Ever Reyes Mejia tient dans ses bras son garçon de 3 ans à Grand Rapids au Michigan. Plus de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents migrants ce printemps pour être envoyés dans des centres disséminés à travers les États-Unis.

54 familles de migrants réunies

Des dizaines d’enfants ont pu quitter mardi des centres de détention pour demandeurs d’asile à travers les États-Unis, alors que l’administration de Donald Trump a entamé les réunifications de familles migrantes sous ordonnance de la cour.

Il s’agit de la plus grande opération à ce jour pour renverser les effets de la politique de «tolérance zéro» du président Trump, en vertu de laquelle toute personne qui se présentait à la frontière sans document d’immigration valide était soumise à des poursuites. 

Ce processus menait les adultes en détention en attendant le traitement de leur dossier, tandis que les enfants étaient conduits dans des établissements distincts. 

Plus de 50 enfants migrants âgés de moins de cinq ans devaient se retrouver dans les bras de leurs parents d’ici la fin de journée mardi, conformément à l’échéance fixée par les tribunaux. Il ne s’agit toutefois que de la moitié des enfants visés par cet ordre de la cour. 

Des procureurs du gouvernement sont d’ailleurs revenus en cour, mardi, à San Diego, afin de demander un sursis pour relâcher une vingtaine d’autres enfants de cette tranche d’âge. Les autorités disent avoir besoin de plus de temps pour retrouver leurs parents, qui ont déjà été relâchés ou déportés.

Certains des parents libérés sur le territoire des États-Unis doivent porter des bracelets de surveillance à la cheville, tandis que leur dossier chemine à travers les tribunaux de l’immigration - un processus qui peut prendre plusieurs années.

Questionné sur le dépassement de la date butoir, le président Donald Trump a répliqué : «Eh bien, j’ai une solution. Dites aux gens de ne pas entrer illégalement dans notre pays. Voilà la solution.»

Entre-temps, son administration fait face à une deuxième date limite, encore plus importante. D’ici le 26 juillet, des milliers d’enfants d’âge scolaire devront à leur tour être réunis avec leurs parents, tel que décrété par le juge Dana Sabraw à la fin du mois dernier. Le magistrat avait alors fixé une limite de 14 jours pour la réunification des enfants âgés de moins de cinq ans et une seconde de 30 jours pour les enfants un peu plus vieux.

Des tests d’ADN

Pour la première vague de retrouvailles, le gouvernement est passé d’une liste de 102 à 75 enfants admissibles en les soumettant à des vérifications telles que des tests d’ADN.

Le gouvernement a défendu ces contrôles en soulignant qu’il a ainsi découvert des parents qui avaient de sérieux antécédents criminels, dont un cas de maltraitance d’enfants.

«Notre processus n’est peut-être pas aussi rapide que certains le souhaiteraient, mais il n’y a pas de doute sur le fait qu’il protège les enfants», a avancé Chris Meekins, du département de la Santé et des Services sociaux.

Les tests d’ADN ont même permis de découvrir que deux adultes n’étaient pas les parents biologiques de l’enfant qu’ils croyaient être le leur, a-t-il rapporté.

«Si nous apprenons qu’ils n’en sont pas les parents légaux, alors nous n’allons évidemment pas les réunir», a dit M. Meekins.

Mardi, le personnel d’un organisme à but non lucratif chargé d’héberger bon nombre des plus jeunes enfants «s’est assuré que chaque sac à dos était plein et que chaque enfant obtienne un câlin et un au revoir», a indiqué son chef de la direction, Juan Sanchez.

Plus de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents migrants ce printemps pour être envoyés dans des centres disséminés à travers les États-Unis. Pendant ce temps, leurs parents faisaient face à la justice pour être entrés aux États-Unis sans document d’immigration valide. Plusieurs d’entre eux sont des demandeurs d’asile.

Le président américain Donald Trump a renoncé à cette pratique le 20 juin, face au tollé international suscité par les images choquantes d’enfants détenus dans des cages dans des installations frontalières, ainsi que des enregistrements audio de jeunes enfants en pleurs réclamant leurs parents.