Nucléaire: Pyongyang continue de violer les sanctions internationales, dénonce l’ONU

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Nucléaire: Pyongyang continue de violer les sanctions internationales, dénonce l’ONU

AFP
Agence France-Presse
SÉOUL — La Corée du Nord viole les sanctions internationales prises pour la contraindre à renoncer au nucléaire, en dépassant ses quotas d’importation d’essence ou au travers de ses ressortissants employés à l’étranger, dénoncent les Nations unies en citant le cas d’un ex-joueur de la Juventus.

Pyongyang est depuis 2017 la cible de multiples trains de sanctions du Conseil de sécurité qui limitent notamment ses importations de produits pétroliers, et lui interdisant aussi d’exporter son charbon, son poisson ou son textile.

Le régime nord-coréen est néanmoins parvenu à continuer de développer ses arsenaux nucléaires et balistiques, selon les experts, tout en multipliant les réunions au sommet avec les présidents américain et sud-coréen Donald Trump et Moon Jae-in.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a affirmé lundi qu’au cours des cinq premiers mois de l’année, Pyongyang avait déjà dépassé son quota annuel d’importation de produits pétroliers raffinés, qui est de 500 000 barils.

Dans un rapport, il a affirmé que les livraisons au régime reclus «dépassaient de loin» le plafond autorisé, en fondant cette affirmation sur «des photographies, des données et des calculs».

«Des bateaux de République populaire et démocratique de Corée et des bateaux battant pavillon étranger poursuivent leurs pratiques élaborées de contournement» pour importer illégalement du pétrole, accusent les experts de l’ONU en citant le nom officiel du régime.

Leur rapport ne dit pas quel pays est à l’origine des exportations illégales vers la Corée du Nord. Mais il précise que ces cargaisons contiennent aussi des voitures de luxe et de l’alcool.

La Chine et la Russie, deux alliés clés de Pyongyang, ont balayé ces conclusions en affirmant qu’elles se fondaient «sur des hypothèses et des estimations».

Le rapport accuse le Nord de «continuer à bafouer les résolutions du Conseil de sécurité au travers d’exportations maritimes illégales de charbon, bien que celles-ci aient été temporairement suspendues entre fin janvier et début mars 2020».

Les négociations sur le nucléaire entre le Nord et les États-Unis sont dans une impasse, du fait de désaccords, justement, sur la levée des sanctions et ce que Pyongyang serait prêt à faire en retour.

Les experts du Conseil de sécurité citent par ailleurs le cas du transfert en janvier du footballeur nord-coréen Han Kwang Song de la Juventus vers le club qatari d’Al-Duhail, en affirmant qu’il violait les résolutions interdisant aux Nord-Coréens de travailler à l’étranger.  

«Bien que le panel ait immédiatement contacté l’Italie au sujet du transfert de M. Han, celui-ci n’a pas été annulé», indique le rapport.

L’attaquant de 22 ans était payé environ 607 000 dollars par an par le club turinois entre 2018 et janvier 2020.

Il recevra plus de cinq millions de dollars au cours des cinq années qui viennent à Al-Duhail.

«Le panel a de nouveau fait état auprès du Qatar des résolutions pertinentes relatives à cette affaire», indique ce rapport.

Les sanctions de l’ONU demandaient aux États membres de renvoyer chez eux les Nord-Coréens travaillant à l’étranger. La date butoir pour le faire était décembre 2019.

Les experts indiquent qu’une quarantaine de pays seulement ont rendu leurs rapports sur les mesures d’expulsion de ces Nord-Coréens.

Attaque à Paris: l'assaillant admet avoir menti sur son âge et identité

Monde

Attaque à Paris: l'assaillant admet avoir menti sur son âge et identité

AFP
Agence France-Presse
PARIS — L'auteur présumé de l'attaque au hachoir, vendredi devant les ex-locaux de Charlie Hebdo à Paris, a déclaré mardi avoir en réalité 25 ans et pas 18, et avoir un autre nom que celui indiqué initialement, a annoncé mardi le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard.

Le suspect de cette attaque, qui a fait deux blessés graves, un homme et une femme employés de l'agence de presse Premières Lignes, affirmait initialement s'appeler Hassan Ali et être né en 2002 au Pakistan. Sous cette identité, il avait bénéficié de l'aide sociale à l'enfance à son arrivée en France en 2018.

Confronté à un document pakistanais trouvé dans son téléphone où il s'appelle Zaheer Hassan Mahmoud, «il a reconnu qu'il s'agissait de sa véritable identité et qu'il était âgé de 25 ans», a déclaré Jean-François Ricard lors d'une conférence de presse.

Le procureur a confirmé que le suspect «était totalement inconnu de l'ensemble des services de renseignement» sous ses deux identités.

Cette reconnaissance de ce qui apparaît comme sa véritable identité est intervenue vers la fin de ses 96 heures de garde à vue, entamée vendredi midi après son interpellation place de la Bastille (dans le sud-est de Paris) et terminée mardi en milieu de journée.

Zaheer Hassan Mahmoud doit être présenté mardi à un juge d'instruction en vue sa mise en examen pour «tentatives d'assassinats» terroristes et «association de malfaiteurs terroriste». Le parquet national antiterroriste a requis son placement en détention provisoire.

Outre Zaheer Hassan Mahmoud, dix personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête. Cinq ont été relâchées entre vendredi et lundi, et le procureur national antiterroriste a annoncé mardi que les cinq dernières l'ont également été.

Parmi celles-ci, un Algérien de 33 ans présenté comme le «deuxième suspect» qui avait été placé en garde à vue vendredi midi mais relâché le soir-même. Il a fait «preuve d'un grand courage en tentant d'attraper le mis en cause pour l'arrêter», a noté le procureur.

M. Ricard a confirmé mardi que l'assaillant s'était dit «en colère» après avoir regardé «ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan» concernant la publication et la republication récente par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet.

Le procureur a aussi confirmé que l'intéressé avait prémédité son acte: multiples repérages les jours précédant les faits, achat le matin même du hachoir, mais aussi d'un marteau et de bouteilles de white spirit avec le projet d'incendier les locaux de l'hebdomadaire satirique.

En voyant deux personnes devant les anciens locaux, «il a pensé que ces dernières travaill(ai)ent pour (Charlie Hebdo) et a décidé de les attaquer», a affirmé le procureur.

La rédaction de Charlie Hebdo, qui a déménagé dans un lieu secret depuis quatre ans, fait l'objet de nouvelles menaces depuis que cet hebdomadaire satirique a de nouveau publié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l'occasion de l'ouverture du procès des complices des auteurs de l'attaque du 7 janvier 2015, lors de laquelle 12 personnes avaient été tuées.

«Il n'est jamais trop tard» pour changer le cours des choses, dit le patron de l'OMS

Monde

«Il n'est jamais trop tard» pour changer le cours des choses, dit le patron de l'OMS

AFP
Agence France-Presse
GENÈVE — «Il n'est jamais trop tard pour changer le cours des choses». C'est le message d'espoir du patron de l'OMS au moment où le nouveau coronavirus a tué plus d'un million de personnes et en infecte deux millions par semaine.

«La leçon la plus importante est toujours la même: quel que soit le stade de l'épidémie dans un pays, il n'est jamais trop tard pour changer le cours des choses», écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige la lutte contre la pire pandémie depuis un siècle de son poste de directeur général de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Independent.

L'édito a été publié le jour même où l'agence a enregistré le millionième mort d'une épidémie qui a démarré fin décembre en Chine et s'est ensuite répandue en quelques mois dans le monde entier, infectant au passage au moins 33 millions de personnes et les laissant parfois avec de graves séquelles.

«Un million de personnes ont maintenant perdu la vie à cause de la COVID-19 et bien plus encore souffrent à cause de la pandémie», a souligné M. Tedros, tout en mettant aussi en lumière la rapidité sans précédent avec laquelle le monde a réussi à mettre au point des tests et à se mobiliser pour trouver au plus vite des vaccins efficaces et sûrs.

Brexit: les tractations reprennent, sous l'ombre du projet de loi controversé

Affaires

Brexit: les tractations reprennent, sous l'ombre du projet de loi controversé

Clément Zampa
Agence France-Presse
Alice Ritchie
Agence France-Presse
BRUXELLES — L'UE et le Royaume-Uni ont entamé mardi une semaine décisive de négociations sur leur future relation commerciale, le jour même où la Chambre des Communes se prononce sur le très controversé projet de loi britannique qui revient en partie sur l'accord du Brexit.

Les discussions, menées par Michel Barnier côté européen et David Frost côté britannique, ont débuté en milieu de matinée à Bruxelles. Elles doivent s'achever vendredi, en plein sommet européen dans la capitale belge.

Les négociateurs ont pour objectif d'identifier enfin la voie vers un accord, après huit cycles de discussions, depuis mars, aux progrès trop limités.

Il espèrent parvenir au «tunnel» de négociations, ce moment où un accord semble suffisamment proche pour se lancer dans des pourparlers à huis clos en continu.

Le temps presse: le premier ministre britannique Boris Johnson a fixé la date du 15 octobre, jour d'un sommet européen à Bruxelles, pour un accord. Les Européens se sont eux donné jusqu'à fin octobre.

Faute d'accord, le Brexit -officiel depuis le 31 janvier mais qui ne sera pleinement effectif que le 1er janvier 2021- viendrait ébranler un peu plus des économies déjà fragilisées par la pandémie de COVID-19.

«Il n'y a aucune garantie pour le "tunnel"», affirme un diplomate européen. «Le Royaume-Uni devra d'abord montrer qu'il est prêt à s'engager» sur les sujets fondamentaux encore en suspens, notamment les aides d'État et la pêche.

Ce neuvième cycle de discussion -le dernier pour l'instant inscrit à l'agenda- se déroule dans un contexte tendu: la Chambre des Communes doit se prononcer vers 21H00 en troisième lecture sur le projet de loi britannique qui revient en partie sur l'accord encadrant son départ et provoque l'ire des Européens.

Il devrait être approuvé sans difficulté, avant d'être soumis à l'examen de la Chambre des Lords.

Le texte revient sur certaines dispositions pour la province britannique d'Irlande du Nord, prévues afin d'éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande, un garde-fou jugé essentiel au maintien de la paix sur l'île.

«Trop stricte»

Furieuse de ce revirement, qui enfreindrait de l'aveu même du gouvernement britannique le droit international, l'UE avait donné au Royaume-Uni jusqu'à la fin du mois -c'est-à-dire mercredi- pour retirer son projet, sous peine d'un recours en justice.

Londres a déjà rejeté cet ultimatum et «clairement» réitéré lundi, lors d'une réunion à Bruxelles entre le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, et le ministre d'État britannique Michael Gove, «que les mesures (controversées) ne seraient pas retirées», selon un communiqué du gouvernement.

«Nous maintenons que le projet de loi, s'il est adopté dans sa forme actuelle, constituerait une violation extrêmement grave» du droit international, a répondu lundi M. Sefcovic.

Le Slovaque a cependant exclu que le sujet puisse torpiller les discussions commerciales: «Jamais ce ne sera l'UE qui provoquera la fin des négociations sur le futur partenariat.»

Les pourparlers commerciaux butent toujours sur plusieurs sujets sensibles, comme la «gouvernance» du futur accord, ou encore l'éternelle question des garanties exigées par l'UE en matière fiscale, sociale, environnementale et surtout d'aides d'État, pour éviter de voir surgir de l'autre côté de la Manche une économie dérégulée, qui la concurrencerait de manière déloyale.

Un accord doit également être trouvé sur la pêche, un sujet particulièrement explosif pour une poignée d'États membres comme la France, mais aussi l'Espagne, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, qui espèrent un statu quo dans l'accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques, très poissonneuses.

Plusieurs diplomates d'autres États membres -qui n'ont aucun intérêt pour ce sujet- jugent cependant l'UE "trop stricte" sur la pêche, qu'ils imaginent comme une possible variable d'ajustement avec le Royaume-Uni.

«Le partenariat sera approuvé à l'unanimité. Nous devons donc tenir compte des intérêts différents des autres États membres et faire preuve de solidarité. Cela étant dit, l'UE doit être réaliste...», souligne l'un d'eux.

Un autre a démenti «toute tension et toute division» entre les 27.

Un an après la révolte d'octobre, qu'est-ce qui a changé en Irak?

Monde

Un an après la révolte d'octobre, qu'est-ce qui a changé en Irak?

Maya Gebeily
Agence France-Presse
Sarah Benhaida
Agence France-Presse
BAGDAD — En octobre 2019, ils réclamaient la chute d'un système pour eux à bout de souffle. Un an et près de 600 morts plus tard, les manifestants n'ont rien vu changer en Irak qui s'enfonce dans le marasme politique et économique.

Ils sont sortis le 1er octobre 2019 contre la corruption, les hommes politiques «vendus» selon eux à l'Iran ou aux États-Unis, l'absence de services publics, le chômage des jeunes...

Même si Moustafa al-Kazimi a remplacé Adel Abdel Mahdi, dont le gouvernement est tombé sous la pression du mouvement de contestation inédit, aucune réforme n'a été engagée.

La chute des prix du brut a encore fait fondre le budget public et aucun politicien n'a été arrêté pour corruption, bien qu'un tiers des revenus du pétrole, seule source de devises du pays, y soit déjà passé. Pire encore, les meurtriers et ravisseurs de militants n'ont jamais été inquiétés.

Quotidiennes et importantes pendant des mois, les manifestations sont devenues rares après l'assassinat par les États-Unis en janvier à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani et ont cessé après l'épidémie du coronavirus. Mais elles pourraient reprendre.

Malgré l'arrêt de la contestation marquée par des violences sanglantes, le gouvernement Kazimi assure n'avoir qu'un seul donneur d'ordre: le peuple. Et renvoie la balle dans le camp des députés, les politiciens les plus honnis.

30 minutes chrono: une machine chinoise bouscule les tests COVID

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30 minutes chrono: une machine chinoise bouscule les tests COVID

Ludovic Ehret
Agence France-Presse
PÉKIN — Dépister le nouveau coronavirus en seulement 30 minutes: une entreprise chinoise produit la machine «la plus rapide du monde» pour les tests virologiques PCR et compte conquérir l'Europe et l'Amérique.

Dans un laboratoire de Pékin, une laborantine en blouse rose saisit un échantillon prélevé dans les voies respiratoires, l'additionne de réactifs, et l'introduit dans un appareil noir et blanc de la taille d'une imprimante.

Cette machine nommée «Flash 20», d'un coût de 300 000 yuans (38 000 euros), détecte la présence ou non du nouveau coronavirus. Elle rend en une demi-heure son verdict, que la personne testée reçoit directement sur un téléphone intelligent.

«Elle peut être utile aux hôpitaux pour les urgences. Par exemple lorsqu'un blessé doit subir une opération. On peut déterminer rapidement s'il est infecté ou non», explique à l'AFP Sabrina Li, PDG et fondatrice de l'entreprise Coyote.

«C'est actuellement la machine la plus rapide du monde pour les tests PCR du nouveau coronavirus», assure cette ex-étudiante aux États-Unis de 38 ans, qui a fondé cette compagnie de biotechnologie en 2009.

Autour du globe, 29 septembre 2020

Ruée mondiale sur les tests rapides pour lutter contre le coronavirus

COVID-19

Ruée mondiale sur les tests rapides pour lutter contre le coronavirus

Agence France-Presse
GENÈVE — Le développement des tests rapides pour détecter la COVID-19 a déclenché une ruée mondiale: Donald Trump en a annoncé la distribution de 150 millions aux États-Unis et l’OMS en a promis 120 millions aux pays pauvres, mais à condition de trouver les fonds.

Alors que la pandémie a fait plus d’un million de morts dans le monde, de nombreux experts en santé publique militent depuis des mois pour l’utilisation de ces tests dits antigéniques, peu coûteux, comparables aux tests de grossesse et dont le résultat s’obtient en 15 minutes, contre plusieurs jours pour un test classique.

Les célèbres vignobles de la Napa Valley en proie aux flammes

Monde

Les célèbres vignobles de la Napa Valley en proie aux flammes

Samuel Corum
Agence France-Presse
Glenn Chapman
Agence France-Presse
Laurent BANGUET
Agence France-Presse
SANTA ROSA — Attisés par des vents violents, des incendies dévastaient lundi les célèbres vignobles de la Napa Valley dans le nord-ouest de la Californie, en proie à une nouvelle vague de chaleur et où des dizaines de milliers de personnes ont dû évacuer leurs logements au beau milieu de la nuit.

Plus au nord, dans une zone boisée et escarpée du comté de Shasta, le Zogg Fire, qui s’est lui aussi déclaré dimanche, a fait trois morts et continuait à se propager lundi soir.

Ciel incandescent, arbres et vignes calcinés, maisons ravagées par les flammes: le brasier nommé Glass Fire a de son côté brûlé près de 4500 hectares dans le comté de Napa, l’une des zones de production de vin les plus prestigieuses des États-Unis.

Certains domaines viticoles sont partis en fumée, comme le Chateau Boswell dans la ville de St. Helena. Le domaine de Newton Vineyard, qui appartient au groupe LVMH, a lui aussi été touché. «Alors que le Glass Fire continue de se propager, c’est avec tristesse que nous vous informons que le domaine et les vignes de Newton Estate ont été touchées de manière significative», a annoncé le domaine sur son compte Instagram, soulignant que tous les employés avaient pu être mis à l’abri à temps.

Quelque 34 000 personnes avaient reçu l’ordre d’évacuer lundi et 14 000 autres devaient se tenir prêtes.

En pleine nuit, 4500 habitants d’une zone résidentielle pour personnes âgées du comté viticole de Sonoma, voisin de celui de Napa et menacé par un autre feu nommé Shady Fire, avaient ainsi dû embarquer dans des autobus municipaux afin d’être transportés en lieu sûr.

Résidente de St. Helena, Susan Fielder a eu les larmes aux yeux lorsqu’elle a roulé pour rejoindre un refuge de Napa, laissant derrière elle sa maison en emportant seulement un petit sac et une photo de ses grands-parents.

«Ce matin, je me disais: “Qu’est-ce que tu vas faire si tu perds tout?”» confie-t-elle à l’AFP. Elle a pu retrouver sa maison, intacte, mais recouverte d’une couche de cendres, à la mi-journée.

Drapeau rouge

De nombreux habitants de la zone, traumatisés par les incendies qui ont déjà ravagé la région ces dernières années, sont eux aussi partis en catastrophe dans l’obscurité.

«On pouvait voir les flammes monter dans le ciel toute la nuit», lâche CeeBee Thompson, une habitante de Calistoga, qui n’a pas fermé l’œil. Plusieurs quartiers de la ville ont été évacués et Mme Thompson n’attend plus que le signal du départ. «Les deux voitures sont prêtes, la seule chose qui reste à charger, ce sont les chats», explique-t-elle à l’AFP.

Les comtés de Napa et Sonoma avaient déjà été frappés par des feux dévastateurs en 2017, faisant au total 44 morts et détruisant plusieurs milliers de bâtiments.

Les services météo avaient hissé le «drapeau rouge» pour les risques d’incendie sur cette partie de la Californie en raison d’une vague de chaleur et de vents secs créant les conditions idéales pour des départs de feux.

«Ces vents vont commencer à faiblir dans l’après-midi et se stabiliser, ce qui devrait nous aider dans nos efforts», a déclaré le gouverneur Gavin Newsom, appelant la population à la prudence et à suivre scrupuleusement les consignes des secours.

Dans le nord-est de la Californie, le comté de Butte déjà fortement touché par des incendies multiples depuis la mi-août a été contraint de mettre en œuvre de nouvelles évacuations dimanche soir près de la petite ville de Paradise. La région avait été ravagée par l’un des incendies les plus meurtriers de l’histoire de l’État, le Camp Fire, qui avait fait 86 morts en novembre 2018.

Plus de 8100 feux se sont déclarés depuis le début de la saison, parcourant 1,5 million d’hectares au total, ont indiqué les pompiers de Californie.

Selon le consensus scientifique, l’ampleur exceptionnelle de ces feux est liée au changement climatique, qui aggrave une sécheresse chronique et provoque des conditions météorologiques extrêmes.

Dans la Napa Valley, Susan Fielder n’a d’ailleurs aucune intention de déballer son sac d’urgence avant le mois de novembre et le retour des pluies. «Je resterai jusqu’à ce que quelqu’un frappe à ma porte et me dise que je dois partir», dit-elle.

Brexit: «un accord est possible», selon la présidente de la Commission

Monde

Brexit: «un accord est possible», selon la présidente de la Commission

Agence France-Presse
LISBONNE — Un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le Brexit reste «possible» malgré leurs positions très éloignées au début d’une semaine de négociations décisives, a déclaré lundi la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen.

«Nous voulons un accord et je suis toujours convaincue qu’un accord est possible», a-t-elle affirmé à Lisbonne, à l’issue d’un entretien avec le premier ministre portugais Antonio Costa.

La cadre de Huawei, Meng Wanzhou, accuse les États-Unis d’avoir sciemment trompé le Canada

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La cadre de Huawei, Meng Wanzhou, accuse les États-Unis d’avoir sciemment trompé le Canada

Agence France-Presse
VANCOUVER — La procédure d’extradition vers les États-Unis d’une cadre de Huawei a repris lundi devant un tribunal canadien, ses avocats accusant la justice américaine d’avoir «trompé de façon flagrante» le Canada sur ses crimes présumés dans le but d’obtenir son arrestation.

Masque sur le visage, boîtier électronique bien visible sur sa cheville gauche, Meng Wanzhou a assisté en personne à la première journée d’audience devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Mort de Breonna Taylor: le policier inculpé plaide non coupable

Monde

Mort de Breonna Taylor: le policier inculpé plaide non coupable

Agence France-Presse
WASHINGTON — L’ancien policier inculpé après la mort de Breonna Taylor, une jeune Afro-Américaine tuée lors d’une perquisition en mars à Louisville, dans le Kentucky, a plaidé lundi non coupable des trois chefs d’inculpation qui pèsent contre lui.

Aucun des trois policiers ayant fait feu lors de l’opération n’a été inculpé pour la mort de la jeune femme.

L’ex-directeur de campagne de Trump, hospitalisé, avait 10 armes à feu chez lui

Monde

L’ex-directeur de campagne de Trump, hospitalisé, avait 10 armes à feu chez lui

Agence France-Presse
MIAMI — L’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Brad Parscale, détenait 10 armes à feu chez lui en Floride, ont rapporté lundi des médias américains, au lendemain de son hospitalisation forcée déclenchée par un appel de sa femme, qui a déclaré qu’il menaçait de se suicider et qu’il la frappait.

M. Parscale a été remplacé à son poste en juillet, quatre mois avant l’élection présidentielle, alors que Donald Trump était en baisse dans les sondages.

Attaque à Paris : l’identité réelle de l’assaillant au cœur de l’enquête

Monde

Attaque à Paris : l’identité réelle de l’assaillant au cœur de l’enquête

Alexandre Hielard
Agence France-Presse
PARIS — Trois jours après l’attaque au hachoir à Paris près de l’ancien siège du magazine satirique Charlie Hebdo, les enquêteurs tentaient lundi de faire la lumière sur la véritable identité de l’assaillant, qui s’est présenté jusqu’à présent comme un Pakistanais de 18 ans.

Cet homme, qui a reconnu avoir blessé grièvement vendredi deux salariés de l’agence de presse Premières Lignes en pensant s’en prendre à des journalistes de Charlie Hebdo, se présente comme Hassan A., âgé de 18 ans, né à Mandi Bahauddin, une ville du Pendjab, au Pakistan.

Cette identité correspond à celle d’un jeune homme entré en France encore mineur, il y a trois ans. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en région parisienne jusqu’à sa majorité en août, il ne présentait «aucun signe de radicalisation», selon les autorités locales.

Il n’était pas connu non plus par les services spécialisés, n’étant inscrit dans aucune base de données des renseignements.

C’est en analysant son téléphone portable que les policiers de la brigade criminelle et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), chargés de l’enquête sous l’autorité du parquet national antiterroriste (Pnat), ont mis la main sur une photo d’une pièce d’identité.

Selon ce document, Hassan A. s’appellerait en réalité «Zaheer Hassan Mahmoud» et aurait 25 ans, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier, confirmant une information du quotidien Le Monde.

C’est sous cette identité que s’est présenté l’homme dans une vidéo de revendication enregistrée avant l’attaque et authentifiée par les enquêteurs, selon une source proche du dossier.

Dans ce document de deux minutes, qui a circulé durant le week-end sur les réseaux sociaux, l’assaillant revendique son geste à venir, sans faire allégeance à une quelconque organisation, et l’explique par «les caricatures du prophète Mohammed qui ont été faites».

Il dit venir de Kothli Kazi, un village du district agricole de Mandi du Pendjab.

L’homme n’aurait pas supporté la republication par Charlie Hebdo de caricatures du prophète Mahomet, déjà à l’origine de la sanglante attaque jihadiste qui avait décimé la rédaction du journal en janvier 2015. Charlie les a republiées à la veille de l’ouverture du procès de cet attentat, début septembre.

«Aujourd’hui, vendredi 25 septembre, je vais les condamner», ajoute l’agresseur dans la vidéo, revendiquant avoir pour «guide» le mollah Ilyas Qadri, chef de file du Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non-violent d’inspiration soufie, basé au Pakistan.

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Il est passible de la peine de mort, même si aucun condamné n’a jusqu’à présent été légalement exécuté.

Contacté par téléphone par l’AFP, son père Arshad Mahmuod s’est dit «très heureux» et «très fier» des actes de son fils, arrivé selon lui en France il y a deux ans, qui a «protégé l’honneur du Prophète». «Le village tout entier est venu me féliciter», d’après lui.

Téléphones portables saisis

Des perquisitions dans deux des domiciles présumés de cet homme présenté comme «itinérant» -dans un hôtel social à Cergy-Pontoise et un appartement de Pantin, près de Paris-, ont permis la saisie de matériel, notamment des téléphones portables, dont l’analyse pourrait permettre d’en savoir davantage sur son parcours avant son arrivée en France en 2018.

La garde à vue de l’assaillant, qui parle mal le français et est assisté d’un interprète en ourdou, a été prolongée de 48 heures dimanche, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Bien que «tout laisse à penser qu’il a agi seul», selon une source proche du dossier, cinq autres gardes à vue étaient encore en cours lundi : trois anciens colocataires du principal suspect dans son appartement de Pantin, son jeune frère et une connaissance.

Cinq autres personnes ont déjà été libérées, dont «Youssef», dès vendredi soir. Cet homme de 33 ans, initialement considéré comme suspect, a raconté à des médias comment il s’est retrouvé en garde à vue, alors qu’il avait en réalité tenté d’arrêter l’attaquant : «Je voulais être un héros, je me suis retrouvé derrière les barreaux».

Le président Emmanuel Macron a rappelé lundi que «la menace terroriste est toujours persistante dans notre pays» et s’est dit prêt à «réinterroger» un «certain nombre de dispositifs», a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Millionième mort du coronavirus : émotion à l’épicentre Wuhan

COVID-19

Millionième mort du coronavirus : émotion à l’épicentre Wuhan

Matthew Knight
Agence France-Presse
WUHAN — «Je n’avais pas imaginé un bilan aussi lourd» : le millionième mort mondial de la COVID-19 recensé lundi inspire tristesse et incrédulité aux habitants de Wuhan, neuf mois après l’émergence du virus dans la ville chinoise.

Si beaucoup sont fiers de la résilience de leur métropole et du combat réussi de la Chine contre le coronavirus, ils constatent également avec peine que le pathogène continue sa propagation meurtrière ailleurs sur la planète.

«Un million de morts, c’est peu rapporté à la population mondiale. Mais c’est autant de vies perdues, de gens qui avaient une famille», déclare à l’AFP Hu Lingquan, un Wuhanais qui travaille dans la recherche scientifique.

La COVID-19 est endigué en Chine, grâce à de stricts confinements et quarantaines, au port du masque, ou encore au suivi des cas contacts grâce aux données personnelles via les téléphones portables.

Résultat : le pays ne fait plus état chaque jour que d’une poignée de nouveaux malades. Et la vie quotidienne a déjà repris depuis plusieurs mois dans tout le pays, Wuhan compris.

Main dans la main avec leurs parents, les  écoliers de la ville se sont ainsi rendus comme d’habitude lundi matin dans leur établissement, au milieu des rues embouteillées.

Piscine bondée

Alors que l’Europe vit sous la menace des confinements et des fermetures de restaurants, l’économie chinoise rebondit : les usines fonctionnent à plein régime, les consommateurs reviennent dans les magasins et le tourisme a repris.

Et si Wuhan a été le premier endroit du monde frappé par le coronavirus en décembre, il a aussi été l’un des premiers à s’en débarrasser. Des images d’une fête techno organisée en août dans une piscine bondée ont ainsi stupéfié le monde.

Certains pays, les États-Unis du président Donald Trump en tête, demandent depuis plusieurs mois des comptes à la Chine, dénonçant sa mauvaise gestion du virus, responsable selon lui de sa propagation ailleurs dans le monde.

De son côté, Pékin remet en cause l’origine chinoise du coronavirus. Et souligne qu’en l’absence de preuve scientifique, le pathogène a très bien pu venir d’ailleurs avant d’exploser à Wuhan.

Le virus a durement frappé la ville (11 millions d’habitants), avec officiellement 50 340 malades et 3869 morts — soit plus de 80 % du bilan national.

«Très mal géré»

Mais les autorités n’y ont fait état d’aucun nouveau cas depuis mai. Et beaucoup de Wuhanais s’interrogent face à la stratégie des autres pays.

«Du point de vue chinois, ils ont très mal géré la crise», estime Hu Lingquan. «Ils n’ont peut-être jamais vraiment réalisé à quel point l’épidémie était grave.»

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que le nombre de morts dans le monde continuerait de grimper jusqu’à une campagne de vaccination massive.

«Au début de l’épidémie, je n’avais pas imaginé un bilan aussi lourd», déclare à l’AFP Guo Jing, une autre habitante de Wuhan.

Mais dans cette ville désormais connue dans le monde entier à cause de la COVID-19, c’est l’insouciance qui prédomine aujourd’hui.

Beaucoup de passants n’avaient plus de masques lundi, ou bien le portaient sous le menton. Et les habitants prenaient d’assaut les quartiers commerçants avant la longue semaine de vacances (1er-8 octobre) de la fête nationale.

«Wuhan a pris un nouveau départ», déclare à l’AFP An An, une Wuhanaise qui travaille dans les médias. «La vie a retrouvé sa saveur d’avant.»

Autour du globe, 28 septembre 2020

COVID-19: la planète franchit la barre du million de morts

Monde

COVID-19: la planète franchit la barre du million de morts

Agence France-Presse
PARIS — La pandémie de COVID-19, qui a démarré à la fin 2019 en Chine avant de se répandre dans le monde entier, a franchi dimanche la barre du million de morts, selon un décompte de l’AFP. 

«Un million est un nombre terrible», a déclaré dès vendredi le directeur des Situations d’urgence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Michael Ryan, estimant un doublement «très probable». 

Les perspectives sont sombres, en effet, avec une courbe qui repart à la hausse en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, renforçant la crainte d’une seconde vague.  

Et on ne peut pas «sauver les gens aujourd’hui simplement en priant ou en travaillant sur des vaccins qui ne viendront que plus tard», a prévenu vendredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Patinoire transformée en morgue

Cinq vaccins (trois occidentaux et deux chinois) sont en phase 3 de tests. Un candidat-vaccin russe, Spoutnik V, a donné des résultats préliminaires encourageants. 

Mais ces recherches ne peuvent pour l’instant pas prendre de vitesse le virus. 

Le 11 mars, lorsque l’OMS déclare que le coronavirus est une «pandémie», 30 pays et territoires recensent 4500 morts, dont les deux tiers en Chine, mais l’Italie (800 morts) et l’Iran (300 morts) voient leur nombre de décès s’envoler. 

En Italie, premier pays hors la Chine à confiner sa population, les témoignages de médecins exténués, expliquant que face à l’afflux de malades ils doivent choisir qui soigner «comme dans les situations de guerre», créent une onde de choc. 

L’épidémie flambe en Espagne, qui devient le deuxième pays le plus touché d’Europe. À Madrid, une patinoire est transformée en morgue. 

En Équateur, des cadavres en décomposition jonchent les rues de Guayaquil, deuxième ville du pays. Une force spéciale est créée pour les enlever.

«Désordre, débâcle, rébellion»: Boris Johnson jugé par les siens

Monde

«Désordre, débâcle, rébellion»: Boris Johnson jugé par les siens

Jitendra Joshi
Agence France-Presse
LONDRES — Retour de la COVID-19, difficiles négociations post-Brexit, économie en péril, sondages : la période est particulièrement tumultueuse pour le premier ministre britannique Boris Johnson, accusé dans son propre camp d’être dogmatique et sans énergie.

Comme tous les dirigeants mondiaux, Boris Johnson est mis à rude épreuve par la pandémie, mais sa résurgence au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe avec près de 42 000 morts, couplée aux craintes d’une sortie de l’UE sans accord au 31 décembre, ont semé la révolte parmi ses pairs conservateurs, qui l’accusent de gouverner par diktats. 

Si la pandémie explique les mesures d’urgence, le gouvernement a eu en revanche largement le temps de se préparer à la vie hors de l’UE. 

Mais Boris Johnson a choisi de remettre en cause l’accord de Brexit conclu avec Bruxelles via un projet de loi qui permet de retoucher certaines de ses dispositions, un revirement qui viole le droit international et a provoqué une rébellion chez les Tories. 

Le gouvernement a réussi à calmer le mécontentement en atténuant son projet, mais il donne toujours au Parlement le droit de modifier l’accord conclu avec l’UE. 

Alors que «Bojo» dispose d’une confortable majorité de 80 sièges à la Chambre des communes, entre 40 et 60 conservateurs menacent en outre de ne pas voter le renouvellement des pouvoirs exceptionnels accordés au gouvernement pour gérer l’épidémie.  

Un changement d’atmosphère radical par rapport à l’année dernière, quand Johnson avait été adoubé leader du Parti conservateur, avant de décrocher une victoire historique aux élections législatives en décembre. 

Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Johnson, un sondage a donné dimanche l’opposition travailliste en tête, avec trois points d’avance sur les Tories. 

«Dogmatique» 

Si les conservateurs avaient choisi Johnson, ce n’était de toute façon pas parce qu’ils le pensaient taillé pour être un «bon premier ministre», dit à l’AFP le professeur en politique Tim Bale, de la Queen Mary University of London, mais «parce qu’ils voulaient à tout prix remporter les élections». Avec l’espoir qu’il finirait par habiter le rôle. «Ils craignent à présent que ce ne soit pas le cas», selon lui. 

Même la presse britannique, qui lui est habituellement largement favorable, lui reproche ses dernières décisions. Boris Johnson préside au «désordre, à la débâcle, à la rébellion, à la volte-face et à la confusion», a jugé, acerbe, The Spectator, dont il fut rédacteur en chef. 

Certains conservateurs sont allés jusqu’à s’inquiéter des effets à long terme du coronavirus, dont le premier ministre a failli mourir en avril, qui aurait altéré ses capacités. «Quelle qu’en soit la cause, il est devenu dogmatique et opposé au débat», a estimé le tabloïd Daily Mail. 

«Il n’est plus apte à être premier ministre et devrait se retirer sitôt le Brexit terminé», tranche dans les colonnes du Spectator Toby Young, pourtant fervent partisan de Johnson. 

Crise au Liban: Macron fustige la «trahison» des autorités

Monde

Crise au Liban: Macron fustige la «trahison» des autorités

Didier Lauras
Agence France-Presse
Bachir El Khoury
Agence France-Presse
PARIS — Le président français Emmanuel Macron a fustigé dimanche la «trahison» de la classe politique libanaise, au lendemain de l’échec d’une tentative de former un gouvernement dans ce pays plus que jamais en crise et à l’arrêt.

«J’ai honte» pour les dirigeants libanais, a lancé le président français sur un ton grave et tendu, lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte à l’Élysée.

Cour suprême: Biden accuse Trump de vouloir éliminer Obamacare

Monde

Cour suprême: Biden accuse Trump de vouloir éliminer Obamacare

Agence France-Presse
WASHINGTON — Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a accusé dimanche le président américain Donald Trump de vouloir installer au pas de charge une juge conservatrice à la Cour suprême uniquement pour pouvoir «éliminer» l’assurance maladie Obamacare en pleine pandémie.

Il a de nouveau réclamé que le Sénat ne se prononce pas sur la juge désignée samedi par le milliardaire républicain, Amy Coney Barrett, avant l’élection présidentielle du 3 novembre. Donald Trump espère lui que la nomination de cette magistrate, appelée à remplacer la défunte juge progressiste Ruth Bader Ginsburg, soit validée par le Sénat avant le scrutin.

«Jamais dans l’histoire de notre nation un juge à la Cour suprême a été désigné et installé alors qu’une élection présidentielle est déjà en cours», a-t-il dit lors d’une brève conférence de presse à Wilmington, sa ville de l’État du Delaware. Le vote a de fait commencé dans plusieurs États.

«Le président Trump tente depuis quatre ans d’éliminer l’Affordable Care Act», a ajouté Joe Biden au sujet de la loi d’assurance maladie adoptée lorsqu’il était lui-même à la Maison-Blanche comme vice-président de Barack Obama.

«Maintenant, ce gouvernement pense avoir soudainement trouvé une faille avec la mort tragique de la juge Ginsburg», a-t-il dit.

«Nous sommes toujours au milieu de la pire crise sanitaire mondiale depuis un siècle», «et pourtant l’administration Trump demande à la Cour suprême d’abroger tout l’Affordable Care Act», a encore dénoncé le candidat démocrate,estimant que cela risquerait à l’avenir de priver d’assurance maladie de nombreux malades qui auront eu la COVID-19.

Trump convaincu que le Sénat validera son choix à la Cour suprême d’ici l’élection

Monde

Trump convaincu que le Sénat validera son choix à la Cour suprême d’ici l’élection

Agence France-Presse
WASHINGTON — Donald Trump s’est dit dimanche convaincu que le Sénat américain, à majorité républicain, voterait avant l’élection pour confirmer la nomination de sa candidate, la juge Amy Coney Barrett, à la Cour suprême américaine.

Si c’était le cas, cela ancrerait la plus haute juridiction du pays dans le conservatisme, possiblement pour des décennies, ce qui pourrait avoir un impact énorme sur les questions de société américaines les plus brulantes (armes, IVG, assurance-santé, etc.)

À un peine plus d’un mois de l’élection, l’opposition démocrate est farouchement opposée à un tel vote au Sénat, qui serait contraire aux dernières volontés de la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg, dont le décès le 18 septembre a conduit à la nomination d’Amy Coney Barrett.

Le candidat Joe Biden a ainsi martelé samedi : «Le Sénat ne devrait pas voter (sur la confirmation de la juge, ndlr) avant que le peuple américain ne le fasse», à la présidentielle du 3 novembre.

Mais, lors d’une interview sur la chaîne Fox News dimanche, le président Trump a dit «penser que cela sera fait facilement avant l’élection». «Je pense que ça serait bien de le faire et de passer à autre chose», a-t-il ajouté.

«Les élections ont des conséquences. Et nous avons gagné l’élection (de 2016, ndlr). Nous avons le Sénat, nous avons la présidence», a-t-il ajouté.

Sauf énorme surprise, les sénateurs républicains, qui disposent de 53 voix sur 100 à la chambre haute du Congrès, devraient confirmer le choix de Donald Trump à la Cour suprême si le vote était bien tenu.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a déjà annoncé qu’un vote se tiendrait «cette année». Les auditions sénatoriales de la juge Barrett doivent débuter le 12 octobre.

Autre nuit de manifestation au centre-ville de Portland

Monde

Autre nuit de manifestation au centre-ville de Portland

Associated Press
PORTLAND — Une autre nuit mouvementée samedi au centre-ville de Portland, en Oregon, s'est terminée par plusieurs arrestations après que la police eût déclaré la manifestation en cours d'attroupement illégal, un peu avant minuit.

Des centaines de personnes étaient rassemblées pour dénoncer le profilage racial et la violence policière lorsque les autorités ont déclaré leur manifestation d'attroupement illégal.

La foule avait notamment envahi le parc et le secteur où se trouve le palais de justice et la cour fédérale des États-Unis. Un protestataire a notamment été aperçu en train de brûler le drapeau américain.

Un autre manifestant a lancé des feux d'artifice aux policiers. Une station de télévision locale, KOIN-TV, avait montré un peu plus tôt les policiers prévenir les manifestants que les personnes qui lanceraient des objets seraient arrêtées.

Le nombre de personnes arrêtées n'a pas été précisé, mais les journalistes présents soutiennent qu'il y en a eu plusieurs.

Cette autre nuit de violence est survenue quelques heures après une contre-manifestation de militants de la droite, qui s'était déroulée sans incident.

Les forces de l'ordre avaient cependant intercepté une camionnette dont la plaque d'immatriculation avait été masquée. Ils ont saisi à l'intérieur du véhicule des armes à feu, des pistolets de paintball, des bâtons de baseball et des boucliers.

La police a aussi reconnu mener une enquête sur une personne qui aurait été poussée au sol et qui aurait reçu un coup de pied au visage.

Attaque au hachoir à Paris: 6 gardes à vue en cours, une vidéo à l’étude

Monde

Attaque au hachoir à Paris: 6 gardes à vue en cours, une vidéo à l’étude

Guillaume Daudin
Agence France-Presse
Thomas Watkins
Agence France-Presse
PARIS — Quarante-huit heures après l’attaque au hachoir à Paris, l’enquête antiterroriste s’est centrée dimanche sur la personnalité du principal suspect, qui a reconnu vouloir s’en prendre à Charlie Hebdo et qui avait préparé une vidéo de revendication, ainsi que sur son entourage avec six gardes à vue encore en cours dans la soirée.

Au coeur de l’enquête, l’identité de celui que le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard a qualifié dès vendredi d’«auteur principal» de l’attaque qui a fait deux blessés graves devant les anciens locaux de Charlie Hebdo : cet homme se présente comme Hassan A., âgé de 18 ans, né à Mandi Bahauddin, une ville agricole du Pendjab au Pakistan.

Inconnu des services spécialisés sous cette identité, l’homme «parle un peu le français, mais bénéficie d’un traducteur en ourdou», selon une source proche de l’enquête.

Sa garde à vue, entamée vendredi midi suite à son interpellation par la police dans le centre de Paris, a été prolongée de 48 heures dimanche.

L’identité d’Hassan A. correspond à celle d’un jeune homme entré en France encore mineur, il y a trois ans. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en région parisienne  jusqu’à sa majorité en août, il ne présentait «aucun signe de radicalisation», selon le conseil départemental.

De source proche de l’enquête, Hassan A. envisageait de se lancer dans une formation aux métiers du bâtiment.

Deux des domiciles présumés de cet homme présenté comme «itinérant» ont été perquisitionnés vendredi en région parisienne. Des matériels (ordinateurs, téléphones) ont été saisis.

Décrit comme «très poli» à l’AFP par Josiane, une voisine à Pantin, il avait fait l’objet d’un rappel à la loi en juin pour le port d’une arme blanche.

Il visait Charlie Hebdo

Autre question centrale pour les enquêteurs : le mobile de cette attaque. En plein procès de l’attentat meurtrier de janvier 2015 contre l’hebdomadaire satirique, l’homme «assume son acte» qui visait Charlie Hebdo, expliquent des sources proches de l’enquête.

Le suspect pensait que l’hebdomadaire se trouvait toujours dans les locaux du XIe arrondissement, selon l’une de ces sources, pour qui cette attaque intervient «dans le contexte de la republication des caricatures [du prophète Mahomet] qu’il n’a pas supportée».

Les enquêteurs s’intéressent ainsi à une vidéo de l’assaillant, un élément révélé samedi par l’hebdomadaire Le Point, confirmant le caractère prémédité de l’acte.

Dans ce document de deux minutes, qui a circulé dans le week-end sur les réseaux sociaux, l’homme qui se présente comme «Zaheer Hassan Mehmood» revendique son geste à venir, sans faire allégeance à une quelconque organisation, et l’explique par «les caricatures du prophète Mohammed qui ont été faites».

«Aujourd’hui, vendredi 25 septembre, je vais les condamner», ajoute-t-il, revendiquant avoir pour «guide» le mollah Ilyas Qadri, chef de file de Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non-violent d’inspiration soufie, basé au Pakistan.

Enfin, comme toujours dans ce type d’enquêtes, les services antiterroristes vérifient l’entourage du principal suspect afin de comprendre son «environnement», selon la source proche du dossier, car «tout laisse à penser qu’il a agi seul».

En fin de journée dimanche, six gardes à vue étaient encore en cours : l’homme se présentant comme Hassan A., trois anciens colocataires de son appartement de Pantin (banlieue parisienne), son petit frère et une connaissance.

Parmi les cinq gardes à vue déjà levées, celle de «Youssef», dès vendredi soir. Cet Algérien de 33 ans initialement considéré comme suspect a raconté au Monde samedi et sur TF1 dimanche comment il s’est retrouvé en garde à vue alors qu’il avait en réalité tenté d’arrêter Hassan A. : «Je voulais être un héros, je me suis retrouvé derrière les barreaux».

«Resserrer les mailles du filet»

Dimanche, le patron de la «task force» antiterroriste de la présidence Laurent Nuñez a estimé dans un entretien à l’AFP que «nous améliorons la détection» en la matière, mais «il faut resserrer encore les mailles du filet».

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a estimé dimanche que les Français et leurs dirigeants avaient «peut-être […] collectivement» évacué la menace du «terrorisme islamique» et qu’il lui revenait de leur «rappeler la réalité».

Pour le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, «il y a le terrorisme très structuré» que les services «surveillent de très près», «et puis il y a ce terrorisme-là».

Pour l’ancien avocat, «le terrorisme low cost, c’est votre voisin à qui vous dites bonjour tous les jours, qui ressemble à monsieur tout le monde et qui passe à l’acte sans qu’il y ait un certain nombre d’éléments extérieurs permettant de penser qu’il va passer à l’acte».

Biélorussie: «Il est clair que Loukachenko doit partir», déclare Emmanuel Macron

Monde

Biélorussie: «Il est clair que Loukachenko doit partir», déclare Emmanuel Macron

Agence France-Presse
PARIS - Le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachneko, «doit partir», affirme le président français Emmanuel Macron, dans un entretien avec le Journal du dimanche.

«Ce qui se passe en Biélorussie, c’est une crise de pouvoir, un pouvoir autoritaire qui n’arrive pas à accepter la logique de la démocratie et qui s’accroche par la force. Il est clair que Loukachenko doit partir», déclare M. Macron, cité dimanche par le journal.

Le président français se dit également «impressionné par le courage des manifestants» en Biélorussie. «Ils savent les risques qu’ils prennent en défilant tous les week-ends et pourtant, ils poursuivent le mouvement pour faire vivre la démocratie dans ce pays qui en est privé depuis si longtemps», ajoute M. Macron, pour qui «les femmes en particulier, qui défilent tous les samedis, forcent le respect».

Plus de 90 personnes, pour la plupart des femmes, ont été arrêtées samedi lors de rassemblements de l’opposition, a indiqué une ONG.

Concernant le rôle du président russe Vladimir Poutine dans la recherche d’une solution à la crise politique après la réélection contestée le 9 août du président Loukachenko, M. Macron juge qu’on est encore loin du compte.

«Il se trouve que j’ai parlé à Vladimir Poutine le 14 septembre, le jour où il recevait Loukachenko à Sotchi. Je lui ai dit que la Russie a un rôle à jouer, et ce rôle peut être positif s’il pousse Loukachenko à respecter la vérité des urnes et à libérer les prisonniers politiques. C’était il y a quinze jours, nous n’y sommes pas», déclare ainsi le président français, cité par le journal.

Trump nomme la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême

Monde

Trump nomme la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême

Francesco Fontemaggi
Agence France-Presse
Jerome Cartillier
Agence France-Presse
WASHINGTON - Donald Trump a nommé samedi la juge conservatrice Amy Coney Barrett pour remplacer l’icône féministe Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des États-Unis, dans un climat de vives tensions à six semaines de la présidentielle.

«Ce soir, j’ai l’honneur de nommer l’une des juristes les plus brillantes et les plus douées du pays à la Cour suprême», a déclaré le président américain depuis les jardins de la Maison-Blanche.

«Vous allez être fantastique», a-t-il lancé en s’adressant à la juge de 48 ans, debout à ses côtés, avant de prédire une confirmation «rapide» de cette nomination par le Sénat.

Sauf énorme surprise, Amy Coney Barrett, catholique pratiquante opposée à l’avortement, viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé qui tranche les grands débats de la société américaine.

Le choix présidentiel devrait être rapidement validé par le Sénat, a majorité républicaine. Les auditions doivent débuter le 12 octobre, pour un vote espéré fin octobre, quelques jours avant l’élection du 3 novembre.

«C’est ma troisième nomination», a souligné, tout sourire, M. Trump qui aura, fait rare, désigné trois juges suprêmes -sur un collège de neuf- en un seul mandat.

Quelques minutes seulement après l’annonce de la nomination, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a appelé le Sénat à ne pas se prononcer avant la présidentielle du 3 novembre.

«Le Sénat ne devrait pas se prononcer (...) tant que les Américains n’auront pas choisi leur prochain président et leur prochain Congrès», a estimé l’ex-vice-président de Barack Obama.

En banlieue de Harrisburg, la capitale de Pennsylvanie, où l’ex-magnat de l’immobilier devait tenir un meeting de campagne dans la soirée, l’annonce de la nomination, retransmise sur grand écran devant les centaines de personnes déjà présentes, a été accueillie par des acclamations et des applaudissements.

«USA, USA, USA», a scandé la foule juste après l’annonce.

Appel à attendre

Dès le décès de «RBG», icône progressiste et féministe, Donald Trump a engagé au pas de course le processus pour ancrer durablement la Cour suprême dans le conservatisme, ses juges étant nommés à vie.

Tout le camp démocrate est vent debout, arguant qu’il devrait revenir au vainqueur de l’élection présidentielle de faire un choix si déterminant pour la société américaine.

La plus haute juridiction est en effet régulièrement appelée à trancher sur des questions ultrasensibles, comme l’avortement, le droit de porter des armes, la discrimination positive ou encore les litiges électoraux.

Pour la sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, la confirmation de cette juge «pousserait la Cour encore plus à droite» et «nuirait à des millions d’Américains», mettant notamment en danger l’assurance santé adoptée sous M. Obama.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a encore exhorté samedi le Sénat à «reporter le processus de confirmation» jusqu’au lendemain de l’investiture du prochain président, le 20 janvier.

Le sujet sera à coup sûr mardi soir au coeur du premier débat télévisé de la campagne entre Joe Biden, favori dans les sondages, et Donald Trump, qui mise en partie sur cette séquence pour refaire son retard.

Le choix d’Amy Coney Barrett, mère de sept enfants, professeure de droit et magistrate connue pour ses convictions religieuses traditionalistes, pourrait galvaniser l’électorat chrétien conservateur sur lequel Donald Trump s’est largement appuyé lors de son élection-surprise il y a quatre ans.

D’autant que malgré une majorité de juges déjà théoriquement à droite après deux nominations par l’ex-homme d’affaires new-yorkais, la Cour suprême avait infligé au début de l’été une série de revers au camp conservateur, sur l’interruption volontaire de grossesse comme sur les droits des minorités sexuelles et des jeunes migrants sans papiers.

La haute juridiction «crache à la figure des gens fiers de se considérer comme républicains ou conservateurs», avait alors pesté Donald Trump.

«ACB» après «RBG»

Amy Coney Barrett - «ACB», comme la surnomment certains médias - faisait déjà partie des favoris en 2018 pour la Cour suprême lorsque le président lui avait finalement préféré le juge Brett Kavanaugh.

«J’aime les États-Unis et j’aime la Constitution des États-Unis», a-t-elle déclaré lors d’une brève allocution au cours de laquelle elle a rendu un homme appuyé à Ruth Bader Ginsburg, qu’elle est appelée à remplacer.

«Elle a gagné l’admiration des femmes à travers et le pays et dans le monde entier», a-t-elle souligné.

Mais signe des tensions politiques qui traversent l’Amérique, c’est sous les huées de manifestants que Donald Trump était venu se recueillir jeudi devant la dépouille de Ruth Bader Ginsburg, exposée à l’entrée de la Cour suprême.

Une semaine tout juste après son décès, à 87 ans, «RBG» a reçu vendredi ses derniers hommages solennels au Capitole des États-Unis, en présence de Joe Biden et de sa colistière pour la vice-présidence, Kamala Harris.

«Aujourd’hui, la juge Ginsburg a marqué l’histoire une dernière fois», a tweeté l’ancien vice-président américain.

Elle sera inhumée dans l’intimité la semaine prochaine au cimetière national d’Arlington, près de Washington.

Attaque au hachoir à Paris: le suspect visait Charlie Hebdo et «assume»

Monde

Attaque au hachoir à Paris: le suspect visait Charlie Hebdo et «assume»

Wafaa ESSALHI
AFP - Agence France-Presse
PARIS - Le principal suspect dans l’attaque qui a fait deux blessés vendredi devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris a «assumé son acte» samedi, reconnaissant qu’il ciblait l’hebdomadaire satirique qui a récemment republié des caricatures du prophète Mahomet, selon des sources proches de l’enquête.

Interpellé par la police peu après l’attaque, cet homme de 18 ans qui déclare se nommer Hassan A. et être né en août 2002 à Mandi Bahauddin (Pakistan), «assume son acte qu’il situe dans le contexte de la republication des caricatures qu’il n’a pas supporté», a indiqué samedi l’une de ces sources.

Il pensait que les locaux visés étaient toujours ceux de Charlie Hebdo, selon cette même source.

Sa garde à vue, entamée vendredi à la mi-journée après son arrestation près de la place de la Bastille a été prolongée de 24 heures, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Huit autres personnes étaient toujours en garde à vue samedi en début de soirée dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet national antiterroriste: son petit frère, une connaissance, cinq hommes qui se trouvaient dans l’un de ses domiciles présumés en banlieue de Paris, et un ancien colocataire.

Il s’agit de comprendre «l’environnement» du principal suspect, selon la source proche du dossier, car «tout laisse à penser qu’il a agi seul».

Par ailleurs, une vidéo de plusieurs minutes «pas encore totalement authentifiée» montre un homme qui pourrait être, de manière «extrêmement probable» Hassan A.. Sur la vidéo, cet homme «chante, pleure, parle des caricatures du prophète et annonce son passage à l’acte dans une sorte de manifeste», détaille la source proche du dossier, qui insiste sur «l’absence d’un acte d’allégeance à une organisation».

Dans cette enquête ouverte par le parquet national antiterroriste pour «tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste», elle peut être prolongée et durer jusqu’à 96 heures, voire 144 heures dans certains cas.

L’attaque a eu lieu devant l’agence de presse Premières Lignes dont l’immeuble, situé dans l’Est parisien, est le même que celui qui abritait les locaux de Charlie Hebdo, lorsque la rédaction a été visée par un attentat meurtrier en 2015.

La rédaction de Charlie Hebdo qui a déménagé dans un lieu secret depuis quatre ans fait l’objet de nouvelles menaces depuis que cet hebdomadaire satirique a de nouveau publié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, pour l’ouverture du procès des complices des auteurs de l’attaque de 2015.

«Manifestement c’est un acte de terrorisme islamiste», a estimé vendredi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, déplorant «une nouvelle attaque sanglante contre notre pays».

«Un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme», a expliqué à l’AFP Paul Moreira, co-dirigeant de Premières Lignes.

Leur vie n’est cependant pas en danger, a assuré dès vendredi le premier ministre français Jean Castex, qui s’est rendu sur les lieux.

L’affaire a ravivé en France le douloureux souvenir de l’année 2015, marquée notamment par les attaques de janvier contre Charlie Hebdo, et celles, encore plus meurtrières, du 13 novembre à Paris.

«Discret» et «poli»

D’après M. Darmanin, le principal suspect, arrivé en France il y a trois ans alors qu’il était mineur, avait déjà été arrêté en juin en possession d’une arme blanche.

Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en région parisienne à son arrivée en France, il ne présentait «aucun signe de radicalisation» jusqu’à sa majorité, en août.

Présenté comme «itinérant» de sources concordantes, deux de ses domiciles présumés ont été perquisitionnés vendredi, un hôtel social à Cergy et un à Pantin, dans la banlieue nord de Paris.

Au total, neuf personnes sont actuellement en garde à vue.

À Pantin, les voisins du suspect l’ont décrit comme un jeune homme «discret» et «poli».

Un Algérien de 33 ans, rapidement interpellé près des lieux de l’attaque a été quant à lui relâché vendredi soir, mis «hors de cause» selon une source judiciaire.

«Il doit être présenté comme un héros, il a eu un comportement héroïque», a affirmé à l’AFP son avocate, Me Lucie Simon expliquant qu’il avait tenté d’arrêter l’agresseur.

L’attaque de vendredi est survenue pendant le procès des complices des frères Kouachi qui ont massacré 12 personnes le 7 janvier 2015, ouvrant une séquence noire de trois jours. Le lendemain un autre jihadiste, Amédy Coulibaly, tuait une policière en banlieue parisienne, puis quatre hommes de confession juive dans l’attaque d’un magasin casher à Paris. Tous trois seront abattus dans deux opérations distinctes le 9 janvier.

Depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France et qui a fait 258 morts, plusieurs ont été perpétrés à l’arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ou à Romans-sur-Isère (sud) en avril.

M. Darmanin a reconnu que la menace contre la rue Nicolas Appert, où a eu lieu l’attaque, avait été «sous-évaluée».

Trump devrait annoncer qu’il nomme Amy Coney Barrett à la Cour suprême

Monde

Trump devrait annoncer qu’il nomme Amy Coney Barrett à la Cour suprême

Associated Press
WASHINGTON - Le président américain Donald Trump devrait annoncer samedi soir qu’il nomme la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême des États-Unis pour combler le poste laissé vacant par le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg le 18 septembre dernier. Une cérémonie est prévue en soirée à la roseraie de la Maison-Blanche.

M. Trump souhaiterait ainsi laisser sa trace ainsi que la marque conservatrice sur le plus haut tribunal du pays, à quelques semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre.

Lors d’un rassemblement partisan vendredi soir dans la ville de Newport News en Virginie, Donald Trump a annoncé à la foule avoir fait son choix, sans dévoiler la candidature retenue afin de maintenir le suspense jusqu’à l’annonce officielle. Toutefois, la Maison-Blanche a levé le secret en indiquant aux républicains du congrès américain et à leurs alliés que le choix s’était arrêté sur madame Barrett.

«Je n’ai pas dit que c’était elle, mais elle est exceptionnelle», a dit le président Trump de la juge fédérale de l’Indiana.

L’aile très conservatrice des républicains a mis de l’avant une campagne publicitaire de plusieurs millions de dollars pour obtenir l’appui des électeurs dans ce processus, ce qu’ils espèrent permettra au président Donald Trump d’obtenir un deuxième mandat.

Ils tentent ainsi de détourner l’attention de la très libérale juge Ginsburg, un symbole de la défense des droits des femmes, vers une autre femme, la fervente conservatrice Amy Coney Barrett.

L'écrasement d’un avion en Ukraine fait 26 morts

Monde

L'écrasement d’un avion en Ukraine fait 26 morts

AFP
Agence France-Presse
TCHOUGOUïV - Vingt-six personnes, pour la plupart des élèves d’une école militaire, ont été tuées dans l’écrasement d’un avion de transport militaire vendredi lors d’un vol d’entraînement dans l’est de l’Ukraine, selon un dernier bilan.

«L’Ukraine a perdu 26 de ses fils», a déclaré samedi sur Facebook le président Volodymyr Zelensky, qui s’est rendu sur place, en décrétant une journée de deuil national samedi.

Le précédent bilan faisait état de 23 morts et deux disparus. Au total, l’avion transportait 27 personnes, sept membres d’équipage et 20 étudiants de l’université nationale de l’aviation de Kharkiv (est).

Deux étudiants ont survécu à la catastrophe, mais l’un d’eux, dans un état «extrêmement grave», est décédé samedi matin, selon le ministre de la Santé.

Le deuxième blessé souffre d’une commotion cérébrale, mais ses jours ne sont pas en danger, a-t-on appris de source hospitalière.

«Il est difficile de trouver les mots pour exprimer la douleur de cette perte», a ajouté sur Facebook le président Zelensky, affirmant qu’une enquête était en cours pour établir rapidement les causes de l’accident.

L’avion, un Antonov-26, s’est écrasé vendredi soir lors d’un vol d’entraînement à deux kilomètres de l’aéroport militaire de Tchougouïv, près de Kharkiv.

Selon de premières informations, le commandant de l’équipage qui pilotait l’appareil a signalé une panne de l’un des moteurs sept minutes avant l’écrasement et demandé de pouvoir atterrir d’urgence, ont indiqué dans un communiqué les services de sécurité ukrainiens (SBU).

Les étudiants n’étaient pas impliqués dans le pilotage, a ajouté le SBU.

Le ministre de la Défense Andriï Taran a affirmé que «l’avion a en toute vraisemblance touché le sol avec son aile», selon un communiqué de son ministère.

L’appareil avait été construit en 1977, mais pouvait encore voler trois ans sans rénovations, a assuré le ministre.

Plusieurs messages de condoléances ont été envoyés depuis vendredi par des leaders étrangers, dont le président polonais Andrzej Duda, le premier ministre canadien Justin Trudeau et le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell.

La ville de Tchougouïv compte 30.000 habitants et est située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Kharkiv. Elle est également à une centaine de kilomètres à l’ouest de la ligne de front qui sépare les territoires qui sont sous le contrôle du gouvernement ukrainien de ceux qui sont aux mains des séparatistes pro-russes.

L’Antonov An-26 est un avion de transport léger conçu en Ukraine à l’époque soviétique. Long de 24 mètres, il peut voler à une vitesse de croisière de 440 km/h.

Plusieurs avions militaires se sont écrasés en Ukraine lors de vols d’entraînement ces dernières années.

COVID-19: l’OMS redoute deux millions de morts, appels à un accès libre aux vaccins

Monde

COVID-19: l’OMS redoute deux millions de morts, appels à un accès libre aux vaccins

AFP
Agence France-Presse
GENÈVE — L’Organisation mondiale de la santé redoute désormais que la pandémie de COVID-19 fasse deux millions de morts si le monde ne se mobilise pas fortement, et les appels se multiplient pour partager équitablement de futurs vaccins.

La pandémie a déjà fait près d’un million de morts, sur plus de 32 millions de cas de contamination, dont sept millions aux États-Unis. Elle a plongé l’économie dans une récession sans précédent et contrainte à annuler ou retarder des évènements culturels et sportifs majeurs.

Interrogé à Genève sur la possibilité que le bilan final du Covid-19 atteigne deux millions de morts, un responsable de l’OMS a jugé l’hypothèse plausible.

« Si nous ne faisons pas tout ce qui est possible, le nombre dont vous parlez n’est pas seulement envisageable, mais malheureusement très probable », a estimé Michael Ryan, directeur des Situations d’urgence de l’OMS.

Pour tenter d’éviter cela, une course effrénée au vaccin a été lancée : il s’agit à la fois de mettre au point cette arme anti-coronavirus et pour chaque pays de s’assurer que sa population pourra disposer de doses suffisantes.

À l’Assemblée générale annuelle des Nations Unies, l’Amérique latine et l’Australie ont réclamé un accès libre aux futurs vaccins, alors que les États-Unis, l’Europe et le Japon ont déjà réservé plus de la moitié des doses qui seraient disponibles dans un premier temps.

« Quiconque trouve un vaccin doit le partager... c’est une responsabilité mondiale et une responsabilité morale », a affirmé vendredi le premier ministre australien Scott Morrison. Le monde « jugera très, très  sévèrement » ceux qui chercheront à tirer de cette crise « un avantage à court terme ou un profit », a-t-il averti.

L’Inde, le plus grand fabricant de vaccins au monde, utilisera ses ressources dans la lutte contre la pandémie « pour toute l’humanité », a promis samedi son premier ministre Narendra Modi, devant l’ONU.

« La production de vaccins de l’Inde et ses capacités de livraison seront utilisées pour aider toute l’humanité à combattre cette crise », a déclaré Narendra Modi, ajoutant que son pays aiderait aussi les pays « à améliorer leur chaîne du froid et leurs capacités de stockage ».

Accélération en Europe 

La pandémie continue de progresser.

Au total dans le monde, on a recensé 993 438 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP samedi.

La pandémie s’est légèrement accélérée cette semaine, avec 295 000 nouveaux cas par jour, soit 3 % de plus que la semaine précédente.

C’est en Europe que l’accélération a été la plus forte (+22 % par rapport à la semaine précédente).

Aux États-Unis, le pays le plus lourdement touché, l’épidémie stagne, mais à un niveau élevé : le nombre des contaminations a dépassé vendredi les 7 millions et plus de 203 500 personnes sont mortes du Covid-19 depuis février.

En Espagne, la région de Madrid s’apprête à étendre à de nouvelles zones les restrictions déjà en vigueur. À partir de lundi, 167 000 habitants supplémentaires — soit un peu plus d’un million de personnes — ne pourront sortir de leur quartier que pour des raisons précises : aller travailler, se rendre chez le médecin ou emmener leurs enfants à l’école.

Au Royaume-Uni, près de la moitié du Pays de Galles va faire l’objet d’un confinement local. Le ministre gallois de la Santé, Vaughan Getting, a annoncé qu’à partir de 18 h dimanche il serait interdit d’entrer dans les villes de Cardiff et de Swansea ou d’en sortir sans une raison valable, professionnelle ou scolaire par exemple. Les mêmes dispositions entreront en vigueur samedi à Llanelli.

Colère à Marseille

À Marseille, la deuxième ville de France, responsables politiques, entrepreneurs et commerçants sont descendus dans la rue vendredi pour protester contre la fermeture totale des bars et des restaurants décidée par le gouvernement.

La métropole de Marseille-Aix est désormais classée « zone d’alerte maximale ». Onze autres agglomérations, dont Paris, ont été placées par le gouvernement en « zone d’alerte renforcée », avec entre autres mesures la fermeture des bars à 22 heures.

La mairie de Moscou, confrontée à un nouvel essor des contaminations, a demandé vendredi aux habitants âgés de la capitale russe de se confiner et a appelé les entreprises de privilégier le télétravail.

En Birmanie, pays relativement épargné jusque présent et où le système de santé est l’un des plus précaires au monde, 6 000 personnes étaient placées en quarantaine à Rangoun et samedi, les médias officiels ont rapporté que sept nouveaux centres avaient été construits pour isoler 1 000 autres personnes.

En Israël, le gouvernement a annoncé vendredi de nouvelles restrictions sur les vols internationaux.

À l’inverse, le Pérou rouvrira le 5 octobre ses frontières aériennes à un certain nombre de pays, après sept mois de fermeture.

Et en Chine, la foule se pressait samedi au grand salon automobile de Pékin — le seul événement international du secteur cette année — au moment où les constructeurs automobiles cherchent de nouveau à attirer les clients malgré la pandémie.

La famille de Breonna Taylor réclame que les preuves soient rendues publiques

Monde

La famille de Breonna Taylor réclame que les preuves soient rendues publiques

Piper Hudspeth Blackburn
The Associated Press
Bruce Schreiner
The Associated Press
Angie Wang
The Associated Press
LOUISVILLE, Ky. - La famille de Breonna Taylor a exigé vendredi que les autorités du Kentucky publient toutes les vidéos, les documents de la police et les transcriptions des délibérations du grand jury qui a décidé de ne porter aucune accusation contre les policiers qui ont abattu la femme noire alors qu’elle dormait dans son appartement.

La décision du grand jury a provoqué la colère de ceux qui réclament justice pour Breonna Taylor depuis six mois, et les manifestants ont juré de rester dans les rues jusqu’à ce que les policiers impliqués soient congédiés ou que quelqu’un soit accusé de son meurtre.

Vendredi soir, un groupe hétéroclite de manifestants, dont la mère de Breonna Taylor, a défilé à Louisville. À un certain moment, les manifestants sont arrivés face à une rangée de policiers en tenue antiémeute qui ont tiré des grenades assourdissantes pour les faire reculer, mais les raisons de cette intervention musclée restaient floues.

Plus tôt vendredi, les avocats et la famille de Breonna Taylor se sont dits consternés que personne ne soit tenu responsable de la mort de la jeune femme.

«Je suis une femme noire en colère. Je ne suis pas en colère pour les raisons pour lesquelles vous voudriez que je le sois. Mais en colère parce que des femmes noires continuent de mourir aux mains des policiers - et des hommes noirs aussi», a écrit la mère de Breonna, Tamika Palmer, dans une déclaration lue par un membre de la famille.

Mme Palmer a aussi affirmé que l’ensemble du système de justice l’avait abandonnée et que le procureur général de l’État, Daniel Cameron, n’était que le dernier maillon de la chaîne qui comprend aussi l’enquêteur ayant demandé un mandat d’entrer sans avertissement chez sa fille, le juge qui l’a accordé et les policiers qui ont fait irruption dans l’appartement. Le mandat d’arrestation concernait un suspect qui ne vivait pas à cet endroit et aucune drogue n’a été trouvée dans l’appartement.

Entrés sans s’annoncer

Breonna Taylor a été atteinte par plusieurs balles tirées par des policiers blancs après que son petit ami, qui était aussi dans l’appartement, a tiré sur les agents qui sont entrés sans s’annoncer, d’après les autorités. Le petit ami a dit qu’il ne savait pas qui était entré et qu’il avait tiré en légitime défense.

Daniel Cameron, qui est le premier procureur général noir de l’État, a déclaré que les policiers n’avaient pas été accusés du meurtre de Breonna Taylor parce qu’ils avaient agi pour se protéger.

«J’espère que vous ne connaîtrez jamais la douleur de savoir que votre enfant a été assassiné», a déclaré Bianca Austin, qui portait la veste de technicienne médicale d’urgence de sa nièce en lisant la déclaration de Mme Palmer.

Le rassemblement dans un parc de Louisville, que les manifestants appellent désormais la «place de l’Injustice», s’est terminé par des papillons relâchés par la s?ur cadette de Breonna Taylor.

Un avocat de la famille, Sam Aguiar, a déclaré que toutes les vidéos captées par les caméras corporelles des policiers impliqués dans cette affaire devraient être rendues publiques, puisque l’enquête du procureur général est maintenant terminée.

Le gouverneur Andy Beshear, un démocrate, a également appelé le procureur général, un républicain, à rendre publiques toutes les preuves reliées à ce dossier.

Le cas de Breonna Taylor est devenu un cri de ralliement pour les manifestants de tout le pays qui dénoncent le racisme et exigent des réformes dans les pratiques des services de police.