Les maires de Rouville ont eu l’occasion d’échanger avec la présidente de la Fédération canadienne des municipalités, la mairesse de Magog Vicky-May Hamm (au centre), qui amorçait mercredi une tournée québécoise.

Monde municipal: des enjeux communs d’un océan à l’autre

Plusieurs enjeux qui touchent les huit municipalités de la MRC de Rouville concernent également plusieurs autres villes canadiennes. Les maires de la région ont eu l’occasion d’échanger avec la présidente de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Vicky-May Hamm, qui amorçait mercredi une tournée québécoise dans l’optique de prendre le pouls des élus sur diverses thématiques.

La tournée de celle qui est également mairesse de Magog visait aussi à sensibiliser les élus à joindre les rangs de sa fédération, le Québec étant la province la moins représentée en son sein.

« Le taux d’adhésion au Québec est d’environ 76 % alors que dans certaines provinces, il est de 100 % », affirme Mme Hamm.

Brancher les collectivités

La question de brancher les collectivités à un accès Internet haute vitesse a été abordée par les élus, une problématique qui concerne la MRC de Rouville, qui a accusé réception d’une étude démontrant que son territoire est moins bien desservi que prévu, en décembre dernier.

Dans son budget déposé le 19 mars dernier, le gouvernement fédéral a présenté un plan pour y parvenir d’ici dix ans. La FCM, qui réclamait une stratégie nationale à ce sujet, est ravie des investissements annuels de 400 millions de dollars pendant dix ans qui selon elle permettront d’atteindre cette cible. « On est très contents que le gouvernement fédéral ait entendu notre appel », indique Vicky-May Hamm.

Le cas de Rouville est représentatif de la réalité de plusieurs communautés en milieu rural au Canada. « Ce qui ressort, c’est l’importance de la connectivité et de la présence d’un réseau cellulaire fiable pour répondre aux besoins de la population, souligne la présidente de la FCM. Des fermes cherchent à s’automatiser, des gens travaillent à partir de la maison. La ruralité, sans être loin des centres urbains, doit elle aussi pouvoir se relier à Internet. »

Rouville est d’ailleurs prête à passer à l’action. La MRC attend l’ouverture d’un éventuel appel de projets pour déposer sa candidature à une aide financière lui permettant de déployer un réseau satisfaisant sur son territoire.

Le préfet de Rouville refuse toutefois de crier victoire trop rapidement. « Est-ce que cette somme sera suffisante, même en y ajoutant l’argent que pourrait investir le provincial pour compléter ? , se questionne le préfet Jacques Ladouceur. On se demande où vont ces subventions-là. »

« Ce sont les entreprises qui possèdent les infrastructures qui semblent en profiter. Nous, on doit se brancher quelque part, mais on paie trop cher pour se connecter à des poteaux. Il faut que cet argent-là soit investi dans les technologies et le service aux abonnés », poursuit le maire de Richelieu.

D’ailleurs, dénonce-t-il, les cartes de couverture du CRTC sont actuellement réalisées à partir de données fournies volontairement par les fournisseurs de services, des données qui ne reflètent pas la réalité.

« Comme villes, on a dû dépenser de l’argent pour démontrer au CRTC que ses propres cartes ne sont pas bonnes », ajoute M. Ladouceur.

Transport en commun

La problématique d’une offre incomplète en transport en commun sur le territoire de Rouville a aussi été discutée par la présidente de la FCM et les maires de la région.

Actuellement, le système d’autobus et de taxi-bus ne couvre pas totalement et équitablement le territoire de la MRC. « Notre problème est différent de celui des municipalités qui se trouvent en périphérie de Montréal. Chez nous, ce n’est pas tout le monde qui peut prendre le transport en commun parce qu’il n’y a pas de service d’une ville à l’autre au sein même de la MRC. Pour se rendre dans les cégeps, les hôpitaux ou au travail, les gens doivent se rendre dans d’autres MRC pour prendre l’autobus », indique M. Ladouceur.

La question du Programme de la taxe sur l’essence et de la contribution du Québec (TECQ) et celle de l’aide financière aux municipalités pour les aider à faire face aux changements climatiques ont aussi été discutées lors de la rencontre tenue mercredi soir.

« Ça a été une très belle rencontre, conclut M. Ladouceur. Mme Hamm est un personnage très intéressant, en ce sens où c’est une femme extrêmement passionnée ! »