Joe Biden pourrait bénéficier de l’aura de Barack Obama auprès des électeurs qui le regrettent amèrement.

Biden se fait attendre dans la course à la présidentielle

WASHINGTON — Après le désistement de Michael Bloomberg, les yeux sont tournés vers Joe Biden, l’autre poids lourd modéré attendu dans un champ de candidats démocrates résolument marqués à gauche pour la présidentielle américaine. Mais à 76 ans, l’ancien vice-président de Barack Obama peut-il galvaniser l’électorat progressiste?

Ira-t-il. N’ira-t-il pas? Déjà 14 candidats démocrates se sont lancés dans la course à la Maison-Blanche, mais, comme en 2015, Joe Biden fait durer le suspense.

Il peut se le permettre : sa renommée le fait caracoler en tête des sondages pour la primaire démocrate avant même de s’être décidé.

Mais alors que la ligne de départ démocrate est pour l’instant fortement ancrée à gauche, les plus centristes attendent avec impatience de connaître sa décision.

Sans détour, Joe Biden s’est interrogé la semaine dernière sur ses «atouts supposés». Affirmant que sa famille le poussait maintenant à se présenter, il a confié s’inquiéter des possibles coups bas que pourrait lui asséner un Donald Trump. «Rien ne l’arrêterait probablement».

Joe Biden pourrait annoncer sa décision bientôt, a-t-il laissé entendre. Il présidera un dîner du parti démocrate le 16 mars à Dover, dans le Delaware. Beau cadre pour un premier discours de candidat?

Homme au «grand cœur»

Les bons chiffres dans les sondages alimentent certainement ses réflexions. Mais comme pour Bernie Sanders, qui arrive deuxième, les scores dénotent surtout à ce stade le niveau de notoriété.

Joe Biden pourrait aussi bénéficier de l’aura de Barack Obama auprès des électeurs qui le regrettent amèrement. L’ex-­président l’a décrit lundi comme un homme «intègre», au «grand cœur» et «loyal», lors d’une visite à Winnipeg.

Son expérience de vice-­président lui donne en plus une stature d’homme d’État que les autres prétendants démocrates n’ont pas.

Vie marquée par la tragédie

Débonnaire, souriant malgré une vie marquée par la tragédie, avec la perte de sa femme et sa petite fille dans un accident de voiture en 1972 puis en 2015 celle de son fils emporté par un cancer, Joe Biden bénéfice d’un grand capital sympathie.

Autre atout : il reste populaire chez les électeurs noirs, dont la mobilisation pourrait s’avérer décisive en 2020, de même que chez l’électorat ouvrier blanc, qui a en partie fait gagner Trump en 2016.

Mais son côté centriste, non réfractaire à travailler avec les républicains sur des propositions de consensus, pourrait aussi jouer contre lui.

Dernier exemple en date, lorsqu’il a qualifié le vice-président actuel Mike Pence, chantre de la droite chrétienne, «de bon gars». Des mots qui ont indigné des progressistes, dont Cynthia Nixon, ex-actrice de la série Sex and the city entrée en politique, pour qui Mike Pence «est l’élu le plus anti-LGBT des États-Unis».