Monde

L'extrême droite et ses détracteurs dans la rue: dimanche tendu à Berlin

BERLIN — Extrême droite d'un côté, ses détracteurs de l'autre. Berlin a connu un dimanche de tensions, des milliers de manifestants des deux camps s'étant mobilisés pour un face-à-face, sous l'oeil de la police, présente en nombre, pour prévenir des heurts.

Toute l'après-midi, en plein centre-ville, plus de 5000 manifestants de l'Alternative pour l'Allemagne, ont marché, drapeaux allemands à la main, face au quelque 25 000 personnes réunies pour de bruyantes contre-manifestations, selon les estimations de la police.

Défilant de la gare principale jusqu'à la porte de Brandebourg, les manifestants d'extrême droite ont repris en coeur des slogans hostiles à l'islam et à la chancelière Angela Merkel en raison de sa décision en 2015 d'accueillir des centaines de milliers de demandeurs d'asile.

Vers 16h (10h, heure du Québec), ils se sont dispersés dans le calme, encadrés de près par les policiers qui craignaient des heurts, des groupes se disant «antifascistes» ayant promis «sabotage» et «chaos».

Rares incidents

Seuls de rares incidents ont été dénombrés au final, les forces de l'ordre, qui avaient sur le terrain 2000 hommes, ayant indiqué avoir dû faire usage de gaz irritant à une reprise pour repousser des contre-manifestants.

Une poubelle incendiée a blessé une personne, ont-elles encore indiqué, sans apporter de précisions sur les blessures.

Les protestataires anti-AfD, en surnombre, ont tenté toute l'après-midi de gêner la manifestation d'extrême droite à l'appel de syndicats, partis, associations et même de boîtes de nuit. Ils ont pu ainsi détourner un temps le cortège de son itinéraire original en bloquant un pont.

«La propagande nazie n'est pas un droit» ou «tout Berlin est contre l'AfD», scandaient-ils, invectivant aussi par moment leurs adversaires.

Des navires anti-AfD, décorés de banderoles et de ballons se sont aussi joints au rassemblement, alors que des clubs berlinois avaient déployés des haut-parleurs pour tenter de noyer slogans et discours de l'Alternative pour l'Allemagne.

Si les basses étaient bien audibles, les orateurs ont pu aussi se faire entendre.

«Nous aimons notre pays, nous voulons le transmettre à nos enfants comme nos grands-pères l'ont fait pour nous», a dit à la fin de la manifestation, au pied de la Porte de Brandebourg, le co-président de l'AfD Alexander Gauland, dont le discours a été brièvement interrompu par un contre-manifestant.

Monde

Hong Kong: marche avant la commémoration du massacre de Tiananmen

HONG KONG — Des centaines de personnes ont manifesté dimanche à Hong Kong avant la commémoration du massacre de la place Tiananmen à Pékin, il y a 29 ans, réclamant la libération de Liu Xia, veuve du prix Nobel Liu Xiaobo.

Le territoire semi-autonome de Hong Kong est le seul endroit de Chine où cette commémoration est ouvertement marquée, avec chaque année une veillée le 4 juin dans Victoria Park précédée d'une marche.

La participation à ces manifestations recule toutefois depuis quelques années. Beaucoup de jeunes sont frustrés du manque de réformes politiques à Hong Kong et voudraient mettre ce combat en avant plutôt que celui pour la démocratisation en Chine continentale.

Environ 1100 personnes ont participé à la marche de dimanche, selon Albert Ho, président de l'Alliance pour le soutien des mouvements patriotiques et démocratiques en Chine qui l'avait organisée.

Les manifestants, qui répondaient à l'appel d'un groupe de militants pro-démocratie, ont défilé depuis le quartier d'affaires de Wan Chai jusqu'au bureau de liaison chinois.

Ils réclamaient justice pour les victimes de Tiananmen et la fin du système du parti unique, avec des banderoles proclamant : «portez le deuil du 4 juin, résistez à l'autoritarisme».

Résidence surveillée

Ils ont également demandé que le gouvernement chinois libère la poétesse Liu Xia, placée de facto en résidence surveillée depuis plus de huit ans sans avoir jamais fait l'objet d'une condamnation.

Mme Liu, 57 ans, est sous très étroite surveillance du régime communiste depuis que son époux a obtenu le prix Nobel de la paix 2010, avant de mourir en détention d'un cancer l'an dernier. Liu Xiaobo avait été condamné en 2009 à 11 ans de prison pour «subversion» pour avoir cosigné un appel en faveur de la démocratie en Chine.

Le camp pro-démocratie à Hong Kong s'inquiète du durcissement de ton de Pékin contre toute forme de contestation de sa souveraineté sur l'ancienne colonie britannique. En 2016, la Chine avait obtenu la disqualification de six députés et le camp pro-démocratie n'est pas parvenu en mars à récupérer tous ses sièges lors de législatives partielles où des candidatures de militants avaient été interdites.

L'écrasement par l'armée chinoise des manifestations pour la démocratie dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 à Pékin a fait un bilan évalué généralement entre plusieurs centaines et plus d'un millier de morts. Fin 2017, une archive britannique rendue publique a fait état d'une estimation d'au moins 10 000 morts dans un télégramme secret de l'ambassadeur britannique de l'époque Alan Donald.

Monde

La Corée du Sud accueille la première «drag parade» de son histoire

SÉOUL — La Corée du Sud a accueilli cette fin de semaine la première «parade drag queen» de son histoire, une victoire pour les militants de l'égalité dans un pays connu pour son conservatisme sur les questions de genre et de sexualité.

Des dizaines de «drag queens» et de «drag kings» ont défilé samedi dans les rues d'Itaewon, une banlieue de Séoul connue pour sa vie nocturne et ses lieux gais.

Vêtus de costumes colorés, parfois perchés sur des talons hauts, agitant des drapeaux arc-en-ciel, ils ont suscité l'étonnement des badauds, parfois leurs encouragements.

L'homosexualité n'est pas illégale en Corée du Sud. Mais beaucoup de gays, lesbiennes et transsexuels sud-coréens se gardent bien de s'afficher en public, par crainte de la discrimination.

En marge de la dernière parade gaie de Séoul, en juillet 2017, la police avait dû surveiller des milliers de contre-manifestants demandant que les homosexuels se repentent de leurs péchés.

Même le nouveau président Moon Jae-In, un ex-avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme et issu du centre-gauche, avait suscité un tollé avant son élection l'année dernière pour avoir dit que l'homosexualité ne lui plaisait pas.

«En Corée du Sud, les garanties en matières de droits de l'homme accordées aux minorités sexuelles sont insuffisantes», déplore auprès de l'AFP Yang Heezy, organisateur de la «Seoul Drag Parade».

«Cette parade et d'autres manifestations de la culture queer doivent être organisées pour que l'attention se porte sur les minorités sexuelles et aider ceux qui n'appartiennent pas à ces minorités à en apprendre davantage», ajoute-t-il.

Un des participants, dont le nom de drag queen est Lola Bank, témoigne d'une forme d'euphorie dans la foule.

«Le fait de pouvoir se montrer en public en drag queen est un énorme moment dans l'histoire de l'acceptation des queers en Corée», affirme Lola, en tirant sur sa cigarette.

«J'ai toujours eu des difficultés avec ma masculinité et ma féminité. M'habiller en drag queen est une façon de dire "va te faire foutre" à la société, à la façon dont elle attend que je me comporte en tant qu'homme.»

Monde

Guantanamo s’adapte à ses détenus vieillissants

WASHINGTON — Quand ils sont arrivés à Guantanamo, ils étaient des combattants dans la force de l’âge, capturés peu après les attentats du 11 septembre 2001. Plus de 15 ans plus tard, les détenus ont vieilli, et la célèbre prison controversée doit s’adapter.

Cette semaine, la Maison-Blanche s’est apparemment rendue à l’évidence: en l’absence de volonté politique de régler la situation des 40 derniers prisonniers de Guantanamo, certains d’entre eux risquent d’y finir leurs jours.

«Le centre de détention pour les détenus de grande valeur connaît des problèmes structurels et des pannes de système qui, si on ne les règle pas, pourraient représenter un risque pour les gardiens et les détenus», a indiqué la Maison-Blanche dans une lettre aux élus du Congrès pour leur demander des fonds supplémentaires pour Guantanamo.

«Il ne répond pas non plus aux besoins d’une population qui vieillit», précise le document.

Le Pentagone ne publie pas d’informations sur les détenus de Guantanamo, mais certains documents publiés par WikiLeaks et le New York Times permettent d’en savoir un peu plus sur eux.

L’âge moyen des prisonniers est de 46 ans et demi. Le plus âgé est le Pakistanais Saifullah Paracha, qui aura 71 ans en août.

Le plus jeune est le Saoudien Hassan Mohammed Ali Ben Attach, qui est né en 1985. Il avait 16 ou 17 ans lors de son arrestation en 2002, et il a donc aujourd’hui 32 ou 33 ans. Les documents ne fournissent pas toujours une date de naissance précise.

Ni le Pentagone ni la base de Guantanamo Bay n’ont accepté de commenter ces informations.

Rampes pour chaises roulantes

Le prisonnier le plus célèbre de Guantanamo, le «cerveau» présumé des attentats du 11 septembre, Khaled Cheikh Mohammed, a 53 ans. La moustache noire qu’il arborait lors de sa capture en 2003 est devenue une longue barbe grise qu’il teint aujourd’hui en orange.

Selon James Connell, l’avocat du Yéménite Ramzi ben al-Chaïba, qui est accusé de complicité avec Cheikh Mohammed, les responsables de la prison ont tenté récemment d’améliorer les conditions de détention des détenus les plus âgés.

«Certains des espaces destinés aux rencontres avec les avocats sont maintenant équipés de rampes pour chaises roulantes», indique-t-il à l’AFP. Des poignées ont été installées dans les toilettes pour aider les prisonniers à se relever.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) visite Guantanamo environ quatre fois par an pour s’assurer que la prison répond aux critères internationaux et pour évaluer la façon dont les prisonniers sont traités.

«Nous sommes activement engagés dans un dialogue avec les autorités américaines» sur les besoins médicaux des détenus, indique à l’AFP un porte-parole du CICR à Washington, Marc Kilstein.

Les détenus âgés souffrent fréquemment de maladies chroniques qui peuvent être exacerbées par le confinement: insuffisances cardiaques, diabète, maladies du foie, problèmes cognitifs.

Un coût massif

Les contribuables américains ont déjà déboursé plus de 450 millions $ par an pour maintenir ces prisonniers à Guantanamo Bay.

Ce chiffre ne peut qu’augmenter avec leur vieillissement, car les États-Unis ont «pour obligation de leur accorder un traitement médical, conformément aux lois internationales», explique à l’AFP Daphne Eviatar, d’Amnesty International.

Certains détenus étaient déjà en mauvaise santé lorsqu’ils sont arrivés à Guantanamo, que ce soit pour avoir subi des tortures, à cause du conflit ou en raison de leurs mauvaises conditions de vie, note-t-elle.

Mais le Congrès n’autorise pas les détenus malades à se faire soigner aux États-Unis.

L’an dernier, le Pentagone a ainsi envoyé à Guantanamo un IRM mobile loué pour la modique somme de 370 000 $, selon le Miami Herald.

Sur les 40 détenus de cette prison militaire américaine, cinq ont été formellement inculpés d’avoir participé aux attentats du 11 septembre, mais leur procès n’avance pas.

Deux détenus ont été inculpés d’autres crimes et deux autres ont été condamnés. En outre, cinq prisonniers ont été déclarés libérables par l’ex-président Barack Obama, mais son successeur Donald Trump a suspendu le processus et veut envoyer de nouveaux détenus à Guantanamo.

La majorité des prisonniers (26) n’ont jamais été inculpés, mais ils sont considérés comme trop dangereux pour être libérés.

Depuis son ouverture en 2002, neuf prisonniers sont morts à Guantanamo, l’armée évoquant généralement des suicides.

Monde

Et si le procès Weinstein demeurait l'exception?

LOS ANGELES — L’arrestation du producteur déchu Harvey Weinstein à New York, vendredi, représente un moment marquant pour le mouvement #MeToo, mais son cas pourrait demeurer une exception alors que des obstacles légaux rendent difficile le dépôt d’accusations contre d’autres vedettes hollywoodiennes visées par des allégations d’inconduite sexuelle.

Des hommes comme Kevin Spacey et Mario Batali font toujours l’objet d’enquêtes, mais les prochaines accusations déposées en lien avec la vague de dénonciations pourraient bien viser encore une fois Harvey Weinstein.

L’ex-magnat du cinéma demeure dans le collimateur des enquêteurs à Los Angeles et à Londres.

Selon Stacey Honowitz, une procureure qui a mené de nombreux dossiers de crimes sexuels dans le comté de Broward, en Floride, il est très peu probable que les autorités des autres juridictions abandonnent leurs enquêtes parce qu’un procès est déjà prévu à New York.

D’après Mme Honowitz, il est même fort probable que les procureurs redoublent d’ardeur en sachant qu’ils ont en main un dossier qui peut mener à des accusations.

L’experte mentionne aussi qu’il ne faut jamais tenir pour acquis que les accusations vont mener à une condamnation. D’ailleurs, Harvey Weinstein a plaidé non coupable vendredi à une accusation de viol et un autre crime de nature sexuelle à New York.

«Personne ne va mettre la pédale douce. Personne ne va lancer la serviette et laisser New York s’occuper du dossier», insiste Me Stacey Honowitz qui rappelle l’importance de la «force du nombre».

Un autre expert, le professeur Stanley Goldman de la Loyola Law School à Los Angeles, croit que la condamnation de Bill Cosby, le mois dernier, a sans doute eu un effet d’entraînement pour encourager les procureurs à déposer des accusations dans de vieux dossiers. Les crimes reprochés à Bill Cosby remontaient à 2004.

«Je pense que la condamnation de Bill Cosby leur donne réellement espoir que l’atmosphère a changé et que les vieux dossiers où les faits sont difficiles à prouver ont peut-être plus de chances de réussite aujourd’hui», a expliqué M. Goldman vendredi.

Malgré tout, les allégations du mouvement #MeToo demeurent difficiles à démontrer en cour.

En décembre, la police de Los Angeles a révélé qu’elle enquêtait sur 27 personnalités du monde du spectacle, mais personne n’a encore été arrêté. Les procureurs du comté de Los Angeles ont même mis sur pied une équipe extraordinaire en novembre pour étudier les dossiers, mais aucun n’a encore pu se concrétiser par des accusations.

Le plus grand obstacle auquel font face les autorités demeure le délai de prescription qui s’applique à de nombreux cas cités par les mouvements #MeToo et Time’s Up puisque de nombreuses victimes ont mis des années à trouver le courage d’aller de l’avant et de briser le silence pour dénoncer leur agresseur.

Des centaines de femmes ont notamment affirmé avoir été victimes de gestes à caractère sexuel posés par l’auteur et réalisateur James Toback. Les procureurs ont toutefois refusé de déposer des accusations contre lui en avril dernier après la révision de cinq dossiers. Dans chaque cas, le délai de prescription avait été écoulé selon les procureurs.

La Californie a récemment éliminé le délai de prescription pour les accusations de viol, imitant d’autres États. La loi devient donc plus favorable pour les futurs dossiers, mais les cas qui précèdent le changement de législation ne sont pas admissibles.

Monde

Des Irlando-Canadiens célèbrent le résultat du référendum sur l’avortement

MONTRÉAL — Ce n’est pas la distance de quelque 7000 km qui aurait empêché Michelle Sweeney de se rendre à Dublin pour voter vendredi lors du référendum historique portant sur le droit à l’avortement.

La résidente de Vancouver a payé plus de 1500 $ pour ce voyage de trois jours vers son pays natal. À l’instar de plus de 66% de l’électorat, elle a voté pour le retrait de l’amendement constitutionnel qui interdisait pratiquement l’avortement dans ce petit pays européen.

Âgée de 25 ans, Mme Sweeney avait milité pour qu’un tel référendum ait lieu avant de quitter l’Irlande pour venir s’installer au Canada, il y a 18 mois.

«Cela en a valu la peine. Cela en aurait voulu la peine uniquement pour assister à cet événement», a-t-elle dit alors qu’elle s’apprêtait à embarquer dans l’avion qui la ramenait en Colombie-Britannique.

«Les Irlandaises n’ont jamais été traitées comme des citoyennes à part entière. Dorénavant, nous avons obtenu notre autonomie physique et nous pouvons faire nos propres choix», a-t-elle ajouté.

Mme Sweeney n’a pas été la seule expatriée à revenir en Irlande pour participer au référendum.

Pour plusieurs, il s’agissait d’un voyage symbolique en raison du nombre d’Irlandaises qui ont dû se rendre en Grande-Bretagne pour obtenir un avortement.

Plusieurs ont partagé leur itinéraire sur Internet. D’autres ont affiché des photos prises avec d’autres électrices dans les aéroports. Un certain nombre portait un chandail avec l’inscription «Repeal» (révoquer l’amendement), qui est devenu le symbole de la campagne référendaire.

Monde

Congo: la campagne de vaccination contre Ebola commence lundi

KINSHASA — Une nouvelle campagne de vaccination contre le virus Ebola doit commencer lundi dans deux régions rurales du Congo, Bikoro et Iboko, où ont pris naissance les plus récentes éclosions mortelles de l’épidémie au cours du mois.

C’est le ministère de la Santé du Congo qui a fait l’annonce de l’opération de vaccination au moment où le bilan fait état de 35 personnes contaminées, dont 10 victimes décédées.

Une autre campagne de vaccination est déjà en cours dans la région de Mbandaka, qui compte 1,2 million de personnes, où quatre cas de contamination au virus Ebola ont été confirmés.

Environ 100 travailleurs du milieu de la santé ont été vaccinés en priorité à titre de ressources de première ligne puisqu’ils courent de plus grands risques de contamination.

Le virus Ebola se transmet par le contact avec les fluides corporels des personnes infectées, incluant les victimes décédées.

Une porte-parole du ministère de la Santé, Jessica Ilunga, a déclaré à l’Associated Press que le ministre se trouve actuellement dans la région de Bikoro afin de prendre part aux préparatifs de la campagne de vaccination.

Parmi les dix décès confirmés reliés au virus Ebola, cinq ont été répertoriés à Bikoro, deux autres à Iboko et trois dans le secteur de Wangata à Mbandaka.

En plus des 35 cas de contamination officiels, 13 autres sont considérés comme «probables» et six autres sont considérés comme «suspects», selon le ministère.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) soutient que les prochaines semaines seront déterminantes pour garder la propagation de la maladie sous contrôle. L’opération est rendue plus difficile en raison de la contamination de certains travailleurs de la santé ainsi que par l’émergence de nombreux foyers de contamination, dont un au coeur d’une grande ville.

Il s’agit de la neuvième épidémie du virus Ebola depuis 1976, l’année où la fièvre hémorragique virale a été officiellement identifiée.

Il n’y a pas de traitement spécifique contre l’Ebola. Les symptômes comprennent de la fièvre, des vomissements, de la diarrhée, des douleurs musculaires et parfois des saignements internes et externes. Le virus peut être mortel dans 90 pour cent des cas, selon la souche.

Monde

Caracas libère un prisonnier américain en «geste» d’ouverture envers Washington

WASHINGTON — Un missionnaire mormon américain et sa femme détenus pendant près de deux ans dans une prison au Venezuela sont arrivés aux États-Unis samedi après avoir été libérés par le gouvernement de gauche de Caracas, qui a présenté sa décision comme un «geste» d’ouverture en direction de Washington.

Cette mesure est intervenue au terme d’une semaine marquée par un durcissement du ton des États-Unis, qui ont qualifié de «farce» la réélection du socialiste Nicolas Maduro et imposé de nouvelles sanctions.

Le vice-président américain Mike Pence a d’ailleurs aussitôt assuré sur Twitter que les sanctions américaines allaient être maintenues malgré la libération de Joshua Holt, et ce «jusqu’au retour de la démocratie au Venezuela».

Joshua Holt et sa femme Thamara, qui ont retrouvé leur famille à leur arrivée samedi à Washington, ont été reçus à la Maison-Blanche en soirée. Samedi matin, c’est le président Donald Trump qui avait annoncé lui-même leur libération.

Missionnaire mormon âgé de 26 ans, Joshua Holt avait été arrêté en juin 2016 chez lui, près de Caracas, par les services de renseignement vénézuéliens qui l’accusaient d’organiser des groupes armés pour déstabiliser Nicolas Maduro, ce qu’il a toujours démenti.

Confirmant dans l’après-midi la nouvelle de leur libération, le ministre vénézuélien de la Communication, Jorge Rodriguez, a insisté sur les accusations de délits «liés à l’espionnage, à la violence». Mais il a également souligné que cette décision entrait dans le cadre «d’efforts pour entretenir un dialogue respectueux, des relations diplomatiques fondées sur le respect, qui permettront d’ouvrir des voies afin d’éviter les agressions auxquelles a été soumis» le Venezuela.

«Nous espérons que ce type de geste [...] permette de consolider ce qui a toujours été notre point de vue: dialogue, entente, respect de notre indépendance et de notre souveraineté», a-t-il ajouté devant des journalistes.

Cette libération intervient au lendemain d’une rencontre surprise à Caracas entre l’influent sénateur américain Bob Corker, président républicain de la commission des Relations extérieures, et le président socialiste Nicolas Maduro, qui vient d’être réélu pour un deuxième mandat après une élection qualifiée de «farce, ni libre ni équitable», par le vice-président Pence.

Libération d’opposants

Au lendemain de l’élection du 20 mai, Washington a imposé de nouvelles sanctions visant à isoler plus encore le régime vénézuélien. La quasi-totalité de ses responsables gouvernementaux sont déjà visés par des sanctions européennes ou américaines, y compris Nicolas Maduro.

Les États-Unis, qui achètent un tiers du brut vénézuélien, ont menacé par le passé d’imposer un embargo pétrolier et interdisent à leurs citoyens toute transaction sur la dette vénézuélienne.

Révélant les coulisses de sa rencontre inattendue avec Nicolas Maduro, Bob Corker a expliqué samedi que, «plus tôt» cette année, il avait été mandaté par Orrin Hatch, sénateur républicain de l’Utah, d’où vient le missionnaire, «pour entamer des discussions avec le gouvernement vénézuélien» en vue de cette libération.

Il avait rencontré en mars un gouverneur vénézuélien, Rafael Lacava, avant sa visite au palais présidentiel de Caracas vendredi. Dans son communiqué, Bob Corker remercie le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et son équipe «pour tout ce qu’ils ont fait».

Nicolas Maduro a tweeté vendredi plusieurs photos et vidéos de leur rencontre, affirmant que son pays recevrait «quiconque désire dialoguer».

Les proches du jeune missionnaire ont dit leur gratitude à «tous ceux qui ont participé à ce miracle», dans un communiqué transmis par son avocat au Venezuela, Carlos Trujillo, évoquant la «période d’angoisse» traversée depuis son arrestation.

Joshua Holt était apparu à la mi-mai dans des vidéos filmées dans un centre de détention des services de renseignement et diffusées par des membres de l’opposition vénézuélienne qui réclamaient la libération des prisonniers.

«Voilà deux ans que j’implore mon gouvernement. Ils disent être mobilisés, mais je suis toujours là. Et à présent ma vie est menacée», disait-il.

Jeudi, après avoir prêté serment comme président réélu devant l’Assemblée constituante, formée uniquement de ses partisans, Nicolas Maduro avait proposé de libérer des opposants incarcérés pour «surmonter les blessures laissées par les manifestations, les conspirations».

Vendredi, 14 manifestants incarcérés au Venezuela depuis avril ont été libérés, selon l’ONG Foro Penal, qui estime que le pays compte encore quelque 350 «prisonniers politiques», ce que le gouvernement socialiste dément.

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Rencontre surprise entre les deux Corée

SÉOUL — Le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un ont créé samedi la surprise en se rencontrant dans la zone démilitarisée entre leurs deux pays, au lendemain de l’annonce par le président américain Donald Trump que son sommet avec M. Kim pourrait finalement avoir lieu.

À l’issue de cette rencontre, les dirigeants des deux Corée se sont dit prêts à se revoir «fréquemment», a annoncé l’agence officielle de presse nord-coréenne KCNA, ajoutant que Kim Jong Un était déterminé à avoir un sommet avec Donald Trump en juin.

«Kim Jong Un a remercié Moon Jae-in pour les grands efforts qu’il a faits en vue [de l’organisation] du sommet» Corée du Nord-États-Unis, «programmé pour le 12 juin» et «exprimé sa détermination» à tenir ce sommet «historique», a ajouté l’agence.

Des photos diffusées samedi par Séoul montrent Moon Jae-in serrant la main puis étreignant son homologue Kim Jong Un.

Les deux dirigeants se sont entretenus durant deux heures dans le village de Panmunjon, où ils s’étaient déjà rencontrés le 27 avril et avaient publié une déclaration commune dans laquelle ils s’engageaient à améliorer leurs relations.

«Ils ont eu un échange de vues et ont discuté des moyens de mettre en œuvre la déclaration de Panmunjon et d’assurer le succès du sommet américano-nord-coréen», a précisé dans un communiqué la présidence sud-coréenne, ajoutant que M. Moon ferait une déclaration personnelle dimanche matin.

De prochains pourparlers intercoréens «à haut niveau» auront lieu vendredi prochain, a précisé de son côté KCNA.

M. Trump avait annulé jeudi son sommet prévu à Singapour le 12 juin avec M. Kim. Moins de 24 heures après, il a cependant affiché son optimisme, évoquant le possible maintien du sommet après «des discussions très productives avec la Corée du Nord pour que le sommet ait lieu».

Samedi, il a poursuivi dans le même sens en indiquant que les choses «avancent très bien» vers un sommet. «On vise le 12 juin à Singapour. Ca n'a pas changé», a dit M. Trump à la Maison Blanche durant une rencontre avec un prisonnier américain rentré au pays après avoir été libéré par le Venezuela.

Remarquable détente

L’annulation soudaine du sommet Trump-Kim a placé en porte à faux la Corée du Sud, qui a joué un rôle central dans la remarquable détente de ces derniers mois entre Pyongyang et Washington.

Les images diffusées par la Corée du Sud samedi montrent également Moon Jae-in serrant la main de la sœur de Kim Jong Un, qui a joué un rôle crucial dans les discussions récentes avec le Sud. En février, elle avait assisté à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Corée du Sud, devenant ainsi la première membre de la dynastie régnant au Nord à fouler le sol du grand rival du sud depuis la fin de la guerre de Corée.

Monde

Ouganda: 48 personnes tuées dans un accident de la route

KAMPALA — 48 personnes, dont 16 enfants, sont décédées dans un accident impliquant un tracteur roulant feux éteints, un bus et un camion, sur une route du nord de l'Ouganda, a annoncé samedi la Croix-Rouge ougandaise.

«Le bilan est désormais de 48 morts, dont 16 enfants», a déclaré à l’AFP Irene Nakasiita, une porte-parole de la Croix-Rouge ougandaise.

L’accident, un des plus meurtriers en Ouganda ces dernières années, a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi vers 20h30 dans le district de Kiryandongo, à environ 220 kilomètres au nord de la capitale Kampala, a indiqué un porte-parole de la police, Emilian Kayima, qui a, lui, fait état d’un bilan d’au moins 22 morts.

Selon des sources concordantes, le bus, qui avait quitté la ville de Lira plus tôt dans la soirée, a touché l’arrière du tracteur, qui roulait feux éteints, en essayant de le dépasser. Renversé, le bus a ensuite glissé sur la route pour aller percuter de face un camion transportant des casiers de bière et qui arrivait dans l’autre sens.

M. Kayima a ajouté que les chauffeurs des véhicules sont tous les trois décédés dans l’accident, et que 14 personnes ont par ailleurs été blessées. Ces dernières ont été transportées par hélicoptère vers la capitale Kampala.

En raison du mauvais état des véhicules et des routes, ainsi que de conduites dangereuses, l’Ouganda affiche un des pires bilans au monde en termes de sécurité routière.

Plus de 9500 personnes sont mortes dans des accidents de la route en Ouganda de 2015 à 2017, estime le ministère des Transports, selon lequel la situation empire chaque année.

En 2015, les 900 employés du département chargé de la construction et de l’entretien des routes avaient tous été licenciés par le président Yoweri Museveni en personne, qui les tenait pour responsables du piteux état du réseau routier ougandais.