À Dayton, le tireur tentait d'entrer dans ce bar appelé Ned Peppers qui était plein de clients de la soirée de samedi.

À Dayton, la réaction de la police a évité un bilan beaucoup plus lourd

DAYTON — Tout en pleurant les victimes de la tuerie survenue dans la nuit de samedi à dimanche, la ville de Dayton, dans l'Ohio, est reconnaissante à la police de la rapidité de son intervention, qui a évité un bilan bien plus lourd encore.

L'auteur de la tuerie, Connor Betts, 24 ans, est parvenu à tuer neuf personnes et à en blesser plus de 20 en tirant avec un fusil d'assaut dans un quartier festif peu après 1h heure locale.

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Mais moins d'une minute après avoir ouvert le feu, il a été abattu par des policiers qui se sont précipités sur place alors qu'ils étaient en patrouille.

«Bien qu'aujourd'hui soit un jour terriblement triste pour notre ville, je suis admirative devant la réaction rapide de la police de Dayton, qui a littéralement sauvé des centaines de vies», a déclaré Nan Whaley, la mairesse de cette ville du nord-est des États-Unis.

C'est ce qu'a relevé aussi le président Donald Trump. «Pensez aux dégâts qu'il a faits dans un temps aussi court, a-t-il déclaré. Ç'a été horrible, mais ça aurait pu être tellement pire.»

La police a indiqué que des agents effectuaient une patrouille de routine à Oregon, un quartier historique réputé pour ses bars, ses restaurants et ses cinémas, lorsque Connor Betts a ouvert le feu.

Cette image fournie par un premier répondant sur les lieux montre une personne blessée à la suite de la tuerie de Dayton, qui a eu lieu peu après 1h dans la nuit de samedi à dimanche.

Chargeur de 100 cartouches

Le motif de la tuerie n'est pas encore connu, mais il ne s'agit pas d'un acte de violence commis au hasard : Betts était équipé d'un gilet pare-balles et d'un chargeur de 100 cartouches qui lui permettait de tirer pendant une longue durée sans avoir à recharger son arme. Il portait par ailleurs un masque.

Un témoin, Izack Johnson, a commencé à filmer avec son téléphone intelligent dès qu'il a entendu les premières détonations, qu'il a d'abord prises pour des feux d'artifice.

Dans cette vidéo qui a été diffusée sur la chaîne de télévision CNN, on entend une rafale de tirs qui résonnent dans le quartier d'Oregon avant des détonations plus fortes qui semblent être celles des tirs des policiers.

Entre le moment où la vidéo commence et la fin des détonations, il ne se passe que 20 secondes.

Izack Johnson a relaté sur CNN la panique qui s'était emparée du quartier.

Le chef de la police de Dayton, Richard Biehl, a décrit la scène lors d'une conférence de presse dimanche. «Les agents patrouillaient dans le quartier d'Oregon à l'heure de la fermeture des bars et ils ont entendu des tirs», a-t-il dit.

«Ils ont vu une foule importante qui fuyait ces tirs. Les agents se sont immédiatement avancés vers les tirs et dans un délai d'environ 20 secondes ils ont attaqué le suspect qui tirait activement et tentait d'entrer dans un bar très fréquenté», a poursuivi le chef de la police.

«La menace a été neutralisée en environ 30 secondes à compter du moment où le suspect a tiré ses premiers coups», a précisé M. Biehl.

Betts tentait d'entrer dans ce bar appelé Ned Peppers qui était plein de clients de la soirée de samedi.

Des gens ont pris part à une vigile à la mémoire des victimes, dimanche, à Dayton.

«Catastrophique»

«Si cet individu avait pu franchir l'entrée de Ned Peppers, avec ce niveau d'armement, il y aurait eu un nombre catastrophique de blessés et de morts», a déclaré Richard Biehl.

«Aussi, il était essentiel de l'arrêter avant qu'il ne puisse entrer dans l'établissement, où on pouvait voir tous les gens qui s'étaient rués à l'intérieur pour se protéger», a aussi souligné le chef de la police.

La tuerie de masse la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis a eu lieu en octobre 2017 à Las Vegas lorsque Stephen Paddock, un comptable à la retraite âgé de 64 ans, a tiré depuis un immeuble sur la foule qui assistait à un concert en plein air de musique country, faisant 58 morts et environ 500 blessés.

Le mobile de Paddock, qui s'est suicidé, n'est pas connu.