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Monde

Corée du Sud: recherche désespérément belle-fille modèle

HOENGSEONG — Pour trouver celle qui sera l’épouse parfaite et surtout la belle-fille idéale, Lee Byung-ho a dû chercher une étrangère : écrasées par un système patriarcal qui leur impose de prendre soin des beaux-parents, tout en s’occupant des enfants et en travaillant, de plus en plus de jeunes sud-coréennes boudent le mariage.

Emma Sumampong, 48 ans, est Philippine. Elle fait partie des dizaines de milliers d’étrangères qui ont quitté leur pays pour épouser un Sud-Coréen.

Levée à 5 heures, elle s’occupe du petit-déjeuner et des tâches ménagères avant de conduire ses trois enfants à l’école et de filer au travail.

À midi, elle rentre dans sa modeste maison, située dans un village de montagne, pour gérer le repas de sa belle-mère.

L’après-midi, elle reprend son travail d’employée de bureau ou s’active dans son potager avant de se remettre derrière les fourneaux en supervisant les devoirs des enfants.

Entre chacune de ces multiples tâches, Mme Sumampong prend soin de sa belle-mère Kim Geum-nyeo, 89 ans.

L’octogénaire est invalide et sa belle-fille lui gère ses lessives, ses repas sans oublier de l’aider à se laver et à faire ses besoins.

«Je dois rester forte autant physiquement que psychologiquement afin de surmonter les difficultés qui se présentent à moi», explique celle qui est le pilier de la maison.

Dévouement récompensé 

Après s’être consacrée à son beau-père malade, décédé en 2012, elle prend soin de sa belle-mère.

Son époux, Lee Byung-ho, employé dans une entreprise d’électronique, reconnaît le travail accompli par son épouse.

De son côté, à la question de savoir si elle est heureuse, cette Philippine, citée en exemple par les habitants de son village, élude.

«Je suis très heureuse d’avoir fondé une famille avec mon époux», dit-elle.

Son dévouement a été gratifié. En juin, elle a reçu le prix hyobu, une récompense nationale attribuée aux femmes s’occupant de leurs beaux-parents.

Dans la société sud-coréenne, les brus ont la lourde charge de leurs beaux-parents, mais ce modèle tend à disparaître.

De moins en moins de Sud-Coréennes souhaitent ou sont en mesure de se dévouer ainsi tout en travaillant. Elles sont donc de plus en plus nombreuses à rejeter la vie de famille.

L’an dernier, 22,4% des Sud-Coréennes célibataires estimaient que le mariage était nécessaire, contre 46,8% en 2010, selon des chiffres du gouvernement. Le taux de natalité est aussi un des plus bas au monde.

Dans le même temps, la population vieillit. En 2030, près d’un quart de la population aura au moins 65 ans.

Échapper à la misère

Contrairement à d’autres pays développés d’Asie, la Corée du Sud n’autorise pas les étrangers à travailler dans les secteurs de l’industrie et des soins à la personne.

Des régions financent donc des voyages à l’étranger pour permettre aux hommes célibataires, vivant à la campagne, de trouver une épouse.

Park In-seong, 48 ans, a tenté en vain l’aventure, persuadé qu’aucune Coréenne n’épouserait un homme comme lui «car cela signifie automatiquement qu’elle doit aider ma mère».

«Certains hommes ont beaucoup de chance, ils ont trouvé des femmes très gentilles qui s’occupent de leurs beaux-parents», affirme cet habitant d’Incheon qui s’occupe seul de sa mère malade.

«Je les envie tellement, mais je sais que je ne peux pas être l’un d’eux», regrette-t-il.

260 000 étrangères

Mme Sumampong, qui a rencontré son mari par l’entremise de son église aux Philippines, est l’une des quelque 260 000 étrangères venues en Corée pour se marier.

Elles sont chaque année environ 15 000 à immigrer dans le pays, la majorité vient de Chine, du Vietnam ou des Philippines. Une façon d’échapper à la misère.

Certaines sont victimes de relations violentes et des experts dénoncent le fait qu’elles soient contraintes d’adopter les valeurs patriarcales de la société sud-coréenne, quelles que soient leurs origines.

Des manuels scolaires vont même jusqu’à affirmer que les Coréens aiment les femmes qui «respectent» leurs maris, «suivent leurs opinions» et leur «parlent tendrement».

Hyunjoo Naomi Chi, professeur de politique publique à l’université de Hokkaido au Japon, estime que «le prix hyobu reproduit les rôles traditionnellement attribués aux hommes et aux femmes... comme si seules les femmes devaient s’occuper de la famille».

«Presque plus aucune Sud-coréenne ayant la vingtaine ou la trentaine ne voudrait être appelée hyobu», soutient Bonnie Lee, une habitante de Séoul qui ne souhaite pas se marier.

«Nous n’avons jamais eu de telles récompenses pour les beaux-fils, parce qu’elles n’existent pas», souligne cette célibataire.

Monde

Primaires démocrates: Deval Patrick dans la course

NEW YORK — L’ex-gouverneur de l’État américain du Massachusetts, Deval Patrick, a fait jeudi une entrée tardive dans la course à la Maison-Blanche, témoignant d’une bataille encore très ouverte pour l’investiture démocrate avec 18 candidats prêts à défier Donald Trump en novembre 2020.

M. Patrick, 63 ans, qui fut l’un des premiers gouverneurs noirs des États-Unis et est proche de Barack Obama, a annoncé sa candidature dans une vidéo sur Twitter.

Il a ensuite enregistré sa candidature dans le New Hampshire, l’un des premiers États à voter en février pour les primaires, où les candidatures seront closes vendredi.

Né dans une famille pauvre de Chicago avant d’intégrer, boursier, les meilleures écoles du pays, jusqu’à Harvard, M. Patrick se présente comme l’incarnation du «rêve américain» qu’il souhaite restaurer, en «plus durable et plus inclusif».

Dans une arène démocrate qui comptait déjà 17 candidats, dont deux Noirs — les sénateurs Cory Booker et Kamala Harris — il entend se distinguer par un discours modéré et plein d’espoir.

«On ne peut pas savoir si on peut percer tant qu’on n’a pas essayé», a expliqué M. Patrick sur la chaîne CBS, pour expliquer pourquoi il avait finalement décidé d’être candidat après avoir annoncé en décembre qu’il ne le serait pas.

Beaucoup des démocrates déjà en lice «sont des amis personnels», avec «une grande richesse d’idées et d’expériences», a-t-il assuré, en allusion notamment à Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts aux propositions beaucoup plus à gauche.

«Mais aucun candidat, aucun parti ne détient pour l’instant la meilleure idée», a-t-il ajouté.

Fidèle au créneau centriste sur lequel il entend faire campagne, et que domine aujourd’hui l’ex-vice-président Joe Biden suivi par le maire Pete Buttigieg, il a indiqué ne pas prôner l’assurance maladie étatique pour tous que défendent Elizabeth Warren et le sénateur du Vermont Bernie Sanders.

Pour cet avocat qui a travaillé aussi bien pour la cause des droits civiques que pour de grandes entreprises telles que la compagnie pétrolière Texaco, un système public doit être une «option», pas une obligation.

Et plutôt qu’une lourde imposition des riches en forme de «punition», ce père de deux filles adultes, marié à une avocate en droit du travail, préconise un système fiscal «simplifié», où «la plupart des déductions» seraient éliminées.

Reste que, contrairement au milliardaire et ex-maire de New York Michael Bloomberg, qui envisage lui aussi de rejoindre tardivement la course, Deval Patrick n’a pas de fortune personnelle pour financer une campagne publicitaire tous azimuts.

Monde

Trump en Cour suprême pour protéger ses déclarations d’impôts

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a demandé jeudi à la Cour suprême d’empêcher un procureur de mettre la main sur ses déclarations d’impôts, arguant d’une immunité totale tant qu’il est à la Maison-Blanche.

Ce dossier est considéré comme un test crucial sur la séparation des pouvoirs, et si la plus haute cour du pays — où les juges conservateurs sont désormais majoritaires — se saisit du dossier, sa décision sera scrutée avec beaucoup d’attention.

L’ancien homme d’affaires new-yorkais est le premier président américain depuis Richard Nixon à refuser de rendre publique sa situation fiscale.

Le procureur de Manhattan Cyrus Vance a demandé huit ans (2011 à 2018) de déclarations d’impôts de M. Trump dans le cadre d’une enquête sur un versement effectué à l’actrice pornographique Stormy Daniels pour acheter son silence sur une liaison supposée avec le président américain.

La semaine dernière, une Cour d’appel fédérale a confirmé que le cabinet comptable Mazars, en charge des affaires fiscales de M. Trump, n’avait aucune raison de ne pas remettre ces documents à la justice. Argument des défenseurs du président ? Le président bénéficie d’une immunité contre toute poursuite, mais aussi contre tout acte d’enquête.

«Pour la première dans l’histoire de notre pays, un procureur local ou d’un État a lancé une enquête pénale visant le président des États-Unis et l’a soumis à une enquête coercitive», a écrit son avocat, Jay Sekulow, cité par des médias américains.

«Des demandes à motivation politique telles que celles-ci sont l’illustration parfaite de la raison pour laquelle un président en exercice devrait bénéficier d’une immunité totale par rapport à tout processus pénal», a-t-il ajouté.

Lors d’une audience sur ce dossier le 23 octobre, l’un des avocats de Trump avait même estimé devant les juges que Donald Trump bénéficierait d’immunité s’il décidait de tirer sur quelqu’un en pleine rue. Une déclaration immédiatement contestée par des juristes, et raillée par les démocrates.

M. Trump fait face à d’autres actions menées par des parlementaires démocrates, tant à Washington que dans l’État de New York, visant à l’obliger à produire ses déclarations. 

Monde

Nancy Pelosi choisit ses mots pour décrire la conduite du président

WASHINGTON — La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a pour la première fois utilisé jeudi le terme de «corruption» pour désigner les soupçons pesant sur le président américain, visé par une enquête en destitution dans l’affaire ukrainienne.

S’exprimant au lendemain des auditions télévisées de hauts diplomates organisées dans le cadre de cette enquête explosive, Mme Pelosi n’a pas choisi ses mots au hasard : la «corruption» est l’un des chefs d’accusation cités par la Constitution américaine pour justifier une destitution.

«Les témoignages accablants ont corroboré les preuves de corruption mises au jour par l’enquête», a déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants, lors d’une conférence de presse.

Elle a ajouté que les faits exposés la veille faisaient apparaître comme «presque petits» ceux reprochés au président républicain Richard Nixon, lui aussi visé par une enquête en destitution en 1974.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d’avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle américaine 2020.

Ils tentent de démontrer qu’il a en plus, pour l’obtenir, fait pression sur Kiev en gelant une importante aide militaire destinée à l’Ukraine.

Pour Nancy Pelosi, la corruption consiste à «accorder ou suspendre une aide militaire en échange d’une déclaration publique concernant une fausse enquête sur les élections», ce qui représentait «une tentative évidente de la part du président de se donner l’avantage pour l’élection de 2020».

Donald Trump affirme que sa conversation avec son homologue ukrainien était parfaite. Un argument repris par une grande majorité de parlementaires républicains qui font bloc derrière lui.

Avec une dizaine d’auditions publiques prévues d’ici le 20 novembre, les démocrates signalent qu’ils ne veulent pas perdre de temps dans l’enquête, avant un possible vote sur la mise en accusation, l’impeachment en anglais, du président à la Chambre.

«Nous n’avons pas encore décidé que nous allons mettre [le président] en accusation», a précisé Mme Pelosi jeudi. «C’est ce à quoi sert cette enquête».

Yovanovitch vendredi

Vendredi, les parlementaires interrogeront l’ex-ambassadrice des États-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, brusquement relevée de ses fonctions après avoir fait l’objet d’une campagne hostile menée par l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

Un diplomate qui aurait entendu Donald Trump parler à l’un de ses ambassadeurs «des enquêtes réclamées» à l’Ukraine devrait aussi témoigner, mais à huis clos, selon les médias américains.

Autour du globe, 15 novembre 2019

Monde

Une fusillade dans une école californienne fait deux morts

SANTA CLARITA — Scénario choquant, mais devenu trop tristement banal aux États-Unis : le jour même de son seizième anniversaire, un adolescent a ouvert le feu jeudi dans la cour de son école, au nord de Los Angeles, tuant deux camarades et en blessant trois autres avant de tenter de se suicider.

Ironie du sort, le drame qui a frappé le collège Saugus de Santa Clarita, en Californie, est survenu au moment même où le Sénat débattait à Washington d’une éventuelle limitation des armes à feu, dans un pays qui a connu ces dernières années plusieurs tueries sanglantes en milieu scolaire sans pour autant remettre fondamentalement en cause la législation en la matière.

«Cela me fait horreur d’ajouter Saugus aux noms de Columbine, Parkland, Sandy Hook», autant d’établissements américains endeuillés par de telles fusillades, a lancé le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, «mais c’est une réalité qui nous affecte tous à travers le pays».

L’appel d’urgence a été reçu par la police jeudi à 7h38, alors que certains élèves du collège Saugus étaient déjà en cours et que d’autres continuaient à s’y présenter.

Les policiers sont arrivés sur place seulement deux minutes plus tard et ont découvert dans la cour «six personnes présentant des blessures par balles. Tous étaient des élèves du collège», a raconté lors d’une conférence de presse le capitaine Kent Wegener, des services du shérif de Los Angeles.

Les blessés ont été pris en charge et transportés vers des hôpitaux locaux, mais «il s’est avéré que parmi eux se trouvait le suspect, actuellement hospitalisé dans un état grave», a expliqué Alex Villanueva, précisant qu’il s’agit d’un jeune homme «asiatique» scolarisé au collège et résidant à Santa Clarita.

La fusillade a fait deux morts, une élève de 16 ans et un garçon de 14 ans qui ont tous deux succombé à leurs blessures après avoir été hospitalisés dans un «état critique».

Les trois autres jeunes blessés sont un garçon et deux filles âgés de 14 à 15 ans. L’une des victimes a pu rentrer chez elle après avoir été soignée, ont souligné les médecins.

Message sur Instagram

Pendant plus d’une heure, les forces de l’ordre avaient ratissé en vain la zone résidentielle environnante et les collines voisines du collège à la recherche du tireur, dont on pensait qu’il avait pris la fuite.

Mais les policiers ont visionné des images de caméras de surveillance «qui montrent clairement le suspect dans la cour en train de sortir une arme de poing de son sac à dos, ouvrir le feu sur cinq personnes puis se tirer dans la tête», a dit le capitaine Wegener.

L’arme, un pistolet semi automatique de calibre .45, a été retrouvée sur place avec le chargeur vide, et aucun autre suspect n’est recherché, a-t-il précisé.

L’enquête ne fait que commencer mais à ce stade, aucune motivation précise ou idéologie ne permet d’expliquer le geste du tireur, qui semble avoir agi seul et prémédité son geste.

Le capitaine Wegener a confirmé les informations selon lesquelles le suspect avait publié sur son compte Instagram le message suivant: «Saugus, amusez-vous bien à l’école demain». Le message a été retiré jeudi et les enquêteurs cherchent à déterminer par qui et dans quelles circonstances.

Sur le campus du lycée, des centaines d’élèves étaient restés cloîtrés dans l’attente du feu vert des autorités.

Denzel Abesamis, en dernière année à Saugus, avait aperçu des camarades de classe s’enfuir en courant au moment où il allait se garer. Il avait alors fait demi-tour et appelé une amie qui se trouvait déjà sur le campus. Selon le Los Angeles Times, cette dernière lui a dit qu’il y avait un tireur et qu’elle se cachait dans une salle de classe avec cinq autres élèves.

«J’ai toujours eu peur que quelque chose comme ça arrive», a-t-il dit.

Amber Miller, élève du lycée, a raconté aux télévisions comment elle s’est couchée au sol, toutes lumières éteintes dans sa classe, avec ses camarades lorsque les coups de feu ont retenti.

«On a utilisé nos pupitres et pris de grandes tables pour barricader la porte. Et beaucoup ont pris des ciseaux pour être prêts si on devait se défendre» comme on le leur a appris lors d’exercices de sécurité, a-t-elle expliqué.

«Je ne devrais pas me rendre à l’école et craindre pour ma vie, je ne suis pas une cible, et malheureusement c’est l’Amérique de Trump», a estimé la lycéenne.

Monde

Walmart rouvre un hypermarché du Texas endeuillé en août par une fusillade

NEW YORK — Le géant américain de la distribution Walmart a rouvert jeudi son hypermarché d’El Paso au Texas, théâtre d’une fusillade le 3 août ayant coûté la vie à 22 personnes.

«C’est un jour très important pour nous», a déclaré John Furner, le nouveau patron de Walmart aux États-Unis, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. «Nos employés sont prêts à retourner au travail et à servir les clients. Nous n’oublierons jamais ce qui s’est passé».

Le groupe a expliqué avoir pris la décision de rouvrir l’hypermarché, où travaillaient environ 375 personnes, après avoir discuté avec les riverains.

«Cela fait partie du processus de guérison», a dit M. Furner.

Le 3 août, un homme blanc de 21 ans ouvrait le feu dans ce magasin, un des plus fréquentés de Walmart aux États-Unis, à quelques mètres de la frontière avec le Mexique. Vingt-deux personnes avaient été tuées.

Dans un manifeste mis en ligne avant l’attaque, l’assaillant avait dénoncé une «invasion hispanique du Texas» puis avait admis en garde à vue avoir voulu s’en prendre à des «Mexicains».

Il a été inculpé en septembre pour assassinats et encourt la peine capitale ou la prison à vie.

Quelques heures après la fusillade d’El Paso, un autre tireur avait ouvert le feu à Dayton, dans l’Ohio, tuant neuf personnes avant d’être abattu par la police.

Les deux drames ont rouvert le débat sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis, régulièrement endeuillés par des tueries.

Sous pression, Walmart a décidé début septembre d’arrêter de vendre des munitions pour les fusils d’assaut semi-automatiques utilisant des munitions de calibre 5,56 (ou son équivalent .223), une fois que les stocks actuels seraient écoulés.

Le groupe a également demandé à ses clients de s’abstenir de déambuler dans ses enseignes avec des armes à feu à la vue de tous, dans les États où il est autorisé de les porter de manière visible.

Jeudi, Walmart a indiqué n’avoir pas observé «pour l’instant de réaction négative» à ces décisions.

Monde

Hong Kong reste paralysée, des flèches tirées sur la police

HONG KONG — Hong Kong demeurait paralysée jeudi, pour le quatrième jour consécutif, par des manifestants pro-démocratie, accusés d’avoir tiré des flèches sur la police, tout en bloquant des routes et en perturbant la circulation des transports en commun.

Après plus de cinq mois de manifestations, le mouvement de protestation dans l’ex-colonie britannique a adopté cette semaine une nouvelle tactique, dite de «l’éclosion généralisée».

Elle consiste à multiplier les actions de faible envergure, menées par des petits groupes, essentiellement des étudiants, pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Jeudi matin, des axes routiers vitaux pour la ville étaient obstrués par des barricades faites de bambous, de briques et d’un empilement d’objets divers.

Un des trois tunnels routiers, permettant de traverser le port de Hong Kong, était fermé à la circulation, tout comme nombre de stations de métros et de lignes de bus, entraînant une paralysie presque totale de la ville de 7,5 millions d’habitants.

Les écoles et les universités sont restées portes closes et des hôpitaux ont différé les interventions non urgentes. De nombreux commerces sont également demeurés le rideau baissé.

Le gouvernement hongkongais a demandé aux employeurs de se montrer souples avec les salariés ne pouvant se rendre au travail en raison des difficultés de circulation des transports en commun, vitaux au fonctionnement de la ville.

L’ex-colonie britannique connaît depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Et la détermination des manifestants trouve en écho l’intransigeance de l’exécutif local et du gouvernement central chinois. Ils n’ont cessé d’affirmer qu’ils ne céderaient pas à la pression de la rue.

Depuis le début de la semaine, les scènes de violence se sont intensifiées à travers tout le territoire, éprouvant la police et affectant le métro, d’ordinaire très efficace en transportant quotidiennement plus de quatre millions de personnes.

Selon le gouvernement, 70 personnes ont été hospitalisées mercredi, dont deux dans un état critique. Parmi elles, un homme de 70 ans frappé à la tête avec une brique, alors qu’il tentait de dégager une route.

La police a procédé jeudi matin à des tirs de gaz lacrymogènes à proximité de l’Université Polytechnique de Hong Kong où les manifestants étaient appelés à se rassembler.

Dans un message posté sur Facebook, la police a accusé les «émeutiers» d’avoir tiré «des flèches sur plusieurs policiers qui effectuaient une patrouille» jeudi matin près de cette Université.

Les étudiants ont déployé un nouvel arsenal contre la police, notamment des catapultes artisanales et des arcs et des flèches.

Monde

Incendies en Australie : quatre morts, selon un dernier bilan

SYDNEY — Les incendies qui dévastent depuis vendredi la côte est de l’Australie ont fait quatre morts, selon un dernier bilan établi jeudi par la police.

Un corps a été découvert près de la ville de Kempsey, dans l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud (sud-est), une des nombreuses zones touchées par des feux de forêt. Selon la police, le corps pourrait être celui d’un homme de 58 ans qui vivait dans une cabane et qui n’a plus été vu depuis vendredi.

Trois autres personnes sont mortes en Nouvelle-Galles-du-Sud, l’État le plus affecté par les feux de brousse qui font rage le long de la côte est de l’Australie depuis vendredi, attisés par des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Plus d’une centaine de feux étaient toujours actifs jeudi, en dépit d’un répit relatif qui a permis à des habitants de rentrer constater les dégâts dans leurs localités.

Des centaines de maisons ont été endommagées ou détruites, et plus d’un million d’hectares de végétation ont été la proie des flammes.

De tels feux se produisent chaque année sur l’immense île-continent pendant le printemps et l’été australs. Mais cette année, la saison des feux a été particulièrement précoce et violente et pourrait être l’une des pires enregistrées dans le pays.

Les autorités redoutent une nouvelle dégradation de la situation ce week-end en raison d’une hausse attendue des températures et le vent devrait souffler davantage.

La faune australienne a également été durement touchée par les incendies, des associations estimant que plusieurs centaines de koalas ont péri.

Au moins 350 de ces marsupiaux ont ainsi trouvé la mort dans la seule réserve de Port Macquarie, hypothéquant l’avenir de l’espèce dans cette zone.

Nick Boyle, de la Taronga Conservation Society, a dit avoir le coeur «brisé» non seulement du fait des victimes humaines, mais aussi de «la faune sans défense» tuée en Nouvelle-Galles-du-Sud.

«La pression sur les populations de koalas était déjà forte», a-t-il dit, en citant la perte d’habitat et les prédateurs. «Et voilà ça maintenant.»

Monde

Évasif sur la Syrie, Trump loue le travail de son «ami» Erdogan

WASHINGTON — Après des semaines d’échanges tendus et parfois confus, Donald Trump a vanté mercredi sa bonne entente avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, tout en restant évasif sur la Syrie un mois après l’offensive militaire d’Ankara.

«Je suis un grand fan du président», a lancé d’entrée le locataire de la Maison-Blanche en évitant soigneusement les sujets qui fâchent, tels que l’achat par la Turquie de systèmes de missiles antiaériens S-400 à la Russie. «Nous sommes amis depuis longtemps», a-t-il martelé.

La conférence de presse commune des deux dirigeants a donné lieu à une étrange scène lorsqu’un journaliste a demandé M. Erdogan ce qu’il avait pensé de la lettre que M. Trump lui avait adressée sur le dossier syrien et qui se concluait par ces mots: «Ne jouez pas au dur! Ne faites pas l’idiot!».

Le président turc ne s’est pas attardé sur le contenu de cette surprenante missive, mais a affirmé qu’il avait profité de sa visite à Washington pour la rendre à son auteur.

Les deux dirigeants s’exprimaient après les premières auditions publiques au Congrès dans l’enquête en vue d’une éventuelle destitution de Donald Trump. Interrogé sur ces échanges qui ont tenu l’Amérique en haleine, M. Trump a assuré qu’il n’en avait pas regardé «une minute», car il était «trop occupé».

Le milliardaire républicain s’enorgueillit de savoir négocier avec les dirigeants autoritaires. Mais ses tractations avec M. Erdogan au cours des semaines écoulées ont été pour le moins chaotiques.

Après l’annonce par M. Trump du retrait des troupes américaines déployées dans le nord-est de la Syrie, Ankara a lancé le 9 octobre une offensive militaire visant les forces kurdes, alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, il a ensuite durci le ton, menacé de «détruire» l’économie turque et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après un accord conclu mi-octobre.

Erdogan réplique à Macron 

«Le cessez-le-feu continue à tenir», s’est félicité M. Trump, restant muet sur les critiques selon lesquelles il a, par son retrait précipité, abandonné les forces kurdes qui ont pourtant joué un rôle-clé sur le terrain dans la lutte contre les jihadistes.

Les atermoiements de M. Trump et l’offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l’Alliance atlantique - dont la Turquie est membre - qui redoute une résurgence du groupe État islamique.

Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l’absence totale de coordination avec les États-Unis sur ce dossier.

Dénonçant, dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist, «une agression» menée par la Turquie, «dans une zone où nos intérêts sont en jeu», il avait jugé que l’OTAN était en état de «mort cérébrale».

Dans une pique au président français, M. Trump s’est fait l’écho du mécontentement de la Turquie.

«Je pense que le président (turc) n’a vraiment pas apprécié (..) et je pense que beaucoup d’autres gens ont eu la même réaction», a-t-il déclaré. «Inacceptable», a simplement ajouté M. Erdogan dont les propos étaient traduits par un interprète.

Une nouvelle fois, le président américain a appelé les pays européens - France et Allemagne en tête - à rapatrier leurs ressortissants figurant parmi les jihadistes du groupe État islamique détenus en Syrie.

«Ces pays devraient nous aider», a-t-il martelé.

Une réunion doit rassembler jeudi à Washington les ministres de la coalition internationale antijihadiste. Elle avait été demandée en urgence par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian après l’annonce du retrait des soldats américains.

M. Erdogan a profité de l’occasion pour exprimer son mécontentement après le vote fin octobre d’un texte par la Chambre des représentants des États-Unis, qualifiant de «génocide» le massacre de centaines de milliers d’Arméniens par l’Empire ottoman, un terme que la Turquie rejette.

Affirmant que cette initiative avait «profondément blessé la nation turque», il a estimé que cela risquait de nuire aux relations entre Ankara et Washington.

Autour du globe, 14 novembre 2019

Monde

Un an après, des «gilets jaunes» à la recherche d’un nouveau souffle

MONTABON, France — Un drapeau français et un gilet fluorescent flottant dans le vent automnal, et des boîtes de conserve vides traînant dans la boue : un an après, ce sont les vestiges de la lutte de «gilets jaunes» qui ont tenu nuit et jour pendant 6 mois un campement dans le nord-ouest de la France.

Aujourd’hui, des «vétérans» de cette occupation font le bilan et espèrent que le mouvement, qui s’est considérablement affaibli, pourra se relancer à l’occasion du premier anniversaire le week-end prochain.

Le campement de Montabon, dans la région rurale de la Sarthe, a été tenu pendant six mois par des «gilets jaunes», dans un verger de pommiers prêté par un agriculteur, dans cette région durement frappée par la désindustrialisation.

La mobilisation avait débuté sur le rond-point de Montabon et fut une des plus actives, dans cette région, de la révolte sociale des «gilets jaunes». Cette dernière est née à l’automne 2018 d’une contestation d’une nouvelle taxe sur le carburant, avant de remettre en cause toute la politique sociale du gouvernement d’Emmanuel Macron, ébranlant son quinquennat.

Au plus fort de cette crise sociale, les blocages de ronds-points se comptaient par centaines en France.

Près du rond-point de Montabon, un groupe de travailleurs, de retraités, de chômeurs, avaient construit une cabane en bois où ils se retrouvaient tous les jours pour partager un repas, parler stratégie ou se confier sur des quotidiens difficiles où l’on peine à joindre les deux bouts.

Ils ont fêté ensemble Noël et Nouvel An 2018, et même un anniversaire de mariage. «C’était l’Arche de Noé», confie à l’AFP David Bruzzi, mécanicien de 49 ans, l’un des leaders du rond-point de Montabon.

«Ce n’était pas que “foutre sur la gueule” de Macron, c’était s’intéresser aux gens du coin et remplir les cabas...», raconte-t-il en partageant un café matinal lors d’une réunion de «vétérans».

Samedi et dimanche prochains, pour le premier anniversaire du mouvement, les «gilets jaunes» ambitionnent d’être nombreux sur les ronds-points et à Paris, dans l’espoir de trouver un second souffle.

Les anciens du campement de Montabon ont prévu eux de se réunir à nouveau samedi et d’organiser un barbecue «festif», sans blocage.

«Des émules partout»

La femme de David, Vanina, 44 ans, employée dans une station-service et mère de famille, a répondu présente durant des mois sur le campement. Pour elle, cet anniversaire est une opportunité de «dire qu’on n’est pas morts».

Sous la pression du mouvement, le gouvernement français avait pris des mesures d’urgence, évaluées à environ 10 milliards d’euros, mais qui n’avaient pas satisfait une grande partie de «gilets jaunes».

Analysant ces six mois, Vanina estime que la plus grande réussite des «gilets jaunes» a été de raviver les flammes des mouvements sociaux en France.

«Ça a créé des émules partout», juge-t-elle, citant notamment la récente mobilisation des personnels des urgences dans l’hôpital public. «On peut toujours dire que si on n’avait pas fait ça, ça serait pire...», commente avec calme Jean-Jacques Brossay, retraité de 63 ans.

Autre «vétéran», Marco Beaulaton, 61 ans, technicien à la retraite, a participé pendant dix jours au blocage d’une raffinerie de pétrole dans la ville du Mans, à 45 km au nord de Montabon. Il se souvient d’un «moment inoubliable de solidarité et de partage».

Se disant plutôt adepte de la «méthode Mandela et Gandhi», il juge que le mouvement s’est tiré une balle dans le pied en refusant de condamner la violence des manifestants issus de l’extrême droite et de l’extrême gauche et leurs affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont eu un effet repoussoir pour les «gilets jaunes» modérés.

Violences

Les manifestations ont régulièrement été émaillées d’incidents violents.

«Ce que voulaient les gens, c’est faire l’évolution, pas la révolution... Les Français ont déjà fait la révolution [...] [Aujourd’hui], ils veulent des solutions viables», argumente-t-il.

Damien Pichereau a été la cible de la colère des «gilets jaunes». Ce député de 31 ans, qui a grandi dans un village de 250 habitants, a été élu avec le nouveau parti d’Emmanuel Macron en 2017, et présenté comme un visage nouveau dans un paysage politique local traditionnel.

Mais, lors de sa première visite à un point de rassemblement de «gilets jaunes», un manifestant lui lancera : «Tu ne peux pas savoir comme j’ai envie de te mettre un coup de fusil». Et en février, sa permanence de député fut dégradée par des manifestants cagoulés.

En dépit de ces évènements, il juge que ce mouvement a constitué une force positive de changement, citant notamment les trois mois de «grand débat» initié par Emmanuel Macron à travers la France. «On ne fait plus de la politique de la même manière. Il y a plus de concertation», estime le député.

Réunis début novembre en assemblée à Montpellier (sud), les «gilets jaunes» ont voté une proposition pour rejoindre la grève du 5 décembre au niveau national contre la réforme des retraites.

«L’heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui, comme nous, n’acceptent pas», ont-ils déclaré dans un communiqué de presse.

«C’est là qu’on va voir si ça redémarre», conclut Vanina Bruzzi.

Monde

Le commerce brutal de la viande de chien reste juteux au Cambodge

SIEM REAP — Ils attendent leur tour, à l’étroit, dans une cage, avant d’être tués, dépecés, cuisinés et mangés. Malgré les tabous, le commerce de viande de chien reste très répandu au Cambodge, un business florissant, à l’abri des regards.

Entre deux et trois millions sont abattus sans respect des règles d’hygiène et sans souci du bien-être animal chaque année dans le royaume, d’après l’association de protection des animaux Quatre pattes.

Monde

Destitution de Trump: un témoin clé enfonce le clou au Congrès

WASHINGTON — Un témoin clé a décrit mercredi un Donald Trump obsédé par sa campagne de réélection au point de faire pression sur l’Ukraine, lors des premières auditions parlementaires télévisées dans l’enquête pour déterminer si le président américain doit être destitué.

Dénonçant une «mascarade», Donald Trump a affirmé avoir été «trop occupé» pour regarder ces auditions, qui ont mis en évidence le franc soutien dont il dispose toujours chez les républicains.

Ancien combattant au Vietnam, cheveux gris et visage aux traits sévères, l’ambassadeur américain de facto en Ukraine, William Taylor, a ouvert le bal de ces dépositions historiques aux côtés d’un autre diplomate de carrière, George Kent, haut responsable du département d’État spécialiste de l’Ukraine.

Les démocrates soupçonnent le milliardaire républicain d’avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant à Kiev d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter en novembre 2020 à la présidentielle.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, ils ont ouvert fin septembre une enquête pour constituer un dossier de mise en accusation, l’»impeachment» en anglais.

Avant Donald Trump, seuls trois présidents américains avaient été visés par une telle procédure explosive. Aucun n’a été démis de ses fonctions.

Après six semaines d’auditions à huis clos, les démocrates espèrent faire basculer l’opinion publique grâce à ces témoignages retransmis sur les grandes chaînes d’information.

Mais il n’est pas évident que les auditions fleuves de mercredi, menées par des élus républicains et démocrates aux vues diamétralement opposées, aient fait bouger des électeurs très polarisés.

Monde

Les Pays-Bas abaissent la vitesse maximale sur autoroute pour lutter contre les changements climatiques

LA HAYE - Le gouvernement néerlandais a annoncé mercredi abaisser la vitesse maximale sur les autoroutes à 100 km/h au lieu de 130 en journée, une mesure qui s’inscrit dans un plan d’action adopté pour lutter contre les émissions de gaz polluants.

Le gouvernement fait face depuis plusieurs mois à un débat animé sur la manière de réduire les émissions d’azote, depuis qu’un tribunal néerlandais a déclaré en mai que sa politique actuelle ne respectait pas les règles de l’Union européenne en la matière.

La nouvelle limitation de vitesse, qui devrait entrer en vigueur en 2020, sera la plus basse d’Europe avec Chypre. Les véhicules seront autorisés à rouler à la limite actuelle de 130 km/h la nuit, entre 19h et 6h.

«Personne ne trouve ça chouette», a déclaré le premier ministre néerlandais Mark Rutte lors d’une conférence de presse, qualifiant la mesure de «pourrie».

Elle est toutefois nécessaire «pour éviter une paralysie des Pays-Bas», a estimé M. Rutte, chef du parti libéral-conservateur VVD surnommé le parti «Vroum vroum» pour s’être fait par le passé le champion d’un assouplissement de la limitation de vitesse.

Les grands projets de construction de routes et d’aéroports aux Pays-Bas, cinquième économie de la zone euro en importance, avaient été suspendus par le gouvernement pour faire respecter l’ordonnance du tribunal.

Établir la limitation nationale à 130 km/h au lieu de 120 km/h avait été l’une des propositions phares du VVD qui l’avait introduite en 2012.

Le plan d’action visant à réduire les émissions d’azote inclut également des changements dans les méthodes de travail du secteur agricole.

La perspective de ces modifications avait entraîné la colère de milliers d’agriculteurs, qui ont récemment manifesté à plusieurs reprises avec leurs tracteurs à travers le pays. L’une de ces manifestations avait provoqué l’embouteillage le plus important de l’histoire des Pays-Bas.

La nouvelle limitation de vitesse vise en partie à montrer aux agriculteurs que les autres secteurs polluants doivent également modifier leurs habitudes, ont analysé les médias néerlandais.

Monde

Venise sous le choc après une marée haute historique [PHOTOS]

VENISE — Le changement climatique et un pharaonique projet de digues à l’arrêt... Les habitants et autorités de Venise ont désigné mercredi les coupables des ravages provoqués par une «acqua alta», la plus forte marée haute depuis 50 ans, qui a submergé presque la totalité de la ville, la nuit précédente.

Gondoles renversées, vaporettos (autobus fluviaux) projetés sur le rivage, magasins et hôtels envahis par les flots. Une marée de 1,87 mètre de haut a envahi tard mardi la Cité des Doges, surprenant des centaines de touristes contraints de patauger dans les ruelles inondées tandis qu’un puissant sirocco faisait déferler les vagues sur la place Saint-Marc.

Le gouverneur de la région de Vénétie, Luca Zaia, a évoqué des «dégâts apocalyptiques», avec 80% de la ville sous les eaux, avant la décrue.

Cet épisode exceptionnel a fait un mort, selon les médias italiens, un Vénitien de 78 ans, mort électrocuté alors qu’il tentait de démarrer des pompes dans son logement inondé.

Il s’agit de la deuxième plus haute «acqua alta» à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle du 4 novembre 1966 (1,94 mètre).

Les pompiers ont indiqué à 15H00 (14H00 GMT) mercredi avoir effectué 400 interventions, avec 160 agents, compliquées par l’interruption des lignes téléphoniques.

Outre le centre historique de Venise, les îles du Lido et de Pellestrina ont été les plus touchées par les inondations. L’eau a envahi le célèbre théâtre de La Fenice et jusqu’à la crypte de la Basilique Saint-Marc.

La ville, qui compte en son coeur historique seulement 50.000 habitants, reçoit 36 millions de visiteurs par an, dont 90% d’étrangers, selon des chiffres officiels.

«L’avenir de Venise est en jeu, on ne peut plus vivre comme ça. Il faut la certitude de pouvoir habiter ici. C’est aussi notre crédibilité internationale qui est en jeu», a estimé le maire Luigi Brugnaro, la voix brisée par l’émotion, devant la presse.

Pour le ministre de l’Environnement, Sergio Costa, les causes du désastre sont «claires»: «c’est la conséquence directe des changements climatiques et de la tropicalisation des phénomènes météorologiques, avec des précipitations violentes et de fortes rafales de vent».

Monde

Les «Dreamers» devant la Cour suprême: des signaux favorables à Trump

WASHINGTON — Les juges conservateurs, majoritaires à la Cour suprême des États-Unis, ont semblé réceptifs mardi aux arguments du gouvernement de Donald Trump, qui a défendu lors d’une audience publique sa décision de renvoyer dans l’illégalité 700 000 jeunes migrants.

Le président démocrate Barack Obama avait décidé en 2012 de lever la menace d’expulsion pesant sur les «Dreamers», le surnom donné aux immigrés de moins de 30 ans, arrivés clandestinement dans leur enfance aux États-Unis.

En 2017, son successeur républicain, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale l’un de ses chevaux de bataille, a décidé de mettre un terme à ce programme baptisé DACA, le décrétant «illégal».

Des tribunaux avaient suspendu sa décision, offrant un répit aux «Dreamers». Le gouvernement a fait appel jusqu’à la plus haute juridiction, qui a longtemps hésité à se saisir de ce dossier éminemment politique.

Juste avant l’audience, Donald Trump a campé sur ses positions, assurant que Barack Obama n’avait «pas le droit» de signer le programme DACA. Il s’est toutefois dit prêt à discuter avec l’opposition pour que ces jeunes puissent «rester» aux États-Unis si la haute cour lui donnait raison.

Celle-ci ne rendra pas sa décision avant 2020, en pleine année électorale. Si elle sonnait le glas du programme DACA, les centaines de milliers de «Dreamers» ne seraient pas immédiatement expulsés, mais retomberaient dans une situation juridique et administrative très précaire.

«Détruire des vies»

«La Cour suprême va décider si je peux être séparée de mon mari et de ma fille pour être envoyée dans un pays que je ne connais pas», a déclaré Esmeralda Tovar Maura, arrivée à l’âge de 2 ans aux États-Unis, lors d’une conférence de presse organisée au Congrès après l’audience.

«Imaginer que je pourrais être expulsée, alors que mon mari est à des milliers de kilomètres, est une angoisse qui me dévore», a confié la jeune femme, dont l’époux, un militaire américain, est souvent déployé à l’étranger.

Le temple du Droit américain peut «décider de causer des souffrances à des centaines de milliers de personnes» ou de «maintenir une bonne politique», a renchéri la chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, en «exhortant la Cour» à prendre la bonne décision.

Lors de l’audience, les quatre magistrats progressistes ont relayé ces inquiétudes, mais les cinq conservateurs s’en sont tenus à des questions de procédure.

«Il ne s’agit pas de droit, mais d’une décision de détruire des vies», a déclaré la juge progressiste Sonia Sotomayor, en soulignant que les «Dreamers» n’avaient «commis aucun crime, travaillent, paient des impôts».

Le locataire de la Maison-Blanche souffle le chaud et le froid sur les «Dreamers», qui jouissent d’une bonne image dans la population et du soutien du monde économique, syndical ou encore religieux.

«Beaucoup de bénéficiaires de DACA, plus tout jeunes, sont loin d’être des anges. Certains sont des criminels endurcis», a-t-il tweeté mardi, tout en promettant de chercher une solution pour qu’ils puissent rester sur le sol américain.

C’est cette ambiguïté qui est au cœur du dossier.

Le droit administratif américain impose à l’exécutif de justifier ses décisions de manière «rationnelle». Or, les tribunaux ont jugé jusqu’ici que l’administration républicaine avait rendu une décision «arbitraire et capricieuse».

Monde

Les douaniers américains ne peuvent pas fouiller téléphone ou ordinateur sans «suspicion raisonnable»

NEW YORK — Les douaniers américains ne peuvent pas fouiller sans «suspicion raisonnable» les ordinateurs et téléphones des personnes arrivant aux États-Unis : c’est ce qu’a estimé mardi une juge fédérale de Boston, dans une décision saluée par les défenseurs des droits individuels.

Quelque 11 voyageurs dont les équipements électroniques avaient été fouillés sans raison apparente avaient porté plainte contre le gouvernement américain en septembre 2017, soutenus notamment par la puissante organisation ACLU et l’Electronic Frontier Foundation, association de défense des droits liés aux technologies numériques.

La juge de Boston Denise Casper a estimé, dans un jugement de 48 pages enregistré mardi, que la police des frontières et de l’immigration devait, pour toute fouille des équipements électroniques des voyageurs, avoir, sinon un mandat de perquisition formel, au moins «une suspicion raisonnable» à l’égard du voyageur concerné.

Ceci en vertu du quatrième amendement de la Constitution américaine, qui protège les individus de toute perquisition et fouille arbitraires.

Le jugement «renforce sensiblement les protections du quatrième amendement pour les millions de voyageurs arrivant aux États-Unis chaque année», s’est félicitée Esha Bandari, avocate de l’ACLU dans un communiqué. «En mettant fin à la capacité du gouvernement à aller à “la pêche aux informations” sans suspicion préalable, la Cour réaffirme que la frontière n’est pas une zone de non-droit et que nous ne perdons pas nos droits à une vie privée quand nous voyageons.»

La décision intervient dans un contexte de durcissement des lois migratoires américaines par l’administration Trump : selon l’ACLU, la police des frontières (CBP) a mené quelque 33 000 fouilles d’équipements électroniques en 2018, soit près de quatre fois plus qu’en 2015.

Le cas d’un étudiant palestinien, Ismaïl Ajjaoui, avait récemment défrayé la chronique : en arrivant fin août à l’aéroport de Boston pour suivre un programme d’études à l’université de Harvard, le jeune homme de 17 ans avait été interrogé des heures durant et son téléphone et ordinateur portable fouillés.

Une policière lui avait ensuite reproché la présence, parmi ses «amis» sur les réseaux sociaux, de gens «qui postaient des opinions politiques opposées aux États-Unis».

Il avait été renvoyé vers le Liban, son pays de résidence, avant d’être, 10 jours plus tard, autorisé à entrer aux États-Unis, après que l’université de Harvard eut plaidé en sa faveur.

Autour du globe, 13 novembre

Monde

Greta Thunberg retourne en Europe, avant d’autres aventures en 2020

HAMPTON, Virginie — «Ce fut extrêmement instructif», dit Greta Thunberg dans un coupe-vent trop grand, à la veille d’entamer sa seconde traversée de l’Atlantique, à 16 ans.

La jeune militante suédoise devenue célèbre sur six continents pour sa «grève de l’école pour le climat» va dire au revoir mercredi à l’Amérique du Nord, après 11 semaines bien remplies, et si la météo coopère.

Elle a tancé les dirigeants mondiaux à l’ONU, encore rencontré Barack Obama, reçu les clés de Montréal et sillonné États-Unis et Canada à bord d’une Tesla prêtée par Arnold Schwarzenegger.

Mais ce sommet climat, ces grèves du vendredi, ces millions de manifestants... Tout cela l’a-t-il rendue plus optimiste qu’à son arrivée fin août à New York?

«Ça dépend», a-t-elle répondu, d’un ton très factuel mardi dans un entretien à l’AFP, assise dans le catamaran où elle logera pour les deux à trois prochaines semaines : La Vagabonde, maison flottante d’un jeune couple australien, amarrée depuis une semaine à Hampton, en Virginie.

«D’un côté, beaucoup de choses ont changé dans le bon sens, mais plusieurs mois se sont écoulés sans action véritable, sans que les gens se rendent compte de l’urgence. Donc je ne sais pas, c’est à peu près pareil», dit l'étudiante en année sabbatique.

Elle réserve son admiration aux jeunes qui vivent sur «la ligne de front» écologique de New York à Vancouver, en passant par Washington, Montréal, le Midwest américain, Los Angeles... Comme Tokata Iron Eyes, de la tribu Sioux de Standing Rock, opposée en vain à la construction d’un oléoduc.

Qu’a-t-elle appris de Barack Obama? «Tout dépend de la façon dont on définit apprendre...»

Et ces présidents et premiers ministres rencontrés à l’ONU? «Les dirigeants mondiaux et les politiciens me demandent tout le temps des égoportraits, à moi et d’autres militants du climat, parce qu’ils veulent avoir l’air bien à côté de nous», dit-elle sans pitié, mais sans en donner la liste («il y en a pas mal»).

Même les pays qui s’engagent à la neutralité carbone en 2050 n’en font «pas assez», répète-t-elle, citant Royaume-Uni et Nouvelle-Zélande.

L’Asie en 2020 

Quant à Donald Trump, elle suggère que son déni climatique a peut-être paradoxalement dopé la mobilisation climatique : «Il est tellement extrême, et dit des choses si extrêmes, que les gens se sont réveillés d’une certaine façon».

Elle ne fait pas grand cas d’une scène filmée et devenue virale, où on la voit patienter à la demande d’agents de sécurité pendant que le président et son entourage débarquent à l’ONU. «Je me demandais ce qu’il faisait là, car il n’était pas censé venir...»

Ils seront six à bord de La Vagabonde : le couple propriétaire —les YouTubeurs et Instagrammeurs Elayna Carausu, 26 ans, et Riley Whitelum, 35 ans—; leur fils de 11 mois, Lenny; la navigatrice britannique professionnelle Nikki Henderson, 26 ans, appelée en soutien; et le père de Greta, Svante Thunberg. Ce dernier l’accompagne depuis le début de sa tournée, salue les journalistes mais ne donne pas d’entrevue - mardi n’a pas fait exception.

Mercredi, ils partiront tôt, depuis le ponton de la maison cossue de deux retraités passionnés de navigation, qui avaient offert à La Vagabonde une escale gratuite (avant que Greta ne se rajoute à l’affaire, à leur grand plaisir).

La militante veut aller à la COP 25 à Madrid, qui commence dans moins de trois semaines, puis rentrer «à la maison» - son visage s’éclaire d’anticipation quand elle le dit.

Pour 2020, «je n’ai pas encore de projet», dit-elle. Sa rentrée des classes sera en août.

«Si je suis invitée, j’essaierai d’aller dans des endroits où je ne suis jamais allée, d’abord en Asie, et bien sûr à des réunions de dirigeants mondiaux, si je suis invitée».

La mer devrait être agitée en cette saison, mais cela ne semblait pas l’effrayer, alors que ses hôtes s’affairaient aux derniers préparatifs. Elle fait visiter une cabine, montre les toilettes, et assure n’avoir pas souffert du mal de mer à l’aller, à bord d’un autre voilier.

Elle corrige enfin le reporter qui suppose imprudemment que la Suédoise est habituée aux basses températures: «J’ai toujours froid».

Monde

Au Brésil, des femmes battues et édentées pour ne plus plaire

RIO DE JANEIRO — Longtemps défigurée par les coups de ses compagnons, Ana Claudia Rocha Ferreira n’a pas osé sortir. «Je n’avais plus que quatre dents devant, j’avais honte». Une parmi ces millions de femmes victimes de la violence conjugale au Brésil.

Dans presque tous les cas, les hommes visent la bouche et les dents dans la volonté d’anéantir la féminité de celles qui resteront confinées chez elles, comme Ana Claudia. Un phénomène devenu si banal qu’un réseau de dentistes bénévoles a décidé de reconstruire la dentition — et la vie — de ces femmes.

Rencontrée à Rio de Janeiro dans le cabinet du dentiste Armando Piva, membre d’une ONG qui redonne le sourire à des femmes défavorisées, Ana Claudia a aujourd’hui la dentition éclatante et la bouche maquillée de vermillon. «Un rêve» qui a «bouleversé (ma) vie», raconte-t-elle.

«Les agressions ont commencé lorsque j’avais 15 ans et que j’étais enceinte de ma première fille», dit cette employée d’une entreprise de graphisme, déjà quatre fois grand-mère à 39 ans.

«Il a commencé à me donner des coups de poing. Je me suis séparée de lui. Mais après j’ai connu le père de ma deuxième fille et lui aussi s’est mis à me battre. Mes dents sont tombées l’une après l’autre.»

Cette Carioca habite dans une favela, à Sao Cristovao, et «dans les favelas, les hommes disent qu’ils aiment battre leur femme pour que personne ne les convoite. Ils les marquent au visage.»

«Depuis mes 18 ans jusqu’à pratiquement maintenant, je n’ai plus souri», avoue la jeune femme, «j’avais honte en permanence».

Elle n’a pu quitter le domicile conjugal faute de ressources. Ni retourner chez sa mère, qui l’avait mise à la porte très jeune après lui avoir montré l’«exemple» : «elle a été battue toute sa vie et n’avait plus une seule dent», dit Ana Claudia.

Une grande précarité 

Un jour, la jeune femme lance une bouteille à la mer en contactant sur Instagram une actrice de telenovela qu’elle «admirait» : elle ne lui demande pas d’argent mais de l’aide, pour avoir une aussi belle dentition qu’elle. L’actrice l’oriente vers les dentistes bénévoles.

Le traitement a duré près d’un an, à la clinique ultramoderne du Dr Piva, dans le quartier chic de Barra da Tijuca, aux antipodes du triste décor de la favela d’Ana Claudia. Il lui a posé des implants dentaires qui lui ont redonné confiance en elle. Quand elle rit, ses grandes créoles s’agitent. «Plus jamais je n’accepterai d’être battue», dit-elle.

Le Brésil n’est pas tendre avec les femmes : 27 % de celles âgées de plus de 16 ans, soit 16 millions de Brésiliennes, disent avoir été victimes de violences physiques ou psychologiques l’an dernier, dont 42 % à leur domicile, selon le Forum brésilien de la sécurité publique (FBSP). Les femmes noires sont les plus touchées.

Et le Brésil n’est pas tendre en général : c’est l’un des États les plus violents au monde, avec 57 000 homicides l’an dernier. Cet immense pays reste englué dans la crise économique, avec 12 millions de chômeurs et une grande précarité pour beaucoup, qui est souvent le terreau des violences envers les femmes.

«Coups de poing, de pied, de coude» 

«On a vu que le nombre de femmes qui souffraient de violences était gigantesque», explique le jeune chirurgien-dentiste Armando Piva.

C’est en 2012 que le dentiste Fabio Bibancos a fondé l’ONG Apolônias do Bem a Sao Paulo. Depuis, «on a traité plus de 1000 femmes», poursuit son associé, le Dr Piva. Le programme vient du nom d’Apolline d’Alexandrie, la patronne des dentistes, une martyre chrétienne dont les bourreaux auraient arraché les dents.

Aujourd’hui, un réseau de 1700 dentistes au Brésil, dans 12 autres pays d’Amérique latine et au Portugal redonne le sourire à des femmes victimes de violences et à faibles revenus. À condition qu’elles ne vivent plus avec leur agresseur.

Au Brésil, où se pratique une dentisterie de pointe, ce sont souvent cinq ou six implants qui sont posés à chaque femme, pour un traitement d’environ 30 000 réais (9800 $ CAN) financé par des dons de particuliers, d’entreprises et par les dentistes eux-mêmes. Sans subvention publique.

«Les femmes (battues) ont droit au Brésil à une aide psychologique et juridique mais pas à une aide odontologique», relève le Dr Piva.

«Et pourtant, dans la majorité des cas, si ce n’est pas dans 100 % des cas, les agressions physiques commencent par la bouche : des coups de poing, de pied, de coude ou avec des ustensiles de cuisine.»

«Le désir des agresseurs est de couper l’envie de sourire aux femmes. Et on voit que la majorité d’entre elles a perdu plus de la moitié des dents du haut.»

Ces mutilations leur interdisent l’accès au marché du travail. «Personne ne va recruter une nounou sans dents de devant pour ses enfants. Aucune boutique ne va embaucher une vendeuse sans dents de devant», explique le dentiste, et «des DRH refusent de faire l’entretien d’une personne édentée».

Empêchées de travailler, de sourire ou de rire si elles en avaient encore l’envie, ces femmes ne peuvent pas davantage embrasser, se nourrir correctement, mastiquer normalement.

«Manger une pomme» 

«Vous n’avez aucune idée de ce que c’est que de vivre sans dents», confirme Thaïs de Azevedo, interrogée par l’AFP à Sao Paulo.

«Quand j’ai eu mes dents, ç’a été sensationnel de manger une pomme», dit cette transsexuelle de 70 ans qui a reçu des implants, grâce à l’ouverture, il y a deux ans, d’Apolônia aux transgenres.

«J’ai été victime de violences depuis que je me suis affirmée comme une personne transgenre, donc abandonnée par ma famille, par la société et condamnée à la marginalité», explique-t-elle. Au Brésil, l’espérance de vie des transgenres est de seulement 35 ans.

Thaïs dit pudiquement avoir perdu ses dents «dans son combat pour la vie». Elle était devenue «experte» pour se façonner des dents avec du chewing-gum.

Les dentistes d’Apolônia lui ont posé des implants à 68 ans. «Ce qu’ils m’ont apporté est bien plus profond et grandiose que ce que je pouvais imaginer».

Monde

Profs armés pour parer aux fusillades

SIDNEY — «À l’intérieur de ce bâtiment, nos enfants sont protégés par une équipe d’intervention armée et entraînée», prévient une affiche à l’entrée. Pour se protéger des fusillades, les écoles d’un comté rural de l’Ohio ont été parmi les premières aux États-Unis à armer leurs enseignants.

Regards morbides, vêtements en lambeaux, visages balafrés... Plusieurs individus suspects rodent ce matin dans les couloirs de l’école secondaire de la petite ville de Sidney. Arme de poing à la ceinture, l’adjoint au shérif John Pence garde pourtant son calme. C’est Halloween et certains élèves sont venus déguisés.

Monde

Les ouragans les plus destructeurs frappent les États-Unis plus fréquemment

WASHINGTON - De grands ouragans destructeurs frappent les États-Unis trois fois plus fréquemment qu’il y a un siècle, indique une nouvelle étude.

Les experts mesurent généralement le caractère destructeur d’un ouragan en additionnant les dégâts causés aux habitants et aux villes. Cela peut faire oublier les tempêtes qui sont puissantes, mais qui ne touchent que des zones faiblement peuplées. Une équipe de recherche danoise a proposé une nouvelle mesure qui tient simplement compte de l’ampleur et de la force de l’ouragan, et non des coûts des dommages. Elle l’appelle la zone de destruction totale.

«Ce sont les ouragans les plus dommageables qui connaissent la plus forte croissance», a affirmé l’auteur principal de l’étude, Aslak Grinsted, climatologue à l’Université de Copenhague. «C’est exactement ce que vous attendez des modèles climatiques.»

En examinant 247 ouragans qui ont frappé les États-Unis depuis 1900, les chercheurs ont découvert que les 10 pour cent des ouragans les plus importants, ceux qui couvraient une superficie de destruction totale de plus de 1200 kilomètres carrés, se produisent 3,3 fois plus fréquemment, selon une étude dévoilée lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Huit des 20 tempêtes avec la plus grande superficie de destruction totale depuis 1900 se sont produites au cours des 16 dernières années, une quantité beaucoup plus importante que celle qui se produirait normalement, a déclaré M. Grinsted.

Deux tempêtes sortent particulièrement du lot: l’ouragan Harvey de 2017, avec une zone de destruction totale de 11 835 kilomètres carrés, et Katrina en 2005, avec une zone de 7621 kilomètres carrés. La moyenne était de 411 kilomètres carrés, ce qui signifie que l’empreinte destructive de Harvey était 30 fois plus grande que la moyenne.

Les climatologues ont prédit et montré que les températures plus élevées dans les océans et dans l’atmosphère, résultant de la combustion du charbon, du pétrole et d’autres carburants, créaient des conditions météorologiques et des tempêtes extrêmes.

«Leur résultat correspond aux changements attendus dans la proportion des ouragans les plus puissants et à la fréquence croissante des tempêtes à la progression très lente qui frappent les États-Unis», a déclaré Jim Kossin, spécialiste des ouragans à la National Oceanic and Atmospheric Administration aux États-Unis, qui ne fait pas partie de l’équipe de recherche.

D’autres experts n’étaient cependant pas aussi convaincus. Phil Klotzbach, scientifique spécialiste des ouragans à la Colorado State University, affirme que son analyse des plus fortes tempêtes qui ont frappé les États-Unis, utilisant une pression barométrique, ne montre aucune augmentation.

Monde

L’ancien président américain Jimmy Carter opéré

WASHINGTON - L’ancien président américain Jimmy Carter a été opéré pour soulager la pression cérébrale causée par de récentes chutes, une intervention qui n’a pas entraîné de complications, a annoncé mardi la fondation qui porte son nom.

Hospitalisé lundi à Atlanta, M. Carter, 95 ans, «se remet» de l’opération «visant à soulager la pression cérébrale due à un hématome sous-dural», pour laquelle «il n’y a pas eu de complications», a précisé le Centre Carter dans un communiqué.

Il «restera à l’hôpital en observation aussi longtemps que recommandé», a ajouté le Centre.

L’ex-président démocrate (1977-1981) avait été admis à l’Emory University Hospital pour subir une intervention visant à relâcher la pression sur son cerveau «causée par un saignement survenu après ses récentes chutes», avait indiqué lundi la même source.

Il avait été hospitalisé fin octobre pour une «légère» fracture du bassin causée par une chute à son domicile.

Premier président américain de l’histoire à atteindre l’âge de 95 ans, Jimmy Carter s’était également blessé à la tête le 6 octobre, toujours en tombant chez lui.

Il était pourtant debout et actif sur un chantier humanitaire dès le lendemain, le visage tuméfié et barré d’un pansement cachant 14 points de suture.

En 2015, il avait été soigné pour un cancer du foie qui s’était propagé au cerveau. Ses deux soeurs, son frère et son père sont tous décédés d’un cancer du pancréas.

Né le 1er octobre 1924 dans la petite ville de Plains, en Géorgie, au sud-est des États-Unis, où il vit toujours, Jimmy Carter a été élu gouverneur cet État en 1970 avant de battre Gerald Ford en 1976 pour devenir le 39e président américain.

Son mandat a été marqué par la signature en 1978 des accords de Camp David sous sa médiation, qui ont abouti à un traité de paix entre Israël et l’Égypte, et l’établissement de relations diplomatiques avec Pékin.

Mais son bilan présidentiel a été terni par la crise des otages américains en Iran en 1979, lors de laquelle 52 Américains ont été retenus 444 jours à partir du 4 novembre dans l’ambassade des États-Unis à Téhéran.

Son échec à assurer leur libération a contribué à sa défaite en novembre 1980 face au républicain Ronald Reagan, dont la date de prise de fonction le 20 janvier 1981 coïncide avec la libération des otages.

Retiré de la vie politique, il a créé en 1982 le Centre Carter, une fondation qui oeuvre à la résolution pacifique de conflits et à l’aide au développement. Il a multiplié depuis les missions de médiation ou d’observation électorale dans le monde entier.

En 2002, Jimmy Carter a reçu le prestigieux prix Nobel de la Paix, pour ses efforts en faveur de la justice économique et sociale.

Outre son engagement à travers sa fondation, il est aussi membre du groupe des Global Elders, créé par Nelson Mandela en 2007 pour promouvoir la paix et les droits humains.

Monde

L’ancien président américain Jimmy Carter hospitalisé

WASHINGTON — L’ancien président américain Jimmy Carter a été hospitalisé lundi pour subir une intervention médicale à la tête après de récentes chutes, a annoncé la fondation qui porte son nom.

Jimmy Carter a été «admis au Emory University Hospital cet après-midi pour une intervention visant à relâcher la pression sur son cerveau, causée par un saignement survenu après ses récentes chutes», a ajouté la même source, précisant que l’opération était prévue mardi matin.

«Le président Carter se repose confortablement et son épouse Rosalynn est avec lui», a précisé la même source.

Jimmy Carter avait été hospitalisé fin octobre pour une fracture du bassin causée par une chute à son domicile. Sa fondation avait qualifié la fracture de «légère».

Premier président américain de l’histoire à atteindre l’âge de 95 ans, Jimmy Carter s’était également blessé à la tête le 6 octobre, toujours en tombant à son domicile.

L’ex-président démocrate (1977-1981) était pourtant debout et actif sur un chantier humanitaire dès le lendemain, le visage tuméfié et barré d’un pansement cachant 14 points de suture.

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Nikki Haley décrit la résistance de l’entourage de Trump

WASHINGTON — Deux proches conseillers de Donald Trump ont ignoré ou résisté aux ordres du président américain, affirmant qu’ils tentaient de «sauver le pays», révèle l’ancienne ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nikki Haley dans un livre à paraître mardi.

Selon elle, l’ex-secrétaire d’État Rex Tillerson et l’ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche John Kelly lui ont demandé de les aider à contourner les décisions du milliardaire, ce qu’elle a refusé.

«Je ne pouvais pas accepter que deux personnages clés d’un gouvernement affaiblissent le président», écrit-elle.

Les deux hommes, qui ont quitté l’administration Trump en 2018, «m’ont confié que quand ils résistaient au président, ce n’était pas de l’insubordination, mais qu’ils tentaient de sauver le pays», explique Mme Haley dans son livre With All Due Respect (Avec tout le respect que je vous dois), dont le Washington Post a publié des extraits.

«C’étaient leurs décisions, et pas celles du président, qui étaient dans le meilleur intérêt de l’Amérique, disaient-ils. Le président ne savait pas ce qu’ils faisaient», ajoute-t-elle, précisant que Rex Tillerson lui avait dit que des gens allaient mourir s’ils laissaient faire Donald Trump.

Admettant qu’elle n’était pas elle-même toujours d’accord avec les décisions du milliardaire, Nikki Haley estime que les deux responsables auraient dû démissionner.

Fille d’immigrés indiens au caractère affirmé, cette dernière a quitté son poste d’ambassadrice à l’ONU fin 2018, après avoir été la femme la plus en vue du gouvernement.

John Kelly, dont les relations avec le président s’étaient détériorées depuis juillet 2017, a suivi peu après. Rex Tillerson avait lui été limogé en mars 2018, après des mois de tensions avec Donald Trump.

Les révélations de Nikki Haley font écho au livre Fear du journaliste d’investigation Bob Woodward, paru en septembre 2018, selon lequel des hauts responsables de la Maison-Blanche avaient tenté d’empêcher le président américain, décrit comme inculte, colérique et paranoïaque, de déraper.

L’un d’eux serait allé jusqu’à voler l’exemplaire d’un ordre présidentiel pour éviter que Donald Trump le signe.

En accord avec Trump

Dans son livre, Nikki Haley fait front avec le président sur plusieurs décisions critiquées par la communauté internationale : les retraits américains de l’accord sur le nucléaire iranien et l’accord de Paris sur le climat ou la décision de transférer l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem.

Mais elle dit aussi avoir été en désaccord avec lui, notamment lorsqu’il a affirmé croire son homologue russe Vladimir Poutine, qui niait l’ingérence du Kremlin dans la présidentielle de 2016, ou quand M. Trump avait parlé de «gens très bien» à la fois chez les néonazis et les militants antiracistes qui s’étaient affrontés à l’été 2017 à Charlottesville. Ces mots étaient «blessants et dangereux», écrit-elle.

John Kelly a réagi en assurant au Washington Post qu’il avait donné au président les conseils «les plus ouverts, légaux et moraux [...] pour qu’il prenne une décision avisée». Rex Tillerson n’a pas fait de commentaire.

Monde

Convocation d’une présidentielle en Bolivie

LA PAZ — La sénatrice d’opposition Jeanine Añez, appelée en vertu de la Constitution à succéder au poste de chef de l’État à Evo Morales après sa démission, a annoncé lundi la prochaine convocation d’une élection présidentielle afin que «le 22 janvier nous ayons un président élu».

Pendant ce temps, le Mexique a annoncé avoir officiellement accordé l’asile politique à l’ex-président bolivien, estimant que «sa vie et son intégrité physique sont menacées».

On ne savait pas pour l’heure où se trouvait Evo Morales, tandis qu’une foule de ses partisans était en route vers la capitale La Paz.

«Nous allons convoquer des élections avec des personnalités qualifiées qui vont conduire le processus électoral afin de refléter ce que veulent tous les Boliviens», a déclaré la deuxième vice-présidente du Sénat bolivien, âgée de 52 ans.

Les successeurs prévus par la Constitution dans l’hypothèse d’un départ du chef de l’État ont en effet tous démissionné avec lui : le vice-président Alvaro Garcia, la présidente et le vice-président du Sénat et le président de la Chambre des députés.

«Nous avons déjà un calendrier. Je crois que la population demande en criant que nous ayons un président élu le 22 janvier», a-t-elle ajouté, évoquant la date prévue, avant la crise, de la prise de ses fonctions par le prochain président de Bolivie.

Le Parlement, où les partisans d’Evo Morales sont toujours majoritaires, doit siéger mardi pour entériner les démissions et nommer le remplaçant par intérim d’Evo Morales.

L’Organisation des États américains (OEA) a appelé lundi «à la paix et au respect de la loi» pour régler la crise politique en Bolivie et demandé «une réunion d’urgence» du Parlement bolivien «pour garantir le fonctionnement des institutions et nommer de nouvelles autorités électorales pour garantir un nouveau processus électoral».

Des partisans de Morales vers La Paz

Graffitis, vitrines brisées, commerces pillés : les signes de la nuit de violences qui a secoué La Paz dans la foulée de la démission d’Evo Morales étaient encore visibles.

Depuis la mi-journée, les forces de l’ordre se redéployaient progressivement, faisant usage de gaz lacrymogène à El Alto, une localité proche de la capitale et bastion d’Evo Morales, pour disperser des groupes de manifestants encagoulés et armés de bâtons.

Des affrontements se poursuivaient dans l’après-midi dans cette ville d’où une foule de manifestants, partisans d’Evo Morales, se dirigeait vers La Paz.

Arborant des whipalas, du nom du drapeau symbole des peuples indigènes, et scandant «Maintenant oui, une guerre civile!» ils étaient des centaines en route vers la capitale, contraignant les magasins à fermer leurs portes.

«Plusieurs personnes m’alertent en me disant qu’un groupe de manifestants violents se dirige vers mon domicile pour le détruire. J’en appelle à la Police nationale pour éviter cette folie», a écrit sur Twitter Carlos Mesa, adversaire malheureux d’Evo Morales à la présidentielle d’octobre.

«Signal» au Venezuela

À Washington, le président américain Donald Trump s’est félicité de la tournure des évènements en Bolivie.

«Les États-Unis saluent le peuple bolivien pour avoir demandé la liberté et l’armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger non un seul individu, mais la Constitution de la Bolivie», a déclaré M. Trump dans un communiqué.

«Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua, que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours», a-t-il ajouté.

Lundi matin, Evo Morales a appelé ses opposants, qu’il a qualifiés de «racistes et putschistes», à ramener la paix en Bolivie. «Qu’ils assument la responsabilité de pacifier le pays et de garantir la stabilité politique», a-t-il twitté.

«Je renonce à mon poste de président.»

La déclaration dimanche soir du leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006, mettait fin à une journée marquée par de nouvelles violences dans les rues, un appel de l’OEA à de nouvelles élections et des démissions en série de ministres et de députés, après les attaques contre certains d’entre eux.

Evo Morales s’était retrouvé de plus en plus isolé tandis que la crise politique s’accélérait soudainement dans ce pays andin où grève générale et manifestations paralysaient l’activité depuis une dizaine de jours

Mais le coup fatal a été porté par l’armée et la police, qui lui ont retiré dimanche leur soutien dans l’après-midi, l’appelant à démissionner «pour le bien de la Bolivie».

La police a immédiatement arrêté la présidente du Tribunal suprême électoral (TSE), Maria Eugenia Choque, ainsi que son vice-président, sur ordre du parquet qui enquête sur des irrégularités commises dans le scrutin d’octobre.

Lundi, le ministre de l’Intérieur Carlos Romero, un des derniers à ne pas avoir donné sa démission, s’est réfugié dans l’ambassade d’Argentine à La Paz.

Monde

Dublin refuse l’amnistie aux soldats britanniques

DUBLIN — Le gouvernement irlandais s’est opposé, lundi, aux promesses du premier ministre britannique Boris Johnson, en campagne pour les élections législatives, d’«amnistier» les soldats britanniques poursuivis pour des crimes présumés lors des «Troubles» en Irlande du Nord.

Plus de 3000 personnes ont été tuées lors de ces trois décennies de violences liées au conflit entre catholiques nationalistes et protestants unionistes, qui a pris fin en 1998, avec les Accords du Vendredi Saint signés avec l’accord de Londres et Dublin.

En campagne, le chef du gouvernement conservateur britannique a promis de modifier la loi afin de protéger les militaires de poursuites judiciaires engagées pour des événements antérieurs à 2000, une promesse électorale dont l’annonce coïncide avec la commémoration de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

«C’est très préoccupant», a déclaré le ministre des Affaires étrangères irlandais Simon Coveney dans un communiqué.

«Il n’y a pas de délai de prescription, pas d’amnistie pour quiconque a commis des crimes en Irlande du Nord. La loi doit s’appliquer à tous, sans exception, pour parvenir à la réconciliation», a-t-il ajouté.

300 meurtres

Les troupes britanniques ont été envoyées dans la province en 1969, alors que des républicains majoritairement catholiques opposés à la domination britannique s’affrontaient dans la rue à des unionistes majoritairement protestants.

L’opération de maintien de l’ordre s’est transformée en la plus longue opération de l’armée britannique de l’histoire, marquée par un certain nombre de meurtres.

Selon les recherches de l’Université d’Irlande du Nord, l’armée britannique serait responsable de près de 300 meurtres au cours de ces opérations, qui ont officiellement pris fin en 2007.

Mais les tentatives d’engager des poursuites judiciaires contre les vétérans se sont heurtées à des difficultés et continuent de diviser sociétés britannique et nord-irlandaise.

Cette année, après une longue campagne de familles de victimes demandant justice, des procureurs nord-irlandais ont annoncé qu’un vétéran, présenté comme le «Soldat F», serait jugé pour deux meurtres commis lors du «Bloody Sunday».

Le 30 janvier 1972, des parachutistes britanniques ont tué 13 militants catholiques qui manifestaient pacifiquement à Londonderry, une journée sanglante immortalisée par la chanson de U2, Sunday Bloody Sunday. Une 14e victime est morte quelques mois plus tard.

Autour du globe, 12 novembre 2019