à partir de vendredi », deux jours avant de subir une intervention chirurgicale à l’abdomen, ce qui rend son voyage « pratiquement irréalisable », a déclaré le porte-parole de M. Bolsonaro, Otavio Rego Barros.

Il a ajouté que le Brésil enverra un « remplaçant » ou demandera le report de la réunion programmée à Leticia, une ville située en Amazonie colombienne sur la triple frontière entre la Colombie, le Pérou et le Brésil.

Ce sommet avait été proposé par le Pérou et la Colombie le 27 août, alors que les incendies en Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde dont la majeure partie est située au Brésil, suscitaient l’inquiétude de la communauté internationale.

Jair Bolsonaro doit être opéré dimanche pour la quatrième fois depuis l’attentat à l’arme blanche qui avait failli lui coûter la vie durant sa campagne électorale le 6 septembre 2018.

Il doit être réopéré pour « une hernie incisionnelle » à l’abdomen, c’est-à-dire une éventration de la paroi abdominale, suivie de dix jours de convalescence, selon ses médecins d’un grand hôpital de Sao Paulo (sud-est).

M. Bolsonaro a affirmé lundi que cette opération ne l’empêchera pas de se rendre à New York pour défendre la position du Brésil sur l’Amazonie devant l’Assemblée générale de l’ONU le 24 septembre.

« Je vais me présenter devant l’ONU même si ce doit être en fauteuil roulant ou sur un brancard, je vais y aller parce que je veux parler de l’Amazonie », a dit le président à Brasilia devant des journalistes.

Les incendies qui font rage dans diverses régions de l’Amazonie ont mis le Brésil sous une intense pression internationale. Ils ont provoqué une crise diplomatique avec la France, dont le président Emmanuel Macron a déclaré que la question de la souveraineté de la plus grande forêt tropicale du monde était ouverte car elle est essentielle dans la régulation climatique de la planète tout entière.

M. Bolsonaro a conditionné à plusieurs reprises une acceptation par le Brésil de l’aide de 20 millions de dollars débloquée par les pays du G7 pour lutter contre les incendies à une rétractation de M. Macron.

« Nous n’accepterons l’aumône d’aucun pays dans le monde au prétexte de protéger l’Amazonie », a insisté Jair Bolsonaro lundi.

Entre le mois de janvier et dimanche dernier, les satellites de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) ont recensé 91 891 départs de feu au Brésil, soit un record pour cette période depuis 2010. Environ 52 % de ces incendies ont eu lieu en Amazonie. Un total de 1390 départs de feu ont été enregistrés pour la seule journée de dimanche.

Jair Bolsonaro n’est pas allé en Amazonie depuis le déclenchement de la crise actuelle, et un seul ministre de son gouvernement a jusqu’ici survolé une région affectée par les incendies de forêt.

Le président d’extrême droite a soutenu depuis son arrivée au pouvoir les activités minières dans des réserves indigènes et autres zones protégées, et estime que des pays profitent de la préservation de l’Amazonie pour s’ingérer et remettre en question la souveraineté brésilienne.

Monde

France : forte mobilisation policière pour les manifestations de «gilets jaunes» samedi

PARIS — Les autorités françaises ont annoncé le déploiement d’un dispositif sécuritaire conséquent samedi à Paris, à l’occasion d’une nouvelle mobilisation des «gilets jaunes», qui coïncide avec les Journées du patrimoine et la marche pour le climat.

Le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police craignent un retour des violences dans les rues de la capitale, épargnées par les débordements depuis le 16 mars, et le saccage de magasins sur la prestigieuse avenue des Champs-Élysées.

Le président français Emmanuel Macron a d’ailleurs lancé un appel au calme vendredi : «C’est bien que les gens s’expriment […] il faut que cela puisse se faire dans le calme».

«J’appelle chacun à ce que cela puisse se faire en bonne intelligence, en concorde et dans le calme pour que nos plus jeunes et nos moins jeunes puissent visiter les bâtiments, en profiter», a-t-il poursuivi en marge d’une visite de la maison de la peintre Rosa Bonheur en région parisienne, à l’occasion des Journées du patrimoine.

Le préfet de police, Didier Lallement, a annoncé vendredi que 7500 membres des forces de l’ordre seraient déployés samedi à Paris, avec des canons à eau et des véhicules blindés de la gendarmerie.

Face à des gens qui «manifestement veulent prendre des revanches» et annoncent qu’ils ne «lâcheront rien», «je réponds “nous serons là”», a prévenu le préfet, au cours d’un point de presse.

«Nous serons en nombre suffisant […] et très en capacité d’arrêter des initiatives à visées destructrices», a-t-il promis.

Le mouvement inédit des «gilets jaunes», qui protestent depuis des mois contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de Français depuis mi-novembre 2018.

Les manifestations, qui ont parfois dégénéré en violents affrontements et en scènes d’émeutes, ont ranimé les polémiques sur le maintien de l’ordre, alimentées par les images de manifestants blessés - près de 2500, parfois grièvement (24 éborgnés et cinq ayant eu la main arrachée selon le journaliste indépendant David Dufresne, un spécialiste de la question).

De son côté, le ministère de l’Intérieur évoque quelque 1800 blessés au sein des forces de l’ordre.

Si depuis le printemps, les cortèges se sont dépeuplés, les appels se multiplient sur les réseaux sociaux à «marcher contre le système» à Paris.

Les «gilets jaunes» espèrent un nouveau souffle, au nom de la «convergence des luttes». Pour Jérôme Rodrigues, une des figures du mouvement, blessé à l’oeil en janvier, «ce sera une manifestation révélatrice, car beaucoup de gens vont monter à Paris».

Plusieurs institutions et musées ont renoncé à ouvrir samedi à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, comme les musées du Petit Palais et du Grand Palais.

L’Arc de Triomphe, endommagé au cours d’une précédente mobilisation en décembre 2018, sera inaccessible. Ce sera aussi le cas de l’Hôtel Rothalin-Charolais, le siège du ministère chargé des Relations avec le Parlement, dont la porte avait été défoncée en janvier par des manifestants.

Élections 2019

«Blackface»: «J'aurais dû mieux savoir», déclare Justin Trudeau

OTTAWA — Justin Trudeau dit que c’est sa vie passée de «privilégié» qui l’a empêché de voir à quel point arborer un «blackface» était offensant. Le chef libéral affirme aussi que ses contacts avec la communauté multiethnique de son comté de Papineau ont influencé son éducation depuis sa jeunesse dorée.

«Je n’en ai jamais parlé publiquement parce que je suis profondément gêné de ce comportement. Ça ne représente pas la personne que je suis, la personne et le politicien que je suis devenu. J’aurais dû mieux savoir», a déclaré un Justin Trudeau contrit, debout dans un square à Winnipeg, jeudi après-midi.

Trois épisodes passés d’images embarrassantes ont surgi depuis mercredi. Le magazine américain Time a d’abord publié une photo d’un album d’une école de Vancouver où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant.

On y voit M. Trudeau le visage couvert de maquillage qualifié de brownface par Time.

Très vite, mercredi soir, le chef libéral s’est excusé pour cet épisode où, en 2001, il s’était déguisé pour une soirée costumée au thème des «Mille et une nuits».

Il a alors admis qu’il y avait eu un autre moment où il s’était peint le visage en noir. C’était au Collège Brébeuf, lors d’un spectacle, le temps de chanter un succès de Harry Belafonte.

Puis, jeudi matin, une courte vidéo a été diffusée par le réseau de télévision Global qui l’avait obtenue du Parti conservateur. Sur la vidéo qui n’offre que des images, pas de son, on voit un jeune Trudeau qui lève les bras et ouvre la bouche.

À Winnipeg, M. Trudeau a révélé que cette autre occasion où il a cru bon se peindre le visage et les bras en noir remonte au début des années 1990 alors qu’il était guide de rivière.

Pendant plus de 30 minutes, M. Trudeau a répondu aux questions des journalistes sur cette affaire embarrassante qui s’est retrouvée à la une de plusieurs médias dans le monde.

Il a repris un journaliste qui lui parlait de «maquillage», affirmant qu’il fallait nommer les choses telles qu’elles sont et que ce qu’il a fait était arborer un blackface, geste inexcusable pour lequel il a demandé pardon.

«Je dois reconnaître que j’étais aveugle moi-même à la douleur que j’ai pu causer à ce moment-là et que je cause maintenant à des gens qui comptent sur moi pour les défendre», a également admis M. Trudeau, qui assure qu’il ne se souvient pas de tous les épisodes où il a pu se peindre le visage en noir et ne peut donc pas assurer que tous ses squelettes sont sortis du placard.

À l’origine, le blackface était une façon de dénigrer les Noirs américains sur scène. Ces dernières années, tout déguisement semblable est devenu associé à du racisme.

Monde

Twitter supprime de milliers de comptes liés à des puissances étrangères

WASHINGTON — Twitter a annoncé vendredi avoir supprimé plusieurs milliers de comptes liés à des États étrangers et accusés de répandre de fausses informations sur le réseau social.

«En accord avec notre politique concernant la manipulation sur notre plateforme, nous avons suspendu de façon permanente tous ces comptes», a annoncé Twitter.

Le réseau social a précisé avoir supprimé 267 comptes émiratis et égyptiens, 4258 comptes émiratis, 259 comptes espagnols liés au Parti Populaire (conservateur), 1019 comptes équatoriens et six comptes saoudiens, en plus des 200 000 comptes chinois dont le réseau social avait déjà annoncé la suspension en août.

Les 267 comptes émiratis et égyptiens étaient impliqués «dans une opération de désinformation visant notamment le Qatar et d’autres pays comme l’Iran». Ces comptes, qui avaient été «créés et gérés» par Dot Dev, une entreprise technologique basée dans ces deux pays, «amplifiaient des messages de soutien au gouvernement saoudien».

Twitter a également suspendu 4258 comptes fictifs venus des Émirats arabes unis qui propageaient de fausses informations sur la guerre au Yémen, dans laquelle intervient Ryad depuis 2015 à la tête d’une coalition en soutien au pouvoir, contre les rebelles soutenus par Téhéran.

Six comptes liés aux médias d’État saoudiens ont également été désactivés pour «leurs efforts coordonnés visant à amplifier des messages avantageux pour le gouvernement saoudien».

Selon Twitter, les comptes se présentaient comme «des organes journalistiques indépendants tout en publiant des propos favorables au gouvernement saoudien».

En outre, le compte de Saud al-Qahtani, ancien conseiller de Mohammed Ben Salmane à la Cour royale déjà interdit de territoire aux États-Unis, a été suspendu.

Concernant l’Espagne, les 259 faux comptes gérés par le Parti Populaire «spammaient ou retweetaient pour augmenter la mobilisation».

Les 1019 comptes équatoriens étaient liés à l’Alianza País, coalition politique au pouvoir. Ils «se concentraient sur des problèmes liés aux lois équatoriennes sur la liberté d’expression, la censure gouvernementale et la technologie».

Monde

Un ancien investisseur de Facebook alerte sur le «côté sombre» du réseau social

PARIS — L’investisseur américain Roger McNamee, ancien mentor et soutien financier du fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, met en garde contre le «côté sombre» du réseau social, déclare-t-il dans un entretien accordé à l’AFP.

Selon Roger McNamee, qui publie cette semaine «Facebook, la catastrophe annoncée» en français aux éditions Quanto, le groupe ne s’attaque «pas assez» franchement à la désinformation ou aux discours de haine sur tous ses réseaux sociaux.

Q : Comment votre perception de Facebook a-t-elle évolué depuis votre rencontre avec Mark Zuckerberg en 2006 ?

R : Il m’a fallu beaucoup de temps pour réaliser que ce jeune homme très idéaliste, très optimiste avait aussi un côté sombre et que cela finalement contribuerait à un succès phénoménal mais que cela aurait des conséquences importantes en termes de santé publique, de démocratie, de respect de la vie privée et de la concurrence. [...] Il y avait des signes que des choses n’allaient pas dans Facebook dès 2007-2008, mais à chaque fois, la société semblait en tirer une leçon et aller de l’avant. [...] En janvier 2016, durant la primaire démocrate, j’ai observé des comportements qui semblaient peu authentiques au sein de groupes Facebook. Il s’agissait de discours haineux, notamment dans des groupes se faisant passer pour des soutiens de Bernie Sanders. [...] Puis en juin 2016, le Brexit. Pour la première fois, j’ai réalisé que les outils publicitaires, qui rendent Facebook si précieux pour les entreprises, pouvaient servir dans une élection et en déformer le résultat d’une manière qui fragilise la démocratie. Cette fois, cela m’a vraiment inquiété.

Q : Les appels à démanteler Facebook se sont multipliés et des procédures sont désormais lancées aux États-Unis. Peuvent-elles aboutir ?

R: Je n’ai pas la réponse. Il y a trois ans, je n’aurais pas imaginé que nous en serions là, que des pays réfléchiraient sérieusement à une intervention antitrust (visant à limiter la concentration économique, ndlr). Mais selon moi, l’antitrust dépasse le seul démantèlement des entreprises. [...] Nous devons également reconnaître que le business model de ces compagnies est un danger pour la démocratie, la santé publique et la vie privée, parce que nos données personnelles sont traitées comme un bien. Ces sociétés disent “si nous nous emparons de ces données ou les achetons, et bien nous les possédons”. Moi je dis que les données personnelles sont un droit civique. C’est un droit de l’homme.

Q : Facebook souhaite lancer sa cryptomonnaie, la Libra. À quoi peut-elle lui servir ?

R : L’argument qu’ils mettent en avant, c’est que dans les pays en développement, en Inde, en Afrique, dans des endroits où il n’y a pas de banques, cette monnaie qui s’échange par téléphone peut permettre des activités bancaires. Et cela peut effectivement être le cas. Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est que du jour au lendemain, les marchés financiers peuvent passer à une monnaie comme la Libra, car c’est une manière de contourner les impôts, les contrôles et la capacité des gouvernements à maintenir des marchés financiers en ordre.

Q : Mark Zuckerberg a également annoncé travailler au chiffrement des conversations, collaborer avec la police sur les vidéos de fusillades en direct, avec des médias contre la désinformation

R : Je reconnais au moins un mérite à Facebook: ils essaient de faire changer les choses. Pas assez à mon avis, mais c’est bien mieux que Google. Après, honnêtement, je pense que Facebook ne fait vraiment quelque chose que sur son produit phare (l’application Facebook elle-même, ndlr). Instagram (qui appartient à Facebook, ndlr) par exemple est très vulnérable aux ingérences électorales. Mais il y a toutes sortes de choses illégales qui y circulent, que ce soit en rapport avec la drogue ou de la propagande terroriste.

Monde

Amnesty fustige l'usage excessif de la force par la police hongkongaise

HONG KONG — Amnesty International a accusé vendredi la police hongkongaise d’un recours excessif à la force contre les manifestants pro-démocratie, dénonçant des «tactiques insensées et illégales» et allant jusqu’à parler de cas de «torture».

Dans un rapport se fondant sur des entretiens avec une vingtaine de manifestants, dont certains furent hospitalisés après leur arrestation, l’organisation de défense des droits de l’Homme affirme que les policiers de l’ex-colonie britannique dépassent régulièrement les niveaux de force tolérés par les législations locales ou les normes internationales.

«Dans une apparente soif de représailles, les forces de sécurité hongkongaises montrent une tendance inquiétante à l’utilisation de tactiques insensées et illégales contre la population pendant les manifestations», a déclaré Nicholas Bequelin, directeur d’Amnesty pour l’Asie orientale.

«Elles incluent les arrestations arbitraires et les violences de rétorsion contre les personnes en détention, dont certaines relèvent de la torture».

L’association demande la création d’une commission d’enquête indépendante sur le comportement de la police, ce qui est aussi une demande clé des manifestants. L’exécutif hongkongais s’y est cependant toujours refusé.

De son côté, la police hongkongaise a balayé les conclusions d’Amnesty et rejeté les accusations selon lesquelles elle ferait un usage excessif de la force.

Dans un communiqué, elle affirme vendredi que ses agents «font toujours preuve d’un haut niveau de retenue dans l’usage de la force».

La police se refuse en outre à réagir à des accusations spécifiques contenues dans le rapport, affirmant «ne pas faire de commentaires sur les cas individuels», mais exhortant les personnes se disant victimes de violences à saisir l’inspection générale de la police.

L’ex-colonie britannique traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à la Chine, avec des actions et des manifestations quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés ou le sentiment d’une ingérence grandissante de Pékin dans les affaires hongkongaises.

Ces rassemblements ont souvent dégénéré en graves violences entre forces de l’ordre et radicaux.

Ces derniers n’hésitent pas à jeter des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers qui, épaulés par les canons à eau, ont fait un usage massif des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Des vidéos de charges de policiers ou de manifestants tabassés à coup de matraque ont fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Monde

Plainte d’un agent du renseignement contre Trump étouffée?

WASHINGTON — Le directeur du renseignement national du président américain Donald Trump refuse de transmettre au Congrès la plainte d’un lanceur d’alerte qui concernerait une promesse non spécifiée faite par M. Trump à un dirigeant étranger. L’inspecteur général de la communauté du renseignement estime qu’il s’agit d’un problème urgent.

Le président Trump, bien qu’il n’ait donné aucun détail sur les faits allégués qui seraient à l’origine de cette plainte, a affirmé jeudi sur Twitter qu’il ne dirait jamais «quelque chose d’inapproprié» dans un appel téléphonique avec un leader étranger.

Le président du comité du renseignement, le démocrate Adam Schiff, a déclaré qu’il ne pouvait pas confirmer l’exactitude des informations rapportées par le Washington Post, car l’administration prétend avoir le droit de refuser de transmettre la plainte au Congrès. Mais dans des lettres de l’inspecteur général du renseignement adressées au comité, celui-ci affirme qu’il s’agit d’un cas «urgent» d’abus «grave ou flagrant» qui doit être communiqué aux législateurs. Les lettres ont été rendues publiques jeudi. «Il y a un effort pour empêcher cette information d’arriver au Congrès», a déclaré M. Schiff, estimant qu’il s’agissait d’une dérogation sans précédent à la loi.

M. Schiff a aussi affirmé que le directeur par intérim du renseignement national, Joseph Maguire, avait consulté le département de la Justice avant de décider de ne pas transmettre la plainte au Congrès. On ne sait toutefois pas si la Maison-Blanche est directement impliquée dans cette décision.

M. Schiff s’est adressé aux journalistes jeudi, après une audience à huis clos de l’inspecteur général du renseignement, Michael Atkinson, qui a refusé de divulguer au comité le contenu de la plainte.

Le président du comité a déclaré qu’il irait devant les tribunaux, si nécessaire, pour forcer l’administration Trump à transmettre les informations contenues dans la plainte.

Selon le Washington Post, la plainte d’un responsable du renseignement allègue que Donald Trump a fait une promesse à un dirigeant étranger non identifié lors d’un appel téléphonique. L’Associated Press n’a pas été en mesure de confirmer cette information.

Monde

Diplomates canadiens malades à Cuba: des pesticides peut-être en cause

Les mystérieux symptômes qui ont frappé ces dernières années des diplomates américains et canadiens en poste à La Havane ont peut-être été causés par des agents neurotoxiques utilisés dans des pesticides, selon une nouvelle étude obtenue par la chaine publique Radio-Canada.

Entre fin 2016 et 2018, une cinquantaine de diplomates américains et canadiens, ainsi que des membres de leurs familles, ont souffert de maux divers se manifestant notamment par de fortes migraines, des acouphènes, des troubles visuels et cognitifs ou des problèmes d'équilibre et de vertiges.

Ottawa et Washington n'ont jamais établi publiquement la nature du phénomène désigné comme «le syndrome de La Havane» ni confirmé qu'il pourrait s'agir d'énigmatiques «attaques acoustiques» ou de micro-ondes, comme la presse américaine s'en est fait l'écho, sans toutefois apporter aucune preuve. Cuba rejette toute responsabilité.

À la demande du ministère canadien des Affaires étrangères, une équipe du Centre de traitement des lésions cérébrales de l'université Dalhousie a réalisé une étude clinique sur les 15 victimes canadiennes, présentée comme «la plus poussée» à ce jour par l'émission Enquête de Radio-Canada.

Dans son étude, l'équipe multidisciplinaire composée de 26 chercheurs et dirigée par le neurologue Alon Friedman avance «l'hypothèse d'une exposition à faible dose à des neurotoxines».

Les résultats des examens, selon l'étude, «suggèrent fortement» une intoxication à des organophosphates, des molécules utilisées dans la fumigation des moustiques.

Selon Radio-Canada, M. Friedman a établi un «lien direct» entre l'apparition des premiers symptômes, en 2016 et 2017, et le lancement à cette époque par le gouvernement cubain d'«une vaste campagne de fumigation contre le virus Zika sur toute l'ile, et en particulier à La Havane». Des ambassades ont aussi mené leurs propres opérations de fumigation.

«Ces deux sources combinées ont certainement exposé les diplomates de manière excessive», conclut le Dr Friedman.

Les diplomates testés présentaient notamment des traces de ces contaminants dans leur sang, parfois plusieurs mois après leur exposition.

Cette étude, dont les hypothèses devront être vérifiées, met à mal d'hypothétiques «attaques acoustiques», a souligné Radio-Canada.

«Aucune cause définitive des incidents de santé n'a encore été déterminée», a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères en assurant suivre toutes les pistes, «ce qui inclut les recherches à l'université Dalhousie».

Le dernier cas de Canadien affecté remonte à décembre 2018 et la police canadienne poursuit son enquête en collaboration avec les autorités cubaines.

Monde

L'Amérique du Nord a perdu trois milliards d'oiseaux depuis 1970

WASHINGTON — La population d'oiseaux d'Amérique du Nord s'est effondrée d'un quart depuis 1970, soit près de trois milliards de volatiles en moins dans la nature, estiment des chercheurs dans une étude d'ampleur publiée jeudi par la revue Science.

Les oiseaux des campagnes sont les plus touchés, sans doute en raison de la réduction des prés et prairies et de l'extension des terres agricoles, ainsi que de l'utilisation de pesticides qui en tuant les insectes affectent toute la chaîne alimentaire. Mais les oiseaux des forêts et les généralistes sont aussi en déclin.

90 % des pertes concernent 12 familles d'oiseaux, dont des moineaux et bruants, des parulines, des merles ou encore le chardonneret jaune.

Ces chiffres correspondent au déclin observé ailleurs et notamment en France, où l'Observatoire national de la biodiversité a estimé à 30% le déclin des oiseaux des champs entre 1989 et 2017.

L'étude américaine combine deux sources de données.

La première vient des relevés annuels réalisés chaque printemps, au moment de la saison de reproduction, par des milliers de bénévoles, selon une méthode identique, depuis 1970. Sur un itinéraire de route de campagne de 40 kilomètres, ces observateurs s'arrêtent tous les demi-miles pendant trois minutes et comptent tous les oiseaux qu'ils voient. Les chercheurs compilent et analysent ensuite ces données.

La seconde source vient des relevés de 143 stations radars qui détectent assez finement les masses d'oiseaux pendant leur migration, la nuit. Plus de la moitié des oiseaux d'Amérique du Nord migre, soit vers le sud des États-Unis, soit vers l'Amérique centrale ou du Sud.

Ces données radar sont moins précises mais montrent aussi une diminution de 13,6 % entre 2007 et 2017, avec une marge d'erreur importante de 9 points.

Les canards et oies sont la grande exception : leurs populations, après avoir été menacées, ont augmenté depuis 1970. C'est grâce à la prise de conscience des chasseurs qui ont soutenu des mesures de protection, explique à l'AFP un coauteur principal de l'étude, l'ornithologue Ken Rosenberg, de l'université Cornell et de l'American Bird Conservancy.

«On observe la même chose partout dans le monde, l'intensification de l'agriculture et les modifications du paysage font pression sur ces populations d'oiseaux», dit Ken Rosenberg. «Désormais, on voit des champs de maïs ou d'autres cultures jusqu'à l'horizon, tout est propre et mécanisé, il n'y a plus de place pour les oiseaux, la faune et la nature».

Les causes sont mal comprises, mais les ornithologues évoquent d'autres facteurs, comme les chats laissés dehors, ainsi que les fenêtres des maisons dans lesquelles les oiseaux se fracassent, une cause de mortalité loin d'être anodine: le nombre d'oiseaux tués dans ces collisions a été estimé en 2014 entre 365 millions et 1 milliard par an aux États-Unis.

Monde

Vapotage: plus de 500 malades aux États-Unis

WASHINGTON — L'épidémie de maladies pulmonaires liées au vapotage continue aux États-Unis, le nombre de cas passant de 380 à 530 dans le pays, avec un nombre inchangé de sept décès, selon le bilan hebdomadaire communiqué jeudi par les autorités sanitaires.

Plus de la moitié des malades ont moins de 25 ans, et les trois-quarts sont des hommes, a annoncé Anne Schuchat, des Centres de contrôle et de prévention des maladies. 16% des malades ont moins de 18 ans.

Les laboratoires d'analyse de l'agence des médicaments FDA sont en possession de plus de 150 échantillons suspects, mais n'ont toujours pas identifié la ou les susbtances responsables de ces maladies pulmonaires aigües, a expliqué Mitch Zeller, directeur du centre pour le tabac à la FDA.

«Il n'y a pas de dénominateur commun sur le ou les produits utilisés, comment ils sont utilisés, où ils ont été achetés, et ce qui a pu se passer entre le moment où l'utilisateur les obtient et celui où il est vaporisé et inhalé», a insisté Mitch Zeller.

Les enquêteurs sont très prudents sur la cause possible des maladies, que ce soit une marque, un produit, ou une source.

Dans de nombreux cas, les recharges impliquées contenaient du THC, le principe psychoactif du cannabis. Ces recharges sont achetées la plupart du temps à des dealers dans la rue ou sur internet, puisque le cannabis reste illégal dans une partie des États-Unis.

Il peut aussi y avoir des recharges de contrefaçon, aux ingrédients mal contrôlés.

La FDA teste les échantillons pour identifier avec quoi la nicotine ou le THC ont été coupés, ainsi que les diluants, d'autres additifs, des pesticides, des poisons et des toxines.

Le bureau d'enquêtes criminelles de l'agence fédérale est désormais impliqué, a annoncé Mitch Zeller.

Les autorités sanitaires se sont rendu compte en juillet qu'il se passait quelque chose en lien avec le vapotage, en voyant arriver dans les hôpitaux beaucoup de jeunes gens souffrant de graves difficultés à respirer, de toux, de douleurs à la poitrine, voire de nausées.

La plupart ont déclaré avoir vapoté des liquides au cannabis, mais une partie dit n'avoir utilisé que des liquides à la nicotine.

Parallèlement, le Michigan et New York ont décidé d'interdire les cigarettes électroniques aromatisées, principalement car les arômes sont attractifs pour les jeunes. Les e-cigarettes au tabac y restent autorisées.

L'Inde, en revanche, a interdit cette semaine toutes les cigarettes électroniques.

«C'est une enquête complexe, il ne faut pas s'attendre à des réponses définitives de façon imminente», a déclaré Anne Schuchat.

Autour du globe, 20 septembre 2019

Monde

Une sécheresse exceptionnelle rapproche l’Outback australien du «Jour Zéro» [PHOTOS]

STANTHORPE - Des pénuries d’eau sans précédent dans les régions frappées par la sécheresse de l’est de l’Australie illustrent le changement climatique à l’oeuvre et menacent l’économie rurale de l’Outback.

Du Queensland (nord-est) jusqu’à Sydney (sud-est), une douzaine de petites villes risquent de voir leurs réserves d’eau épuisées dans les mois qui viennent, une situation qu’ont vécue les habitants du Cap en Afrique du Sud et de Chennai en Inde.

Une expérience que de plus en plus d’habitants sur Terre risquent de connaître en raison du changement climatique. Près d’un quart de la population mondiale, vivant dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave, proche du «jour zéro» lors duquel plus aucune eau ne sortira du robinet, selon un rapport publié le mois dernier par l’institut World ressources, qui place l’Australie au 50e rang de ce classement.

Dans l’est de l’île-continent, le temps devient toujours plus chaud et plus sec et les précieuses réserves d’eau sont utilisées pour éteindre des centaines de feux de brousse qui ravagent la campagne australienne.

À Stanthorpe, petit centre de production horticole du Queensland (est), une longue période de sécheresse dévastatrice a fait baisser les réserves du barrage local de plusieurs mètres par rapport au niveau habituel et la ville risque de ne plus avoir d’eau du tout avant Noël.

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Monde

Attaques en Arabie: Mike Pompeo pour une «solution pacifique» avec l’Iran

DUBAÏ — Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, en tournée dans le Golfe, a assuré jeudi à Abou Dhabi que les États-Unis privilégiaient une «solution pacifique» avec l’Iran, qu’il accuse d’être à l’origine de la récente attaque contre des installations pétrolières en Arabie saoudite.

M. Pompeo a rencontré le puissant prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane. À l’issue de leur entretien, il a évoqué devant des journalistes l’existence d’un «consensus» dans le Golfe sur la responsabilité de l’Iran.

«Nous sommes ici pour bâtir une coalition destinée à parvenir à la paix et à une solution pacifique», a déclaré le chef de la diplomatie américaine avant de s’envoler pour Washington, disant espérer que l’Iran voit les choses «de la même manière».

Le président américain Donald Trump avait dépêché mardi M. Pompeo à Jeddah pour discuter de la réponse à apporter aux attaques contre le royaume allié.

Interrogé par la télévision américaine CNN, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a déclaré qu'une frappe américaine ou saoudienne déclencherait «une guerre totale» ajoutant que son pays ne voulait "pas la guerre" mais ne tremblerait pas s'il s'agissait de «se défendre».

«Accuser à tort»

Le récent durcissement de la position américaine a fait craindre une escalade armée, après les frappes ayant visé le 14 septembre le cœur de l'industrie pétrolière saoudienne et entraîné une réduction de moitié de la production d'or noir du premier exportateur mondial.

Lors de la visite de M. Pompeo en Arabie saoudite, les deux parties «ont convenu que le régime iranien doit être tenu responsable de son comportement agressif, imprudent et menaçant», a déclaré la porte-parole du département d'État, Morgan Ortagus.

Le même jour, Ryad a dévoilé de nouveaux résultats de son enquête et assuré que l'attaque avait été «incontestablement parrainée par l'Iran».

Soutenus par Téhéran, les rebelles du Yémen, ont revendiqué cette attaque, menaçant également de cibler les Émirats arabes unis, un membre clé de la coalition anti-Houthis qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Mais selon Ryad, l'attaque venait «du Nord».

Les Houthis ont déjà atteint des douzaines de cibles en Arabie saoudite. Leur arsenal, en expansion, a révélé la vulnérabilité du royaume malgré ses importantes dépenses militaires. Mais la double attaque de samedi est d'une autre ampleur que les précédentes.

Mercredi, la chaîne américaine CBS News a cité un responsable américain anonyme selon lequel le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, aurait lui-même approuvé l'attaque, à condition qu'elle soit menée de manière à nier l'implication iranienne.

Le commandant des Gardiens de la révolution iraniens, le général de division Hossein Salami, a reproché jeudi aux Etats-Unis de les «accuser à tort d'être derrière tout incident» dans la région.

L'ONU a annoncé jeudi l'arrivée d'experts à Ryad pour démarrer une enquête internationale «à l'invitation des autorités» du pays.

Cibles en Iran

Selon le New York Times, l'armée américaine a dressé une liste de cibles iraniennes, y compris la raffinerie de pétrole d'Abadan, l'une des plus grandes au monde, ou l'île de Khark, la plus importante installation d'exportation de pétrole du pays.

Parmi les autres cibles potentielles figurent les sites de lancement de missiles et d'autres actifs des Gardiens de la Révolution, ainsi que des bases du sud-ouest où des activités inhabituelles laissent à penser qu'ils ont joué un rôle dans les frappes.

Selon Cinzia Bianco, analyste au Conseil européen des relations internationales, «la pensée dominante [en Arabie saoudite] veut que les États-Unis ciblent les infrastructures sensibles en Iran afin de minimiser ou d'exclure tout coût humain».

Pour Washington, l'attaque en Arabie saoudite impliquait des missiles de croisière en provenance d'Iran, a confié à l'AFP un responsable américain s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Il a ajouté que des preuves seraient présentées à l'Assemblée générale de l'ONU à New York la semaine prochaine. M. Zarif quitte l'Iran vendredi matin pour participer à cette AG, selon la diplomatie iranienne.

Le président iranien Hassan Rohani devrait également se rendre à New York et pourrait rencontrer son homologue français Emmanuel Macron qui avait évoqué fin août une éventuelle rencontre entre MM. Rohani et Trump.

Jeudi, l'Élysée a estimé qu'il restait cependant «encore beaucoup de choses à vérifier» avant une telle rencontre.

M. Trump, qui a déjà imposé des sanctions qui ont paralysé l'économie iranienne, a promis mercredi de durcir de manière «substantielle» ces mesures.

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis sont fortes depuis que l’administration Trump s’est retirée unilatéralement en mai 2018 de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien avant de rétablir des sanctions croissantes à l’encontre de la République islamique.

Monde

Attaques en Arabie: un «acte de guerre» de l’Iran, réitère Pompeo

RYAD — Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, en visite mercredi en Arabie saoudite, a qualifié l’attaque contre des infrastructures pétrolières du royaume d’«acte de guerre», l’attribuant de nouveau à l’Iran, peu après la présentation d’une enquête saoudienne selon laquelle Téhéran a «incontestablement parrainé» l’attaque.

Dépêché en Arabie saoudite afin de «coordonner les efforts pour contrer l’agression iranienne dans la région», M. Pompeo a réaffirmé que l’Iran était responsable des frappes dévastatrices de samedi, revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, tandis que le président américain Donald Trump affirmait depuis Los Angeles disposer de «beaucoup d’options» pour répondre à l’Iran.

À Jeddah (ouest), le chef de la diplomatie américaine a rencontré l’homme fort du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane.

«C’était une attaque iranienne. Ce n’est pas venu des Houthis», a insisté M. Pompeo à son arrivée, évoquant un «acte de guerre» et assurant que «les équipements utilisés ne sont pas connus comme faisant partie de l’arsenal des Houthis».

Mais les rebelles, soutenus politiquement par Téhéran, ont de nouveau revendiqué les attaques et même menacé de frapper «des dizaines de cibles» aux Émirats arabes unis, alliés de Ryad au sein de la coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement contre la rébellion.

Ryad a de son côté accusé l’Iran d’avoir «incontestablement parrainé» les attaques.

Lors de la présentation d’une enquête officielle, le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, a dévoilé des débris de «drones» et de «missiles de croisière».

Selon lui, 18 drones et sept missiles de croisière ont frappé samedi deux sites du premier exportateur mondial de pétrole après avoir été tirés du «Nord», or le Yémen est situé au sud du royaume.

Le responsable saoudien n’a toutefois pas accusé directement l’Iran d’avoir lancé les attaques depuis son territoire. Une enquête doit déterminer l’origine exacte des tirs, a-t-il dit.

Hesameddin Ashena, conseiller du président iranien, a qualifié sur Twitter cette présentation de «désastre médiatique» pour l’Arabie saoudite, le lieu de fabrication et de lancement des missiles n’ayant visiblement pas pu être établi.

Sanctions américaines durcies

L’Iran dément avoir joué le moindre rôle dans les attaques contre Ryad, son rival régional, qui ont fait baisser de moitié la production de pétrole du royaume et fait flamber temporairement les prix du brut.

Mais la chaîne de télévision américaine CBS News a affirmé mercredi que l’attaque avait été bien perpétrée par l’Iran et approuvée par l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de l’Iran, citant un responsable américain sous couvert de l’anonymat.

Selon la même source, les Américains possèdent des preuves encore plus probantes que les débris de «drones» et de «missiles de croisière» présentés mercredi par le ministère saoudien de la Défense : des photos des Gardiens de la révolution islamique se préparant pour cette attaque dans une base aérienne du sud-ouest de l’Iran.

M. Trump a annoncé mercredi sur Twitter avoir ordonné un durcissement «substantiel des sanctions» contre l’Iran et ajouté plus tard qu’il en préciserait les détails «d’ici 48 heures».

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a dénoncé des sanctions «illégales» et «inhumaines» contre des «citoyens ordinaires».

Washington a déjà réimposé de lourdes sanctions à l’Iran depuis que M. Trump a retiré son pays en mai 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

«Il y a beaucoup d’options [pour répondre à l’Iran]. Il y a l’option ultime et il y a des options bien moins élevées que cela», a tweeté M. Trump.

Avant sa rencontre avec M. Pompeo, Mohammed ben Salmane s’est déjà entretenu au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine — qui «a appelé à une enquête approfondie et objective» — et avec le chef d’État français Emmanuel Macron, qui va envoyer des experts pour participer à l’enquête saoudienne. Les Nations Unies enverront également leurs experts, selon des sources diplomatiques.

Le prince héritier a estimé que ces attaques permettaient de tester «la volonté internationale de lutter contre les opérations de sabotage qui menacent la sécurité et la stabilité mondiales», selon l’agence officielle saoudienne SPA.

Monde

Horreur au Liberia

MONROVIA — Un incendie peut-être provoqué par un défaut électrique a causé la mort d’au moins 26 jeunes élèves, dont «plusieurs Guinéens», d’une école coranique dans les faubourgs de la capitale libérienne, Monrovia, la pire catastrophe du genre survenue depuis des années dans ce petit pays pauvre d’Afrique de l’Ouest.

Les jeunes garçons ont été surpris par les flammes dans la nuit de mardi à mercredi dans le dortoir attenant à la mosquée et à l’école de Paynesville où, le jour, ils étudiaient le Coran, a indiqué le porte-parole de la police libérienne, Moses Carter.

Autour du globe, 19 septembre

Monde

Netanyahu menacé, Israël dans une nouvelle impasse politique

JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu apparaît menacé mercredi au lendemain d'élections législatives qui le placent à égalité avec son rival Benny Gantz, et surtout incapable de former un gouvernement, ouvrant ainsi la voie à des tractations douloureuses pour accoucher d'une coalition.

Preuve de l'importance de ces discussions en coulisses, M. Netanyahu a annulé mercredi son déplacement prévu dans les prochains jours à l'Assemblée générale de l'ONU en raison du «contexte politique» local, selon des sources officielles.

Monde

L’Inde, grand producteur de tabac, interdit le vapotage

NEW DELHI - Grand producteur de tabac, l’Inde a annoncé mercredi l’interdiction des cigarettes électroniques dans le pays de 1,3 milliard d’habitants, se joignant à une tendance de durcissement réglementaire mondial contre le vapotage.

«La décision a été prise avec à l’esprit l’impact que les cigarettes électroniques ont sur la jeunesse aujourd’hui», a déclaré en conférence de presse la ministre des Finances Nirmala Sitharaman, mettant en avant des impératifs sanitaires et de lutte contre les dépendances. «C’est devenu très à la mode de les essayer, de les utiliser.»

Une ordonnance passée par le gouvernement du premier ministre Narendra Modi interdit la production, l’import ou l’export, le transport, le stockage et la vente de cigarettes électroniques. Une première infraction est passible d’un an de prison et/ou 100 000 roupies  (environ 1900 $CAN) d’amende, jusqu’à 3 ans et/ou 500 000 roupies en cas de récidive.

Cette mesure «améliorera la politique de contrôle du tabac, donnant de meilleurs résultats en termes de santé publique», avance le gouvernement sur le compte Twitter de son service de presse.

Les autorités indiennes mènent de grandes campagnes de prévention sur les ravages physiques provoqués par le tabac, dont le géant d’Asie du Sud est aussi paradoxalement un grand producteur.

L’Association des Vapoteurs d’Inde a accusé le gouvernement «de sembler plus soucieux de protéger l’industrie de la cigarette que d’améliorer la santé publique». Cette interdiction représente «un jour noir pour 110 millions de fumeurs en Inde qui ont été privés d’options moins dangereuses», a-t-elle estimé dans un communiqué.

Le bannissement des cigarettes électroniques en Inde survient au lendemain d’une interdiction de l’État américain de New York de commercialiser des cigarettes électroniques aromatisées, dans le viseur des autorités sanitaires aux États-Unis.

Les cigarettes électroniques, considérées comme «incontestablement nocives» dans un récent rapport par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), consistent à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d’un liquide, qui contient la plupart du temps de la nicotine. Elles connaissent une popularité grandissante depuis leur apparition au milieu des années 2000.

Le procédé est présenté par ses défenseurs comme nettement moins dangereux pour la santé que les cigarettes traditionnelles, mais législateurs et autorités sanitaires du monde entier craignent notamment qu’il ne conduise au final les jeunes à fumer du tabac.

Troisième producteur de tabac

La nouvelle interdiction de New Delhi ne porte pas cependant sur les autres produits liés au tabac en Inde.

Selon l’OMS, l’Inde est le deuxième plus grand consommateur au monde de produits du tabac, qui y tue près de 900 000 personnes chaque année. Près de 275 millions d’Indiens de plus de 15 ans, soit 35% de sa population adulte, en consomment.

Chiquer du tabac y est plus courant que fumer des cigarettes, et moins onéreux. Le vapotage est très peu pratiqué.

L’Inde est également le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Brésil, et ses cultivateurs représentent un électorat-clé pour les partis politiques.

De nombreux rickshaws de la capitale New Delhi portent des publicités appelant à soutenir les cultivateurs indiens de tabac. Vendeurs de cigarettes et de «paan» (tabac à chiquer) de tous les goûts se trouvent à tous les coins de rue.

L’association des chambres de commerce et d’industrie estime que 45,7 millions de personnes dépendent du secteur du tabac en Inde.

L’Inde a exporté pour près d’un milliard de dollars de tabac vers une centaine de pays en 2017-2018. Le gouvernement possède aussi des parts substantielles, directement ou indirectement, dans des entreprises du monde du tabac comme ITC, l’un des plus gros cigarettiers du pays.

L’interdiction des cigarettes électroniques «est complètement absurde, car le gouvernement estime que pour moi il n’y a aucun problème à fumer des cigarettes, qui sont beaucoup plus dommageables pour la santé que le vapotage ne le serait», a déclaré à l’AFP Aronjoy, un étudiant de 22 ans et vapoteur occasionnel, rencontré dans une boutique de cigarettes électroniques à New Delhi.

Monde

Des militants pro-démocratie hongkongais plaident leur cause devant le Congrès américain

WASHINGTON — Les jeunes meneurs du mouvement pro-démocratie hongkongais ont exhorté mardi les parlementaires américains à faire pression sur Pékin, affirmant que tout recul sur le statut spécial accordé au territoire encouragerait la Chine à imposer ses «valeurs communistes» ailleurs dans le monde.

Lors d'une audition qui pourrait irriter Pékin, Joshua Wong, Denise Ho et d'autres militants pro-démocratie ont été reçus par les membres républicains et démocrates d'une commission au Congrès américain, à Washington.

Monde

Amazonie: Bolsonaro «donne le feu vert» à des mafias

SAO PAULO — Le gouvernement brésilien «donne son feu vert» à des réseaux mafieux qui détruisent l’Amazonie et «échoue» à protéger les défenseurs de l’environnement, accuse l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mardi.

L’impunité et l’allègement des contrôles environnementaux contribuent également à la déforestation de la plus grande forêt tropicale du monde, ajoute l’ONG dans ce rapport publié à Sao Paulo intitulé «Les mafias de la forêt tropicale».

«À travers ses paroles et ses actes, le président Jair Bolsonaro a donné son feu vert à des groupes criminels qui détruisent l’Amazonie et mettent en grand péril les défenseurs de la forêt», a affirmé mardi en conférence de presse Daniel Wilkinson, directeur de HRW responsable des questions d’environnement et des droits de l’Homme. La déforestation de l’Amazonie brésilienne a quasiment doublé entre janvier et août, à 6404 km2 contre 3337 km2 lors de la même période de 2018 — soit l’équivalent de 640 000 terrains de soccer.

La destruction de l’Amazonie «est menée en grande part par des réseaux criminels qui emploient la violence et l’intimidation contre ceux qui se mettent en travers de leur chemin», accuse HRW.

L’organisation de défense des droits de l’Homme demande au président d’extrême droite Jair Bolsonaro d’arrêter «ses attaques verbales et accusations sans fondement» contre les ONG et de «rétablir la coopération» entre le gouvernement et la société civile pour protéger les indigènes, les défenseurs de l’environnement et la forêt. «Les réseaux criminels ont la capacité logistique de coordonner la coupe, le débitage et la vente de bois à une large échelle et emploient des hommes armés pour intimider, et dans certains cas exécuter, ceux qui essaient de défendre la forêt», poursuit HRW.

Le Brésil est le quatrième pays pour les assassinats de défenseurs de l’environnement, selon les statistiques publiées en juillet par l’ONG Global Witness qui a comptabilisé 20 morts en 2018.  

Monde

Trump envoie Pompeo en Arabie saoudite pour décider de la réponse aux attaques

WASHINGTON — Donald Trump dépêche son ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo à Jeddah pour discuter de la réponse aux attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, alors que les États-Unis sont convaincus qu’elles ont été lancées depuis l’Iran avec des missiles de croisière.

M. Pompeo rencontrera mercredi le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane afin de «coordonner les efforts pour contrer l’agression iranienne dans la région», a fait savoir le département d’État.

Le vice-président Mike Pence a également déclaré que Mike Pompeo était en route vers le royaume pour «discuter de notre réponse».

«Comme l’a dit le Président, nous ne voulons pas faire la guerre avec qui que ce soit, mais les États-Unis y sont préparés», a lancé Mike Pence dans un discours à Washington.

«Je vous le promets : nous sommes prêts», a lancé le vice-président Mike Pence dans un discours à Washington. «Nous sommes prêts à riposter et nous sommes prêts à défendre nos intérêts et nos alliés dans la région».

Les États-Unis ont la certitude que les attaques contre deux importants sites pétroliers dans l’est de l’Arabie saoudite ont été menées depuis le sol iranien et que des missiles de croisière ont été utilisés, a indiqué mardi à l’AFP un responsable américain.

Bien que l’attaque ait été revendiquée par les rebelles pro-iraniens Houthis qui tirent, depuis le Yémen, régulièrement des missiles balistiques sur des cibles dans le sud de l’Arabie saoudite, avec une précision toute relative, les services de renseignement américains disposent d’éléments qui permettent de localiser l’origine des tirs, a précisé ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

L’administration américaine prépare un dossier pour prouver ses dires et convaincre la communauté internationale, notamment les Européens, à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine, a-t-il ajouté.

Jusqu’ici, Donald Trump s’est montré moins catégorique, affirmant lundi attendre d’en avoir la certitude et vouloir se concerter avec Ryad sur toute éventuelle riposte.

Mardi, Mike Pence a repris la formulation prudente du président américain. L’Iran «semble» être «derrière ces attaques», a-t-il dit. «Nos services de renseignement sont en train d’analyser les preuves à cet instant même», a expliqué le vice-président, précisant que M. Trump déciderait de la suite à donner «dans les prochains jours».

«Aucune négociation»

Lundi, l’Arabie saoudite avait affirmé que les armes utilisées étaient de fabrication iranienne, mais le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdel Aziz ben Salmane, a déclaré mardi que son pays «ne savait pas qui est derrière» ces attaques.

Les États-Unis «sont dans le déni» de la réalité lorsqu’ils accusent Téhéran d’être responsable des attaques, a de nouveau affirmé mardi sur Twitter le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif.

Alors que dimanche, la Maison-Blanche avait indiqué que M. Trump n’écartait pas l’hypothèse d’une rencontre avec le président iranien Hassan Rohani lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le président américain a paru mardi exclure une telle rencontre.

«Je n’exclus jamais rien, mais je préfère ne pas le rencontrer», a-t-il dit.

Téhéran avait exclu un peu plus tôt toute négociation avec les États-Unis à l’ONU.

«Si les États-Unis se repentent de s’être retirés» en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien, et qu’ils décident d’y revenir, «alors ils pourront participer aux discussions entre l’Iran et les autres membres» parties à cet accord, a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien.

«Sinon, aucune négociation n’aura lieu entre la République islamique et des responsables américains à quelque niveau» que ce soit, «à New York» ou ailleurs, a ajouté le numéro un iranien.

Les attaques ont réveillé la crainte d’un affrontement militaire avec l’Iran, alors que Washington et Téhéran ont frôlé l’affrontement militaire direct en juin. M. Trump avait dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que la République islamique eut abattu un drone américain.

Londres et Berlin ont appelé mardi à une «réponse collective» de la communauté internationale après les attaques du week-end dernier.

Ces attaques ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, à hauteur de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6 % de l’approvisionnement mondial de pétrole. Après leur flambée record de la veille, les prix du pétrole ont chuté mardi, alors que Ryad a assuré que sa production serait rétablie fin septembre.

Monde

Greta Thunberg rencontre Barack Obama [VIDÉO]

WASHINGTON — «Toi et moi, on forme une équipe» : l'ancien président Barack Obama a reçu la jeune égérie de la lutte pour le climat Greta Thunberg à Washington, a-t-il annoncé mardi sur Twitter.

M. Obama a salué en l'adolescente de 16 ans «l'une des plus grandes défenseures de notre planète». Greta Thunberg est en visite aux États-Unis après avoir traversé l'Atlantique à bord d'un voilier zéro émission carbone.

Autour du globe, 18 septembre 2019

Monde

Une Américaine traverse quatre fois la Manche à la nage sans s’arrêter

LONDRES — Une Américaine, survivante d’un cancer du sein, est devenue mardi la première personne à avoir traversé la Manche à la nage quatre fois d’affilée, une performance de 54 heures.

Sarah Thomas, 37 ans, originaire du Colorado (ouest des États-Unis), est arrivée mardi matin à Douvres, dans le sud de l’Angleterre, sous les applaudissements d’un petit groupe de personnes. «Je me sens un peu malade», l’entend-on dire sur une vidéo publiée sur Facebook.La nageuse d’endurance a fait deux allers-retours entre Douvres et le Cap Gris-Nez, près de Boulogne-sur-Mer (nord de la France).

Avant de se lancer dans cette aventure sportive, Sarah Thomas avait dédié son exploit «à tous les survivants».

«C’est pour ceux d’entre nous qui ont prié pour nos vies, qui se sont demandé avec désespoir ce qui allait se passer, qui ont bataillé, dans la douleur et la peur, pour vaincre», avait-elle publié samedi sur Facebook. Son propre traitement contre le cancer s’est achevé il y a un an.

À son arrivée mardi à Douvres, elle a confié d’une voix rauque à la BBC se sentir «assommée» et «engourdie», ajoutant que l’eau salée avait brûlé sa gorge. Elle a également été piquée au visage par une méduse.

Elle a remercié son équipe d’assistance, qui l’a alimentée tout du long avec des boissons riches en électrolytes et un peu de caféine. La boisson était «attachée à une corde, et on attirait l’attention (de Sarah) toutes les 30 minutes pour la lui jeter», a expliqué sa mère.

Le nageur d’endurance Lewis Pugh a salué sur Twitter une performance «extraordinaire, géniale et surhumaine». «Juste au moment où nous pensons avoir atteint la limite de l’endurance humaine, quelqu’un bat les records», s’est-il réjoui.

Avant l’exploit dans la Manche, Sarah Thomas avait déjà nagé près de 167 km, pendant 67 heures, dans le Lac Champlain (nord-est d’États-Unis) en 2017.

Elle pensait alors être «au sommet de (s)es accomplissements et de (s)es réussites sportives». «Je pensais que je pouvais vraiment faire tout ce que j’avais en tête. Je planifiais l’avenir... Puis on m’a diagnostiqué un cancer», a-t-elle témoigné dans une vidéo publiée sur une page de collecte de fonds pour un documentaire à son sujet, intitulé «The Other Side» (L’autre côté).

«Le cancer insuffle une peur qui ne s’en va jamais», a confié l’Américaine, mais le projet de traverser quatre fois la Manche l’a fait garder le cap dans son combat contre la maladie.

«C’était très important pour moi d’avoir un objectif et des rêves au-delà du cancer».

Un rêve qui remonte à l’enfance, raconte cette battante, bercée par tous ces «gens (qui) disai(ent) que nager dans la Manche (était) aussi dur que de grimper l’Everest».

Monde

Lilly, la Greta Thunberg de la Thaïlande

BANGKOK — «Je suis une enfant en guerre.» Lilly, 12 ans, sèche l’école, grimpe sur sa planche et pagaye au milieu d’un canal de Bangkok embouteillé de détritus qu’elle ramasse avec précaution. Son combat : le plastique en Thaïlande, sixième plus gros contributeur mondial à la pollution des océans.

En juin, l’adolescente américano-thaïe a remporté une première victoire : aider à convaincre un grand distributeur à Bangkok, Central, de ne plus délivrer de sacs à usage unique dans ses supermarchés une fois par semaine.

Dans la foulée, d’autres groupes de distribution implantés en Thaïlande, dont l’opérateur de la chaîne japonaise 7-Eleven omniprésente dans le royaume, se sont engagés début septembre à cesser d’en distribuer à partir de janvier 2020.

«Ça va dans la bonne direction», sourit Lilly, en enfonçant sa pagaie pour s’approcher d’un sac rempli de cannettes rouillées et de bouteilles éventrées.

«Au début, je me trouvais trop jeune pour militer, mais Greta [Thunberg] m’a donné confiance. Quand les adultes ne font rien, c’est à nous, les enfants, d’agir.»

Ralyn Satidtanasarn, dite Lilly, ne sera pas à New York aux côtés de la jeune Suédoise, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, pour le défilé organisé le 20 septembre quelques jours avant la conférence de l’ONU sur le climat. Elle manifestera à Bangkok. «Ma place est ici. La lutte doit se faire aussi en Asie du Sud-Est», estime-t-elle.

Récemment, plusieurs pays de la région — la Thaïlande, le Cambodge, les Philippines, la Malaisie, l’Indonésie — sont montés au créneau, refusant d’être «la poubelle» de l’Occident, et ont renvoyé des conteneurs entiers de déchets plastiques directement à l’envoyeur.

Mais ils continuent d’en générer des quantités astronomiques sur leur territoire.

Plastique omniprésent

En Thaïlande, le sac plastique est omniprésent pour emballer les centaines de milliers de repas servis dans les cantines de rue, les boissons apportées au travail... Un Thaïlandais en utilise en moyenne huit par jour, soit près de 3000 par an, d’après les données du gouvernement, 12 fois plus que dans l’Union européenne.

Et la Thaïlande est le sixième plus gros contributeur à pollution des océans, selon l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace.

La récente mort d’un bébé dugong — une espèce menacée de mammifère marin — qui avait ingurgité trop de résidus plastiques a enflammé les réseaux sociaux.

Les autorités thaïlandaises ont alors de nouveau évoqué une fin du sac à usage unique d’ici 2022, conformément à une feuille de route ambitieuse élaborée en début d’année.

Grève au gouvernement

Mais certains doutent de son efficacité. «Aucun mécanisme juridiquement contraignant n’est prévu et sensibiliser le public ne sera pas suffisant», met en garde Tara Buakamsri, directeur local de Greenpeace.

Dans la lignée du mouvement lancé par Greta Thunberg, Lilly a d’abord fait des sit-in devant le siège du gouvernement. Elle a aussi sollicité un rendez-vous avec le premier ministre Prayut Chan-O-Cha. Sans succès.

«Je me suis dit que si le gouvernement ne m’écoutait pas, il fallait parler directement à ceux qui distribuaient les sacs plastiques pour les convaincre d’arrêter», explique-t-elle.

La jeune fille peut compter sur le soutien de sa mère qui aide à écrire ses discours devant des responsables de l’ONU, d’ambassades...

«Au début, j’ai cru à une lubie d’enfant. Mais elle s’est accrochée», raconte la maman, Sasie, elle-même ex-militante écologiste.

«Sa force est d’être une petite fille sans intérêt privé à défendre.»

«Lobbies ultra-puissants»

Lilly a commencé à militer à l’âge de huit ans après des vacances sur une plage du royaume «couverte de plastiques».

Depuis, même si parfois elle a «envie de s’arrêter pour aller jouer», elle participe aux sessions de nettoyage organisées par l’association Trash Hero (Les héros des ordures).

La dernière en date a eu lieu au cœur de Bang Krachao, un quartier connu comme «le poumon vert de Bangkok», jonché par endroits d’une multitude de pailles, de bouteilles et d’emballages rejetés par le fleuve Chao Praya.

Beaucoup croient en la force de conviction de cette toute jeune adolescente. «Il est très difficile d’ignorer un enfant lorsqu’il demande pourquoi nous détruisons la planète sur laquelle il doit vivre», souligne Kakuko Nagatani-Yoshida, du Programme des Nations unies pour l’environnement.

Monde

Boris Johnson «pensait que le Brexit allait perdre»

LONDRES — L’ex-premier ministre britannique David Cameron a affirmé lundi que l’actuel chef du gouvernement, Boris Johnson, pariait sur un échec du vote en faveur du Brexit lors du référendum de 2016.

«Vous savez, juste quelques minutes avant d’aller expliquer pourquoi il était en faveur du Brexit, il m’a envoyé un texto disant : “Le Brexit va être écrasé comme un crapaud sous une herse”», a déclaré David Cameron dans une entrevue sur la chaîne de télévision ITV.

«Il pensait que le vote pour le Brexit perdrait, mais il ne voulait pas renoncer à la chance d’être du côté romantique, patriotique et nationaliste du Brexit», a poursuivi l’ancien premier ministre conservateur (2010-2016).

Mais Boris Johnson «n’avait jamais défendu [le Brexit] avant, il pensait que [le Brexit] allait perdre et c’est pour cela qu’il a fait le choix» de le soutenir, a-t-il insisté.

Boris Johnson a été l’un des grands artisans de la victoire du Brexit lors du référendum en juin 2016, qui a vu les Britanniques voter à 52 % pour une sortie du bloc européen.

Ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, «BoJo» a succédé à Theresa May comme premier ministre fin juillet en promettant de sortir coûte que coûte le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, avec ou sans accord de retrait conclu avec Bruxelles.

Pénuries alimentaires et troubles publics

À 45 jours de la date prévue du Brexit, il envisage ouvertement un divorce sans accord, malgré certaines prévisions alarmantes, établies par son propre gouvernement, de pénuries alimentaires, de médicaments et de risques de troubles publics.

«Je regrette énormément où nous en sommes arrivés», a confié David Cameron, qui restera dans l’Histoire comme le premier ministre par lequel est arrivé le Brexit. «Je prends ma part de responsabilité, parce que c’était mon référendum, ma campagne [en faveur du maintien dans l’UE] et je l’ai perdu», a poursuivi l’homme de 52 ans.

Mais si David Cameron exprime des regrets, il refuse d’endosser la responsabilité de «tout ce qui a suivi» le référendum du 23 juin 2016. L’ex-dirigeant avait annoncé dès le lendemain sa démission.

Autour du globe, 17 septembre 2019

Monde

Cette fois-ci, Trump frappera-t-il l'Iran?

WASHINGTON — Donald Trump optera-t-il pour l'option militaire face à l'Iran? En juin, il avait renoncé à la dernière minute. Après des attaques de drones visant l'Arabie saoudite, il fait face à l'une des décisions les plus importantes de sa présidence.

Une nouvelle fois, le dirigeant républicain est confronté au dilemme qui traverse son mandat: sa détermination à projeter - tweets guerriers à l'appui - l'image d'un président fort, et sa volonté, maintes fois répétée en campagne, de tourner la page de l'implication militaire américaine au Moyen-Orient, trop coûteuse à ses yeux.

Monde

Snowden prêt à rentrer aux États-Unis si son procès est «juste»

WASHINGTON — Rentrer aux États-Unis est «mon but ultime», mais «je veux un procès juste», a déclaré le lanceur d’alerte américain Edward Snowden dans un entretien diffusé lundi sur la chaîne CBS à la veille de la publication de ses mémoires.

Réfugié en Russie depuis qu’il a dénoncé la surveillance massive des communications et d’internet dans son pays en 2013, cet ancien employé de l’agence américaine de renseignement NSA est inculpé aux États-Unis pour espionnage et vols de secrets d’État.

«J’aimerais rentrer aux États-Unis, c’est mon but ultime, mais je ne vais pas passer le reste de ma vie en prison», confie-t-il à CBS. «Donc j’ai une revendication de base sur laquelle il faut qu’on se mette tous d’accord: c’est que je puisse avoir un procès juste.»

«Je ne demande pas de pardon» ni de «passe-droit», poursuit-il, en accusant les autorités américaines de prévoir «un procès d’un autre type» avec «des procédures spéciales».

«Elles ne veulent pas que le jury considère les motivations qui m’ont poussé à agir. […] Elles veulent seulement qu’il examine si mes actions étaient légales ou illégales, pas si elles étaient justes ou mauvaises», regrette-t-il.

«Il n’est pas dur de bâtir un argumentaire pour dire que j’ai violé la loi», reconnaît Edward Snowden. Mais selon lui «c’est la question la moins intéressante» et il faudrait que les jurés s’interrogent plutôt sur les conséquences de ses actions : «Ont-elles bénéficié aux États unis ou causé du mal ?»

Face à cette impasse, Edward Snowden a demandé l’asile à une vingtaine de pays, dont l’Allemagne et la France, qui lui ont refusé pour des raisons variées. «On va voir comment ils gèrent les réactions à mon nouveau livre», glisse-t-il.

Ses mémoires, publiées simultanément dans une vingtaine de pays, dont les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Brésil ou encore Taïwan, sortiront mardi.

Écrit entièrement par Edward Snowden lui-même, l’ouvrage est publié aux États-Unis par Metropolitan Books (Macmillan) sous le titre  «Permanent record». La version française intitulée «Mémoire vive» paraît aux éditions du Seuil.

Monde

Attaque contre l'Arabie saoudite : le pétrole s'affole, les tensions diplomatiques montent

LONDRES — Le cours du pétrole s’est envolé lundi après l’attaque contre des installations pétrolières saoudiennes, qui a réduit brutalement l’approvisionnement du monde en or noir, et réveillé la crainte d’une escalade militaire entre États-Unis et Iran.

La Chine comme l’Union européenne ont appelé à la «retenue» lundi, après que Washington a accusé Téhéran d’être à l’origine de cette attaque, revendiquée par des rebelles yéménites.

La Russie a de son côté demandé à la communauté internationale de «ne pas tirer de conclusions hâtives».

Le marché de son côté encaissait «la plus grande perturbation ponctuelle de l’offre de pétrole de toute l’histoire», affirme Ipek Ozkardeskaya, analyste pour London Capital Group.

Lundi, le pétrole bondissait de 10 % à 66,24 $US à Londres, où est coté le baril de Brent de la mer du Nord, et de 8,50 % à 59,51 $US à New York pour le «light sweet crude», référence américaine du brut.

+20 %

À l’ouverture, les cours avaient bondi de 20 % à Londres, le plus fort mouvement en cours de séance depuis 1991 et la guerre du Golfe.

«L’attaque a annulé environ la moitié de la production saoudienne, soit quelque 5 % de la production mondiale», remarque Craig Erlam, de la maison de courtage Oanda.

Les explosions de samedi ont déclenché des incendies dans l’usine d’Abqaiq, la plus grande pour le traitement de pétrole au monde, et Sur le champ pétrolier de Khurais.

Les autorités saoudiennes ont rapidement dit qu’il n’y avait pas eu de victimes. Mais le flou persiste sur la capacité du premier exportateur de brut du monde à rétablir le fonctionnement normal de Saudi Aramco, son empire pétrolier qu’il espère introduire bientôt en Bourse.

Selon des experts, Ryad devrait pouvoir rétablir lundi un tiers de sa production. Le royaume a aussi déjà promis de mobiliser ses vastes réserves pour amortir le choc, et le président américain Donald Trump s’est dit prêt à faire de même aux États-Unis, pour amortir le choc pétrolier.

Il y a «plein de pétrole !», a-t-il twitté.

«Pour le moment, les marchés sont bien approvisionnés avec de nombreuses réserves commerciales», a confirmé lundi matin l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’OPEP, cartel mondial d’exportateurs d’or noir dominé par l’Arabie Saoudite, restait pour sa part muette lundi matin. Le Wall Street Journal croit savoir que l’organisation n’a pas l’intention dans l’immédiat de pomper davantage pour compenser la perte de production saoudienne, pas plus que la Russie, autre grande puissance des hydrocarbures.

Escalade entre Washington et Téhéran

Si le monde n’apparaît pas menacé dans l’immédiat d’une pénurie d’or noir, les marchés manifestent aussi lundi par leur coup de sang la crainte d’une escalade militaire entre Washington et Téhéran.

Les États-Unis se sont dits «prêts à riposter» aux attaques de drones, après que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a accusé samedi l’Iran d’être à l’origine de l’attaque.

Les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l’Iran et qui font face depuis cinq ans à une coalition militaire menée par Ryad, ont revendiqué ces attaques contre les installations du géant public Aramco.

Il n’y a aucune preuve que cette «attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial» soit venue du Yémen, avait commenté samedi Mike Pompeo.

Téhéran a jugé ces accusations «insensées» et «incompréhensibles», par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, qui a laissé entendre qu’elles avaient pour but de justifier «des actions futures» contre l’Iran.

La Chine a appelé les États unis et l’Iran à la «retenue» et à éviter toute «escalade des tensions dans la région». «En l’absence d’une enquête incontestable qui permette de tirer des conclusions, il n’est peut-être pas responsable d’imaginer qui doit être tenu pour responsable» de cet incident, a déclaré Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dont le pays est le grand rival régional de l’Iran, a assuré que Ryad était «disposé et capable» de réagir à cette «agression terroriste».

Mais James Dorsey, expert du Moyen-Orient à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour, a estimé des représailles directes peu probables : «Les Saoudiens ne veulent pas d’un conflit ouvert avec l’Iran […] Ils aimeraient que d’autres se battent pour eux, mais les autres sont réticents».

Ce regain de tension entre Américains et Iraniens intervient après des mois de tension diplomatique entre les deux pays.

Avant d’accuser Téhéran d’être à l’origine des attaques de drones contre les installations pétrolières saoudiennes, Washington avait déjà rendu l’Iran responsable en mai et juin d’attaques et d’actes de sabotage contre des pétroliers dans le golfe.

Monde

Brexit : l'UE reste sur sa faim après la rencontre Juncker-Johnson

LUXEMBOURG — L'UE est restée sur sa faim après un déjeuner entre le premier ministre britannique Boris Johnson et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lundi à Luxembourg, estimant que Londres n'a toujours pas présenté de solution satisfaisante au problème sensible de la frontière irlandaise, et ce à six semaines du divorce.

Boris Johnson s’était dit «prudent, juste prudent» à son arrivée. «Prudemment optimiste», lui avait fait écho Jean-Claude Juncker.

La rencontre entre les deux dirigeants, la première depuis l’arrivée de Boris Johnson à son poste, a servi à «faire le point», ont constaté chacun de leur côté l’exécutif européen et Downing Street.

«Le président Juncker a rappelé qu’il était de la responsabilité du Royaume-Uni d’apporter des solutions juridiquement opérationnelles qui soient compatibles avec l’accord de retrait», a rapporté la Commission dans un communiqué. «De telles propositions n’ont pas encore été faites».

Côté britannique, le rendez-vous a été qualifié de «constructif».

«Intensifier»

«Les dirigeants ont convenu qu’il est nécessaire d’intensifier les discussions», a indiqué Londres, précisant que des réunions étaient désormais prévues «sur une base quotidienne», et pas seulement à un niveau technique, mais entre le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier et le ministre du Brexit Stephen Barclay. Les deux hommes étaient présents à Luxembourg lundi.

Boris Johnson doit aussi rencontrer lundi le premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel. Cet entretien sera suivi d’une conférence de presse.

La question irlandaise reste au coeur des négociations. L’UE exige que Londres présente des solutions alternatives au «backstop», la clause de sauvegarde incluse dans l’accord de retrait refusé trois fois par le parlement britannique. Elle doit permettre d’éviter le retour d’une frontière physique dans l’île d’Irlande en gardant le Royaume-Uni dans un «territoire douanier unique» à défaut d’autre solution.

En prélude à cette rencontre, Boris Johnson avait publié dimanche une tribune dans le Daily Telegraph : «si nous pouvons faire suffisamment de progrès dans les prochains jours, j’ai l’intention de me rendre au sommet crucial du 17 octobre et de finaliser un accord qui protégera les intérêts des entreprises et des citoyens des deux côtés de la Manche, et des deux côtés de la frontière en Irlande».

Patience

Mais les Européens sont pour l’instant restés de marbre face aux forfanteries de M. Johnson. Lorsqu’il annonce «d’énormes progrès» sur la manière de traiter le problème de la frontière nord-irlandaise et se compare à Hulk, un super-héros, pour libérer son pays des entraves européennes, ils répondent «attendre» des propositions concrètes et se disent «peu optimistes» sur les chances d’un divorce arrangé le 31 octobre.

«L’Europe ne perd jamais patience», a assuré Jean-Claude Juncker à son arrivée à Luxembourg.

Malgré les dispositions prises par le parlement britannique, hostile à un Brexit sans accord, Boris Johnson «a redit qu’il ne demanderait pas un report et retirerait le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre», souligne Downing Street.

Lundi matin à Bruxelles, où se tenait une réunion des ministres des Affaires européennes --sans représentation du Royaume-Uni--, le chef de la diplomatie belge Didier Reynders a suggéré que Boris Johnson «apporte quelques idées».

«Si Boris Johnson ne vient pas avec quelque chose de nouveau pour sa rencontre avec Juncker, alors, honnêtement, il n’y a plus besoin pour nous de discuter et il y aura un Brexit dur», a averti son homologue autrichien Alexander Schallenberg.

Il n’y a «rien de bien tangible jusqu’à présent», a confié à l’AFP un diplomate européen de haut rang, commentant les dernières réunions entre le conseiller de Boris Johnson, David Frost, et l’équipe de Michel Barnier à Bruxelles.

Résolution très sévère

La perspective d’un divorce sans accord est redoutée par les patrons européens : «un désastre», selon Markus Beyrer, directeur général de Business Europe.

Le Parlement européen, qui devra approuver un éventuel accord avec Londres, a de son côté haussé le ton. Il votera mercredi une résolution très sévère dans laquelle il exige une clause de sauvegarde (le «backstop») pour empêcher le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, ce que Boris Johnson refuse.

Le président du Parlement européen David Sassoli a prévenu que l’assemblée ne donnerait pas son feu vert si les obligations prévues dans l’accord de retrait sur ses engagements financiers, le droit des citoyens et l’Irlande n’étaient pas respectées.

La solution serait de limiter la clause de sauvegarde à l’Irlande du Nord, a rappelé le président du Parlement. Cette région resterait territoire douanier de l’UE et deviendrait la frontière avec le reste du Royaume-Uni (Angleterre, Écosse et Pays de Galles), une solution pour l’instant rejetée par les Britanniques, car elle ouvre la porte à une réunification de l’Irlande.