Autour du globe, 24 septembre 2018

Monde

Les ados grandes victimes des crises humanitaires

PARIS — Les filles sont les grandes victimes des crises humanitaires : mariées de force, abusées, privées d’école, elles sont vulnérables, avec «14 fois plus de risque de mourir que les garçons en période de conflits», a alerté lundi l’ONG Plan International.

À l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à New York, Plan International doit présenter lundi les conclusions de trois enquêtes menées auprès d’adolescentes rohingya dans un camp au Bangladesh, dans le bassin du lac Tchad ainsi qu’au Soudan du Sud, «trois régions particulièrement instables», souligne l’organisation dédiée à la protection des enfants.

Ses rapports évoquent «mariages forcés, kidnappings, violences et abus sexuels, esclavage» mais aussi «déscolarisation massive».

«Continuum de violence»

Ainsi, les adolescentes du Soudan du Sud et dans les camps de réfugiés «surpeuplés» en Ouganda (où l’ONG a interrogé 249 jeunes filles de 10 à 19 ans) décrivent-elles «un continuum de violence, devenu la norme à la maison et dans la communauté».

«Ce n’est pas surprenant, car le conflit au Soudan du Sud a été caractérisé par une cruauté rampante, y compris des niveaux de violence extrême contre les femmes et les enfants», affirme l’ONG, selon laquelle «une adolescente sur 4 a pensé à se suicider au moins une fois» dans l’année précédant l’enquête. Plus des trois quarts (77 %) ont confié ne pas avoir assez à manger.

Dans le bassin du lac Tchad, affecté par «l’une des situations d’urgence humanitaire les plus graves au monde, selon Plan International, «une adolescente sur trois ne se sent pas en sécurité chez elle, une sur cinq a été battue au cours du mois précédant l’enquête, une sur dix a été victime d’agression sexuelle...»

L’ONG a interrogé 449 filles au Nigeria, Niger, Cameroun, séparées de leur père du fait de la crise pour 67% d’entre elles et même des deux parents pour 30 %.

Elles ont confié leurs peurs jusqu’au sein de leurs foyers, le manque de nourriture (62%) qui les pousse à travailler dans le secteur informel, de bois de chauffe ou d’eau qui les oblige à parcourir de grandes distances et les expose d’autant plus aux risques de harcèlement ou de violence.

Déscolarisation massive

L’insécurité est un frein supplémentaire à l’éducation, les jeunes filles n’osant plus emprunter le chemin de l’école, quand les agressions ne se déroulent pas au sein même de l’école. Et la scolarité est de toute façon compromise par les «mariages précoces et forcés» - en moyenne à 14-15 ans. Au Niger, 3 filles sur 4 sont mariées avant 18 ans.

Les fillettes rohingya en exil au Bangladesh, dans un camp à Cox’s Bazar, sont également massivement privées d’éducation (72 %) et racontent un quotidien similaire: faim, coups, viols, kidnapping, prostitution forcée.

Une fille de 13 à 15 ans sur cinq a été mariée de force, «2,5 fois plus que les garçons», pointe l’ONG.

Une adolescente bientôt mariée à «un inconnu» souligne : «Ils ne pouvaient pas le faire en Birmanie, mais ici ils peuvent».

Monde

Cour suprême: nouvelles accusations contre le juge Kavanaugh

WASHINGTON — Le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, doit faire face à une nouvelle accusation d’inconduite sexuelle, quatre jours avant l’audition cruciale de Christine Blasey Ford, qui le met également en cause.

Deborah Ramirez, 53 ans, a déclaré dans le New Yorker dimanche que Brett Kavanaugh, lors d’une soirée arrosée à l’université de Yale dans les années 80, a sorti son sexe devant elle, la contraignant à le toucher alors qu’elle le repoussait, ce que le juge a vigoureusement démenti.

«Ce prétendu événement datant d’il y a 35 ans n’a pas eu lieu. Les gens qui me connaissaient alors savent que cela ne s’est pas produit et l’ont dit. Ceci est du dénigrement pur et simple», a-t-il écrit dans un communiqué publié par le journal.

L’accusation portée par Mme Ramirez survient à quatre jours du témoignage public, attendu jeudi, de Christine Blasey Ford qui accuse déjà d’agression sexuelle le juge Kavanaugh.

Républicains et démocrates ont chacun cherché dimanche à garder la main avant cette étape cruciale : après des jours de négociations et de bras de fer entre les républicains de la commission judiciaire du Sénat et les avocats de Christine Blasey Ford, un accord a été scellé dimanche sur la date et l’heure de l’audition publique.

«Malgré les menaces actuelles pour sa sécurité et sa vie, le DFord croit qu’il est important pour les sénateurs de l’entendre directement», ont indiqué les conseils de Christine Blasey Ford, cités par des médias.

Bien qu’ayant initialement demandé à être entendue après son agresseur présumé, Mme Blasey Ford a finalement accepté d’être auditionnée la première, jeudi à 10h00.

À quelques semaines des élections de mi-mandat, que les démocrates souhaitent transformer en référendum anti-Trump, l’enjeu de ces auditions est double.

Les témoignages de Christine Blasey Ford et de Brett Kavanaugh pourraient ainsi, in fine, peser sur le scrutin, mais aussi sur la désignation du magistrat à la Cour suprême, qui ferait basculer à droite la plus haute juridiction américaine.

«Histoire crédible» 

Dans son témoignage initialement paru dans le Washington Post, Christine Blasey Ford avait expliqué que Brett Kavanaugh et un ami, «complètement ivres», l’avaient coincée dans une chambre, plaquée sur un lit et avait cherché à la déshabiller, avant qu’elle ne parvienne à s’enfuir.

L’agression se serait déroulée au début des années 80, lors d’une soirée arrosée entre lycéens dans la banlieue de Washington. Elle était âgée de 15 ans, lui en avait 17.

Des accusations vigoureusement démenties par Brett Kavanaugh, qui a accepté d’être entendu lui aussi par le Sénat.

Influence sur les élections de mi-mandat? 

La question du calendrier du vote pour la confirmation de la nomination du juge Kavanaugh fait l’objet de tractations tendues, avec les élections de mi-mandat dans le viseur.

Les républicains pourraient perdre leur majorité au Congrès et risqueraient alors d’avoir des difficultés à faire confirmer le candidat de M. Trump pour la Cour suprême. L’objectif est donc de voter avant le 6 novembre.

Les démocrates, eux, soutiennent le souhait de Mme Blasey Ford d’être entendue par le FBI, ce qui retarderait le processus de confirmation.

Dans une lettre adressée dimanche à Donald Trump, le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, et celle des démocrates à la commission judiciaire, Dianne Feinstein, ont demandé au président d’ordonner au FBI l’ouverture d’une enquête sur l’agression présumée de Christine Blasey Ford.

Ils ont souhaité que les conclusions de cette enquête puissent être communiquées aux sénateurs avant les auditions, comme cela avait été le cas en 1991 lorsque le juge Clarence Thomas, candidat de George Bush à la Cour suprême, avait été accusé de harcèlement sexuel par une ancienne collègue.

Donald Trump s’est jusqu’ici opposé à l’intervention du FBI dans ce dossier.

Dimanche, les républicains membres de la commission judiciaire, qui la contrôlent, ont contre-attaqué en révélant avoir déjà mené leur propre enquête sur l’affaire. Dans un communiqué, ils citent les noms de trois personnes qui auraient été présentes lors de l’agression, selon Mme Blasey Ford.

Contactés par les sénateurs républicains, tous ont affirmé n’avoir aucun souvenir non seulement des faits, mais aussi de la soirée en elle-même. Ils soulignent que l’ancienne camarade de classe de Mme Blasey Ford qui avait posté mercredi sur Facebook un message affirmant que l’incident avait bien eu lieu, même si elle n’était pas présente, s’est depuis rétractée.

Jeudi, elle a déclaré à la radio publique NPR n’avoir «aucune idée» si l’agression avait bien eu lieu ou non.

«Tout ce que je sais du juge Kavanaugh va à l’encontre de ces allégations. Je veux écouter le Dr Ford. Je me sens désolé pour elle. Je pense qu’on l’utilise», a dénoncé M. Graham, dans une accusation à peine voilée contre les démocrates.

D’abord sur la réserve, Donald Trump est venu à la rescousse de son candidat vendredi, mettant en doute la véracité des accusations de Mme Blasey Ford, s’en prenant à son silence de plus de trente ans.

«Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents», a tweeté le président.

Tollé immense aux États-Unis, où des milliers de personnes, rassemblées derrière la bannière #WhyIDidntReport sur Twitter («Pourquoi je n’ai pas porté plainte»), se présentant comme victimes d’agression sexuelle, ont expliqué les raisons de leur silence.

Les accusations contre le juge Kavanaugh pèseront-elles sur les résultats des élections de mi-mandat?

Avec l’éclosion du mouvement #MeToo, le record de femmes se présentant cette année aux élections de mi-mandat, cette affaire a un écho particulier.

Deux tiers des Américains disent suivre au moins d’un peu près ces allégations selon le sondage YouGov.

«Ne votez pas pour notre frère!»

NEW YORK — Six frères et soeurs d’un élu républicain ultraconservateur au Congrès, actuellement en campagne pour sa réélection, ont appelé publiquement à voter pour son opposant démocrate, l’intéressé leur donnant rendez-vous lors d’une prochaine réunion de famille, probablement tendue.

Paul Gosar ne travaille pas pour vous (Paul Gosar Is Not Working For You) dit le titre de la vidéo postée vendredi sur Internet et qui met en scène trois frères et trois soeurs du candidat.

Le film a été réalisé par l’équipe de campagne du candidat démocrate David Brill, qui ambitionne de reprendre à Paul Gosar ce siège à la Chambre des représentants, dans une circonscription qui couvre le nord-ouest de l’Arizona, plutôt rural, État du sud-ouest du pays.

«Paul Gosar l’élu au Congrès ne fait absolument rien pour aider l’Amérique rurale», commence sa soeur Grace, relayée par David, qui estime que «Paul ne fait absolument rien pour sa circonscription».

La santé, l’emploi, la protection de l’environnement, ils reprochent tous à leur frère de ne pas s’investir dans les dossiers qui intéressent ses administrés et appellent à voter pour son opposant.

«Il n’a pas à coeur votre intérêt», avance Tim Gosar, «il ne vous écoute pas».

Monde

La Corée du Nord et l'Iran dans le viseur de Trump à l’ONU

NATIONS UNIES — Main de fer contre l’Iran, gant de velours pour la Corée du Nord: pour sa deuxième Assemblée générale de l’ONU, l’imprévisible président américain Donald Trump est attendu cette semaine à New York avec circonspection par ses adversaires comme ses alliés.

Avec un Conseil de sécurité «plus divisé que jamais», dirigé ce mois-ci, hasard du calendrier, par les États-Unis, «on n’a aucune idée» de ce qu’il fera ou dira, confie-t-on au siège de l’ONU.

L’an dernier, Donald Trump avait promis «de détruire totalement» la Corée du Nord en cas d’attaque de ce pays. Cette année, l’heure est à la détente, avec une nouvelle rencontre envisagée cette semaine à New York entre les chefs de la diplomatie américaine et nord-coréenne.

Mais le rapprochement spectaculaire entre les deux adversaires n’a pas donné lieu jusqu’à présent à des avancées vers une dénucléarisation de la péninsule. «Des pas de bébés» sont faits «dans la bonne direction», a résumé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, présidera une réunion du Conseil de sécurité visant à ressouder la communauté internationale après les accusations de «tricherie» et de «mensonges» échangées entre Américains et Russes dans l’application des sanctions contre Pyongyang.

Il a dit cette semaine vouloir retourner prochainement à Pyongyang, prélude à un deuxième sommet, de plus en plus probable, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Sur l’Iran, «on ne s’attend pas à un grand moment de réconciliation entre les deux présidents», américain et iranien, note-t-on dans l’entourage du chef d’État français, Emmanuel Macron, qui sera présent à New York. «Tant qu’il n’y a pas de volonté d’engager le dialogue des deux côtés, on ne pourra pas le forcer», relève-t-on.

Donald Trump «a dit clairement qu’il était prêt à parler à tout le monde», y compris avec les dirigeants iraniens, «s’il y a un dialogue constructif», a souligné dimanche sur la chaîne NBC Mike Pompeo, tout en doutant qu’il puisse y en avoir un avec Téhéran.

«L’offre de discussions directes avec l’Iran faite par Trump n’est ni honnête ni sincère», a par avance balayé le président iranien Hassan Rohani dans une tribune au Washington Post avant d’aller à New York, dénonçant la «longue liste de conditions préalables insultantes» établie selon lui par Washington.

Mercredi, Donald Trump présidera, marteau à la main, une réunion de chefs d’État ou de gouvernement du Conseil de sécurité pour, selon Nikki Haley, «attirer comme jamais l’attention» sur l’Iran, bête noire des États-Unis accusée de déstabiliser le Moyen-Orient.

«Changer le monde»

Absents de l’Assemblée générale, les présidents russe et chinois n’assisteront pas à cette session sur la non-prolifération des armes de destruction massive qui permettra d’aborder les dossiers syrien, nord-coréen et de l’empoisonnement d’ex-espions russes au Royaume-Uni.

Les États-Unis exercent une «stratégie de pression maximale» sur l’Iran, «mais avec quel calendrier, quel objectif véritable, à travers quelles incitations?» s’interroge-t-on en Europe.

«Nous ne cherchons pas à obtenir un changement de régime en Iran ou ailleurs», a assuré dimanche sur CNN Nikki Haley, en condamnant «toute attaque terroriste, n’importe où», après l’attentat meurtrier de la veille contre un défilé militaire iranien.

L’accord nucléaire avec l’Iran de 2015, dont Washington s’est retiré mais que les Européens cherchent toujours à sauver, devrait aussi être évoqué.

Le siège de l’ONU, transformé par la police en camp retranché dans l’est de Manhattan, et son secrétaire général, le Portugais Antonio Guterres, attendent environ 130 chefs d’État et de gouvernement — en hausse par rapport à 2017 —, quatre vice-présidents et plus de 40 ministres des Affaires étrangères.

Une semaine de discours — un par pays, 193 nations formant l’ONU —, d’apartés et d’évènements en tous genres sont prévus: défense de l’éducation, lutte contre l’antisémitisme, le plastique qui pollue, la tuberculose, inauguration d’une statue de Nelson Mandela, discours cubain dans une église, spectacle d’un groupe populaire...

Le climat, considéré par certains dirigeants comme la menace principale pour la planète, fera l’objet d’une mobilisation particulière. «L’urgence d’agir n’est pas assez prise en compte», déplore l’un d’eux.

Petits et surtout grands conflits, avec ou sans mission de paix de Casques bleus, seront comme chaque année au menu des discussions qui alimenteront la «grand-messe» diplomatique de l’année, du Sahel à la Birmanie, en passant par la Libye, la Centrafrique, la Somalie, le Proche-Orient, le Yémen ou le Venezuela.

Monde

L’accusatrice du juge Kavanaugh témoignerait jeudi au Sénat américain

WASHINGTON — La femme accusant d’agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a accepté de témoigner au Sénat, plusieurs médias affirmant que l’audition aura lieu jeudi.

La commission judiciaire de la chambre haute veut entendre le témoignage de Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Brett Kavanaugh lors d’une soirée arrosée entre adolescents au début des années 80.

Elle prévoit également d’auditionner sur ces allégations le magistrat de 53 ans, qui les réfute en bloc.

Plusieurs médias, dont Politico et Daily Beast, ont rapporté que l’audience aura lieu jeudi. Ils citent des sources ayant été informées du contenu d’un échange téléphonique entre la commission et les avocats de Mme Blasey.

Jusqu’ici, il semblait impossible pour Mme Blasey Ford et cette commission de tomber d’accord sur la date et les modalités de l’audition, même si la victime présumée avait déjà donné son accord de principe.

Si les avocates de celle qui est aujourd’hui professeure de psychologie dans une université californienne avaient bien signifié samedi que leur cliente était prête à témoigner, elles n’avaient pas proposé de calendrier précis et offert simplement de reprendre les discussions, selon un message électronique publié par le Washington Post.

Le bras de fer durait déjà depuis plusieurs jours. Vendredi, le président républicain de la commission, Chuck Grassley, avait ainsi adressé un nouvel ultimatum pour l’engager à témoigner mercredi, menaçant, si elle refusait, d’organiser un vote dès lundi sur la confirmation du juge, sans entendre son témoignage.

Enjeu immense 

Christine Blasey Ford ne souhaitait pas être entendue avant jeudi et demandait à pouvoir appeler un témoin qui était présent au moment de l’agression, qui se serait passé alors qu’elle avait 15 ans et Brett Kavanaugh 17.

L’enjeu est immense: la nomination à vie de ce magistrat pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, arbitre des grandes questions qui divisent la société américaine, comme le droit à l’avortement.

Et les républicains veulent une confirmation avant les élections législatives de début novembre, à l’issue desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès.

«Jusqu’ici les républicains poussent pour une audition et n’accèdent pas à sa requête de témoigner jeudi et non mercredi. C’est 24 heures», a déploré samedi sur Twitter la sénatrice démocrate de Californie, Kamala Harris, quelques minutes après le message des conseils de Mme Blasey Ford.

«Je soutiendrai sa ferme bravoure face aux contraintes arbitraires, injustes et irrationnelles fixées par le président [de la commission judiciaire Chuck] Grassley», a surenchéri le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre, tout comme Mme Harris, de la commission judiciaire.

Après avoir évoqué son agression dans le Washington Post, Mme Blasey Ford aurait reçu des menaces de mort, selon le New York Times, l’incitant à s’assurer les services d’une société de sécurité.

#WhyIDidntReport 

Signe de l’intensification des échanges autour de cette confirmation, Donald Trump a attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s’étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

«Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents aimants», a tweeté le président Trump.

Cette mise en doute de la parole de cette victime présumée a suscité un tollé, des milliers de personnes livrant depuis leurs témoignages publiquement sur Twitter, expliquant pourquoi elles n’avaient pas porté plainte après une agression sexuelle, derrière le hashtag  #WhyIDidntReport (Pourquoi je n’ai pas porté plainte).

«Parce que j’avais 18 ans. J’étais effrayée. Je ne pensais pas qu’on pourrait me croire», a tweeté Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur dans le Michigan.

«Je connaissais mon assaillant. Je ne pouvais pas briser le coeur de mes parents. Je ne voulais pas être définie par l’acte violent criminel de quelqu’un».

«La première fois que c’est arrivé, j’avais 7 ans», a écrit, sur Twitter, l’actrice Ashley Judd, au sujet d’une agression sexuelle dont elle dit avoir été victime. «Je l’ai dit aux premiers adultes que j’ai vu. Ils m’ont dit: C’est un vieil homme gentil, il n’a pas voulu faire ça.»

«Donc quand j’ai été violée à 15 ans, je ne l’ai dit qu’à mon journal intime», a poursuivi la comédienne, devenue l’une des héroïnes du mouvement post-Weinstein, car elle a été une des premières à avouer avoir été harcelée par le producteur déchu.

Monde

L’Iran en furie après un attentat meurtrier

Téhéran — Le président Hassan Rohani a promis une réponse «terrible» de l’Iran après un attentat contre un défilé militaire dans le sud du pays dans lequel au moins 29 personnes, dont des civils, ont été tuées samedi.

L’attaque, dénoncée par Téhéran comme un acte «terroriste», a été perpétrée dans la matinée par un commando armé à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d’Arabes.

C’est l’une des plus meurtrières qu’ait connues l’Iran en près de huit ans. Elle a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI), qui dit répondre aux interventions de l’Iran dans la région.

La fusillade a duré «dix à quinze minutes», a déclaré à l’AFP Behrad Ghassemi, photographe local présent sur les lieux du drame.

Il a dit avoir vu un assaillant vêtu d’un uniforme des Gardiens de la Révolution et armé d’un fusil mitrailleur AK-47 avec «trois chargeurs attachés ensemble avec du ruban adhésif».

«J’ai vu un enfant de quatre ans et une femme atteints par des balles», les assaillants «tiraient sur toute personne qu’ils pouvaient» atteindre.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a vu dans l’attentat «une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis et qui cherchent à répandre l’insécurité dans notre cher pays».

L’attaque, qui a fait également 57 blessés, dont plusieurs dans un état grave, a eu lieu à la veille du départ annoncé de M. Rohani pour New York, où il doit participer à l’Assemblée générale de l’ONU.

Elle survient dans un climat de tensions très fortes entre l’Iran et les États-Unis, qui s’apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions économiques contre la République islamique.

«La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible», a déclaré M. Rohani, selon un communiqué officiel.

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé «des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger» d’avoir «attaqué Ahvaz» et a mis en cause «les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains».

Monde

Naufrage en Tanzanie: bilan de 218 morts

UKARA — Deux cent dix-huit morts. Le bilan du naufrage du ferry MV Nyerere dans le sud du lac Victoria, en Tanzanie, ne cessait de s’alourdir samedi au troisième jour des opérations de recherches, même si, à la surprise générale, un survivant a été extrait de l’épave.

Les plongeurs des équipes de recherches continuaient samedi soir leur travail autour de la coque qui affleurait encore à quelques dizaines de mètres à peine de l’île d’Ukara, la destination finale du ferry, sous le regard de centaines d’habitants, a rapporté un journaliste de l’AFP.

«Nous déplorons au moment où nous parlons 218 morts et les opérations se poursuivent», a déclaré samedi soir John Mongella, le gouverneur de la région de Mwanza (nord-ouest), à la télévision publique TBC One.

Le gouverneur a par ailleurs assuré qu’un «dispositif» permettant de «retourner» l’épave ayant chaviré, et donc d’accélérer les recherches, était en chemin pour Ukara. «Nous attendons d’un moment à l’autre les spécialistes et le dispositif pour retourner le ferry. Ils ont promis de se mettre à l’oeuvre dès leur arrivée».

Sur le rivage de l’île, des dizaines de cercueils en bois ont été alignés, attendant d’être récupérés par les proches des victimes, a rapporté un journaliste de l’AFP.

«Demain matin [dimanche], nous allons commencer à inhumer ici les corps qui n’auront pas encore été identifiés par des proches. La cérémonie sera présidée par le premier ministre, Kassim Majaliwa, et les représentants des différentes confessions religieuses seront là», a souligné M. Mongella.

Peu savent nager 

Le MV Nyerere a chaviré jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres à peine d’Ukara, le bilan élevé étant attribué au fait que peu de gens savent nager dans cette région du monde.

Les témoins et les survivants ont donné deux versions de la catastrophe, mais la surcharge du navire semble d’ores et déjà en cause: le nombre de morts - 218 - additionné au nombre de rescapés - 41 - surpasse largement la capacité du bateau, établie à 101 personnes. Le nombre exact de personnes se trouvant à bord du bateau au moment du drame reste pour l’heure inconnu.

Selon certains, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire à l’approche du débarcadère, un mouvement qui pourrait avoir déséquilibré le bateau. Selon d’autres, la personne se trouvant à la barre, distraite par son téléphone portable, a raté la manoeuvre d’approche et, souhaitant se rattraper, a effectué une manoeuvre brutale qui a fait chavirer le ferry.

Capitaine absent, subordonné inexpérimenté à bord 

Le président tanzanien John Magufuli avait par ailleurs indiqué vendredi soir que les premiers éléments de l’enquête indiquaient que le capitaine du bateau ne se trouvait pas à bord, mais avait délégué ses fonctions à un subordonné sans expérience.

La navigation peut être difficile sur le plus grand lac d’Afrique, où elle se fait souvent sur des navires vétustes et trop chargés, les autorités sont souvent peu regardantes sur la sécurité. En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers, à quelques milles au large de Mwanza.

L’espoir de voir évoluer le nombre de rescapés est désormais quasiment nul, même si, contre toute attente, l’ingénieur du ferry a été extrait vivant de l’épave à la mi-journée, après avoir survécu pendant près de deux jours dans un compartiment du navire encore rempli d’air, a indiqué un député local.

Évoquant une «négligence», le président tanzanien a ordonné vendredi soir que «toutes les personnes impliquées dans la gestion du ferry» soient arrêtées. «Les responsables seront absolument punis», a-t-il promis, décrétant également un deuil national de quatre jours.

Le ferry MV Nyerere, du nom du premier président tanzanien Julius Nyerere, assurait la liaison entre l’île d’Ukara et celle, située juste en face, d’Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d’Ukara viennent régulièrement s’approvisionner.

Après le pape François vendredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a présenté ses condoléances «aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple de la République unie de Tanzanie».

Monde

Steve Bannon poursuit sa campagne d’Europe

ROME — Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, a fait une nouvelle fois étape samedi en Italie, terreau fertile pour ses idées ultraconservatrices, qu’il souhaite faire gagner aux prochaines élections européennes en apportant son aide aux partis nationalistes du vieux continent.

Proche de l’extrême droite américaine, Steve Bannon mène depuis plusieurs mois une campagne anti-Union européenne que l’a conduit dans plusieurs capitales, où il a systématiquement fustigé les élites, la bureaucratie et les médias traditionnels.

«Si je suis venu ici aujourd’hui, c’est pour vous dire que tout est inextricablement lié. Le Brexit, Trump, les élections de mars 2018 en Italie font partie d’un tout», a déclaré Steve Bannon samedi soir à Rome.

Il était l’invité d’honneur de la kermesse annuelle du petit parti souverainiste Fratelli d’Italia, deux semaines après avoir rencontré Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), l’homme fort du gouvernement italien.

«La première chose est un rejet total de ce que les élites ont imposé à la civilisation occidentale. C’est pourquoi l’Italie est aujourd’hui le centre de l’univers politique», a-t-il lancé.

L’ambition de l’ex-stratège de Donald Trump est d’engendrer une révolte populiste de droite à travers le continent grâce aux élections du Parlement européen en mai 2019.

Pour cela, il a annoncé cet été le lancement d’une fondation, baptisée Le Mouvement, destinée à organiser les différentes formations de droite radicale et favoriser l’élection d’un groupe d’eurodéputés suffisamment fort pour bloquer l’action des forces traditionnelles.

«Avec Le Mouvement, et mes partenaires en Belgique (où sera installé son QG), nous allons construire un groupe et lorsque le président Trump aura battu le parti démocrate aux élections [de mi-mandat] en novembre, je passerai 80 % de mon temps en Europe en vue des élections européennes», a-t-il annoncé.

«Et si vous jugez que je peux vous faire gagner, alors je vous proposerai des sondages, des données analytiques... On installera des centres de crise, tout ce qui est nécessaire pour gagner des élections», a-t-il assuré.

Au cours de sa tournée européenne, Steve Bannon a noué des contacts avec les principaux leaders nationalistes: Marine Le Pen en France, le protagoniste du Brexit Nigel Farage au Royaume-Uni, le premier ministre Hongrois Viktor Orban ou M. Salvini.

Samedi soir, l’ancien patron du site d’informations ultra-conservateur Breitbart, qui faisait sa première grande intervention publique en Italie, a aussi prédit une nouvelle crise financière.

«Elle fera paraître celle de 2008 comme un pique-nique dominical. Ce sera une crise de la dette, une crise monétaire», a-t-il assuré.

Athènes et Rome 

Il a aussi rejeté la crise financière sur ce qu’il appelle «le parti de Davos», la parti de la finance. «Elle est le résultat de son incompétence. Et l’économie italienne, après cette crise, ne s’est jamais reprise».

«Si vous êtes un travailleur de la classe moyenne, les dix dernières années ont été les pires que l’on puisse imaginer», a-t-il dit.

«Et savez-vous combien de PDG, de banquiers, de politiciens sont allés en prison pour cela? Aucun», a-t-il lancé devant un auditoire tout acquis à sa cause.

M. Bannon a aussi insisté sur la crise démographique qui touche particulièrement l’Italie, où la moyenne d’âge est l’une des plus élevée du monde.

«Les jeunes d’aujourd’hui [...] comprennent qu’ils ne peuvent pas programmer leur avenir», a-t-il avancé, ajoutant: «Pourquoi ne peut-on pas parler de démographie, du fait que les jeunes essaient de fonder une famille, de trouver un emploi sans être taxé de raciste, de xénophobe?».

Issu d’une famille catholique irlandaise, Steve Bannon a aussi profité de son séjour romain pour se rapprocher de l’institut catholique Dignitatis Humanae, un centre d’études dirigé par le cardinal américain Leo Burke, l’un des principaux contradicteurs conservateurs du pape François.

«Notre culture et notre civilisation nous ont été transmises depuis Athènes, Jérusalem et Rome à travers les siècles. Cela repose sur vos épaules», a-t-il conclu.

Monde

3000 manifestants à Moscou contre la réforme des retraites

MOSCOU — Trois mille personnes environ ont manifesté samedi à Moscou contre l’impopulaire projet du gouvernement d’augmenter l’âge de départ à la retraite, qui provoque une fronde inhabituelle en Russie.

Les participants ont défilé sur une grande avenue du centre de la capitale russe, brandissant des pancartes à l’effigie de membres du parti au pouvoir, Russie unie, dont le premier ministre Dmitri Medvedev, accompagnées de slogans comme «Ennemi du peuple» ou «Honte».

«Environ 3000 personnes ont pris part» à la manifestation, a annoncé dans un communiqué le ministère russe de l’Intérieur, une estimation confirmée par un journaliste de l’AFP.

Autorisée par les autorités, la manifestation était organisée à l’appel du Parti communiste russe. L’opposant du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, condamné à 30 jours de prison pour avoir brûlé des portraits de dirigeants russes lors d’une précédente manifestation fin juillet, a pris part au défilé.

Les autorités russes sont confrontées depuis plusieurs mois à une vague de colère face au projet du gouvernement d’augmenter l’âge de départ à la retraite, resté inchangé depuis près de 90 ans dans le pays.

Vladimir Poutine, qui avait pris soin de très peu s’impliquer dans cette réforme, a pourtant vu sa cote de popularité chuter et a annoncé fin août un assouplissement du projet.

L’âge de départ à la retraite des femmes, actuellement de 55 ans, passerait à 60 ans (contre 63 dans le texte initial) et celui des hommes passerait à 65 ans, contre 60 ans aujourd’hui.

Dimanche dernier, des manifestations organisées à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui purge en ce moment une peine de 30 jours de prison pour des actions de protestation organisées en janvier, avaient réuni des milliers de personnes et abouti à plusieurs centaines d’arrestations.