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Actualités

Le point sur la pandémie de COVID-19 dans le monde [7 avril]

PARIS - Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 75.500 morts dans le monde.

Boris Johnson en soins intensifs 

Le premier ministre britannique Boris Johnson, testé positif au nouveau coronavirus le 27 mars, a été placé en soins intensifs lundi. Il a reçu de l’oxygène, mais ne se trouve pas sous respirateur, a précisé un ministre.

Le chef de la diplomatie Dominic Raab a été chargé de remplacer M. Johnson.

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Autour du globe, 7 avril 2020

Monde

Terrorisme: des suprémacistes blancs sur la liste noire américaine

WASHINGTON — Washington a inscrit lundi pour la première fois un groupe suprémaciste blanc sur sa liste noire pour terrorisme international afin de montrer sa détermination face à cette «menace» particulièrement vive aux États-Unis, malgré l’ambiguïté souvent reprochée à Donald Trump.

La mesure vise un groupe nommé Mouvement impérial russe et trois de ses chefs, Stanislav Vorobiev, Denis Gariev et Nikolaï Trouchtchalov.

COVID-19

COVID-19: les États-Unis dépassent le cap des 10 000 morts

WASHINGTON — Les États-Unis, qui ont dépassé les 10 000 morts du nouveau coronavirus depuis le début de la pandémie, ont recensé 1150 décès supplémentaires en 24 heures, selon le comptage lundi soir à 20h30 de l’Université Johns Hopkins.

Le pays dénombre officiellement plus de 366 000 cas d’infection (quasiment 30 000 cas supplémentaires en 24 heures) et déplore 10 783 décès au total, selon cette base de données actualisée en continu.

COVID-19

Dominic Raab, le chef de la diplomatie britannique chargé de remplacer Boris Johnson

LONDRES — Libéral issu de la nouvelle garde des conservateurs britanniques, le chef de la diplomatie Dominic Raab, chargé de remplacer le premier ministre Boris Johnson, se trouve à 46 ans propulsé à la tête de son pays en pleine crise du nouveau coronavirus.

Cet eurosceptique convaincu, troisième dan de karaté et grand amateur de boxe, a été nommé à son portefeuille après l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson en juillet dernier.

COVID-19

COVID-19: le PM britannique Boris Johnson admis aux soins intentifs

LONDRES — Contaminé par le nouveau coronavirus, le premier ministre britannique Boris Johnson a été transféré lundi aux soins intensifs, son état de santé s’étant détérioré au lendemain de son hospitalisation.

Après avoir été diagnostiqué positif à la COVID-19 le 27 mars, M. Johnson, 55 ans, seul chef d’État ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé, avait été hospitalisé dimanche soir pour subir des examens, selon ses services, en raison de la persistance de symptômes de la maladie, notamment la fièvre.

«Au cours de l’après-midi, l’état de santé du premier ministre s’est détérioré et, sur le conseil de son équipe médicale, il a été transféré au service des soins intensifs de l’hôpital», a indiqué le porte-parole dans la soirée.

«Le premier ministre a demandé au ministre des Affaires étrangères Dominic Raab [...] de le remplacer là où nécessaire», a-t-il ajouté dans un communiqué. Ce dernier l’avait déjà remplacé pour présider la réunion quotidienne consacrée à la COVID-19.

Selon une source gouvernementale, Boris Johnson reste «conscient» et son transfert, intervenu vers 19h locales (14h heure de Québec) a été décidé «par précaution au cas où il aurait besoin d’un respirateur».

Quelques heures à peine avant l’annonce de son admission en soins intensifs, le chef de la diplomatie Dominic Raab avait assuré qu’il avait passé une «nuit tranquille» à l’hôpital St. Thomas, dans le centre de Londres, et qu’il restait «en observation».

«Son moral est bon» et «il continue à diriger le gouvernement», avait-t-il assuré durant la conférence de presse quotidienne de l’exécutif, pressé de questions sur la capacité du premier ministre à exercer ses fonctions malgré la maladie.

Plus de 50 000 personnes ont été testées positives à la COVID-19 au Royaume-Uni, devenu l’un des pays d’Europe les plus violemment touchés, et 5373 en sont mortes.

Le prince Charles guéri

Parmi les cas positifs figure également le prince héritier Charles, désormais guéri après avoir développé des symptômes légers du virus. Il a retrouvé lundi son épouse Camilla, testée négative à la COVID-19 mais qui était restée confinée 14 jours par précaution.

Critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure de la situation, le gouvernement a bâti en catastrophe des hôpitaux de campagne pour soulager un système de santé débordé, promis de décupler les tests qui manquent cruellement et débloqué des sommes gigantesques pour répondre au marasme économique et social.

Depuis l’annonce de sa maladie, Boris Johnson continuait à diriger la riposte du gouvernement en quarantaine, depuis son appartement de Downing Street d’où il postait des messages vidéos sur Twitter appelant ses compatriotes à rester chez eux.

Quelques réactions

«Je souhaite un prompt rétablissement au premier ministre Boris Johnson. Mes pensées sont avec toi et ta famille. J'espère te revoir bientôt au 10, Downing Street», a écrit sur Twitter le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le président français Emmanuel Macron a apporté lundi son «soutien» au premier ministre britannique Boris Johnson, atteint du coronavirus et transféré dans l'après-midi en soins intensifs, lui souhaitant «de surmonter cette épreuve rapidement».

«Tout mon soutien à Boris Johnson, à sa famille et au peuple britannique dans ce moment difficile. Je lui souhaite de surmonter cette épreuve rapidement», a gazouillé le président français.

À Washington, le président américain Donald Trump a souhaité lundi un prompt rétablissement à son «ami» Boris Johnson.

«Nous avons été très tristes d'apprendre qu'il avait été placé en soins intensifs il y a peu de temps. Tous les Américains prient pour son rétablissement», a déclaré M. Trump depuis la Maison-Blanche. «Lorsque vous êtes placé en soins intensifs, c'est très très grave avec cette maladie», a-t-il ajouté, précisant que la Maison-Blanche était en contact avec ses médecins pour voir. «Nous verrons si nous pouvons aider», a-t-il ajouté, sans autres précisions.

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DOMINIC RAAB, LE CHEF DE LA DIPLOMATIE CHARGÉ DE REMPLACER JOHNSON

Monde

Coronavirus: les Autrichiens entrevoient la sortie du confinement

VIENNE — Un calendrier prudent pour remettre en marche la vie sociale et économique : l’Autriche a présenté son plan d’assouplissement des restrictions en vigueur contre l’épidémie de coronavirus, qui commencera après Pâques par la réouverture des petits commerces.

Le gouvernement autrichien, qui avait été dans la première vague des pays européens décrétant la limitation drastique des activités et des déplacements, il y a trois semaines, est le premier à avoir dévoilé, lundi, sa feuille de route d’un retour à une «nouvelle normalité» faite de vigilance et de «gestes barrières».

Le pays de 8,8 millions d’habitants estime avoir «aplati la courbe» des nouvelles infections, ramenées à une progression quotidienne de moins de 2 %, quand elle atteignait 40 % à la mi-mars, selon le ministre de la Santé Rudolf Anschober.

«Nous avons la décrue la plus importante de l’UE», a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de faire encore mieux.

Sur les 12 058 cas de COVID-19 comptabilisés dans le pays, 204 personnes sont décédées et environ un millier de malades étaient hospitalisés lundi.

Cette évolution favorable a conduit le gouvernement à définir un programme de «remise en marche par étapes», tout en appelant la population à conserver «la plus grande discipline».

Après la réouverture des petits commerces le 14 avril, tous les autres magasins devraient suivre début mai, suivis des restaurants mi-mai. Des aménagements seront nécessaires pour respecter les distances de précaution, a prévenu le gouvernement.

Dans le même temps, les Autrichiens devront continuer à limiter leurs déplacements à l’essentiel jusqu’à la fin du mois d’avril.

Dans le cadre des mesures de confinement, les déplacements sont autorisés si le télétravail est impossible, pour faire des courses, porter assistance ou faire de l’exercice — sans limitation de périmètre. Si les contrôles policiers ont été renforcés, c’est essentiellement pour empêcher les rassemblements à l’extérieur, aucune attestation n’étant requise pour les sorties individuelles.

Patience pour la culture

La semaine en cours «va être décisive» pour évaluer si la levée des restrictions pourra s’appliquer comme prévu, a expliqué le chancelier Sebastian Kurz.

Avec 111 000 tests pratiqués à ce jour, le pays estime être «bien plus avancé» que beaucoup d’autres sur le continent, selon le ministre de la Santé.

Les écoles devraient rester fermées jusqu’à la mi-mai, l’enseignement supérieur poursuivant les cours en ligne jusqu’à la fin de l’année universitaire.

Le monde de la culture et du sport devra être plus patient. Alors que les musées et les salles de concert qui font la réputation Vienne sont fermés depuis le 11 mars, il n’est pas question d’autoriser les manifestations culturelles ni tout autre rassemblement public, avant le mois de juillet, au plus tôt.

Le festival de musique de Salzbourg, l’un des plus courus de l’été, espère encore le maintien de son édition 2020 qui doit débuter fin juillet.

L’Autriche confirme aussi qu’elle veut être un des pays précurseurs dans la généralisation du port du masque : obligatoire depuis lundi dans les supermarchés, il le sera bientôt dans les transports publics, avec une amende de 50 euros (77 $) à la clef pour les contrevenants.

«Le danger n’a pas disparu simplement parce que les chiffres baissent», a prévenu le chancelier. L’Autriche «n’a pas encore franchi le sommet de la montagne», a-t-il ajouté mettant en garde contre le scénario d’une seconde vague épidémique qui conduirait à un retour des restrictions.

Dans la région alpine du Tyrol, la plus touchée par la COVID-19, la quarantaine décrétée pour endiguer la propagation au reste du pays, sera levée mardi pour les 750 000 habitants. Les autorités de cette province ont été accusées d’avoir tardé à réagir face aux premiers cas détectés dans la populaire station de ski d’Ischgl, où des centaines de vacanciers ont été contaminés.

Une des grandes inconnues concerne les déplacements internationaux, alors que le trafic aérien dans le pays est quasi nul. Le chancelier a prévenu qu’ils continueraient durablement d’être entravés : «Tant qu’il n’y aura pas de vaccination ou de médicament efficace, cette maladie nous accompagnera et il n’y aura pas de liberté de voyager telle que nous la connaissions», a-t-il observé ce week-end.

Monde

Espagne: fermés au public, des restaurants livrent des repas aux hôpitaux

BARCELONE — Chaque midi, les fourneaux de la sandwicherie Timesburg à Barcelone fument toujours, bien que ses portes soient fermées. Avec d’autres restaurants, elle prépare des repas pour les livrer bénévolement au personnel soignant qui lutte contre la pandémie lie au nouveau coronavirus.

«Contribuer comme on peut, en ce moment, cela nous permet de nous sentir mieux», confie à l’AFPTV Vanessa, une des cuisinières de la sandwicherie, pendant qu’elle tartine de mayonnaise des centaines de petits hamburgers au fromage qu’elle enveloppe ensuite dans du papier, avant de les déposer dans des cartons destinés aux hôpitaux.

En Espagne, les bars et restaurants sont fermés depuis la mi-mars, lorsque le gouvernement espagnol a pris des mesures strictes de confinement pour tenter de freiner l’épidémie. Mais une dizaine d’entre eux ont décidé de répondre à l’initiative «Delivery4Heroes» («livraison pour les héros») en collaborant avec des entreprises de livraison.

Chaque jour, 200 à 300 repas sont ainsi préparés puis distribués aux hôpitaux de Barcelone pour nourrir et soutenir le personnel soignant.

«Nous savons que nous ne sommes pas un service de première nécessité, parce qu’ils ont leur nourriture et leur service de repas. Mais on leur offre une respiration», indique Axel Peinado, à l’origine de cette initiative et directeur d’une pizzeria barcelonaise.

«Ils font des vacations très intenses de 12 ou 14 heures de rang, dans cette situation très difficile que nous traversons tous. Mais, tout à coup, on leur amène leur pizza, leur hamburger, leurs sushis ou leur burrito préférés dans toute la ville», poursuit-il.

Quand la fourgonnette de Daniel Valls se gare aux portes de l’Hospital Clinic, un de ceux qui ont accueilli le plus de malades de la COVID-19 à Barcelone, deux infirmières portant masque et blouse blanche sortent du bâtiment pour venir récupérer les commandes.

«Quand on leur remet leur repas et que l’on voit un sourire sur leur visage, ça nous rend heureux, et ça nous donne de la force», confie ce livreur, qui tend les paquets en étant lui aussi protégé de gants et d’un masque.

Depuis le début de la pandémie qui a tué plus de 12 400 personnes en Espagne, le deuxième pays le plus endeuillé du monde derrière l’Italie, les gestes de solidarité de ce genre se sont multipliés, en particulier en direction du personnel de santé.

Monde

Coronavirus : le point sur la pandémie dans le monde

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de COVID-19.

Plus de 70 000 morts dans le monde

La pandémie de nouveau coronavirus a fait au moins 70 000 morts dans le monde, dont près des trois quarts en Europe, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 11h GMT.

L’Europe est le continent le plus touché, avec 50 215 décès, dont 15 877 en Italie, 13 055 en Espagne, 8078 en France, 4934 au Royaume-Uni.

Le nombre de contaminations par le nouveau coronavirus officiellement déclaré atteint 1,28 million dans le monde, dont plus de la moitié en Europe (676 462), 353 159 aux États-Unis et au Canada (9955 décès à eux deux) et 119 955 en Asie (4239 décès).

Pire récession depuis 1945

La France va sans doute connaître en 2020 sa pire année de récession économique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, a estimé lundi le gouvernement.

État d’urgence au Japon

Le gouvernement japonais prévoit de déclarer mardi l’état d’urgence dans plusieurs régions du pays où les cas de COVID-19 sont en forte hausse, dont Tokyo et Osaka.

Un plan massif de soutien à l’économie du pays de 108 000 milliards de yens (soit 1401 milliards $) va être mis en oeuvre.

4e jour de baisse en Espagne

En Espagne, le nombre de décès a baissé pour le quatrième jour de suite avec 637 morts en 24 heures, chiffre le plus bas depuis 13 jours.

Vers un assouplissement en Autriche

L’Autriche souhaite progressivement assouplir à partir du 14 avril les restrictions en vigueur, en commençant par la réouverture des petits commerces. La reprise des différentes activités s’étalera sur plusieurs mois, a annoncé lundi le gouvernement.

Boris Johnson «aux commandes»

Boris Johnson, testé positif il y a dix jours et hospitalisé depuis dimanche pour de nouveaux examens «reste aux commandes», selon son équipe. D’après le quotidien The Times, le premier ministre britannique a été placé sous oxygène.

«Nous vaincrons» le coronavirus, a lancé dimanche soir la reine Elisabeth II dans une allocution télévisée historique.

Bourses en hausse

Les bourses à Tokyo et en Europe ont attaqué la semaine du bon pied, les investisseurs semblant soulagés par la baisse de la mortalité liée au coronavirus observée en Europe durant le week-end.

Violences domestiques

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé dimanche un appel mondial à protéger les femmes et jeunes filles «à la maison», alors que le confinement exacerbe les violences conjugales et dans les familles.

Bateau de croisière près de Sydney

Un bateau de croisière, le «Ruby Princess», lié à lui seul au quart des 40 personnes décédées du nouveau coronavirus en Australie, a accosté lundi près de Sydney, après des semaines bloqué en mer. Ses 2700 passagers avaient débarqué mi-mars, mais les membres d’équipage sont toujours à bord et ont commencé à présenter des symptômes.

«Escalade» à venir aux États-Unis

«La semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11-Septembre, sauf que ce ne sera pas localisé, ce sera dans tout le pays», a prévenu l’administrateur fédéral des services de santé publique, Jerome Adams.

Les États-Unis s’approchaient dimanche de la barre des 10 000 morts, dont plus de 4000 pour le seul État de New York.

Autour du globe, 6 avril 2020

COVID-19

Boris Johnson, positif à la COVID-19, hospitalisé pour des examens

LONDRES — Le premier ministre britannique Boris Johnson, testé positif au nouveau coronavirus il y a 10 jours, a été hospitalisé dimanche pour subir de nouveaux examens, ont annoncé ses services, précisant qu’il s’agit d’une «mesure de précaution».

«Sur les conseils de son médecin, le premier ministre a été admis ce soir à l’hôpital pour des examens», a annoncé Downing Street dans un communiqué.

COVID-19

COVID-19: Joe Biden n’écarte pas l’éventualité d’une convention démocrate sans public

WASHINGTON — Joe Biden, candidat ayant les meilleures chances de décrocher l’investiture démocrate pour la Maison-Blanche, n’a pas écarté dimanche l’éventualité d’une convention de son parti sans public.

En raison de l’épidémie de COVID-19, cette grand-messe estivale pourrait se transformer en un événement diffusé en ligne, a admis l’ancien vice-président de Barack Obama.

COVID-19

COVID-19 : le premier ministre irlandais propose ses services de médecin

DUBLIN — Le premier ministre irlandais Leo Varadkar, diplômé en médecine, travaillera pour le service de santé une fois par semaine pendant l’épidémie du nouveau coronavirus, a annoncé dimanche un porte-parole du gouvernement.

Le Dr Varadkar «a offert ses services au Health Service Executive (HSE) pour une session par semaine dans les domaines qui relèvent de son champ d’activité».

COVID-19

COVID-19: Élisabeth II appelle les Britanniques à la résilience

LONDRES — La reine Élisabeth II a encouragé dimanche les Britanniques à faire front avec «détermination» contre la pandémie meurtrière de coronavirus, assurant qu’ils finiraient par vaincre, dans une intervention télévisée historique qui témoigne de la gravité de la crise.

S’adressant directement à la population depuis le château de Windsor, la souveraine a fait allusion à la Seconde Guerre mondiale pour les inciter à faire preuve de résilience face à la maladie, qui a déjà tué près 5000 personnes dans le pays.

Monde

COVID-19: le chef du Pentagone défend le limogeage du commandant d’un porte-avions

WASHINGTON — Le ministre américain de la Défense Mark Esper a soutenu dimanche la décision de révoquer le commandant du porte-avions Theodore Roosevelt qui avait tiré le signal d’alarme pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus.

Mais M. Esper, manifestement embarrassé, s’est gardé d’endosser pleinement à son compte cette sanction et a refusé de dire si elle emportait l’adhésion de l’état-major militaire.

Le secrétaire à la marine, Thomas Modly, «a pris une décision difficile [...]. J’ai entièrement confiance en lui et en les dirigeants de la Navy. Et je soutiens leur décision», a affirmé le chef du Pentagone sur la chaîne ABC.

Mark Esper a également refusé de dire si le président Donald Trump avait pesé sur la décision.

Le commandant de l’USS Theodore Roosevelt, Brett Crozier, a été démis de ses fonctions jeudi après avoir écrit une lettre de plusieurs pages à sa hiérarchie demandant l’évacuation immédiate de son navire, immobilisé à l’île de Guam dans le Pacifique, plusieurs cas de COVID-19 ayant été enregistrés dans le bâtiment.

«Nous ne sommes pas en guerre. Il n’y a aucune raison que des marins meurent», s’exclamait le capitaine Crozier dans cette missive qui a fuité et a été publiée par le quotidien californien San Francisco Chronicle.

Un geste qui n’a pas plu au président américain.

«C’est affreux ce qu’il a fait, d’écrire une lettre», a commenté Donald Trump samedi lors de sa conférence de presse quotidienne sur le coronavirus.

Le limogeage immédiat sans enquête formelle préalable de Brett Crozier, acclamé par ses marins lors de son départ du navire, a été vivement critiqué, notamment par plusieurs élus démocrates.

Monde

Coronavirus : encore fragile, la décrue a commencé en Italie

ROME — Elle reste à la merci d’un relâchement des efforts, mais elle est là:  la décrue de la pandémie a commencé en Italie, qui reste le pays du monde le plus cruellement frappé par la COVID-19.

ROME — Elle reste à la merci d’un relâchement des efforts, mais elle est là:  la décrue de la pandémie a commencé en Italie, qui reste le pays du monde le plus cruellement frappé par la COVID-19.

«La courbe a commencé sa descente» après une semaine de stabilisation «plateau», a relevé le patron de l’Institut supérieur de la Santé Silvio Brusaferro, tandis que le nombre des décès dépasse désormais les 16 000 morts.

Dimanche, un chiffre symbolique a été rendu public : avec 525 morts, l’Italie a connu les 24 heures les moins meurtrières depuis le 19 mars, soit plus de deux semaines. Samedi, c’est une baisse inédite des hospitalisations en soins intensifs qui avait été annoncée.

Au-delà des soins intensifs, «le nombre de personnes hospitalisées dans les services classiques […] diminue» à son tour, s’est félicité le patron de la protection civile Angelo Borrelli.

«La vraie bonne nouvelle c’est qu’il y a moins de pression dans les hôpitaux les plus concernés de Lombardie. Nous ne sommes pas certains d’en être sortis, mais nous sommes moins sous pression», se félicitait samedi Massimo Galli, infectiologue à l’hôpital Sacco de Milan.

Cela fait maintenant près de quatre semaines que 60 millions d’Italiens sont interdits de rassemblement, autorisés à sortir seulement pour faire leurs courses, pour motifs de santé, promener leur chien, venir en aide à des proches en cas de nécessité ou travailler pour ceux dont l’activité est jugée essentielle.

Et cela fait aussi quatre semaines qu’ils écoutent leurs responsables égrener les mesures et les prévisions qui n’augurent rien de bon pour la troisième économie européenne: récession de 6 % à condition que le pays redémarre en mai selon le patronat, perte de 40 % du chiffre d’affaires des bars et hôtels du pays selon l’association des experts-comptables, distribution de bons alimentaires pour les nécessiteux...

Livre d’histoire et manuel d’économie

Dans une interview dimanche à la chaîne américaine NBC, le premier ministre italien Giuseppe Conte, dont un des gardes du corps, âgé de 52 ans, a succombé samedi au coronavirus, a répété dimanche aux Européens qu’ils devaient «écrire un livre d’histoire» et non «un manuel d’économie». Il faut adopter «un plan de reconstruction et de réinvestissement», a-t-il dit, plaidant de nouveau pour des «coronabonds», une mutualisation de la dette que refusent les pays du nord de l’UE, notamment l’Allemagne et les Pays-Bas.

Tandis que l’Italie doit annoncer cette semaine de nouvelles mesures de soutien à son économie, les États membres de l’UE ont prévu de chercher cette semaine un accord pour une réponse commune aux défis économiques de la pandémie.

Si les chiffres épidémiologiques encourageants se répétaient, les autorités semblent décidées à faire repartir l’économie. En cas de confirmation de la tendance, il faudrait «réfléchir à la phase 2», a expliqué Silvio Brusaferro. Dans le plan de redémarrage dessiné par les autorités, elle correspond à une période de «cohabitation» avec le coronavirus avec une reprise progressive de l’activité productive.

Mais elle n’entraînerait pas un retour à la normalité quotidienne. «Il est important de maintenir les mesures qui ont fait diminuer la courbe», a prévenu Silvio Brusaferro. «Mieux nous respectons les règles, le plus tôt nous sortirons» et en cas de reprise de la pandémie, «nos efforts et nos sacrifices auront été vains», a prévenu Giuseppe Conte.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 9300 amendes pour non-respect du confinement avaient été dressées samedi, le chiffre le plus élevé depuis dix jours. À l’entrée de la semaine pascale, la police prépare un plan pour faire pièce à ceux qui voudraient se rendre dans leur résidence secondaire.

Giulio Gallera, le responsable de la santé de la Lombardie, s’inquiète de la situation à Milan, jusqu’à présent moins durement frappée que ses voisines Bergame ou Brescia. Depuis dimanche, les Lombards qui sortent doivent se couvrir les voies respiratoires au moins avec un foulard ou une écharpe. «Le risque que tout reparte est réel», a prévenu le responsable.

Monde

Les États-Unis prêts pour un moment «comme Pearl Harbor»

NEW YORK — Les Américains s’apprêtent à vivre l’une des plus «difficiles et tristes semaines de leur vie», ont mis en garde dimanche les autorités sanitaires des États-Unis, où le nouveau coronavirus continue de semer la mort, particulièrement dans l’État de New York.

«La semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11 septembre, sauf que ce ne sera pas localisé, ce sera dans tout le pays», a prévenu l’administrateur fédéral des services de santé publique, Jerome Adams sur la chaîne NBC.

«Ça va être une mauvaise semaine» avec une «escalade» des bilans macabres, a renchéri l’épidémiologiste Anthony Fauci, qui conseille la Maison-Blanche dans la réponse à la crise. Même si le confinement d’une large partie de la population produit des résultats, «nous avons du mal à contrôler» la pandémie, a-t-il reconnu.

Malgré de strictes mesures de confinement, les États-Unis, qui abritent plus de 337 000 cas de COVID-19 et actualisent leur bilan dans une même journée, ont encore déploré plus de 1200 morts au cours des dernières 24 heures, l’une des plus fortes hausses quotidiennes, et s’approchent désormais de la barre des 10 000 décès.

«Nous commençons à voir des lueurs» d’espoir, a toutefois estimé dans la soirée le vice-président Mike Pence qui a mentionné lors d’un point-presse à la Maison-Blanche une apparente stabilisation des nouvelles infections.

Pour le président Donald Trump, cela n’est pas antinomique. «Nous savons tous que nous devons atteindre un certain seuil, qui va être horrible en terme de morts, pour que les choses commencent à changer», a-t-il dit.

Il y a en général un décalage de «deux à deux semaines et demie» entre le ralentissement du nombre de nouveaux cas et celui des décès, a ajouté le Dr Fauci, en appelant à ne pas relâcher la vigilance.

L’État de New York est peut-être «très proche du pic» des contaminations ou bien «ce pic est peut-être un plateau et nous sommes dessus», a-t-il commenté, prudent.

Une période «horrible»

Épicentre de la pandémie, l’État de New York a enregistré à lui seul près de 600 morts sur une journée, un peu moins que les 630 décès recensés la veille, mais «il est encore trop tôt» pour en tirer des conclusions, a déclaré le gouverneur démocrate Andrew Cuomo.

L’État de New York est peut-être «très proche du pic» des contaminations ou bien «ce pic est peut-être un plateau et nous sommes dessus», a-t-il commenté, prudent.

En attendant, le système de santé de l’Etat est «sous tension» faute «d’équipements et de professionnels» en nombre suffisant, a-t-il martelé.

Le président Donald Trump, qui s’attend lui aussi à une période «horrible», a annoncé samedi l’envoi d’un millier de médecins et infirmiers militaires à New York pour aider à faire face à l’afflux de patients.

Les 325 premiers arrivés dimanche ont été affectés aux hôpitaux publics de la ville de New York, où la situation est la plus critique, a précisé M. Cuomo.

Les autres seront envoyés dans un centre de conférences de Manhattan transformé par l’armée en un gigantesque hôpital de 2500 lits, a précisé dimanche le ministre de la Défense Mark Esper.

Quant au navire-hôpital militaire The Comfort, qui est à quai dans le port de New York tout comme le Mercy à Los Angeles, il pourra finalement «être ouvert aux malades de la COVID-19 si cela devient nécessaire», a-t-il ajouté.

«Pour l’instant on les garde en réserve» pour pouvoir les redéployer si l’épidémie frappe ailleurs, a-t-il expliqué. Mais «si le virus devenait trop dur à New York ou Los Angeles, on sera prêt à les ouvrir aux patients du coronavirus», a dit le ministre.

«Patchwork»

Au-delà de New York, plusieurs États sont durement touchés, comme la Louisiane, l’Illinois ou le Michigan, dont les gouverneurs démocrates ont appelé dimanche à un plan d’action fédéral pour harmoniser les mesures de précaution.

«Ne pas avoir de stratégie nationale pour l’ensemble du pays, mais un patchwork qui dépend des gouverneurs, créé à mon sens une situation poreuse pour la COVID-19», a estimé la gouverneur du Michigan Gretchen Whitmer, alors que neuf États, du centre et du sud, n’ont pas adopté de mesures de confinement pour leur population.

«Le virus ne connaît pas les frontières», a ajouté le gouverneur de l’Illinois, Jay Pritzker. «C’est au gouvernement fédéral de dire à tous les gouverneurs de prendre des mesures de confinement», a-t-il ajouté en reprochant au président Trump d’avoir été «réticent» face à ces mesures coûteuses économiquement.

Ces neuf États, dont l’Iowa, l’Arkansas ou les deux Dakota, sont de gros producteurs de denrées alimentaires «et ils peinent à trouver les moyens pour continuer à nourrir le pays avec une population cloîtrée à la maison», a avancé le médecin en chef Jerome Adams.

«Mais je voudrais leur dire : donnez-nous un mois, une semaine, ce que vous pouvez», a-t-il plaidé. «Il y a une lumière au bout du tunnel, mais tout le monde doit jouer le jeu.» Avec Charlotte Plantive à Washington

Monde

Coronavirus : le point sur la pandémie dans le monde

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19.

Plus de 65 000 morts

Le nombre des cas de contamination par le nouveau coronavirus dépasse 1,2 million, parmi lesquels 65 272 décès, dans 190 pays et territoires, selon un comptage réalisé par l'AFP dimanche vers 11h GMT à partir de sources officielles.

L'Italie (15 362 morts) et l'Espagne (12 418) sont les pays au monde comptant le plus de morts. La France dénombre 7560 décès.

Lueurs d'espoir en Espagne et Italie

En Espagne, le nombre de décès a diminué dimanche pour le troisième jour consécutif, à 674. 

La veille, en Italie, c'est le nombre d'hospitalisations en soins intensifs qui a diminué pour la première fois depuis que l'épidémie y a explosé il y a plus d'un mois, à 3994 contre 4068 la veille.

Ces baisses très relatives laissent entrevoir un léger espoir de ralentissement de la propagation du virus.

New York appelle à l'aide

Le maire de New York a lancé un appel à la mobilisation générale des personnels médicaux, estimant avoir besoin de l'aide de 45000 professionnels supplémentaires.

L'État de New York, épicentre du nouveau coronavirus aux États-Unis, a annoncé 630 nouveaux décès en une journée, son pire bilan sur 24 heures. 

Les Américains doivent se préparer à «l'horrible» et à «beaucoup de morts» a prévenu le président Donald Trump. Les États-Unis totalisent 8503 décès.

Le Brésil manque de tout

Le Brésil manque de respirateurs, de lits de soins intensifs, de personnel qualifié, d'équipements de protection et de tests de diagnostic à l'approche de la «phase la plus aiguë» du Covid-2019, a alerté samedi le ministère de la Santé.

Marianne Faithfull

La chanteuse britannique Marianne Faithfull, icône des années 1960, a été hospitalisée après avoir été testée positive au nouveau coronavirus, a indiqué samedi son agence de relations publiques.

Allocution exceptionnelle d'Elisabeth II

La reine Elisabeth II va encourager les Britanniques à se montrer à la hauteur du défi posé par la pandémie, qui s'accélère au Royaume-Uni, lors d'une rare intervention télévisée dimanche soir.

«J'espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la manière dont nous avons relevé ce défi», dira la reine selon des extraits diffusés par ses services.

Le pays totalisait samedi 4313 morts, dont un enfant de 5 ans.

Rapatriements

Plus de 300 Européens, dont 139 Français, ont quitté samedi la Bolivie vers la France à bord d'un avion affrété spécialement. 

Quelque 170 personnes, en majorité des Français, mais aussi des Belges, Allemands, Suisses et des Britanniques, ont pris samedi en Russie un vol de rapatriement organisé exceptionnellement par l'ambassade de France.

La Bolivie a, elle, rapatrié samedi 480 ressortissants qui étaient bloqués à la frontière chilienne. 

Un total de 740 Algériens bloqués en Turquie après des annulations de vols ont été rapatriés samedi. 

Plan de soutien aux Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis ont annoncé dimanche le doublement de leur plan de soutien à l'économie, passant à plus de 64 milliards d'euros (98 milliards $), pour atténuer l'impact du nouveau coronavirus.

Mesures élargies ou prolongées

L'Algérie a décidé samedi d'étendre, jusqu'au 19 avril, ses mesures de confinement partiel à l'ensemble du territoire face à la progression de la pandémie qui a fait 130 morts dans le pays. 

Jusqu'à présent, le confinement partiel (couvre-feu de 19h à 7h) était observé à Alger et dans 13 autres des 48 wilayas du pays. 

Le Sénégal a prolongé de 30 jours l'état d'urgence instauré sur tout le territoire.

Cérémonies de Pâques affectées

Le pape François a célébré dimanche la messe des Rameaux, qui marque l'entrée dans la semaine sainte de Pâques, dans une basilique Saint-Pierre déserte du fait de la pandémie.

L'Église copte orthodoxe d'Égypte a décidé de prolonger la suspension des prières durant la Semaine sainte précédant la Pâques orthodoxe afin de lutter contre la propagation du coronavirus.

Insolite

France : il se perd dans les Pyrénées en allant acheter des cigarettes en Espagne

TOULOUSE — Les fumeurs des régions frontalières de l'Espagne ont l'habitude de s'y ravitailler en cigarettes, moins chères qu'en France : malgré le confinement, un d'eux s'est perdu dans les Pyrénées alors qu'il était parti à pied acheter ses cigarettes, selon les gendarmes.

Dans un tweet, le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) des Pyrénées Orientales (sud de la France) dénonce le manque de civisme de cet habitant de Perpignan, retrouvé «épuisé, grelottant de froid et perdu sur les hauteurs du Perthus», village proche de la frontière avec l'Espagne.

Pour le secourir, les autorités ont dû mobiliser un hélicoptère de la Sécurité civile et «déployer les grands moyens».

«Ce jeune homme, parti de Perpignan en voiture, a été refoulé aux postes de contrôle entre la France et l'Espagne alors qu'il souhaitait se rendre à la Jonquère. Il a alors décidé de partir par un chemin de randonnée, espérant franchir la frontière par la montagne», relatent les gendarmes.

Il est ensuite tombé dans un ruisseau, dans des ronces, avant d'appeler les secours.

Après son hélitreuillage, il a été verbalisé, et devra s'acquitter de l'amende de 135 euros (207 $), pour non-respect du confinement.

Monde

L'alcool, «essentiel» en période de confinement?

MONTRÉAL — L'alcool, denrée de première nécessité en temps de coronavirus? Si certains pays l'ont interdit, d'autres ont choisi de laisser ouverts les magasins spécialisés. Pour des raisons économiques, sanitaires ou parce qu'un «verre de vin peut aider» à supporter le confinement.

Contrairement à l'Afrique du sud qui en a banni la vente, de nombreux pays européens ou nord-américains ont autorisé les magasins spécialisés à rester ouverts au même titre que les commerces «essentiels» comme les supermarchés ou les pharmacies.

Au Canada, c'est également le cas des boutiques de cannabis, drogue douce légale depuis fin 2018.

Au Québec, le premier ministre François Legault a justifié cette décision -saluée par les consommateurs mais décriée par un syndicat inquiet des risques de contamination- par le risque de «chaos» en cas de fermeture. Tout en ajoutant que «parfois, un verre de vin peut aider» à réduire le stress.

«Si on avait fermé les magasins vendant de l'alcool, il y aurait eu une perte potentielle de revenus importants pour les gouvernements», confirme à l'AFP Catherine Paradis, analyste au Centre canadien sur les dépendances et l'usage des substances, précisant que la vente d'alcool rapporte chaque année environ 411 dollars par Canadien à l'État.

En raison du confinement, «tout le monde a un peu l'impression qu'on est vendredi ou samedi tout le temps», constate cette experte, notant une hausse de la consommation d'alcool au sein de la population.

Industrie juteuse, la Société des Alcools du Québec (SAQ) a versé 1,146 milliard de dollars canadiens (738 millions d'euros) au Trésor public québécois en 2019. Elle connaît actuellement une fréquentation en magasins similaire à celle «au cours des semaines qui précèdent Noël» et des commandes en ligne «comparables au Vendredi noir».

«Très, très dangereux»

De l'autre côté de la frontière, le gouverneur de New York, épicentre de l'épidémie aux Etats-Unis, a lui aussi placé les magasins de vins et spiritueux sur la liste des commerces jugés "essentiels".

L'association des magasins d'alcool de l'État de New York a confirmé que les ventes avaient sensiblement augmenté. «D'une certaine façon, nous aidons l'économie», a assuré son président, Stefan Kalogridis à l'AFP.

De plus, la fermeture des magasins d'alcool pourrait conduire à une augmentation de l'anxiété et du stress auprès de nombreux consommateurs d'alcool, notent plusieurs experts.

En cas de sevrage forcé, les personnes dépendantes peuvent ressentir durant plusieurs jours des effets secondaires: tremblements, insomnies, nausées, etc.

«Quelqu'un qui du jour au lendemain ne pourrait plus consommer [d'alcool] pourrait avoir de graves complications, surtout si la personne est confinée chez elle, c'est très très dangereux», assure à l'AFP Anne-Elizabeth Lapointe, directrice du Centre québécois de lutte aux dépendances.

Vodka après le sauna 

En période d'épidémie, l'alcool peut aussi avoir des utilités plus inédites.

En France, où les cavistes ont pu rester ouverts, l'alcoolier Pernod Ricard, numéro deux mondial du secteur, puis Bacardi, ont été parmi les premiers à convertir une partie de leur production en gel hydroalcoolique.

Le marché noir participe aussi à l'effort de «guerre»: en Pologne, près d'un demi-million de litres de vodka de contrebande et d'alcool pur, produit illégalement, sont utilisés comme désinfectant dans la lutte contre le coronavirus, au lieu d'être détruits.

De l'autre côté de la frontière, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a même préconisé de boire un verre de vodka de 100 ml après un passage au sauna, comme remède miracle contre le coronavirus.

La Russie, longtemps considérée comme l'un des pays où l'on boit le plus au monde selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), n'a pas pris de restrictions ni annoncé de mesures spéciales.

À l'inverse de la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, qui a ordonné à tous les restaurants et bars de ne plus en servir, au motif qu'un accès facile à l'alcool pourrait nuire aux recommandations visant la distanciation sociale.

«Parfois les gens deviennent un peu plus proches lorsqu'ils sont ivres, ce qui augmente le risque d'infection», a-t-elle expliqué.

«Le risque le plus inquiétant», s'alarme Catherine Paradis, est celui d'une «augmentation de la violence familiale et de la violence entre conjoints».

Pour limiter celles-ci, le Groenland a provisoirement interdit la vente d'alcool dans sa capitale Nuuk et sa région, le fléau étant majoritairement lié à la consommation d'alcool et de stupéfiants.

Monde

L'Allemagne mise sur les portables et le bluetooth contre l'épidémie

BERLIN — Viscéralement attachée à la protection des données personnelles, l'Allemagne pourrait cependant franchir le pas de l'utilisation des téléphones portables et du bluetooth pour endiguer la pandémie de nouveau coronavirus.

Même Angela Merkel - qui fait souvent référence à sa jeunesse dans une Allemagne de l'Est communiste sous surveillance -, a déclaré mercredi que si cela s'avérait être un moyen efficace pour suivre la propagation du virus elle serait «bien sûr prête à l'utiliser pour» elle-même.

Avec une politique de tests à grande échelle et un nombre de décès officiellement liés à la COVID-19 contenus à ce stade à moins de 900, l'Allemagne semble pour le moment mieux faire face à la pandémie que nombre de ses voisins européens.

Elle a pu à ce jour échapper au confinement strict et généralisé mis en place en France, Italie ou Espagne.

Le gouvernement prépare désormais la phase suivante, avec un éventuel relâchement à partir de fin avril des mesures de distanciation sociale et de fermetures de lieux publics.

Mais, prévient le ministre de la Santé, Jens Spahn, «pour que cela soit possible, nous devons être en mesure d'identifier et de joindre très rapidement toutes les personnes en contact avec une personne infectée».

«Facteur-clé»

Le gouvernement a dû reculer devant le tollé suscité mi-mars par son idée initiale d'utilisation des données.

Les opérateurs de téléphonie mobile auraient dû fournir les données des quelque 46 millions d'abonnés allemands pour identifier les contacts des malades. Une mesure intolérable dans un pays marqué par la surveillance et le fichage généralisé menés par le régime nazi puis, en Allemagne de l'Est, par la Stasi.

Le gouvernement a donc revu sa copie et devrait proposer un nouveau dispositif «dans les prochains jours», selon M. Spahn, qui fonctionnerait sur la base du volontariat.

Il s'agit d'une application qui stockerait pendant une quinzaine de jours, sans géolocalisation et en garantissant la protection des données, les interactions via bluetooth, qui transforme le téléphone en émetteur et récepteur de signaux.

Ainsi, si une personne est infectée, l'application enverra une notification à tous ceux qu'elle aura croisés dans les deux semaines précédentes, pour les avertir d'un risque de contamination. Seuls ceux qui auraient téléchargé l'application recevraient l'avertissement qu'ils ont pu être infectés par un malade dont l'anonymat sera préservé.

Ce dispositif s'inspire notamment d'un outil numérique utilisé à Singapour, où l'épidémie de COVID-19 a été contenue malgré la densité de population dans cette ville-État.

Il est développé par l'Institut allemand Fraunhofer Heinrich-Hertz (HHI) pour les télécommunications, qui travaille à ce projet avec l'Institut Robert-Koch, chargé de la veille épidémiologique.

«Le Fraunhofer HHI travaille sur une application qui permettra de stocker de manière anonyme la proximité et la durée des contacts entre personnes sur des téléphones portables au cours des deux dernières semaines», confirme à l'AFP une porte-parole de la société.

Un premier test devait être mené mercredi dans une caserne militaire berlinoise.

«Chaînes d'infection»

Cette utilisation de données personnelles, telle qu'elle est envisagée, a reçu le feu vert du Commissariat fédéral à la protection des données, sous certaines conditions.

«La collecte et l'évaluation de données personnalisées dans le but de briser les chaînes d'infection ne peuvent avoir lieu qu'avec le consentement des citoyens», déclare à l'AFP le Commissaire Ulrich Kelber.

«Ces données devront n'être conservées que pendant une période limitée et clairement définie, et uniquement dans le but de lutter contre la pandémie. Après cela, elles devront être supprimées», exige-t-il.

Pour M. Kelber, une surveillance à grande échelle sur le modèle chinois n'est pas possible en Allemagne, qui ne dispose «pas d'infrastructure technologique de surveillance comparable» ni, «surtout, de lois qui permettent» une telle surveillance.

Le parti de gauche radicale Die Linke juge lui que le développement de cette technologie devrait être complété par un nombre de tests encore plus important que les 500 000 réalisés chaque semaine. «Sinon, cette application risque de provoquer la panique, sans aucune utilité», met en garde Die Linke.

L'idée d'utiliser les données téléphoniques semble faire son chemin dans l'opinion publique. Un Allemand sur deux (50%) y est favorable, contre 38% qui la jugent inappropriée, selon un sondage Yougov.

Monde

Où en est-on dans les expérimentations de traitements contre la COVID-19?

PARIS — Études, essais, usages : que sait-on de la chloroquine et son dérivé l'hydroxychloroquine, actuellement expérimentées dans plusieurs pays, aux côtés d'autres molécules, contre la COVID-19?

Qu'est-ce que c'est?

C'est un dérivé synthétique de la quinine prescrit depuis plusieurs décennies contre le paludisme, un parasite véhiculé par le moustique.

La chloroquine est commercialisée sous plusieurs noms selon les pays et les laboratoires: Nivaquine ou Resochin par exemple.

Il existe un dérivé, l'hydroxychloroquine, mieux toléré, connu en France sous le nom de Plaquénil, utilisé contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

Pourquoi suscitent-elles de l'espoir?

Dans l'attente d'un hypothétique vaccin, sans doute pas disponible avant au moins un an, des scientifiques testent des médicaments existants et leur combinaison pour trouver au plus vite un traitement.

Par rapport à d'autres molécules, la chloroquine et l'hydroxychloroquine ont l'avantage d'être déjà disponibles, bon marché et bien connues.

Avant même la pandémie de SARS-CoV-2, leurs propriétés antivirales ont fait l'objet de nombreuses études, in vitro ou sur des animaux et sur différents virus.

«Il est connu depuis bien longtemps que la chloroquine (C) et son dérivé l'hydroxychloroquine (HC) inhibent in vitro la réplication» de certains virus, rappelle Marc Lecuit, chercheur en biologie des infections à l'Institut Pasteur.

«Comme attendu», des tests ont confirmé récemment qu'elles avaient bien «une activité antivirale sur le SARS-CoV-2 in vitro» poursuit-il.

Mais «cela n'implique pas nécessairement que ces drogues ont une activité antivirale in vivo chez l'être humain», note-t-il, citant «moult essais décevants» sur le virus de la dengue (pas de bénéfice) ou du chikungunya (la molécule «aide» le virus à se développer).

La polémique scientifique

Plusieurs publications, chinoises et françaises, font part de résultats positifs sur des patients atteints de la COVID-19.

En France, le Pr Didier Raoult et son équipe à l'Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée infection ont conclu, dans deux publications (sur une vingtaine de patients puis 80), à «l'efficacité de l'hydroxychloroquine associée à l'azithromycine dans le traitement de la COVID-19».

Mais de nombreux scientifiques et l'Organisation mondiale de la Santé pointent les limites de ces études, car elles n'ont pas été menées selon les protocoles scientifiques standards: tirage au sort des patients, médecins et patients ignorant qui reçoit le traitement, résultats publiés dans une revue scientifique à comité de lecture indépendant, etc.

Preuve de la complexité du sujet, deux études cliniques chinoises (une début mars et une mardi) arrivent à des conclusions différentes: pas d'efficacité particulière pour la première, tandis que la deuxième affirme que l'hydroxychloroquine a bien un «potentiel» dans le traitement de la COVID-19.

«Ces interrogations ne veulent absolument pas dire que l'HC n'a pas d'intérêt dans le traitement de la COVID»  mais «pour le savoir, il faut l'évaluer scientifiquement en suivant la méthodologie des essais cliniques», souligne Marc Lecuit.

Mercredi, l'Agence européenne du médicament a souligné que l'efficacité de la chloroquine et de l'hydroxycholoroquine «restaient à démontrer dans des études».

Les risques

Une partie de la communauté scientifique et les autorités sanitaires mettent en garde contre un engouement précipité pour ces substances.

«Une des conséquences inattendues peut être une pénurie de chloroquine pour les gens qui en ont besoin contre leur polyarthrite rhumatoïde par exemple», relève Peter Pitts, un ancien responsable de l'agence américaine du médicament FDA.

Après avoir observé des «difficultés d'accès» à l'hydroxychloroquine pour les malades chroniques, les autorités françaises ont même dû encadrer par décret sa vente et son usage.

De plus, les effets secondaires sont nombreux: nausées, vomissements, éruptions cutanées mais aussi atteintes dermatologiques, ophtalmologiques, cardiaques, psychiatriques... Un surdosage peut être dangereux, voire mortel.

Or la publicité faite à la substance peut inciter à l'automédication si des personnes en ont acheté avec des ordonnances de «complaisance» ou si elles avaient des médicaments à base de chloroquine ou d'hydroxychloroquine au fond de leur armoire à pharmacie.

Des cas d'hospitalisation en urgence après l'absorption de trop fortes doses ont aussi été signalés par exemple au Nigeria et, aux États-Unis, un homme est mort après avoir ingéré une forme de chloroquine destinée aux aquariums.

En France, l'Agence du médicament (ANSM) a averti lundi que les traitements testés contre la COVID-19 pouvaient entraîner des effets indésirables graves et ne devaient «en aucun cas» être utilisés en automédication, que ce soit l'hydroxychloroquine ou le Kaletra (un antiretroviral associant lopinavir/ritonavir).

L'ANSM a recensé une trentaine d'effets indésirables graves, la plupart intervenus à l'hôpital, dont «trois décès» suspects suite à l'utilisation d'un des ces traitements.

L'organisme a aussi mis en garde «en particulier» contre «l'association de l'hydroxychloroquine avec l'azithromycine pour traiter la maladie COVID-19, qui à ce jour n'a pas fait la preuve de son efficacité et expose à un risque majoré d'anomalie du système électrique du coeur».

Qui l'utilise contre la COVID-19?

Compte tenu de l'explosion de demandes de chloroquine et d'hydroxycholoroquine depuis plusieurs semaines, on peut supposer que des médecins dans le monde entier en ont prescrit contre la COVID.

De fait, elles sont administrées à des malades de la COVID-19 dans plusieurs pays du monde, en général à l'hôpital, selon des modalités différentes.

Mais elles ne devraient «être utilisées que pour des essais cliniques ou des programmes d'urgence» dans le cadre de protocoles stricts validés dans chaque pays, selon l'Agence européenne du médicament mercredi.

Aux États-Unis, où le président Donald Trump, très enthousiaste, a évoqué un «don du ciel», la FDA vient d'autoriser l'utilisation, uniquement à l'hôpital, de la chloroquine et de l'hydroxychloroquine contre la COVID-19, «de manière adaptée, quand un essai clinique n'est pas disponible ou faisable».

Au Sénégal, la moitié des malades recensés du coronavirus, soit une cinquantaine de patients se sont vus prescrire de l'hydroxychloroquine en milieu hospitalier, tandis que la Grèce a relancé sa production et que le Maroc souhaite y recourir pour «les cas confirmés», l'Algérie pour les «cas aigus».

En France, le Pr Raoult a promis publiquement de distribuer une combinaison d'hydroxycholoroquine et d'azythromicine à «tous les patients infectés» et certains médecins et responsables politiques appellent à administrer largement cette molécule au nom de l'urgence sanitaire.

Mais les autorités sanitaires françaises ont restreint l'usage de l'hydroxychloroquine (mais aussi des antiviraux lopinavir/ritonavir) à l'hôpital uniquement et seulement pour les cas graves.

Parallèlement sont lancés des essais cliniques destinés à tester son efficacité selon un protocole respectant la stricte orthodoxie scientifique.

Le CHU d'Angers en France va lancer ainsi une étude sur 1 300 patients (Hycovid), menée avec 32 autres hôpitaux nationaux.

Un essai européen baptisé Discovery a été lancé dans plusieurs pays, pour tester quatre traitements, dont l'hydroxycholoroquine, sur 3 200 patients dont 800 cas graves en France. De premières évaluations sont attendues en fin de semaine.

L'OMS doit aussi lancer un vaste essai clinique international.

Monde

Pire bilan sur 24 heures dans l'État de New York

NEW YORK — L’État de New York, épicentre du nouveau coronavirus aux États-Unis, a lancé samedi un appel à la mobilisation de tous les professionnels de santé, après avoir subi ses plus lourdes pertes depuis le début de l’épidémie.

Les États-Unis ont franchi samedi la barre des 300 000 cas, dont plus du tiers sont situés dans le seul État de New York, qui totalise aujourd’hui quasiment autant de malades de la COVID-19 que l’Italie ou l’Espagne.

L’État, où se trouve la plus grosse ville du pays, a enregistré 630 nouveaux décès en une journée, son pire bilan sur 24 heures, et déplore désormais 3565 morts sur les plus de 8100 recensés aux États-Unis.

Contrairement à l’Espagne et l’Italie, où les bilans sont plus lourds, «nous n’avons pas encore atteint le pic» de l’épidémie, a déclaré le gouverneur démocrate Andrew Cuomo lors d’une conférence de presse.

«Mais on s’en rapproche», a-t-il ajouté, en évoquant des estimations allant de quatre à quatorze jours avant d’espérer un ralentissement des contaminations.  

Pour éviter l’engorgement des hôpitaux au plus fort de la crise, les autorités locales sont engagées dans une course contre la montre pour renforcer leurs capacités.  

«Quand nous avons débuté, notre première préoccupation était d’avoir assez de lits, maintenant on se concentre sur les équipements et le personnel», a expliqué Andrew Cuomo, en jugeant ne pas être encore «prêt» pour le pic.

Monde

Afghanistan: arrestation d'un dirigeant régional du groupe État islamique

KABOUL — Les forces de sécurité afghanes ont annoncé samedi avoir arrêté le chef de la branche afghane du groupe État islamique ainsi que 19 autres jihadistes.

Le Conseil national de sécurité afghan (NSC) a indiqué dans un communiqué qu'Aslam Farooqi, aussi connu sous le nom de Abdullah Orakzai, avait été arrêté en compagnie d'autres hommes au cours d'une "opération complexe".

Un responsable du NSC parlant sous le couvert de l'anonymat a précisé à l'AFP que Farooqi était l'organisateur d'un attentat contre un temple hindou-sikh à Kaboul qui avait fait au moins 25 morts le 25 mars.

Connue comme l'État islamique au Khorasan (IS-K), la branche afghane de l'EI a multiplié les attentats dans la capitale afghane, souvent contre les minorités religieuses, mais elle est sur la défensive depuis quelques mois face aux opérations menées contre les jihadistes par les forces américaines et, séparément, par les talibans.

Dans son communiqué, le NSC affirme que Farooqi a avoué avoir des liens avec "des services de renseignement régionaux", une allusion transparente au Pakistan. L'Afghanistan accuse régulièrement Islamabad de soutenir les jihadistes et d'aider les talibans. Le Pakistan rejette ces accusations.

Monde

France: une attaque au couteau fait deux morts

ROMANS-SUR-ISÈRE, France — Un homme, engagé d'après le ministre de l'Intérieur dans un "parcours terroriste", a tué deux personnes et en a blessé quatre dans une attaque au couteau perpétrée samedi à Romans-sur-Isère, dans le Sud-Est de la France, en pleine période de confinement lié à l'épidémie de Covid-19.

"Ce matin, un homme a engagé un parcours terroriste, tuant deux personnes et en blessant cinq autres", a déclaré sur place Christophe Castaner. 

Il a toutefois ajouté que le parquet national antiterroriste (PNAT) "sera amené à se prononcer sur la qualification terroriste ou pas et il lui appartient, à lui seul, de le faire". 

Interpellé vers 11H00, l'auteur présumé, qui se présente comme un réfugié soudanais, a attaqué plusieurs personnes à coups de couteau dans des commerces du centre de la petite ville. 

Il a été interpellé sans résistance juste après les faits, peu après 11H00. Selon des témoins cités par une radio locale, il aurait crié "Allah Akbar" en se précipitant sur ses victimes.

Il a demandé aux policiers qui l'ont interpellé qu'on "le tue", selon un syndicaliste policier, David Olivier Reverdy. "Tous les ingrédients d'un acte terroriste sont pour nous réunis", a-t-il dit. 

Armé d'un couteau, l'assaillant "s'est rendu dans un bureau de tabac" dont il a attaqué le patron, a raconté à l'AFP Marie-Hélène Thoraval, la maire de cette ville de 35.000 habitants. "Sa femme est intervenue et a été blessée aussi".

L'homme est par la suite "allé dans un autre commerce, une boucherie, où il s'est emparé d'un nouveau couteau", avant de poursuivre sa mortelle équipée dans le centre de Romans-sur-Isère.

"Il est entré dans la boutique. Il a pris un couteau, en sautant par-dessus le comptoir, et a +planté+ un client, puis est reparti en courant", explique à l'AFP Ludovic Breyton, le patron de l'établissement où une personne a été tuée. "Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain".

"Acte odieux"

Sur son compte Twitter, le président français Emmanuel Macron a dénoncé "cet acte odieux".

"Mes pensées accompagnent les victimes de l'attaque de Romans-sur-Isère, les blessés, leurs familles. Toute la lumière sera faite sur cet acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines", a écrit M. Macron.

La France vit actuellement sa troisième semaine de confinement de sa population pour lutter contre la pandémie de coronavirus, qui y a provoqué la mort de plus de 6.500 personnes.

L'assaillant s'est présenté comme un réfugié soudanais et dit être né en 1987, a appris l'AFP de source proche de l'enquête. Il n'est pas connu des services de police sous l'identité qu'il a donnée, selon cette même source.

La France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent qui a commencé en 2015.

Depuis le début de l'année, la justice antiterroriste s'est saisie d'une attaque : le 3 janvier, un jeune homme converti à l'islam et atteint de troubles psychiatriques avait attaqué au couteau dans un parc de Villejuif (Val-de-Marne, banlieue parisienne) des promeneurs, faisant un mort et deux blessés, avant d'être abattu par des policiers.

En 2019 en France, la justice antiterroriste s'est saisie à trois reprises : après l'agression au couteau en mars de deux surveillants d'une prison par un détenu radicalisé; après l'attentat au colis piégé devant une boulangerie de Lyon (Est) en mai, dans laquelle 14 personnes avaient été blessées, et après la tuerie perpétrée début octobre à la préfecture de police de Paris.

En plus de quatre ans, les attentats en France ont fait 256 morts, si on inclut ceux de la préfecture de police. Au total, 60 attentats ont été déjoués depuis 2013.

Monde

Les vies perdues derrière les chiffres: 5 histoires de victimes

ROME — L'ampleur de la pandémie de COVID-19, dont le nombre de décès enfle d'heure en heure, obscurcit parfois les tragédies individuelles. Plus de 40 000 personnes ont succombé à la maladie dans le monde; jeunes et âgés, hommes et femmes, patients et soignants. Voici l'histoire de cinq victimes, directes et indirectes, du virus en Europe.

Diego Blanco, 46 ans : «Je ne vais pas mourir»

Diego Blanco est mort chez lui le 13 mars. Ambulancier, il travaillait dans un hôpital de Bergame, épicentre de la pandémie en Italie. Testé positif à la COVID-19 début mars, il est isolé à son domicile, son état de santé ne semblant pas alarmant.

Le jour avant sa mort, il murmure à sa femme, Maruska Capoferri: «Va te coucher, ma chérie, je ne vais pas mourir». «Mais tu crois que tu es en train de mourir ?» lui demande-t-elle, à moitié ironique. «Ne me fais pas cette blague, hein ?». Elle quitte alors la chambre.

Quand Maruska revient deux heures plus tard pour contrôler l'état de santé de Diego, il était «trop tard», raconte-t-elle au journal l'Eco di Bergamo. Son mari est mort d'une crise respiratoire soudaine et aiguë, suivie d'un arrêt cardiaque.

«Je lui ai fait un massage cardiaque», se souvient-elle. Après leur arrivée, les ambulanciers «ont essayé de l'intuber. Mais il n'y avait rien à faire».

«Pour lui, aider les autres était une mission», dit Maruska, mère d'Alessio, sept ans. La famille est parmi les premières à avoir reçu une indemnisation annuelle de 20 000 euros de l'État en tant que proches d'une victime d'un accident du travail.

Diego Blanco ne fumait pas, ne buvait pas et n'avait pas d'autres pathologies. «Je ne l'aurais jamais cru», explique Maruska, qui se console en se disant que d'autres malades atteints du coronavirus meurent seuls. «Il m'a dit au revoir», dit-elle.

Julie A., 16 ans: «On n'aura jamais de réponse»

Tout a commencé avec une simple toux. Une semaine plus tard, le mercredi 25 mars, Julie est morte du coronavirus à Paris, faisant d'elle la plus jeune victime française de la pandémie.

«On n'aura jamais de réponse», déplore Sabine, la mère de la jeune fille, à l'AFP. «Elle avait juste une toux», répète-t-elle.

Julie tente d'abord de se soigner avec du sirop, mais commence ensuite à ressentir des essoufflements. Sa mère la conduit lundi chez le médecin, qui décide d'appeler le Samu.

Ils emmènent la jeune fille vers l'hôpital le plus proche, à Longjumeau, dans l'Essonne. Un test à la COVID-19 est en cours. Dans la nuit, Julie, en insuffisance respiratoire, est transférée à l'hôpital Necker pour enfants, à Paris. Deux autres tests sont menés.

Julie est admise en réanimation mardi. «J'ai mal à mon coeur», dit-elle alors à sa mère. Les résultats des deux derniers tests à la COVID-19 se révèlent toutefois négatifs.

Sabine rentre chez elle. Tard dans la soirée, un appel: le premier test était en fait positif à la COVID-19, l'état de Julie se dégrade, elle doit être intubée.

«Depuis le début, on nous dit que le virus ne touche pas les jeunes. On l'a cru, comme tout le monde», explique la soeur aînée de Julie, Manon.

Un peu après minuit, Sabine reçoit un nouvel appel de l'hôpital, lui disant de venir «vite». Elle et Manon se précipitent à Paris, mais Julie est morte à leur arrivée.

«Sa peau était encore tiède», se rappelle Sabine.

Tim Galley, 47 ans: «Il était tout seul»

Tim Galley est l'une des plus jeunes victimes de la COVID-19 en Grande-Bretagne. Il est décédé le 24 mars à son domicile de Wrexham, au pays de Galles.

Il a été retrouvé dans son lit par un voisin chargé de le surveiller, selon sa petite amie Donna Cuthbert.

«Je ne peux simplement pas supporter l'idée qu'il était tout seul», déclare-t-elle au média local North Wales Live.

Tim avait développé des symptômes dix jours plus tôt, explique Donna. Auto-confiné, il a refusé de solliciter une aide médicale afin de laisser la priorité aux personnes les plus vulnérables.

Les autorités sanitaires britanniques ont enjoint les personnes avec des symptômes apparents de coronavirus de s'auto-isoler pendant une semaine et de ne réclamer une assistance médicale que si leur état se détériore nettement.

«Tim a suivi les directives et pris les précautions, mais ce virus cruel l'a quand même emporté», a écrit Donna sur Facebook.

«Mon coeur est brisé en morceaux et mes enfants sont vraiment dévastés», a-t-elle ajouté.

L'histoire de Tim Galley a entraîné des centaines de messages de sympathie. Employé dans une banque, il a été décrit par un ami comme «une personne aimable et apprécié de tous».

Sara Bravo Lopez, 28 ans: «Très jeune»

Avant d'être emportée par le coronavirus, Sara Bravo Lopez était une jeune médecin de famille dans une petite ville du centre de l'Espagne, deuxième pays le plus endeuillé par la COVID-19 après l'Italie.

Elle «est morte du coronavirus, très jeune, à 28 ans, ce qui n'est pas normal», a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'hôpital Mancha Centro de Alcázar de San Juan, où elle décédée le 28 mars.

Sara soignait des patients à Mota del Cuervo, commune de 6 000 habitants située entre Madrid et Valence. «Elle était très aimée par ses voisins du village et au centre de santé par ses camarades», a ajouté le porte-parole.

«Elle a gagné l'affection et la considération de voisins et de collègues grâce à ses valeurs humaines, à son remarquable engagement et à son attitude professionnelle au service de ses patients», a aussi salué l'hôpital sur Facebook.

Comme Sara, plus de 12 000 soignants ont été contaminés par la COVID-19 en Espagne où le personnel de santé demande d'urgence plus de lits et de matériel sanitaire pour combattre la pandémie.

Wojciech Rokita, 54 ans: le suicide d'un médecin 

En Pologne, où l'épidémie reste relativement limitée, le coronavirus a aussi tué par ricochet: le suicide d'un médecin respecté, contaminé et visé par des messages haineux l'accusant d'avoir infecté d'autres personnes, a soulevé beaucoup d'émotion.

Le professeur Wojciech Rokita, directeur d'une clinique de gynécologie-obstétrique réputée au Centre hospitalier régional de Kielce (centre), qui venait de rentrer d'un voyage en Suisse, a ressenti des symptômes de contamination à la mi-mars.

Il a été mis en quarantaine, son état était jugé bon. Tant son hôpital que les autorités régionales ont assuré qu'il n'avait eu aucun contact avec les patients ou le personnel.

Mais d'après les médias locaux, quatre infirmières de la clinique des maladies infectieuses où il avait subi des prélèvements ont également été mises en quarantaine.

Un média local a affirmé - sans toutefois mentionner son nom - qu'avant de se faire examiner, il s'était rendu chez un concessionnaire automobile. Une vague de commentaires haineux sur internet a suivi.

La direction de l'hôpital a annoncé sa mort le 18 mars, précisant seulement qu'elle n'était pas due «directement» à la COVID-19. Il a ensuite été établi que le gynécologue s'était suicidé.

Selon ses proches, son geste était dû aux accusations sur le web. Sa famille et la branche locale de l'ordre des médecins ont annoncé qu'ils allaient porter plainte contre X, et plainte pour complicité contre le média concerné.

Monde

«Jared», gendre de Trump, en première ligne sur le coronavirus

WASHINGTON — Il n'a jamais été élu, n'a aucune formation médicale ni expérience de gestion de crise, mais il est désormais en première ligne aux États-Unis dans la lutte contre le coronavirus.

Jared Kushner, 39 ans, gendre et conseiller de Donald Trump, a fait une apparition surprise jeudi dans la salle de presse de la Maison Blanche, confirmant son rôle dans le dispositif mis en place par la première puissance mondiale pour faire face à l'une des pires crises de son histoire.

«Jared», comme l'appelle le président, est loin d'être un inconnu à Washington. Le mari d'Ivanka Trump, fille aînée du milliardaire, a été propulsé au coeur de l'appareil du pouvoir après l'élection présidentielle de 2016.

S'il a martelé qu'il était là pour aider le vice-président Mike Pence, qui dirige la cellule de crise, le jeune conseiller a parlé avec l'assurance - l'arrogance disent ses détracteurs - de quelqu'un très conscient de son pouvoir.

Appelé à décrire sa mission en termes concrets, il s'est présenté en homme en quête de solutions innovantes face à un virus qui fait trembler l'Amérique sur ses bases.

Il a résumé son rôle en ces termes: «S'assurer que nous soyons capables de sortir des sentiers battus, s'assurer que nous fassions appel aux meilleurs penseurs du pays, que nous utilisions toutes les meilleures idées».

La Maison Blanche version Trump est le théâtre permanent de départs fracassants et de limogeages abrupts à coups de tweets.

Il y a un mois, Donald Trump a remercié son chef de cabinet Mick Mulvaney. Plusieurs semaines se sont écoulées avant que son remplaçant, Mark Meadows, ne prenne ses fonctions, laissant un terrible vide au moment où la COVID-19 se faisait chaque jour plus menaçante.

Comment souvent, Jared Kushner a su, lui, se positionner au bon moment.

Une place à part 

Ce n'est pas la première fois qu'il est sous les projecteurs sur un dossier délicat.

Fin janvier, il a dévoilé son plan de paix pour le Moyen-Orient sur lequel il travaillait depuis l'élection-surprise de son beau-père à la Maison Blanche.

Le document, qui accorde à l'État hébreu un très grand nombre de concessions, a été rejeté avec véhémence par les autorités palestiniennes et est resté - sans surprise - lettre morte.

Mais l'épisode a confirmé, s'il en était besoin, la place à part qu'occupe le jeune héritier new-yorkais au sein de l'exécutif américain.

Au moment où les gouverneurs et Donald Trump s'écharpent sur la répartition des tâches dans la fourniture de matériel médical, en particulier les respirateurs artificiels, Kushner promet de mettre de l'ordre et de «réussir».

Reprenant à son compte les arguments de son beau-père selon lequel les principaux dysfonctionnements ne sont pas le fait de Washington mais des États, Kushner a martelé que ces derniers n'avaient aucun droit automatique à une aide.

«L'idée du stock fédéral [de matériel médical] est que c'est le nôtre», a-t-il lancé. «Ce n'est pas le stock des États qui pourraient l'utiliser à leur guise».

Dans une formule qui a suscité des réactions amusées ou outrées, tant l'attitude de Donald Trump face à la pandémie suscite de critiques, il a aussi souligné que ces moments de crise étaient un révélateur impitoyable pour les élus.

«Ce que beaucoup d'électeurs réalisent aujourd'hui c'est que lorsqu'ils votent pour un maire, un gouverneur ou un président, ils doivent penser à qui serait le plus compétent en tant de crise».

Monde

Le bilan s'aggrave toujours plus aux États-Unis, lueur d'espoir en Europe

NEW YORK — Le gouvernement américain a recommandé vendredi à sa population de se recouvrir le visage dans la rue pour ralentir la propagation du coronavirus, alors qu'avec un nouveau triste record du nombre de décès en 24h, les États-Unis sont en train de devenir le nouveau centre mondial de la pandémie.

Après 1 480 morts en une journée, bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays, les Américains se préparent au pire et bâtissent des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami ou New York, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation.

Par la voix de leur président, Donald Trump, ils ont même été appelés vendredi à se couvrir le visage à l'extérieur, même si le milliardaire a rappelé qu'il ne s'agissait «que de recommandations» que lui-même ne suivra pas.

Les scientifiques du gouvernement américain estiment désormais que le nouveau coronavirus est sans doute transmis dans l'air par les gens lorsqu'ils parlent et respirent.

Le directeur de l'Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, membre de la cellule de crise de la Maison Blanche, a évoqué des données indiquant que «le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu'ils éternuent ou toussent».

La COVID-19 a déjà tué au total environ 7 400 personnes aux États-Unis et devrait y faire entre 100 000 et 240 000 morts, selon la Maison Blanche.

Le tableau est également sombre au Royaume-Uni où un vaste hôpital de campagne d'un potentiel de 4 000 lits a été inauguré vendredi à Londres, et où la menace est telle que la reine Elisabeth II, fait rarissime, doit prononcer dimanche une allocution.

Le Royaume-Uni, dont le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise, a enregistré vendredi un record de 684 décès en 24 heures et compte désormais plus de 3 600 morts.

La pandémie de COVID-19 a déjà tué plus de 40 000 personnes en Europe, dont plus des trois quarts en Italie, en Espagne et en France, selon un bilan établi par l'AFP, vendredi.

Le seul espoir est celui d'un ralentissement de la propagation du virus, après maintenant des semaines de confinement quasi-généralisé.

«Nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel», a ainsi espéré l'infirmier italien Paolo Miranda qui chronique sur son compte Instagram la lutte contre la pandémie dans son hôpital de Crémone (nord). La contagion, qui a fait à ce jour environ 14 700 morts en Italie, pays le plus endeuillé par la maladie, se poursuit mais confirme son ralentissement entamé il y a une semaine environ, avec une hausse de seulement 4% des cas.

En Espagne aussi, deuxième pays le plus endeuillé derrière l'Italie, où le nombre de morts en 24 heures a encore dépassé les 900, pour un total de près de 11 200 décès, l'espoir repose sur le ralentissement du rythme des contagions et hospitalisations, assurent les autorités.

La chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays n'est certes pas le plus touché et a réussi à éviter à ce jour une forte mortalité, l'a dit vendredi: «Les derniers chiffres [...] aussi élevés soient-ils, apportent très prudemment un peu d'espoir».

Monde

Népal: Sherpas au chômage 

KHUMJUNG — À cette période de l’année, Khumjung devrait grouiller d’alpinistes cheminant vers l’Everest. Mais avec la fermeture de la montagne en raison de la pandémie de coronavirus, la bourgade himalayenne est vide et les sherpas népalais ont perdu leur gagne-pain.

Comme de nombreux pays, le Népal s’est coupé du reste du monde pour freiner la propagation du virus et a interdit l’accès à ses illustres sommets enneigés, au moment même où la haute saison aurait dû battre son plein.

Dans les maisons au toit de pierre de Khumjung, situé à proximité du sentier menant au camp de base de l’Everest, les cordes et piolets sont restés rangés. Les échoppes, thés et auberges, normalement utilisés par les alpinistes s’acclimatant progressivement pour la cime de 8848 m, sont déserts.

Pour les guides et porteurs sherpas, l’annulation de la haute saison de l’Everest — de début avril à fin mai — représente une catastrophe économique. Travailler pendant cette période permet de nourrir leur famille pendant tout le reste de l’année.

«Avec l’annulation de la saison, personne n’a d’emploi. Des vols [d’avions et d’hélicoptères] aux magasins en passant par les porteurs, il n’y a aucun travail», s’inquiète Pemba Galzen Sherpa, un guide qui a gravi 14 fois l’Everest.

Le camp de base abandonné, tous les travailleurs locaux qui y étaient déjà arrivés sont redescendus. Les mains vides, «tout le monde rentre à la maison», s’attriste-t-il.

Situés en haut de la hiérarchie des travailleurs de la montagne, les guides gagnent normalement entre 5000 et 10 000 dollars durant la saison. Mais ce sont les petites mains des expéditions, comme les porteurs ou les cuisiniers, qui risquent d’être le plus durement frappés.

«Ces gens n’ont aucune épargne ou contrat auquel les organisateurs d’expédition sont tenus», explique Damian Benegas, qui mène des cordées sur l’Everest depuis près de deux décennies.

Phurba Nyamgal Sherpa, qui gravit l’Everest et d’autres sommets népalais depuis l’âge de 17 ans, est préoccupé par l’avenir, comme les centaines de montagnards habituellement employés par les expéditions d’himalayistes.

«Nous n’allons pas sur les montagnes parce que nous le voulons, mais parce que c’est notre seule option pour travailler», dit à l’AFP ce Népalais de 31 ans, fils d’un gardien de troupeaux de yaks, qui vit à Khumjung avec sa femme et son fils de six ans.

Risques sanitaires

L’année dernière, l’Everest avait connu une année record avec 885 personnes montées au sommet, dont 644 depuis le côté népalais. La Chine a elle aussi fermé son accès au toit du monde cette année.

Au-delà des sherpas, l’absence de visiteurs étrangers affecte toute l’économie népalaise. Le tourisme représente 8 % du PIB de ce pays pauvre d’Asie du Sud et y génère plus d’un million d’emplois, selon des chiffres du World Travel and Tourism Council.

Se remettant lentement du séisme dévastateur de 2015, le Népal espérait attirer le chiffre record de deux millions de touristes étrangers en 2020. Une ambition désormais remisée.

Malgré les difficultés engendrées par la situation, les résidents de la région de l’Everest approuvent la décision du gouvernement népalais d’interdire les touristes et de fermer ses montagnes.

«Ça nous a coûté nos emplois, mais c’était la bonne décision à prendre», estime le célèbre montagnard Phurba Tashi Sherpa, 21 sommets de l’Everest à son palmarès.

Le risque de contamination est en effet réel. La saison de printemps voit passer des centaines de randonneurs et alpinistes par les villages de la zone. Au camp de base, sportifs et employés népalais vivent dans la promiscuité de tentes.

Plus l’altitude monte, plus l’air se fait rare et la respiration difficile, ajoutant aux risques sanitaires si une épidémie de coronavirus éclate dans le pays.

Le Népal n’a jusqu’ici compté que cinq cas confirmés de coronavirus sur son territoire depuis le début de la pandémie, et aucun mort.

Mais le coronavirus ferait des ravages s’il arrivait jusqu’aux villages himalayens isolés. «À Khumjung, nous n’avons qu’un petit hôpital et pas assez de ressources. Imaginez si les gens commencent à tomber malades ici...» dit à l’AFP Phurba Tashi Sherpa.

Pour sa part, le guide Phurba Nyamgal Sherpa s’alarme : «si la maladie arrive, même l’argent n’y peut rien. Les gens meurent même dans les pays développés, alors qu’est-ce qu’il nous arriverait au Népal?».

Monde

Trump recommande aux Américains de se couvrir le visage à l'extérieur

WASHINGTON — Les scientifiques du gouvernement américain estiment que le nouveau coronavirus est sans doute transmis par les gens lorsqu'ils parlent et respirent. Conséquence logique: il est désormais officiellement conseillé aux Américains de se couvrir le visage hors de chez eux, pour aider à freiner les contagions.

Le président Donald Trump l'a annoncé vendredi soir, en insistant qu'il s'agissait d'une recommandation, non obligatoire. Les autorités sanitaires appellent la population à se couvrir le visage avec des masques artisanaux, des foulards ou des bandanas, afin de réserver les masques médicaux aux soignants, pénurie oblige.

À New York, le maire avait déjà demandé aux habitants de se couvrir le visage hors de chez eux, et dès vendredi, un peu moins de la moitié des piétons appliquaient la consigne à Manhattan, selon une observation des journalistes de l'AFP.

Vu d'Asie, où les masques chirurgicaux sont omniprésents, le retard des pays occidentaux est une aberration. Mais les autorités sanitaires aux États-Unis ou en France, ainsi que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), arguaient jusqu'à présent que le masque n'était pas nécessaire pour les personnes saines, sauf si elles étaient au contact de malades.

Depuis plusieurs jours, une volte-face se préparait, sous pression d'un public qui ne comprend pas pourquoi les masques protégeraient les infirmiers mais pas les citoyens ordinaires.

En France, l'Académie de médecine a recommandé vendredi le port obligatoire du masque, comme une «addition logique aux mesures barrières».

Aux États-Unis, vendredi, le directeur de l'Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, membre du groupe de travail de la Maison Blanche sur le coronavirus qui dit passer une heure par jour avec le président Trump, avait évoqué sur Fox News des données indiquant que «le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu'ils éternuent ou toussent».

La transmission par voie aérienne fournirait une explication longtemps recherchée à la haute contagiosité apparente du virus responsable de la pandémie de COVID-19, puisqu'il apparaît que les personnes infectées mais sans symptômes, qui représentent peut-être le quart de tous les gens infectés, sont responsables d'une grande partie des contagions, à leur insu.

De multiples études ont mis en évidence que des personnes asymptomatiques avaient infecté des gens proches d'eux dans des églises, dans une chorale ou un cours de chant, dans les maisons de retraite...

Quelques études

Quelles sont les preuves scientifiques? Il y en a peu, mais elles convergent.

Les Académies américaines des sciences ont cité dans une lettre à destination de la Maison Blanche mercredi quatre études faisant pencher la balance en faveur d'une transmission du virus via l'air expiré par les gens (les «aérosols» dans le jargon scientifique), et non plus seulement par les gouttelettes et postillons projetés lors d'un éternuement directement sur le visage d'autres personnes ou sur des surfaces (où le virus peut survivre des heures voire des jours, selon le type de surface).

«Les travaux de recherche actuellement disponibles soutiennent la possibilité que le SARS-CoV-2 puisse être transmis par des bioaérosols générés directement par l'expiration des patients», écrit Harvey Fineberg, président du comité sur les maladies infectieuses émergentes.

Il souligne qu'il en faudrait plus pour mieux comprendre le risque véritable d'infection. Si le virus est effectivement présent dans la respiration, on ignore si cela représente quantitativement une voie importante de transmission.

Dans une étude, des chercheurs de l'Université du Nebraska ont retrouvé des portions du code génétique du virus (ARN) dans l'air de chambres où étaient isolés des patients.

Des chercheurs de l'université de Hong Kong ont récemment observé que le port de masques réduisait la quantité de coronavirus expirés par des malades (l'expérience a été faite avec des virus autres que SARS-CoV-2).

Et des chercheurs à Wuhan ont prélevé des échantillons d'air dans diverses pièces d'hôpitaux et découvert des concentrations élevées du nouveau coronavirus, notamment dans les toilettes et les salles où les soignants enlevaient leurs équipements de protection.