Autour du globe, 14 novembre 2018

Monde

Au procès d'El Chapo, la défense le présente comme un «bouc émissaire»

NEW YORK — Joaquin «El Chapo» Guzman est un «bouc émissaire» du gouvernement mexicain, lequel a touché des millions de dollars de pots-de-vin de son cartel : c'est ce qu'a affirmé sa défense au premier jour de son procès à New York, tandis que l'accusation le dépeignait comme un vrai chef de gang.

«La vérité, c'est qu'il ne contrôlait rien», a affirmé Jeffrey Lichtman, avocat de M. Guzman, qui encourt la prison à perpétuité au terme de ce procès qui devrait durer plus de quatre mois au tribunal fédéral de Brooklyn.

Monde

Mali: l'ONU dénonce un «ignoble attentat» à Gao, où les Canadiens sont déployés

GAO, Mali — La mission de l'ONU au Mali dénonce un «ignoble attentat» à la voiture piégée ayant fait des morts et des blessés civils à Gao, où les militaires canadiens sont déployés.

Le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, s'est dit profondément indigné par une attaque «d'autant plus abjecte qu'elle a visé des civils».

Monde

Vandalisme en Thaïlande: une Canadienne échappe à la prison

Une touriste canadienne arrêtée dans le nord de la Thaïlande pour avoir vandalisé une muraille ancienne avec de la peinture en aérosol évite la prison, mais devra néanmoins payer une amende de 4000 $.

Brittney Schneider, originaire de Grande Prairie, en Alberta, a été arrêtée le 18 octobre avec Lee Furlong, un Britannique, après avoir vandalisé avec de la peinture un mur de la Tha Pae Gate - une muraille du 13e siècle qui encercle le coeur de la ville de Chiang Mai.

Accusés d’avoir vandalisé un artéfact ancien, les deux touristes risquaient une peine maximale de 10 ans de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 40 000 $.

Brittney Schneider, qui a eu 23 ans plus tôt ce mois-ci, avait déjà déclaré qu’elle était «ridiculement saoule» lorsque son ami et elle ont trouvé un contenant de peinture en aérosol et l’ont ramassé.

Ils ont tous deux comparu devant un tribunal de la Thaïlande lundi.

«Nous sommes entrés et le juge a dit nos noms et nous nous sommes levés», a raconté Mme Schneider, jointe par La Presse canadienne à Chiang Mai. «Au début, elle nous avait condamnés à deux ans de prison et à une amende de 100 000 bahts (4000 $ CAN). Puis elle a fait une pause et a réduit la peine à un an de prison et à la même amende.»

«Je l’ai regardée et j’ai dit: «La prison?» Et elle a réduit la peine à une condamnation avec sursis d’un an et à une amende de 100 000 bahts.»

Le jeune Canadienne a dit qu’elle avait failli s’évanouir en entendant la juge la condamner initialement à la prison.

Elle a affirmé qu’elle avait beaucoup appris au cours du dernier mois.

«Je suis vraiment désolée pour ce que j’ai fait à tout le monde en Thaïlande», a-t-elle déclaré. «J’ai appris qu’il fallait faire des recherches sur un pays avant de s’y rendre et comprendre sa culture et les choses qui y sont importantes - comme les monuments, les temples et tout ça - avant de partir.»

Brittney Schneider ne sait pas encore quand elle pourra rentrer chez elle. Son ami britannique et elle doivent attendre que le tribunal envoie des documents aux autorités de l’immigration indiquant que leur dossier est clos.

Sa mère, Tara Schneider, et sa tante se trouvent en Thaïlande depuis que les accusations ont été portées. Mme Schneider s’est dite soulagée de pouvoir bientôt ramener sa fille à la maison.

Brittney Schneider espère que les autres apprendront de son expérience.

«Je suis vraiment désolée pour ce que j’ai fait», a-t-elle assuré. «J’espère que les autres personnes qui ont vu mon histoire pourront apprendre de mon erreur et ne pas faire la même chose.»

Monde

L'homme qui ne voulait pas laisser brûler son coin de Paradise

PARADISE, Californie — «On était prêts à s'enfuir quand on a su que le feu venait, mais je ne pouvais pas laisser ma mère», témoigne Brad Weldon, 63 ans, devant sa maison intacte, oasis de verdure au cœur des rues calcinées de Paradise, en Californie.

Bouc grisonnant, t-shirt noir et foulard aux couleurs du drapeau américain noué sur le crâne, le charpentier à la retraite ne devrait plus être là. Les autorités ont ordonné aux quelque 26 000 habitants d'évacuer dès jeudi matin, avant que les flammes ne balayent la ville.

Monde

Miracle naturel surexploité, le lac de Tibériade s’assèche

EIN GEV - Jadis à Ein Guev, les Israéliens étalaient leurs serviettes sur l’herbe verte, au bord du lac de Tibériade. Aujourd’hui, s’ils veulent rester sur le rivage, ils doivent planter leurs parasols sur une plage de sable, apparue à cause de l’assèchement de cette étendue d’eau.

«Chaque fois que nous venons, nous ressentons un pincement au coeur», reconnaît Yaël Lichi, 47 ans, habituée des lieux avec sa famille depuis 15 ans. «Ce lac est un symbole en Israël: dès qu’il y a une sécheresse, c’est de lui qu’on parle en premier», relève-t-elle. Le journal Haaretz documente d’ailleurs quotidiennement le niveau de ses eaux en dernière page.

Devant Yaël Lichi, les bateaux en bois de pèlerins chrétiens dessinent une étrange chorégraphie sur les eaux transparentes. Les groupes viennent du monde entier visiter le lac, situé à 200 mètres sous le niveau de la mer, où Jésus aurait marché sur l’eau et multiplié les pains.

Pour Israël, ce réservoir de 160 km carrés est vital. Il a longtemps été la principale source d’eau du pays et son assèchement, apparemment inexorable, inquiète. Deux îles sont apparues cet été à la surface des eaux.

Depuis 2013, «nous sommes en dessous de la ligne rouge basse», au-delà de laquelle «la salinité augmente, les poissons ont du mal à survivre et la végétation est affectée», explique à l’AFP Amir Givati, hydrologue à l’Autorité israélienne de l’eau.

Le niveau est tout juste 22 cm au-dessus du record de sécheresse de 2001. Sauf qu’à cette époque, 400 millions de mètres cubes étaient prélevés chaque année pour irriguer le reste du pays.

«Cette année, nous n’avons pompé que 20 millions de mètres cubes», dit Amir Givati, en plus des 50 millions de mètres cubes versés par Israël au voisin jordanien dans le cadre des accords de paix.

Facteurs humains

Une centaine de kilomètres plus au sud, le long du Jourdain, la mer Morte, autre vaste étendue d’eau en Israël, a perdu un tiers de sa surface depuis 1960 et continue de baisser de plus d’un mètre par an. Le Jourdain n’est plus qu’un filet saumâtre, du fait de la surexploitation, mais aussi parce qu’Israël le régule grâce à un barrage au sud du lac de Tibériade.

Les experts sont formels: même des précipitations au-dessus de la moyenne durant l’hiver ne suffiront pas à sauver le lac de Tibériade de dommages irréversibles.

Au ministère de l’Eau, on déplore les cinq années de sécheresse qui ont épuisé les réserves dans le nord du pays. Mais «les facteurs climatiques seuls ne suffisent pas à expliquer (cette) baisse record», objectent Michael Wine, Alon Rimmer et Jonathan Laronne, chercheurs à l’université Ben Gourion, dans le sud d’Israël.

Le réservoir s’épuise

Les Israéliens ont construit dans les années 50, à une époque où leur jeune pays promettait de «faire fleurir le désert», un immense aqueduc qui acheminait l’eau du lac vers le reste du pays.

«Le lac de Tibériade était utilisé comme un réservoir national», explique Julie Trottier, universitaire spécialiste de l’eau dans le secteur. L’aqueduc irriguait la côte méditerranéenne à l’ouest et le désert du Néguev au sud.

Aujourd’hui, faute d’eau, l’aqueduc n’est plus utilisé. Désormais, la majorité des foyers à l’ouest consomment de l’eau dessalée de la Méditerranée et les champs sont irrigués grâce au recyclage des eaux usées traitées.

Mais la région du lac ne profite toujours pas du dessalement de l’eau de mer, regrette Orit Skutelsky, coordinatrice à la Société pour la Protection de la Nature en Israël (SPNI). Aussi les agriculteurs locaux, grands consommateurs d’eau, s’en remettent-ils aux cours d’eau qui fournissent 90% des apports du lac.

Des dizaines de pompes prélèvent chaque année près de 100 millions de mètres cubes dans ces sources dont le débit a diminué, parfois de moitié, et qui ne sont plus assez vigoureuses pour alimenter correctement le lac, dit la chercheuse.

À quelques kilomètres des plages d’Ein Guev, au pied des collines rocailleuses, d’immenses filets cachent des plantations de bananes, un fruit très rentable, car il peut être récolté toute l’année.

«Quand ils ont commencé à planter les bananiers, il n’y avait pas de problème d’eau» contrairement à maintenant, indique Meir Barkan, le directeur du tourisme du village de vacances d’Ein Guev.

Plus avec moins

Faute de ressources hydrauliques suffisantes, Eran Feitelson, professeur de géographie à l’Université hébraïque de Jérusalem, estime qu’il faut désormais choisir entre d’un côté l’agriculture et le tourisme, gourmands en eau, mais qui font vivre toute la région, et de l’autre, la préservation de la nature.

Lior Avishai, agronome au centre de recherche Zemach Nisyonot, est lui d’avis qu’on peut trouver une solution technologique qui utilise moins d’eau pour faire pousser des cultures.

Les autorités proposent de leur côté d’approvisionner Tibériade en eau dessalée via l’aqueduc, depuis la mer jusqu’au lac. Deux solutions sont à l’étude: déverser directement l’eau dessalée dans le lac ou la déverser en amont, afin qu’elle alimente les cours d’eau qui se jettent dans le lac.

Pour Menahem Lev, 59 ans dont 39 à pêcher dans le lac, l’affaire n’a que trop traîné. Il exhibe un saint-pierre, le poisson emblématique des eaux du Tibériade, qu’il vient de retirer de ses filets, à peine plus gros que sa main.

«La solution ne peut venir que du gouvernement. Ou du ciel», suggère-t-il. Il pointe vaguement le port à moitié à l’abandon où les bateaux de pèlerins ne peuvent plus accoster, forçant les visiteurs à débarquer à même la berge. «J’ai vraiment honte quand les touristes voient le lac dans cet état!», se désole-t-il.

Affaires

Londres et Bruxelles parviennent à un projet d'accord de divorce

LONDRES - Les négociateurs du Royaume-Uni et de l’Union européenne ont conclu un accord de divorce préliminaire qui sera soumis à l’approbation des politiciens des deux camps, ont annoncé mardi des responsables à Londres et à Bruxelles.

Après un an et demi de pourparlers difficiles, de faux départs et de revers, les négociateurs ont convenu de propositions visant à résoudre le principal problème en suspens: la frontière irlandaise.

Le bureau de la première ministre britannique Theresa May a annoncé que le cabinet tiendrait une réunion spéciale mercredi pour examiner la proposition. Son soutien n’est pas garanti: les ministres pro-Brexit pressent Mme May de ne plus faire de concessions à l’UE.

Les ambassadeurs des 27 autres pays de l’UE doivent également se réunir mercredi à Bruxelles.

Mme May avait annoncé plus tôt mardi qu’un «petit nombre» de problèmes restaient à résoudre dans les négociations sur le Brexit, alors que son adjoint, David Lidington, déclarait que les deux parties étaient «presque à portée de main» d’un accord.

Le Royaume-Uni veut sceller un accord cet automne, afin que le Parlement ait le temps de voter avant que Londres ne quitte l’union le 29 mars. Le Parlement européen doit également approuver tout accord.

L’obstacle principal a longtemps été de s’assurer qu’il n’y aurait pas de postes douaniers ou d’autres contrôles le long de la frontière entre l’Irlande du Nord britannique et l’Irlande après le Brexit.

Le radiodiffuseur national irlandais RTE rapporte que le projet d’accord implique un régime douanier commun pour le Royaume-Uni et l’UE, afin d’éliminer la nécessité de contrôles aux frontières.

Toutefois, les membres pro-Brexit du cabinet font pression sur Mme May pour qu’elle refuse tout accord qui lierait le Royaume-Uni aux règles commerciales de l’UE indéfiniment.

Pire que le statu quo?

Mme May fait également face à l’opposition croissante de parlementaires pro-européens, qui affirment que son projet de contrat sur le Brexit est pire que le statu quo et que le public britannique devrait obtenir un nouveau vote sur la pertinence de partir ou de rester.

S’il n’y a pas d’accord prochain, les entreprises britanniques devront commencer à mettre en ?uvre des plans d’urgence pour un Brexit «sans entente», des mesures qui pourraient inclure la suppression d’emplois, le stockage de marchandises et le déplacement de la production et des services hors du Royaume-Uni.

Même avec de telles mesures en place, le gouvernement britannique a prévenu que le fait de sortir de l’UE sans conclure d’accord pourrait entraîner de graves perturbations économiques, en raison du blocage des ports et de la perturbation des approvisionnements en aliments, en biens et en médicaments.

Avertissements de l'UE

Mardi, la Commission européenne a publié une série de notes décrivant les changements dans de nombreux domaines en cas de Brexit sans accord. On faisait notamment état de perturbations majeures pour les particuliers et les entreprises: les permis des camionneurs britanniques ne seraient plus valables dans l’UE, les transporteurs aériens britanniques ne bénéficieraient plus de droits de trafic et même l’eau minérale britannique ne serait plus reconnue comme telle par l’UE.

L’UE a annoncé mardi qu’elle proposait aux citoyens britanniques d’entrer sur le territoire européen sans visa, même s’il n’y avait pas d’accord, mais seulement si le Royaume-Uni rend la pareille aux citoyens de l’UE.

«Nous devons nous préparer à toutes les options», a déclaré Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne. Sur un accord, il a déclaré: «Nous n’y sommes pas encore.»

Les chiffres officiels suggèrent que le Brexit a déjà un impact sur la main-d’oeuvre britannique.

L’Office for National Statistics a indiqué que le nombre de citoyens de l’UE travaillant dans le pays - 2,25 millions - avait diminué de 132 000 au cours des trois mois se terminant en septembre par rapport à l’année précédente. C’est la chute annuelle la plus importante depuis le début des données comparables en 1997.

Cette chute est principalement attribuable à la diminution du nombre de travailleurs originaires de huit pays d’Europe de l’Est qui ont rejoint l’UE en 2004.

Jonathan Portes, professeur d’économie au King’s College de Londres, a estimé que la perspective du Brexit «a clairement fait du Royaume-Uni un lieu beaucoup moins attrayant où vivre et travailler pour les Européens».

Monde

CNN poursuit Trump

NEW YORK — Nouvelle étape dans le bras de fer entre Donald Trump et CNN : la chaîne a attaqué mardi en justice l’administration Trump pour avoir supprimé l’accréditation d’un de ses journalistes après un échange houleux avec le président, la Maison-Blanche criant de son côté à la «démagogie».

Le juge Timothy Kelly a demandé à la Maison-Blanche de donner une réponse avant 11h00 mercredi et a fixé une audience pour 15h30 locales.

Le juge Kelly a été nommé dans ses fonctions actuelles par Donald Trump l’année dernière.

CNN avait annoncé avoir «assigné l’administration Trump en justice devant un tribunal fédéral de Washington». «Elle demande le rétablissement de l’accréditation de son correspondant en chef à la Maison-Blanche Jim Acosta», a indiqué une des journalistes de la chaîne.

«Il est très clair que la décision (de retirer l’accréditation) a été prise sur la base du contenu de sa couverture» et porte atteinte au Premier amendement sur la liberté d’expression, a déclaré en direct Ted Boutrous, l’avocat de CNN.

Donald Trump «a plusieurs fois attaqué et défié CNN et M. Acosta», a-t-il ajouté. «On ne peut pas accepter que la Maison-Blanche jette les gens dehors juste parce qu’elle n’aime pas ce qu’ils couvrent.»

«C’est encore de la démagogie de la part de CNN, et nous allons nous défendre vigoureusement», a répliqué la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders dans un communiqué, en soulignant que CNN détenait au total près de 50 accréditations.

CNN, dont la relation conflictuelle avec Donald Trump est une constante depuis l’arrivée du milliardaire à la Maison-Blanche, a assuré avoir tout fait pour éviter d’aller devant les tribunaux, intercédant depuis vendredi auprès de l’administration Trump pour qu’elle réinstaure l’accréditation supprimée.

«Une personne horrible!» 

«La Maison-Blanche a en gros ignoré nos demandes. Nous n’avions pas d’autre choix que de les assigner en justice», a assuré M. Boutrous.

La Maison-Blanche avait annoncé le retrait de l’accréditation de Jim Acosta, une sanction inédite, après un échange particulièrement houleux mercredi dernier entre le journaliste et le président, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche.

M. Acosta avait, dans ses questions, critiqué notamment la façon dont M. Trump avait, pendant la campagne pour les législatives américaines du 6 novembre, présenté comme une menace la «caravane» de plusieurs milliers de migrants centraméricains faisant marche vers la frontière américano-mexicaine.

«Vous êtes très impoli et une personne horrible!», avait rétorqué Donald Trump, en réponse au refus du journaliste de rendre le micro, après avoir posé plusieurs questions.

La Maison-Blanche avait ensuite annoncé la suspension de l’accréditation de M. Acosta «jusqu’à nouvel ordre», en la justifiant non par les questions insistantes de Jim Acosta, mais par ce qu’elle avait présenté comme son comportement déplacé envers une jeune stagiaire chargée de récupérer le micro.

Mardi, la Maison-Blanche n’a pas repris cet argument, soulignant uniquement le refus de Jim Acosta de rendre le micro après plusieurs questions.

«Le Premier amendement n’est pas honoré lorsqu’un seul journaliste, sur plus de 150 présents, tente de monopoliser la parole», a estimé Sarah Sanders. «S’il n’y a pas de sanction pour ce genre de comportement, cela nuit à la capacité du président, du personnel de la Maison-Blanche et des membres des médias de faire leur travail».

«Ennemis du peuple»

Depuis son arrivée au pouvoir, le président américain critique en particulier CNN - mais aussi de nombreux autres médias américains, la chaîne conservatrice Fox News exceptée - pour leur couverture qu’il considère comme négative de sa présidence.

Il a qualifié à plusieurs reprises les médias d’«ennemis du peuple».

L’association des journalistes de la Maison-Blanche a indiqué mardi «soutenir fermement» CNN dans cette affaire.

Révoquer l’accréditation «constituait une réaction disproportionnée aux évènements de mercredi», a indiqué l’association dans un communiqué. «Le président des États Unis n’a pas à choisir les hommes ou les femmes qui le couvrent.»

L’institut Knight de l’université Columbia, spécialisé dans la défense de la liberté de la presse, a également estimé que l’assignation en justice était «entièrement justifiée».

En attendant une réaction de Donald Trump lui-même, CNN a rediffusé des extraits d’un enregistrement audio du milliardaire, lorsqu’il n’était encore que candidat à la présidence, mais déjà très critique des médias, au point de bannir plusieurs médias de ses rassemblements électoraux.

Dans cet enregistrement, il assurait que s’il était élu président des États-Unis, ce serait différent, il ne prendrait jamais une telle mesure.

L’avocat de CNN a indiqué espérer obtenir très vite une injonction temporaire de restitution de l’accréditation de M. Acosta, en attendant une décision à plus long terme.

Monde

Donald Trump s’en prend avec virulence à la France et à Emmanuel Macron

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a raillé sur Twitter mardi la «très faible cote de popularité» de son homologue français, dans une série de messages assez agressifs contre son allié, deux jours après son retour de Paris pour le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

«Le problème est qu’Emmanuel Macron souffre d’une très faible cote de popularité en France, 26%, et un taux de chômage à près de 10%», a écrit le locataire de la Maison-Blanche.

«Il n’y a aucun pays plus nationaliste que la France, des personnes très fières-à juste titre», a-t-il poursuivi avant d’écrire, dans un autre tweet et en lettres capitales, «MAKE FRANCE GREAT AGAIN», en écho à son slogan de campagne, «Rendre à l’Amérique sa grandeur».

La présidence française s’est refusée à commenter cette série de tweets.

Le président américain a tweeté à cinq reprises mardi à propos de la France et d’Emmanuel Macron, ironisant sur l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale pour justifier son opposition à la création d’une armée européenne et s’en prenant aux pratiques commerciales de son allié historique.

Une série de tweets acerbes, en contraste avec la proximité affichée autrefois par les deux hommes, notamment au cours de la visite d’Etat de M. Macron à Washington en avril.

«Emmanuel Macron a suggéré la création de leur propre armée pour protéger l’Europe contre les États-Unis, la Chine et la Russie. Mais c’était l’Allemagne dans la Première et la Seconde Guerre mondiale», a écrit le président américain après avoir passé le week-end en France pour commémorer, avec de nombreux chefs d’État, le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

«Comment ça a marché pour la France? Ils commençaient à apprendre l’allemand à Paris avant que les États-Unis n’arrivent», a-t-il ironisé, faisant référence, sur un ton moqueur, à l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le président Macron a proposé la semaine dernière la création d’une «véritable armée européenne» pour protéger le Vieux Continent. Il a également évoqué la nécessité de se «protéger de la Chine, de la Russie et même des États-Unis d’Amérique» dans le domaine du cyberespace.

Vendredi, à peine arrivé à Paris pour ces commémorations, il avait déjà dénoncé, avec virulence sur Twitter, cette idée du président français.

Dans sa série de messages, M. Trump a également tenu à justifier l’annulation samedi d’un déplacement prévu au cimetière américain de Bois Belleau, dans le nord de la France en raison du mauvais temps, une décision qui avait suscité interrogations et critiques.

«Quand l’hélicoptère ne pouvait pas voler pour le premier cimetière en France à cause d’une visibilité proche de zéro, j’ai suggéré la voiture. Le Secret Service (le service de protection de la Maison-Blanche) a répondu NON», a écrit M. Trump.

Le dirigeant américain s’en est aussi pris, sur le terrain commercial, à la France.

«Le problème est que la France rend la tâche très difficile aux États-Unis de vendre son vin en France et applique des tarifs élevés alors que les États-Unis rendent ça facile pour les vins français et appliquent de très bas tarifs», a-t-il accusé, appelant au changement.

Monde

Le procès d’El Chapo entre dans le vif du sujet

NEW YORK — Après la sélection des jurés la semaine dernière, le procès du narcotrafiquant mexicain Joaquin «El Chapo» Guzmán entre mardi dans le vif du sujet avec les plaidoiries de la défense et de l’accusation, dans un tribunal de Brooklyn placé sous haute surveillance.

La justice américaine présente «El Chapo», 61 ans, comme l’un des barons de la drogue les plus dangereux qu’elle ait jamais eu entre ses mains.

Il est accusé d’avoir dirigé de 1989 à 2014 le puissant cartel de Sinaloa, du nom des montagnes au nord-ouest du Mexique d’où est originaire El Chapo.

Les procureurs américains affirment que, sous sa direction, le cartel a expédié aux États-Unis plus de 154 tonnes de cocaïne, pour une valeur estimée à 14 milliards $.

Depuis son extradition aux États-Unis en janvier 2017, Guzman, qui risque la prison à perpétuité, est l’objet de conditions de détention très strictes, dues à deux précédentes évasions rocambolesques au Mexique, en 2001 et 2015.

Aucun risque

La liste des témoins — ex-associés, employés ou rivaux d’El Chapo — appelés à témoigner est aussi tenue secrète.

Certains bénéficient de la protection du gouvernement américain, et vivent aujourd’hui sous de nouvelles identités. D’autres sont détenus dans des prisons spéciales pour empêcher toutes représailles.

Et le juge fédéral Brian Cogan a montré jeudi qu’il ne prendrait aucun risque. Il a refusé une requête d’El Chapo qui demandait à pouvoir étreindre brièvement sa femme, Emma Coronel, avant le début des plaidoiries ce mardi.