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Monde

Des policiers blessés en marge d’une manif à Hong Kong

HONG KONG — Plusieurs policiers hongkongais ont été passés à tabac par des manifestants radicaux dimanche, en marge d’un nouveau rassemblement pour réclamer des réformes démocratiques, dans un quartier commerçant du centre de l’île de Hong Kong.

Les violences ont commencé après l’ordre de dispersion donné par la police aux protestataires sur la place de Chater Garden, dans le quartier de Central.

Des policiers en civil qui parlementaient avec les organisateurs de ce rassemblement ont été attaqués par des manifestants masqués qui les ont frappés avec des parapluies, a observé un journaliste de l’AFP sur place.

Au moins deux de ces agents avaient le visage en sang, tandis que plusieurs de leurs collègues tentaient de les protéger.

La police antiémeute est ensuite intervenue, tirant des grenades lacrymogènes pour disperser la foule.

Un des organisateurs de la manifestation, Ventus Lau, a été arrêté sous l’accusation d’avoir fait obstruction à l’action des policiers, ont annoncé la police et d’autres leaders du mouvement de contestation.

Il avait peu auparavant estimé que les membres des forces de l’ordre étaient les principaux responsables des heurts, car ils mettent trop de temps selon lui à décliner leur identité.

D’autres personnes ont été interpellées, y compris un manifestant qui avait la nuque ensanglantée.

«Nous condamnons fermement tous les émeutiers et tous les actes violents», a réagi devant la presse le porte-parole de la police locale Ng Lok-chun.

Hong Kong est depuis juin 2019 le théâtre d’une crise politique sans précédent depuis sa rétrocession par le Royaume-Uni à la Chine en 1997.

Le mouvement de contestation est né du rejet d’un projet de loi qui devait permettre d’autoriser les extraditions vers la Chine et a depuis été enterré. Les protestataires ont étoffé leurs revendications pour exiger des réformes démocratiques et dénoncer les ingérences de la Chine dans les affaires de cette région semi-autonome.

La fréquence et l’intensité des manifestations ont diminué ces derniers mois. Mais les signes de colère demeurent omniprésents, se matérialisant notamment par les multiples graffitis sur les murs de la ville.

«Défendons Hong Kong! Battons-nous pour la liberté!» scandaient les manifestants dimanche, pour la plupart vêtus de noir et masqués afin d’éviter d’éventuelles poursuites ultérieures.

Certains agitaient des drapeaux américains ou britanniques, d’autres des bannières bleues réclamant «l’indépendance» pour Hong Kong.

De nombreuses familles étaient présentes avec des enfants, dans une ambiance très pacifique avant que la police n’ordonne à la foule de partir.

Les manifestants exigent notamment une enquête indépendante sur ce qu’ils présentent comme des actes de brutalité policière pendant les manifestations, mais aussi l’organisation d’élections libres ou encore une amnistie pour les milliers de personnes arrêtées depuis juin.

Mais la Chine comme l’exécutif hongkongais dirigé par Carrie Lam se sont refusées à toute concession supplémentaire.

Monde

Un troisième mort et près de 140 nouveaux cas du mystérieux virus en Chine

PÉKIN — La Chine a annoncé lundi un troisième mort et près de 140 nouveaux cas du mystérieux virus, analogue au SRAS, alimentant d’autant les inquiétudes à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel An chinois.

Le bilan est ainsi monté à 201 cas diagnostiqués, dont 170 patients toujours hospitalisés. Neuf d’entre eux sont dans un état critique, d’après les autorités sanitaires de la ville de Wuhan.

Dans cette grande agglomération du centre de la Chine où le virus a fait son apparition, 136 nouveaux cas ont été répertoriés durant le week-end. S’y ajoutent deux nouveaux cas à Pékin, pour la première fois depuis la découverte de ce virus, et un dans la province méridionale du Guangdong.

Les deux cas dans la capitale concernent des personnes qui s’étaient rendues à Wuhan et qui, dans un état stable, sont traitées pour une pneumonie, d’après les autorités du district de Daxing (sud de Pékin).

Dans le Guangdong, même chose : le patient, un homme de 66 ans, avait rendu visite à des proches à Wuhan, d’après les autorités sanitaires régionales.

Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

L’épidémie intervient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, période durant laquelle des centaines de millions de personnes voyagent pour rendre visite à leur famille.

Monde

Le prince Harry déchu de son titre avec «grande tristesse»

LONDRES — C’est avec «une grande tristesse», mais sans avoir «d’autre choix» qu’il a pris la décision de se mettre en retrait de la monarchie britannique, a finalement confié dimanche soir le prince Harry dans un discours aux accents intimes.

«La décision que j’ai prise pour ma femme et moi n’a pas été prise à la légère» mais après «des mois de pourparlers, suivant des années de défis», s’est justifié dimanche le duc de Sussex auprès des invités d’un dîner de charité à Londres.

Dans cette première prise de parole publique sur le sujet depuis l’annonce de sa mise en retrait, il s’est excusé de ne «pas avoir toujours bien fait les choses», sans préciser lesquelles.

«Nous espérions continuer à servir la reine, le Commonwealth et mes associations militaires, mais sans financement public. Malheureusement, cela n’a pas été possible», a-t-il expliqué.

La presse britannique, qui met cet épisode à la une dans ses éditions de lundi, a mis l’accent sur la peine ressentie par le rejeton royal, «dévasté» selon le Daily Express.

Certains journaux se projettent dans la nouvelle vie du couple au Canada, qui pourrait se lancer dans la production télévisuelle. «Duc et duchesse de Netflix?» s’interroge par exemple le Daily Mail.

Harry, 35 ans, et sa femme Meghan, 38 ans, avaient révélé le 8 janvier qu’ils souhaitaient prendre leur indépendance financière et s’installer en Amérique du Nord avec leur fils Archie. Sans avoir prévenu la grand-mère et le père de Harry, Elizabeth II et le prince Charles.

Si le duc et la duchesse de Sussex souhaitaient initialement garder un pied dans la famille royale, la reine les a vite détrompés en annonçant samedi soir qu’ils devraient renoncer à utiliser «leur titre d’altesse royale, étant donné qu’ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale».

«Megxit dur» 

Les tabloïds, qui les accusaient de «vouloir le beurre et l’argent du beurre», se sont félicités du fait que le duc et la duchesse, désormais délivrés de leurs «obligations royales», ne pourraient plus «formellement représenter la reine». Le Sunday Mirror s’est félicité que «la reine ordonne un Megxit dur», en référence au Brexit prévu pour le 31 janvier.

La relation houleuse du couple avec les journaux britanniques, que Harry a qualifiés de «force puissante» dans son discours dimanche, a pesé dans sa décision de se mettre en retrait. Accusée de racisme envers l’actrice américaine métisse, la presse à sensation attaquait régulièrement Meghan avec des articles au vitriol.

Pour l’expert en protocole de la famille royale Alastair Bruce, interrogé par le Sun, la reine a réglé la question d’une «poigne de fer» et l’abandon du titre d’altesse royale équivaut à «une abdication», puisque Harry se retrouve ainsi rétrogradé au même rang que trente autres ducs britanniques.

Si le couple conservera ses titres de duc et duchesse de Sussex, il renonce en revanche à son allocation royale et devra rembourser certaines dépenses publiques dont il a bénéficié, notamment les 2,3 millions d’euros employés à rénover leur résidence au Royaume-Uni.

«C’est absolument sans précédent», a estimé dans le Sun Dickie Arbiter, ancien secrétaire de presse royal, notant qu’«aucun membre de la famille royale n’a jamais remboursé de l’argent», même ceux qui avaient déjà été privés de leur statut d’altesse royale.

Le Daily Telegraph a affirmé que face au coût du changement radical de vie du couple, le prince Charles allait soutenir financièrement son fils pendant au moins un an. L’argent doit «venir de ses revenus tirés d’investissements privés», selon le journal.

Noyau de membres 

Avant le jeune prince, qui va déchoir de sa sixième place dans l’ordre de succession au trône britannique, sa mère Lady Diana avait elle aussi perdu ce statut après avoir divorcé de Charles en 1996. Mais il s’agissait là d’un «titre honorifique», obtenu par le mariage. C’est en revanche la toute première fois qu’un Windsor de naissance se voit privé de ce statut.

Nombre de commentateurs dressent un parallèle avec l’abdication du roi Edouard VIII en 1936, qui en épousant une Américaine divorcée avait renoncé au trône. Celui-ci n’avait en fait pas perdu son titre, se voyant simplement rétrogradé de «Sa majesté le Roi» à «Sa majesté royale le Duc de Windsor».

La décision d’Elizabeth II marque ainsi un tournant dans l’histoire d’une des plus anciennes institutions britanniques, ouvrant une ère de nouveau fonctionnement resserré autour de la branche aînée uniquement.

Le prince Charles, qui se prépare à prendre la suite de sa mère âgée de 93 ans, avait déjà fait part de sa volonté de «ramener (la famille) à un noyau de membres haut placés qui travaillent à plein temps».

Fin 2019, le scandale sur les relations du prince Andrew avec le financier américain Jeffrey Epstein accusé de trafic de mineures, avait obligé celui-ci à se mettre en retrait et ouvert la voie. En retirant à Harry et Meghan leur statut, la reine vient d’y poser un premier relais.

Beaucoup d’experts royaux s’attendent désormais à une baisse du train de vie pour la famille, dont de nombreux membres disposent d’un rang valant rémunération.

D’un point de vue affectif, «Harry, Meghan et Archie resteront des membres très chers de ma famille», a cependant souligné Elizabeth II. «J’aurai toujours le plus grand respect pour ma grand-mère, mon commandant en chef», lui a répondu dimanche soir le duc de Sussex, ému.

Interrogé par Sky News, le premier ministre Boris Johnson s’est dit convaincu de la capacité de «la famille royale à trouver un moyen d’aller de l’avant», souhaitant aux Sussex «tout le meilleur pour leur avenir».

Les décisions du palais doivent prendre effet au printemps.

Autour du globe, 20 janvier 2020

Monde

Paraguay: près de 80 prisonniers s’évadent par un tunnel

ASUNCION — Près de 80 prisonniers, pour la plupart membres de la plus importante bande de trafiquants d’armes et de drogue du Brésil, se sont évadés dimanche d’une prison au Paraguay par un tunnel, apparemment creusé avec la complicité des gardiens, ont annoncé les autorités.

L’évasion de la prison de Pedro Juan Caballero, située à la frontière avec le Brésil, «a eu lieu dimanche matin par un tunnel» creusé par les détenus, a annoncé la commissaire Elena Andrada, porte-parole de la police.

Il s’agit de près de 80 prisonniers paraguayens et brésiliens, en majorité membres de l’organisation Primer Comando de la Capital (PCC).

Digne d’un film

Selon la commissaire Andrada, l’évasion est digne d’un film d’action à suspense. «Ils ont aménagé un tunnel comme on peut en voir dans les films, avec un éclairage intérieur, à partir de sanitaires de la prison», a-t-elle expliqué.

«Il n’y a que 25 mètres entre le tunnel et la guérite (du gardien) la plus proche», a-t-elle ajouté.

«C’est un travail de plusieurs semaines. Il est évident que le personnel savait et n’a rien fait», a estimé la ministre de la Justice Cecilia Perez.

Monde

Accord international pour relancer les efforts de paix en Libye

BERLIN — Les principaux pays concernés par le conflit en Libye ont promis dimanche de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans ses affaires intérieures, pour tenter de ramener la paix dans ce pays déchiré par la guerre civile.

Toutefois, les conséquences de cet engagement pris lors d’un sommet international à Berlin sur le terrain, où règne une trêve des combats précaire entre les deux camps, restent incertaines : les deux rivaux directs, Fayez al-Sarraj, le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU à Tripoli, et son rival qui contrôle l’Est libyen Khalifa Haftar, ont refusé de se rencontrer lors de la conférence sous l’égide de l’ONU.

Et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a reconnu que si la conférence avait été «très utile», le fossé restait béant entre les deux hommes. «Il est clair qu’on n’a pas réussi pour l’instant à lancer un dialogue sérieux et stable entre eux», a-t-il déclaré à la presse à Berlin.

«Petit pas»

Tant M. Lavrov que la chancelière allemande Angela Merkel, hôte de la conférence, ont parlé d’un «petit pas en avant», tout en reconnaissant que beaucoup restaient à faire pour parvenir à la paix.

Principale avancée de la réunion de Berlin, les dirigeants de onze pays, à commencer par la Russie et la Turquie qui jouent un rôle-clé en Libye, ont souligné dans une déclaration commune «qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit», s’est félicité le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

«Tous les participants se sont engagés à renoncer à des interférences dans le conflit armé ou les affaires intérieures de la Libye», a indiqué M. Guterres, alors que la Turquie soutient militairement le GNA et que la Russie, malgré ses dénégations, est soupçonnée d’appuyer le maréchal Haftar, aux côtés de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Les participants ont aussi promis de respecter enfin l’embargo sur les livraisons d’armes à la Libye, décrété par l’ONU en 2011, mais resté largement lettre morte.

Depuis la reprise des combats entre camps rivaux en Libye en avril 2019, plus de 280 civils et 2.000 combattants ont été tués et, selon l’ONU, plus de 170.000 habitants ont été déplacés. Le pays est dans le chaos et miné par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le chef de l’État français Emmanuel Macron, soupçonné par ses alliés européens de faire bande à part en soutenant le maréchal Haftar, a demandé lui l’arrêt de l’envoi de miliciens syriens pro-turcs et de militaires turcs pour soutenir le GNA.

«Vive inquiétude»

«Je dois vous dire la vive inquiétude que m’inspire l’arrivée de combattants syriens et étrangers dans la ville de Tripoli, il faut que cela cesse», a-t-il affirmé.

L’ONU espère surtout que cette conférence renforcera la trêve entrée en vigueur le 12 janvier à l’initiative de la Russie et la Turquie.

Une rencontre entre représentants militaires des deux camps devrait pouvoir se tenir «dans les prochains jours» selon l’ONU pour transformer cette accalmie en cessez-le-feu «permanent», comme les participants au sommet de Berlin l’ont appelé de leurs voeux.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a parlé de «progrès» faits à Berlin vers «un cessez-le-feu complet», même «s’il reste des questions» sur la capacité de la communauté internationale à en vérifier la réalité.

Pour Emadeddin Badi, expert au Middle East Institute, le résultat du sommet est plutôt «décevant», compte tenu «de l’importance des dirigeants» présents.

Jusqu’ici, la trêve libyenne a été plus ou moins respectée entre les deux camps aux portes de la capitale.

Force internationale ?

Des escarmouches sont signalées presque quotidiennement, y compris le jour du sommet au sud de Tripoli. Et le camp Haftar a bloqué les exportations de pétrole libyennes, seule véritable source de revenus du pays, à la veille du sommet de Berlin.

Dans ce contexte, le chef du GNA a demandé dimanche l’envoi dans son pays d’une «force militaire internationale» sous l’égide de l’ONU.

Elle aurait pour mission de «protéger la population civile», a-t-il dit, faisant écho à des propos similaires cette semaine du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Plusieurs dirigeants, notamment les chefs de gouvernement italien et britannique, se sont dits ouverts dimanche à l’idée de l’envoi d’une mission internationale, voire d’une force, pour aider à garantir un cessez-le-feu, une fois qu’il aura été agréé entre les deux camps.

Les pays de l’UE doivent commencer à débattre lundi à Bruxelles d’une contribution dans ce domaine.

Monde

Violence dans les rues au Liban

BEYROUTH — Les forces anti-émeutes ont tiré dimanche à Beyrouth des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants antigouvernementaux qui leur jetaient des pierres, au deuxième jour d’affrontements violents qui ont fait 145 blessés dans le pays en crise.

En deux jours, plus de 520 personnes ont été blessées dans les violences. Les accrochages de samedi qui ont blessé 377 personnes ont été d’une violence inédite depuis le début le 17 octobre de la contestation contre une classe politique jugée corrompue et incapable de sortir le Liban du marasme économique.

Pour le deuxième soir consécutif, des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville à l’entrée d’une avenue menant au Parlement. Aux cris de «Révolution, Révolution», ils ont jeté des pierres et des pétards sur les policiers bloquant l’avenue. Ces derniers ont répliqué avec des balles en caoutchouc, un canon à eau et des lacrymogènes.

La Croix-Rouge libanaise a fait état de 145 blessés, dont 45 hospitalisés. Deux journalistes ont été blessés, dont l’un à la main par une balle en caoutchouc, selon son média.

En fin de soirée et face au nuage de gaz lacrymogène et aux pluies diluviennes, les manifestants se sont retirés du principal point de rassemblement et les heurts ont cessé, selon des journalistes de l’AFP sur place. Seule une poignée de contestataires sont restés dans les rues voisines.

«On en a marre!» 

En trois mois de contestation, la colère n’a fait que grandir parmi les manifestants qui fustigent l’inertie des dirigeants: la crise économique s’aggrave avec des licenciements en masse, des restrictions bancaires drastiques et une forte dépréciation de la livre libanaise face au dollar.

«On en a marre des hommes politiques. Après trois mois de révolution, ils nous prouvent qu’ils ne changent pas, qu’ils n’écoutent pas, qu’ils n’apportent rien», s’insurge Mazen, 34 ans.

Sur Twitter, les forces de sécurité ont appelé les manifestants à ne pas «attaquer» la police.

Samedi, les forces de l’ordre ont aussi tiré des balles en caoutchouc dans le centre-ville, après que des manifestants ont lancé des pierres et des poteaux de signalisation sur elles.

Une télévision locale et des internautes ont partagé des témoignages de familles dont les enfants, parfois âgés de 18 ans, ont été touchés samedi à l’oeil par des balles en caoutchouc.

«Il n’y avait aucune justification pour le recours brutal à la force par la police anti-émeute», a estimé Human Rights Watch, accusant les policiers d’avoir «tiré des balles en caoutchouc dans les yeux».

Face à cette escalade, le président Michel Aoun a convoqué lundi une réunion de sécurité en présence des ministres de la Défense et de l’Intérieur, selon l’agence officielle ANI.

«Calmer la tempête»

Selon un Comité des avocats pour la défense des manifestants, une quarantaine de manifestants ont été interpellés samedi avant d’être relâchés et «la majorité» ont été victimes de «violences excessives», certains affichant des blessures «à la tête, au visage, ou aux organes génitaux».

Les avocats ont constaté dans les hôpitaux ces blessures causées par des balles en caoutchouc au visage ou à la tête, a-t-il ajouté.

Alors que le mouvement de contestation était globalement pacifique au départ, les affrontements se sont multipliés ces derniers jours, des manifestants attaquant notamment les vitrines des banques qui cristallisent une grande partie de la colère populaire.

Depuis le 17 octobre, deux manifestants sont morts, mais en marge des protestations: le premier a péri en octobre après une dispute avec un autre civil, le second a été tué par balle après une altercation avec des militaires.

Les manifestants réclament un gouvernement de technocrates et indépendant de l’actuelle classe dirigeante quasi inchangée depuis des décennies, une amélioration des services publics et la fin du chômage et de la corruption dans un pays classé parmi les plus corrompus au monde, d’après Transparency International.

Après la démission fin octobre du premier ministre Saad Hariri, sous la pression de la rue, son successeur, Hassan Diab, a été désigné le 19 décembre, mais il n’a toujours pas formé son gouvernement, les différents partis cherchant à garantir leur représentation au sein de la future équipe.

«Il y a une voie pour calmer la tempête populaire», a tweeté M. Hariri. «Formez un gouvernement et ouvrez la porte à des solutions politiques et économiques.»

Monde

France: manifestation contre l'accès des couples de femmes à la procréation médicalement assistée

PARIS — «Liberté, égalité, paternité» : des dizaines de milliers d’opposants à l’accès des couples de femmes à la procréation médicalement assistée (PMA) défilent de nouveau dans la rue dimanche à Paris, à l’avant-veille de l’examen au Sénat du projet de loi sur la bioéthique.

«Il est où papa ? Au rayon surgelé», proclame une affiche. «Mère 1, mère 2, où est la parité ?», demande une autre.

«PMA, GPA (gestation pour autrui, ndlr), on n’en veut pas», «maman tu es unique, papa, t’es fantastique», scande le cortège. Ce public familial est arrivé de toute la France à l’appel du collectif «Marchons Enfants !» qui réunit 22 associations.

«Nous sommes ici pour réclamer le retrait de ce projet de loi anti-éthique […], ce qui permettra de le réécrire sur des bases de fraternité, solidarité, de respect de l’être humain», a déclaré Ludovine de la Rochère, la présidente de «la Manif pour tous», qui a par le passé organisé des manifestations contre le mariage homosexuel.

«La PMA sans père ferait des orphelins de père», a-t-elle mis en garde, condamnant «la création d’une filiation d’intention qui ne correspond à rien».

Pour contrer ce projet de loi, la première grande réforme sociétale du quinquennat, le collectif espère mobiliser au moins autant qu’au moment de la précédente mobilisation du 6 octobre, quelques jours avant l’adoption de ce texte en première lecture par l’Assemblée nationale, la chambre basse du parlement.

Ce jour-là, 74 500 personnes avaient défilé dans les rues de la capitale, selon le comptage du cabinet indépendant Occurrence pour un collectif de médias, dont l’AFP.

Les sénateurs, qui examinent le projet à partir de mardi, ont déjà adopté le texte en commission spéciale le 8 janvier, dont l’article 1 sur la procréation médicalement assistée, malgré l’hostilité d’une partie de la droite, majoritaire dans la chambre haute du parlement.

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a, juste avant la manifestation, opposé une fin de non-recevoir à toute reculade : «Le programme du gouvernement est clair et ne déviera pas», a-t-il tranché, rappelant que ce point «était dans le programme» du président Emmanuel Macron.

Monde

«Poutine, dehors!»: un millier d'opposants manifestent à Moscou

MOSCOU — Plus de mille manifestants de différents courants d’opposition défilaient dimanche à Moscou, à la suite de l’annonce surprise cette semaine par Vladimir Poutine d’une révision de la Constitution.

Les protestataires, en grande partie des militants antifascistes, scandaient «Révolution !», «Non à la dictature !» ou encore «Poutine, dehors !».

Cette marche annuelle commémore la mort de l’avocat Stanislav Markelov et de la journaliste Anastassia Babourova, tués par balle en pleine rue le 19 janvier 2009 par un militant ultranationaliste.

Des députés locaux indépendants ainsi que des représentants de l’opposition ont rejoint la marche, certains brandissant des exemplaires de la Constitution russe pour exprimer leur désaccord avec la révision constitutionnelle annoncée cette semaine par le président russe.

Plusieurs personnes ont été arrêtées, dont un manifestant qui portait une pancarte réclamant la démission de Vladimir Poutine.

La marche a réuni plus de 1400 personnes, selon l’ONG indépendante White Counter.

La députée locale Ioulia Galïamina a qualifié la révision constitutionnelle envisagée de «coup d’État» destiné à maintenir le président au pouvoir.

Le principal opposant au Kremlin Alexeï Navalny a pour sa part déclaré vendredi qu’il ne soutenait pas les manifestations «défendant la Constitution» russe qu’il a qualifiée sur Twitter d’«abominable».

Vladimir Poutine a surpris les Russes cette semaine en annonçant une réforme qui doit accorder plus de pouvoirs au Parlement tout en préservant le caractère présidentiel du système qu’il pilote depuis 20 ans.

Cette annonce a relancé les conjectures sur la préparation de son avenir politique après la fin en 2024 de son dernier mandat à la présidence de l’État.

Il s’agirait des premières révisions d’envergure de la Constitution depuis son adoption sous Boris Eltsine en 1993.

Cette annonce surprise a été accompagnée de la démission du gouvernement et de la désignation d’un nouveau Premier ministre, Mikhaïl Michoustine.

Plusieurs personnes ont été arrêtées vendredi et samedi pendant des manifestations en solitaire — la seule forme de protestation en Russie ne requérant pas d’autorisation  — contre la révision de la Constitution.

Monde

Les contestations regagnent en intensité en Irak

BAGDAD — Les manifestations ont regagné en intensité dimanche dans le sud de l’Irak et à Bagdad, les protestataires bloquant les rues avec des pneus en flammes et menaçant d’intensifier encore leur mouvement si leurs revendications continuent de rester lettre morte.

Ce mouvement de contestation inédit qui réclame depuis début octobre une refonte du système au pouvoir avait été éclipsé ces dernières semaines par la flambée des tensions entre l’Iran et les États-Unis, les deux principaux parrains de Bagdad.

Face au risque de voir leur pays devenir le théâtre principal de l’affrontement entre Téhéran et Washington, les manifestants avaient accordé un délai d’une semaine au gouvernement pour faire avancer leurs revendications, dont le renouvellement d’une classe politique jugée corrompue.

Dimanche, à la veille de cette date-butoir, des centaines de jeunes en colère ont relancé le mouvement en manifestant sur les places Tahrir et Tayaran à Bagdad.

D’autres contestataires ont brûlé des pneus pour bloquer les autoroutes et les ponts, aggravant les embouteillages dans la deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe (quelque neuf millions d’habitants).

Au moins dix personnes, dont des policiers, ont été blessées dans les affrontements qui en ont résulté, selon des sources médicales et sécuritaires à l’AFP.

«Ce n’est que la première escalade», a déclaré à l’AFP un manifestant, écharpe enroulée autour du visage.

«Nous voulons envoyer un message au gouvernement: arrêtez de tergiverser. Les gens savent ce que vous faites», a-t-il dit.

«Demain, le délai expire, ensuite les choses pourraient devenir hors de contrôle».

«Nous commençons l’escalade»

Les manifestants réclament un scrutin anticipé sur la base d’une loi électorale réformée, et un nouveau Premier ministre pour remplacer l’actuel chef du gouvernement démissionnaire Adel Abdel Mahdi.

Ils demandent aussi la fin de la corruption, qui a englouti en 16 ans deux fois le PIB de l’Irak, et du système politique de répartition des postes en fonction des ethnies et des confessions.

M. Abdel Mahdi a démissionné il y a près de deux mois, mais les partis politiques n’ont jusqu’à présent pas réussi à s’entendre sur un successeur et celui-ci continue à diriger le gouvernement.

Les manifestants ont publiquement rejeté les noms de possibles remplaçants possibles et sont furieux que d’autres réformes de grande envergure n’aient pas été mises en oeuvre.

«Nous commençons l’escalade aujourd’hui, car le gouvernement n’a pas répondu à nos demandes», a dit Haydar Kadhim, un manifestant à Nassiriya (sud).

«Nous avons accordé un laps de temps au gouvernement pour mettre en oeuvre nos demandes, mais il semble ne pas s’y intéresser», a déclaré un autre manifestant, Mohammad Kareem, âgé de 20 ans.

Des rassemblements ont aussi eu lieu dans les villes de Diwaniya, Kout, Amara, dans le sud, où la plupart des bureaux gouvernementaux, des écoles et des universités sont fermés depuis des mois.

Dans la ville sainte de Najaf, au sud de Bagdad, des jeunes arborant des drapeaux irakiens ont brûlé des pneus et entamé un sit-in sur une route principale menant à la capitale.

Plus au sud, à Bassora, les étudiants ont participé à un mouvement de grève.

Manifestation concurrente

Depuis octobre, la contestation, inédite parce que spontanée, a été émaillée par des violences et réprimée par les forces de l’ordre. Il y a eu environ 460 morts — quasiment tous des manifestants — et plus de 25 000 blessés.

Si les violences ont légèrement diminué lors des manifestations, les militants disent être confrontés à une vaste campagne d’intimidation, d’assassinats et d’enlèvements.

Les protestataires regardent aussi avec appréhension l’organisation d’une manifestation rivale le 24 janvier, à l’appel du leader chiite Moqtada Sadr, contre la présence américaine dans le pays.

Le Parlement a voté le 5 janvier pour réclamer le retrait des troupes étrangères — notamment les 5200 troupes américaines —présentes dans le pays, après le tir de drone américain qui a tué le puissant général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis près de l’aéroport de Bagdad le 3 janvier.

En représailles à cette frappe, l’Iran a tiré des missiles sur des bases irakiennes abritant des Américains le 8 janvier, blessant 11 soldats américains.

Les manifestants, qui dénoncent l’influence grandissante de l’Iran, conspuent aussi les États-Unis, dont les récentes frappes en Irak ont menacé de faire plonger le pays dans le chaos.

Monde

Les avocats de Trump présentent leur défense contre la destitution

WASHINGTON — Les avocats de Donald Trump ont présenté samedi leur ligne de défense à trois jours de l’ouverture des débats au procès en destitution du président des États-Unis, une procédure qu’ils jugent inconstitutionnelle et «dangereuse».

C’est la première fois depuis que l’équipe de défense a été annoncée vendredi par la Maison-Blanche qu’elle présentait ses arguments, calqués sur ceux avancés depuis septembre par Donald Trump et les républicains.

Dans une première «réponse» écrite à l’acte d’accusation dressé par la Chambre des représentants avec les seules voix démocrates, les avocats de Donald Trump estiment qu’il s’agit d’«une dangereuse attaque contre le droit des Américains à choisir librement leur président».

«C’est une tentative effrontée et illégale de renverser les résultats de l’élection de 2016 et d’interférer avec l’élection de 2020, à quelques mois de celle-ci», ajoutent les avocats, Jay Sekulow et Pat Cipollone.

Le milliardaire républicain est formellement accusé d’avoir abusé de son pouvoir en réclamant de l’Ukraine qu’elle enquête sur son adversaire politique Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de novembre. Selon l’acte d’accusation, il a fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky en conditionnant une invitation à la Maison-Blanche et une aide militaire cruciale à Kiev à l’annonce de ces enquêtes.

Ensuite, il est accusé d’avoir fait entrave à l’enquête menée par la Chambre des représentants, en refusant toute coopération gouvernementale.

«L’acte d’accusation est constitutionnellement irrecevable» et «ne comporte aucun crime ou violation de la loi», affirment les deux juristes.

La réponse des avocats de Donald Trump aborde également le fond du dossier. Ils estiment ainsi que le président Trump avait finalement rencontré son homologue ukrainien en septembre à l’ONU, et que l’aide militaire avait été débloquée - même si, entre-temps, un lanceur d’alerte à l’intérieur de l’administration avait déclenché l’affaire.

«Preuves écrasantes»

Il n’y a donc eu aucun donnant-donnant imposé à Kiev par l’ex-homme d’affaires new-yorkais, considèrent-ils.

Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, dirigera l’équipe de défense, a annoncé vendredi la présidence. Il sera secondé par Jay Sekulow, avocat personnel de Donald Trump.

Mais le camp présidentiel a également annoncé l’arrivée dans cette équipe de l’ex-procureur Kenneth Starr, acteur central de l’affaire Lewinsky et du procès en destitution de l’ancien président Bill Clinton, et du constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui fut l’un des avocats d’O.J. Simpson.

Dans le même temps, les démocrates de la Chambre des représentants ont eux aussi soumis samedi au Sénat leur argumentaire avant l’ouverture mardi des débats au procès du président américain.

Ils y reprennent les principaux éléments de l’acte d’accusation qu’ils ont voté à la fin de l’année dernière. Et ils estiment que la conduite de Donald Trump aurait été «le pire cauchemar» des concepteurs de la Constitution américaine.

Ils y appellent le Sénat à «éliminer la menace que le président fait peser pour la Sécurité nationale de l’Amérique».

«Le dossier contre le président des États unis est simple, les faits sont incontestables, et les preuves écrasantes», écrivent les élus démocrates qui mèneront l’accusation devant le Sénat contre Donald Trump.

Le procès contre Donald Trump s’est formellement ouvert jeudi avec la prestation de serment des sénateurs qui ont juré d’être impartiaux. Il entrera dans le vif du sujet mardi, avec une première confrontation des arguments.

Donald Trump est le troisième président de l’Histoire des États-Unis à subir l’affront d’un procès en destitution.

Monde

Australie : les agriculteurs comptent leurs plaies

ÎLE KANGOUROU — Après les terribles incendies sur l’île Kangourou qui ont dévasté ce sanctuaire naturel australien, Rick Morris a dû affronter une épreuve supplémentaire en tant qu’agriculteur et se résoudre à enterrer 400 de ses moutons morts dans son exploitation en flammes.

Et encore, «nous comptons parmi ceux qui ont eu de la chance», observe-t-il.

Les gigantesques incendies qui sévissent depuis septembre en Australie ont fait 28 morts, dont deux sur l’île Kangourou dans l’État d’Australie-Méridionale, et dévoré 10 millions d’hectares soit une superficie supérieure à celle de la Corée du Sud ou du Portugal.

Une bonne partie des vastes étendues brûlées servaient de pâturages à des troupeaux de bovins et d’ovins.

Le cheptel australien dépasse 100 000 têtes de bétail dont au moins 43 000, sur l’île Kangourou, selon les estimations officielles. Et les agriculteurs comme Rick Morris, avec son exploitation de 930 hectares, ont subi trois incendies en à peine dix jours.

«Nous avons pu voir toute l’étendue de la colère de Mère Nature», confie à l’AFP Rick Morris qui est également président de la Chambre d’agriculture de l’île.

Du foin par hélicoptères

Le feu a balayé «l’île depuis le côté sud jusqu’au côté nord et n’a fait aucun quartier entre les deux», observe-t-il. «Je suis étonné qu’il n’y ait pas eu davantage de gens tués».

L’armée australienne, qui a déployé 3000 hommes pour contribuer aux secours dans les zones affectées du pays, a transporté par avion des pompiers sur l’île Kangourou. Elle a aussi largué par hélicoptères des balles de foin à des agriculteurs de l’île coupés du monde.

Pour le général Damian Cantwell, qui commande la force conjointe de lutte contre les incendies en Australie-Méridionale, l’île Kangourou a «un long chemin devant elle» pour récupérer.

«J’ai vu un niveau de destructions qui me surprend encore», déclare-t-il à l’AFP. «Beaucoup d’agriculteurs sont dans la détresse, beaucoup d’habitants souffrent, certaines familles ont tout perdu et se débattent pour savoir ce qu’elles vont pouvoir faire».

«Il n’y a pas de date de fin pour cette mission et c’est très important que personne […] ne se demande quand cela va se terminer», ajoute-t-il.

Les activités agricoles sur l’île Kangourou représentent 150 millions de dollars australiens (135 millions $)) de chiffre d’affaires.

L’agriculture est le principal employeur de l’île et les feux laisseront une trace durable, souligne un agronome local, Daniel Pledge.

Selon lui, les paysans devront acheter de la nourriture supplémentaire pour leur bétail, des semences pour leurs parcelles incendiées. En outre, leurs bêtes seront moins fertiles en raison du stress enduré.

«C’est un effet boule de neige que nous ne pouvons pas mesurer et, à dire vrai, nous sommes très inquiets pour notre économie locale», déclare-t-il à l’AFP. «Pour certains individus, ces effets pourraient perdurer durant cinq ans et c’est long».

Les agriculteurs australiens ont déjà subi une sécheresse prolongée qui a pesé sur l’accès à l’eau dans le sud-est du pays. Pour Fiona Simpson, qui préside la Fédération nationale des agriculteurs, tous les agriculteurs australiens sont sous tension.

«Brûlés, pas brisés»

«Que ce soit la sécheresse ou les incendies récents, les conditions d’aridité poussent à bout beaucoup de nos agriculteurs», dit-elle. «La situation s’aggrave de jour en jour et il n’y a aucun signe d’amélioration».

Le gouvernement a promis une aide immédiate aux agriculteurs de 75 000 dollars australiens (67 546$), puisée dans les 2 milliards (1,8 milliard $) sur deux ans affectés à un fonds national de soutien à la reconstruction.

Cette aide sera bienvenue sur l’île Kangourou, estime Rick Morris. En attendant, il garde enfermé son troupeau qui compte encore 4500 bêtes, jusqu’à ce que le feu ne menace plus.

«Nous les nourrissons à la main avec tous les nutriments dont ils ont besoin et ce sera comme ça jusqu’en avril ou, mai à l’arrivée espérée de la pluie», explique-t-il.

Durement atteints psychologiquement et financièrement, les agriculteurs de l’île devraient voir disparaître certaines exploitations, mais beaucoup se tournent quand même déjà vers l’avenir. À l’instar de Rick Morris, qui se veut optimiste: «quand ces feux vont cesser, nous pourrons nous regrouper et avancer tous ensemble», assure-t-il. «Nous avons été brûlés, pas brisés».

Monde

Trump raconte la frappe contre Soleimani : un compte à rebours et puis «boum»

WASHINGTON — Des caméras «à des kilomètres dans le ciel», un compte à rebours et puis «boum» : Donald Trump a raconté les derniers instants du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué par l’armée américaine dans une frappe qui a «secoué le monde».

Ce récit, le président des États-Unis l’a livré vendredi soir à des donateurs du Parti républicain réunis dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, pour l’un des nombreux dîners privés de collecte de fonds qu’il enchaîne.

La chaîne CNN a diffusé samedi un enregistrement sonore qu’elle s’est procuré, dans lequel on entend le milliardaire parler du haut gradé des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, éliminé le 3 janvier à l’aéroport de Bagdad avec son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis.

«Il était censé être invincible», a-t-il lancé.

Selon lui, avant la frappe qui l’a visé dans la capitale irakienne, «il disait des mauvaises choses sur notre pays». «Il disait, genre, “nous allons attaquer votre pays, nous allons tuer vos gens”. J’ai dit : “combien de temps est-ce qu’on doit encore écouter cette merde ?”»

Donald Trump a ensuite reproduit la scène, imitant les militaires qui s’adressaient à lui alors qu’il suivait l’opération en simultané depuis les États-Unis.

«Ils ont dit : “Monsieur — et vous savez, ça vient de caméras à des kilomètres dans le ciel. Ils sont ensemble, Monsieur […] Ils ont deux minutes et onze secondes à vivre. Ils sont dans la voiture. Ils sont dans un véhicule blindé qui est en marche. Monsieur, ils ont environ une minute à vivre, Monsieur... 30 secondes, 10, 9, 8... Et puis soudain, boom. Ils ne sont plus là, Monsieur.”»

Le président américain s’est réjoui d’en avoir éliminé «deux pour le prix d’un» — Qassem Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis.

Il a reconnu que la frappe avait «secoué le monde», mais, a-t-il dit, «il méritait qu’on le frappe durement». «Parce qu’il était méchant, il a tué […] des centaines de milliers de personnes et des milliers d’Américains», a-t-il ajouté au sujet du général iranien.

L’Iran a riposté quelques jours plus tard en tirant des missiles contre des cibles américaines en Irak, sans toutefois faire de morts. Dans le sillage de ces représailles, l’armée iranienne a toutefois abattu «par erreur» un avion de ligne ukrainien au départ de Téhéran, tuant 176 personnes.

Monde

Liban : 100 blessés dans des heurts entre manifestants et forces de l’ordre

BEYROUTH — Cent personnes ont été blessées samedi à Beyrouth dans des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, parmi les plus violents depuis le début il y a trois mois du mouvement de contestation contre une classe politique accusée de corruption et d’inertie.

La colère populaire a été exacerbée par une dégradation rapide ces dernières semaines de la situation socioéconomique et l’incapacité des autorités à former un gouvernement, plus de deux mois après la démission du premier ministre Rafic Hariri.

Les violences ont commencé devant l’une des principales entrées du Parlement, au coeur de Beyrouth, lorsque des contestataires s’en sont pris aux membres de la police anti-émeute, stationnés derrière des barricades et des barbelés.

Les manifestants, certains au visage masqué, ont lancé différents projectiles, notamment des pierres, des poteaux de signalisation et des branches d’arbres. Quelques-uns ont tenté de franchir les barbelés.

«La colère est la solution»

La police anti-émeute a dispersé la foule au moyen de canons à eau avant de recourir à des tirs de gaz lacrymogène.

Selon la Croix-Rouge libanaise, 100 personnes ont été blessées durant les affrontements, dont 40 ont été transportés vers des hôpitaux de la ville.

Les heurts se poursuivent en début de soirée. Retranchés dans les rues aux alentours du Parlement, les manifestants lancent des pierres et des feux d’artifice sur les forces de l’ordre.

Des inconnus ont mis le feu aux tentes dressées par les contestataires depuis le début du mouvement près de la place des Martyrs, au centre-ville de Beyrouth.

Une manifestation était initialement prévue samedi près du Parlement, vers lequel devaient converger plusieurs marches parties depuis différents points de la capitale. Mais la situation a dégénéré avant l’arrivée des groupes de protestataires.

De part et d’autre de l’artère menant à l’entrée du Parlement, des vitres de panneaux publicitaires ont été brisées, selon un photographe de l’AFP, qui a fait état de cas d’évanouissement parmi la foule sous l’effet des tirs de gaz lacrymogène.

«Je suis là parce qu’après 90 jours dans la rue, ils continuent de se disputer les parts (du gâteau) au sein du gouvernement sans se soucier» du peuple, a déploré Maya, une manifestante de 23 ans.

«La colère populaire est désormais la solution», a-t-elle martelé.

Crise économique

Dans un communiqué sur Twitter, les forces de sécurité intérieure (FSI) ont déploré des actes «violents» appelant les «manifestants pacifiques à quitter les lieux urgemment pour leur propre sécurité».

Ces derniers jours, les protestataires ont ciblé les banques, accusées de complicité avec le pouvoir, attaquant plusieurs branches dans le quartier de Hamra dans la capitale.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées mardi et mercredi puis relâchées. Des dizaines d’autres ont été blessées durant les deux nuits de violences, selon la Croix-Rouge libanaise.

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont déploré des «arrestations arbitraires» et un «niveau inacceptable de violence» exercée à l’égard des manifestants.

La contestation réclame depuis le début du mouvement un gouvernement formé de technocrates et de personnalités indépendantes du sérail politique traditionnel.

Mais les tractations trainent en longueur depuis la nomination le 19 décembre d’un nouveau Premier ministre, sur fond de divergences sur le partage des portefeuilles au sein même des partis politiques ayant appuyé sa nomination, ce qui a attisé la colère de la rue.

Face à l’impasse, la contestation a connu un regain cette semaine après une période d’essoufflement. La colère a été exacerbée par une détérioration rapide des conditions de vie et des restrictions draconiennes imposées aux retraits par les banques.

Le Liban croule sous une dette avoisinant les 90 milliards de dollars (81 milliards d’euros), soit plus de 150% de son PIB, et la Banque mondiale a averti en novembre que le taux de pauvreté pourrait en arriver à englober 50% de la population, contre le tiers à l’heure actuelle.

De plus, la monnaie nationale a perdu de sa valeur sur le marché parallèle -2500 livres pour un $US contre un taux officiel de 1507 livres/dollarUS.

Monde

Dernière Marche des femmes avant l'élection présidentielle américaine

WASHINGTON — Quelques milliers de manifestants et manifestantes se sont réunis samedi à Washington pour la quatrième édition de la «Marche des femmes», ce rendez-vous annuel de protestation contre la politique de Donald Trump et de lutte pour le droit des femmes et des minorités.

«Je suis encore plus scandalisée que je l’étais il y a trois ans», a écrit sur une pancarte Kim Elliott, une habitante de Washington d’une quarantaine d’années.

«On savait tous que Trump allait être horrible, et il est encore pire, on ne réalise même pas à quel point», a-t-elle expliqué à l’AFP à côté de sa fille de sept ans, qui participait, avec enthousiasme, à sa première Marche des femmes.

Comme elles, une petite foule de femmes de 7 à 77 ans, féministes affirmées venues entre amies ou en famille et vêtues du bonnet rose emblématique de ces marches, chantaient derrière la Maison-Blanche, dans le froid et sous de fins flocons de neige.

En 2017, ce défilé avait eu lieu pour sa première édition au lendemain de la cérémonie de prestation de serment du magnat de l’immobilier new-yorkais, et avait marqué la première grande réaction de la société civile à son accession au pouvoir.

Les manifestants et manifestantes étaient près de 500 000 à Washington et des millions à travers le pays pour dénoncer sa victoire face à Hillary Clinton, acquise malgré les polémiques sur son attitude vis-à-vis des femmes.

Trois ans plus tard, la foule est clairsemée sur la petite place de la capitale américaine d’où s’élance la marche et à peine 6000 personnes disaient participer à l’événement sur Facebook.

«J’ai vu des cabinets plus malins chez Ikea», «La place d’une femme est à la Chambre... et au Sénat»: les messages politiques rivalisaient d’humour, malgré la gravité des thèmes abordés.

À l’année prochaine ?

Lauren Sloniger, une habitante de la banlieue de Washington de 26 ans, a décidé de jouer sur l’ironie générationnelle en adressant sur sa pancarte un «OK Boomer», («Cause toujours le baby-boomer», en français) au président Donald Trump, 73 ans, qui a assuré n’avoir «rien fait de mal» dans l’affaire qui lui vaut un procès en destitution au Congrès.

Le message qu’elle veut envoyer au milliardaire républicain: «On a vu ce que t’as fait, on va te dénoncer».

Des rassemblements avaient lieu dans d’autres villes américaines, dont New York, où deux milliers de personnes se sont rassemblées à Times Square. Elles ont notamment écouter Evelyn Yang, la femme du candidat à la primaire démocrate Andrew Yang qui a raconté récemment dans les médias avoir été agressée sexuellement par son médecin lors de sa grossesse.

«Peu importe qui est le candidat qui sera face à Donald Trump, cette personne devra faire du droit des femmes une priorité pour aider notre grande nation», explique Rebecca Snell, une jeune femme habillée en noir et portant un bonnet rouge pour interpréter «Le violeur, c’est toi», la chorégraphie chilienne devenue hymne international contre les violences faites aux femmes.

«C’est encore pire que ce qu’on imaginait», soupire pour sa part Catherine Stevens, 57 ans, qui a fait le long trajet en train de Boston à Washington pendant la nuit.

«J’ai des amis conservateurs qui sont horrifiés par les attaques contre ‘Roe v. Wade’», l’arrêt de la Cour suprême qui a légalisé l’avortement en 1973 et qui est fragilisé depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, explique-t-elle.

Alors qu’elle s’interroge sur une forme de «complaisance» des participants qui expliquerait l’essoufflement de la mobilisation, les organisateurs, sur scène, remercient les manifestants présents malgré les conditions météo défavorables pour «leur engagement, leur ardeur, leur insolence et leur ténacité».

Tout le monde s’accorde en tout cas sur le même point : si Donald Trump est réélu en novembre, le mouvement reprendra comme jamais.

Monde

Harry et Meghan renoncent à leurs titres royaux

LONDRES — Le prince Harry et son épouse Meghan vont renoncer à leur titre d’altesse royale et cesseront de recevoir des fonds publics après leur décision de se mettre en retrait de la famille royale, a annoncé samedi dans un communiqué le palais de Buckingham, mettant fin à 10 jours de crise.

«Le duc et la duchesse de Sussex n’utiliseront plus leur titre d’altesse royale étant donné qu’ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale», précise le palais. «Ils ne rempliront plus d’obligations royales» et «ne peuvent plus formellement représenter la reine», ajoute le texte. Ils garderont toutefois leur titre de duc et duchesse de Sussex.

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Monde

L’ex-procureur de l’affaire Lewinsky défendra Trump

WASHINGTON — L’ex-procureur Kenneth Starr, acteur central de l’affaire Lewinsky, et le constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui a été l’avocat d’O.J. Simpson, feront partie de l’équipe de défense de Donald Trump dans son procès en destitution.

Si la Maison-Blanche avait décidé de ne pas participer à l’enquête sur la mise en accusation du président, conduite à la Chambre des représentants où les démocrates sont majoritaires, elle sera donc représentée en force devant le Sénat, dominé par les républicains.

L’objectif est double : l’acquittement, bien sûr, mais aussi une victoire dans la guerre de communication qui se jouera à l’extérieur de la vénérable Chambre haute, avec en ligne de mire l’élection du 3 novembre 2020.

Le 45e président des États-Unis est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Alan Dershowitz a défendu nombre de célébrités au fil des années. Il a en particulier été l’avocat du financier Jeffrey Epstein, accusé d’avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures et qui a été retrouvé mort en prison en août 2019.

Interrogé sur SiriusXM, Alan Dershowitz a tenu à minimiser son rôle et à prendre ses distances : «Je pense que c’est aller trop loin que de dire que je suis un membre de l’équipe Trump.»

«On m’a demandé de présenter mes arguments constitutionnels contre la destitution. Je serai présent pour une heure et c’est tout», a-t-il ajouté.

«Vous vous foutez de ma gueule?»

Kenneth Starr, dont le nom a fait le tour du monde dans les années 90 en raison de son enquête, en tant que procureur spécial, sur la liaison du président Bill Clinton avec Monica Lewinsky, a depuis exercé comme avocat, professeur ou recteur d’université.

«C’est clairement le genre de journée où tu te dis : “Vous vous foutez de ma gueule?” a réagi sur Twitter l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, à l’annonce, par les médias américains, du futur rôle de l’ancien procureur.

Habitué des plateaux de télévision, Kenneth Starr a souligné à diverses reprises que la mise en accusation de Donald Trump n’était pas fondée, par contraste selon lui avec celle de Bill Clinton, qui avait été accusé d’avoir menti sous serment.

Interrogé en 1999 sur Kenneth Starr à l’issue de la mise en accusation de Bill Clinton, Donald Trump l’avait qualifié de «cinglé».

«Nous sommes prêts!»

L’équipe rapprochée de Donald Trump martèle que tout est en place pour un procès dont il sortira, assure-t-elle, renforcé.

«Nous sommes prêts!» affirmait il y a quelques jours Kellyanne Conway, très combative conseillère du président. «Nous avons une équipe de défense en place» et elle n’hésitera pas à «passer à l’offensive».

C’est Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, qui sera en première ligne.

Plutôt discret, peu habitué des plateaux de télévision, ce fils d’immigrés italiens ayant grandi dans le Bronx, fervent catholique et père de 10 enfants, a peu de choses en commun avec le tempétueux magnat de l’immobilier.

«Il est du genre solide et silencieux», soulignait Donald Trump il y a quelques semaines lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche, ne tarissant pas d’éloges sur «Pat» et son «équipe extraordinaire».

Il va devoir s’adapter à un nouveau rôle, en pleine lumière, devant les sénateurs et des millions de téléspectateurs.

Il s’est jusqu’ici surtout fait remarquer par sa plume incisive : c’est lui qui a rédigé les courriers dénonçant la procédure de mise en accusation du président, à la tonalité très agressive et où l’on sentait le souffle de Donald Trump.

Après un courrier particulièrement offensif daté du 15 mai 2019, il s’était attiré les foudres de Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants. «Cette lettre qui a été envoyée depuis la Maison-Blanche était une blague, indigne de la présidence des États-Unis [...]. Honte à eux», avait-elle lancé.

Jay Sekulow, avocat personnel de Donald Trump, sera également de la partie. Il avait représenté le milliardaire dans l’enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, menée par le procureur spécial Robert Mueller. Il est aussi en première ligne dans le combat judiciaire que mène le président pour ne pas rendre publiques ses déclarations d’impôt.

Monde

Mystérieuse pneumonie en Chine: de nouveaux cas signalés

PÉKIN — La mystérieuse pneumonie virale apparue dans le centre de la Chine a contaminé au moins 45 personnes ont indiqué samedi les autorités sanitaires, alors que deux patients sont morts de problèmes respiratoires et que quelques cas se déclarent à l’étranger.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus.  Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume) mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère).

La totalité des cas chinois ont été signalés depuis le mois dernier à Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants qui est aussi un important point de passage pour les déplacements dans le pays.

Au total, au moins 45 malades ont été recensés, soit quatre cas supplémentaires par rapport au précédent bilan, a indiqué la Commission municipale de l’hygiène et de la santé.  

Parmi eux, 15 ont pu sortir de l’hôpital et cinq sont toujours dans un état grave.  

Ce virus suscite des inquiétudes croissantes après le décès mercredi en Chine d’un second patient, un homme de 69 ans, tombé malade le 31 décembre. Il avait vu son état de santé s’aggraver cinq jours plus tard.

Cette pneumonie alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type Sras, hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. L’enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients travaillaient sur un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.

La municipalité a pris plusieurs mesures, ordonnant en particulier la fermeture du marché concerné, où des opérations de désinfection se poursuivent, ont précisé samedi les autorités sanitaires.

Pour l’heure, la Chine n’a annoncé aucune restriction aux déplacements dans le pays à l’approche des festivités du Nouvel An lunaire (25 janvier), une période sensible pendant laquelle des centaines de millions de Chinois empruntent autocars, trains et avions pour aller passer les fêtes en famille.

D’autres cas de cette mystérieuse pneumonie ont été détectés à l’étranger : deux en Thaïlande et un au Japon. Les autorités de ces deux pays affirment que les patients s’étaient rendus à Wuhan avant leur hospitalisation.  

Monde

Cantines scolaires: Trump s’attaque au programme de Michelle Obama

WASHINGTON — Pizzas et frites pourraient reprendre toute leur place dans les cantines scolaires américaines, l’administration Trump voulant de nouveau revenir sur le programme initié par Michelle Obama pour promouvoir des repas plus sains dans les écoles.

Le ministre américain de l’Agriculture Sonny Perdue a présenté vendredi une proposition de réforme fédérale pour « assouplir » le programme de l’ex-première dame, qui fête ce même jour son 56e anniversaire.

Partant du constat que les élèves jettent la nourriture qui leur est proposée si elle n’est pas « appétissante », il propose par exemple non de rayer les légumes du menu, mais de les présenter sous forme de frites.

« Les écoles et académies scolaires nous disent qu’il y a encore trop de gaspillage alimentaire et qu’une plus grande flexibilité de bon sens est nécessaire pour fournir aux élèves des repas nutritifs et appétissants », justifie le ministre dans un communiqué.

Il propose ainsi, entre autres, d’offrir à 100 000 écoles et 30 millions d’élèves « plus de variétés de légumes », ainsi que des « menus à la carte ».

Les organisations liées à la santé sont immédiatement montées au créneau.

« L’administration Trump poursuit son assaut sur la santé des enfants sous le prétexte de “simplifier” les menus scolaires », a dénoncé dans un communiqué le responsable juridique du Centre pour la science dans l’intérêt public, Colin Schwartz.

Cela « (permettra) aux enfants de choisir des pizzas, hamburgers, frites, et autre nourriture riche en calories, saturée en graisses, au lieu d’avoir des menus scolaires équilibrés chaque jour », a-t-il alerté.

Pour beaucoup d’écoliers des quartiers pauvres, il s’agit du seul repas possiblement équilibré de la journée.

« Il ne s’agit pas seulement de ce qu’il y a dans l’assiette, mais également de la manière dont c’est préparé », a également regretté Nancy Roman, présidente du Partenariat pour une Amérique en meilleure santé, citée dans le Washington Post.

« Les jeunes enfants ont particulièrement besoin d’être exposés aux fruits et légumes non transformés, faciles à manger », a-t-elle ajouté.

L’initiative de Michelle Obama, adoptée en 2012, avait été jugée cruciale pour lutter contre l’obésité infantile, dans un pays où près d’un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids. Elle mettait des restrictions sur les quantités de sel et les laits sucrés et imposait d’augmenter les céréales complètes dans les repas scolaires.

Elle avait déjà été affaiblie par une première règlementation votée en 2018 par l’administration Trump.

Autour du globe, 18 janvier 2020

Monde

France : face à face tendu entre touristes et grévistes bloquant le Louvre

PARIS — «Les touristes avec nous!» scandent les grévistes bloquant vendredi à Paris l’entrée du Louvre, musée le plus fréquenté au monde, pour manifester leur opposition à un projet de réforme des retraites.

«Honte à vous !», répondent furieux des visiteurs, venus en majorité de l’étranger et de province.

Avec des slogans comme «Grève, blocage, Macron, dégage» et «on ira jusqu’au retrait» du projet gouvernemental, plus d’une centaine de manifestants ont bloqué vendredi l’entrée de la Pyramide du Louvre en agitant des drapeaux. Ils appellent les touristes massés devant les barrières de sécurité à s’associer au mouvement : «les touristes avec nous !»

Mais ceux-ci, pour beaucoup venant de l’étranger, expriment surtout colère et incompréhension. Derrière des barrières de sécurité, certains lancent des injures à l’encontre des grévistes, beaucoup huant les manifestants. Une femme dans tous ses états, hurle «liberté, liberté !»

«On va foncer sur eux, on est plus nombreux», éclate un homme rouge de colère venu de Bourgogne, dans le centre-est de la France, tandis que, devant l’entrée vitrée du musée, micro à la main, une syndicaliste proclame : «la lutte s’élargit, la lutte s’amplifie.»

Marie, arrivée de Caen (Nord-Ouest) pour voir avec son mari la grande exposition Léonard de Vinci, exprime son grand dépit avec humour :  «On est venu par le train, on a tout réservé en octobre, notre train a été supprimé, donc on a racheté un autre billet parce que ce n’était pas facile pour faire l’échange. Ce soir on a un hôtel à payer, tout ça pour voir Léonard, qu’on ne verra pas !»

À côté, Lucien ne comprend pas : «de Bruxelles, je suis venu à la journée pour Léonard. Il y a plein de véhicules de CRS, les grévistes sont peu nombreux», dit-il, dépité qu’ils n’interviennent pas.

«Beaucoup de gens viennent de partout pour cette exposition. J’aime la France, mais cette fois je la déteste. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas des policiers qui font leur travail», dit Mila, venue d’Espagne.

Et un touriste chinois de qualifier les grévistes d’»égoïstes» : «on est égoïste si on fait la grève en empêchant d’autres. On doit choisir une meilleure voie.»

L’intersyndicale justifie son action, qui a abouti à la fermeture du musée pour la première fois depuis le 5 décembre, début du mouvement de contestation de la réforme des retraites, par «les conditions des agents du musée qui se dégradent de jour en jour» évoquant «pertes d’effectifs», «précarité» et «désengagement de l’État».

«Pas vital»

Un des manifestants, Dominique, se défend des critiques des touristes, en affirmant avoir aussi reçu d’eux des soutiens. «Notre action ne va tuer personne. Visiter le Louvre ce n’est pas vital. On défend nos droits, on a des enjeux plus forts». Il explique que certains syndicalistes sont venus, «en solidarité», de l’extérieur. Une banderole «Profs en grève» flotte au milieu des drapeaux.

«Ce lieu, il faut beaucoup de travailleurs pour l’entretenir... Les toilettes de ces touristes, il faut bien les laver ! Avec quelle retraite vont finir ceux qui s’en chargent», s’exclame Dominique.

«C’est au coeur même de la Pyramide du Louvre, où Emmanuel Macron a choisi de consacrer son investiture, que se hisse contre lui un front d’opposition syndical contre ses orientations désastreuses en matière de retraite», a écrit l’intersyndicale CGC-CGT-FSU-SUD dans un communiqué.

En début d’après-midi, le Louvre n’excluait pas une réouverture si le blocage cessait, notamment en raison de la nocturne prévue jusqu’à 22h. Les visiteurs sont tenus informés sur les sites internet et les réseaux sociaux. Tous ceux qui avaient un billet seront remboursés.

Mais pour Léonard de Vinci, il sera difficile de retrouver des places pour ceux ayant réservé pour ce jour, les réservations étant déjà très pleines, reconnaît la direction.

Le Louvre a reçu l’an dernier 9,6 millions de visiteurs, dont 75 % d’étrangers, Américains, Chinois et Européens en tête.

Monde

Un dessin du XIVe siècle représentant Venise découvert

ROME - La récente découverte d’une vue de Venise remontant au XIVe siècle, un dessin considéré comme la plus ancienne représentation de la ville connue à ce jour, montre l’intérêt qu’a exercée très tôt la Cité des Doges sur ses contemporains.

Le dessin, découvert par l’historienne Sandra Toffolo, de l’université écossaise de St Andrews, fait partie d’un manuscrit racontant le voyage de Niccolò da Poggibonsi, un pèlerin italien qui s’est rendu à Jérusalem au cours de la période 1346-1350.

«La découverte de cette vue de la ville a de grandes conséquences pour notre connaissance des représentations de Venise, car elle montre que la ville exerçait déjà très tôt une grande fascination sur ses contemporains», a expliqué Sandra Toffolo dans un communiqué, annonçant la découverte, publié sur le site de St Andrews début janvier.

Outre Venise, le pèlerinage de Niccolò da Poggibonsi l’a conduit en Terre Sainte, à Damas ainsi qu’au Caire et Alexandrie en Egypte.

Sa description écrite de Venise est accompagnée d’un dessin à la plume de la cité lacustre où l’on reconnaît des églises, des gondoles et des canaux dessinés.

Le manuscrit, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de Florence, a probablement été réalisé peu après son retour en Italie en 1350.

Spécialisée dans l’histoire de Venise à la Renaissance, Mme Toffolo a découvert l’image en mai 2019 au cours de recherches à la bibliothèque florentine dans le but de réaliser une monographie sur la cité lacustre à cette époque, à paraître en 2020, a précisé l’université écossaise de St Andrews.

En découvrant l’image, l’historienne a réalisé que cette vue de Venise était antérieure à toutes celles de la ville connues auparavant — même si des cartes et portulans (cartes de navigation utilisée du XIIIe au XVIIIe siècle) de la ville avaient pu être réalisées antérieurement.

La plus ancienne carte de Venise a été réalisée par Fra Paolino, un frère franciscain de Venise, et date d’environ 1330, selon St Andrews.

Piqûres d’épingles

Depuis sa découverte, Sandra Toffolo a passé les derniers mois à étudier le dessin en consultant des livres, des manuscrits et des articles.

L’universitaire a notamment découvert sur le dessin original une série de petites piqûres qui suggère également que la vue de Venise a été plus largement diffusée.

Cette technique était utilisée à la Renaissance pour copier les images grâce à de la poudre qui était tamisée à travers les piqûres d’épingle sur une autre surface, transférant ainsi les contours de l’image.

«La présence de ces piqûres d’épingle est une forte indication que cette vue de la ville a été copiée», explique Sandra Toffolo.

«En effet, il y a plusieurs images dans les manuscrits et les premiers livres imprimés qui sont clairement basées sur l’image du manuscrit à Florence», précise l’historienne.

Selon l’historienne de l’art, Kathryn Blair Moore, qui l’explique dans un article publié en 2018 sur le site de l’université de Cambridge, le manuscrit de Niccolò da Poggibonsi correspond à l’émergence d’un nouveau genre, celui du «guide de pèlerinage».

«Contrairement aux guides latins des siècles précédents, la volonté d’inclure ensemble des illustrations qui recréent l’expérience du pèlerinage et la description inédite de la prose suggèrent que l’ouvrage peut être considéré comme le texte fondamental pour le genre du guide illustré du pèlerinage», écrit l’experte.

Monde

Mort de Soleimani : les États-Unis s'attendent à des cyberattaques venues d'Iran

WASHINGTON — Des cyberattaques plutôt que des missiles : le spectre d’une guerre ouverte entre l’Iran et les États-Unis semble se dissiper, mais des analystes s’accordent à dire que Téhéran n’a pas renoncé à venger la mort du général Soleimani et fourbit une riposte sur le front numérique.

La tension, chronique, entre l’Iran et les États-Unis a brusquement grimpé le 3 janvier avec l’élimination en Irak par Washington d’un puissant général iranien, Qassem Soleimani, suivie de représailles contre des cibles militaires américaines en Irak.

Chaque camp a depuis fait des déclarations allant dans le sens de l’apaisement.

«Je pense que nous aurions tort de croire que tout est terminé», relève toutefois Jon Bateman, un ancien responsable des services de renseignement du Pentagone, spécialiste du cyberespace au sein du cercle de réflexion Carnegie Endowment for International Peace.

Les offensives informatiques sont «le moyen le plus facile à disposition de l’Iran pour produire un effet direct sur le territoire américain», pointe-t-il.

L’Iran, relève-t-il, a réduit ces dernières années ses cyberactivités contre les États-Unis, mais le pays dispose toujours «de nombreux outils» qui pourraient être utilisés contre l’Amérique ou ses alliés.

L’éventail est large : cyberattaques contre des infrastructures de distribution d’eau ou d’électricité, utilisation de logiciels malveillants pour détruire ou effacer des données d’une entreprise ou d’une entité gouvernementale, désinformation sur les réseaux sociaux pour déstabiliser la campagne électorale américaine, énumère M. Bateman.

Selon les analystes, les cyberattaques peuvent permettre à l’Iran d’agir contre Washington sans pour autant défier directement son armée.

Pour James Lewis, du Centre d’études stratégiques et internationales, les Iraniens semblent avoir choisi de prendre leur temps pour préparer une intrusion informatique. «Ils pourraient vouloir faire quelque chose de spectaculaire et de symbolique», pense-t-il.

Menace «plus prononcée» aujourd’hui

D’après John Dickson, ancien officier de l’armée de l’air américaine, aujourd’hui employé par le cabinet de consultants en sécurité Denim Group, le monde de la sécurité informatique aurait tort de baisser la garde au motif que deux semaines se sont écoulées depuis la mort du général Soleimani.

«Je pense que la menace est plus prononcée actuellement», dit-il, relevant que les Iraniens «ont eu le temps de se préparer, de sortir leurs plans du placard, c’est davantage conforme à leur manière d’opérer».

Le recours aux rançongiciels (ransomware), une forme d’extorsion de fonds, est pour lui une option vraisemblable vu qu’»ils ont été étranglés économiquement par les sanctions».

Le département de la Sécurité intérieure a publié la semaine dernière une mise en garde: «les acteurs iraniens de la cybermenace ont continuellement amélioré leurs capacités cyberoffensives».

Ils continuent, note le service gouvernemental, à s’impliquer «dans des activités +conventionnelles+, allant de la dégradation de sites web aux attaques par déni de service (DDoS), en passant par le vol de données personnelles, mais ont aussi fait preuve d’une volonté de repousser les limites de leurs activités», avec potentiellement des attaques causant des dégâts matériels.

La riposte pourrait aussi se jouer sur les réseaux sociaux.

Facebook et Twitter avaient déjà tenté de freiner, en 2018, ce qu’ils présentaient comme des campagnes de manipulation de l’opinion initiées depuis l’Iran.

Ces opérations ont été pensées comme «une extension de la politique étrangère» de l’Iran, notent les experts numériques du centre de réflexion stratégique Atlantic Council dans un rapport.

Les chercheurs remarquent que le hashtag  #HardRevenge (vengeance dure) a commencé à proliférer début janvier. «Cela pourrait préfigurer une série d’opérations sur l’information plus intense en provenance d’Iran», selon le rapport.

Les cyberopérations font désormais pleinement partie de l’arsenal militaire et l’Iran a conscience que les États-Unis n’hésiteront pas non plus à s’en servir contre lui, souligne Jon Bateman.

Ils n’ont pas dû oublier, note-t-il, l’épisode de Stuxnet, un virus présumé de conception américano-israélienne introduit en 2010 dans un ordinateur du complexe nucléaire iranien, entraînant des dysfonctionnements majeurs dans le parc de centrifugeuses utilisées pour l’enrichissement de l’uranium.

Les États-Unis ne riposteraient pas forcément à une cyberattaque iranienne par une autre cyberattaque, juge l’analyste. «Ils pourraient recourir à des sanctions, des poursuites pénales ou des actions militaires», suppose-t-il.

Jon Bateman considère que l’Iran semblait décidé malgré tout à laver l’affront de la mort de Soleimani, l’initiative «la plus provocatrice des États-Unis depuis longtemps».

Monde

Australie : la pluie est tombée sur les feux, faisant le bonheur des pompiers et des fermiers

SYDNEY — De fortes précipitations sont tombées vendredi sur les incendies qui ravagent l’est de l’Australie, au grand soulagement de certains fermiers qui ont déjà perdu une importante partie de leurs bêtes et de leurs récoltes.

La pluie a apporté un sérieux coup de pouce aux soldats du feu exténués par des mois de combat engagés depuis septembre sur le front de ces incendies sans précédent.

Ce week-end, certaines régions situées à proximité des brasiers les plus importants devraient à leur tour connaître d’importantes précipitations.

Aggravée par le réchauffement climatique, cette crise des feux de forêt, qui a déjà fait 28 morts, a été alimentée par un temps particulièrement chaud et sec au cours des derniers mois sur l’immense île-continent.

Ils ont détruit de vastes superficies de forêts vierges dans l’est et le sud de l’Australie, décimé du bétail dans les fermes et détruit quelque 2000 maisons.

Après une longue période de sécheresse et de températures exceptionnelles, les plus fortes précipitations depuis près de dix ans sont tombées vendredi sur certaines régions voisines des incendies les plus importants.

«Au cours des 24 dernières heures, la pluie est tombée sur la plupart des endroits ravagés par les feux, ce qui est une excellente nouvelle», a déclaré le service rural de lutte contre les incendies de Nouvelle-Galles-du-Sud.

«Nous croisons les doigts pour que cela continue dans les jours à venir».

La pluie n’est cependant pas tombée sur tous les feux qui brûlent en Nouvelle-Galles-du-Sud ni sur l’État de Victoria où se trouvent des foyers particulièrement virulents.

Des fermiers poussés à bout

Elle n’a pas non plus atteint l’île Kangourou, un véritable sanctuaire pour une faune et une flore d’exception, située au sud, au large d’Adélaïde.

Les flammes ont dévasté le parc national de cette île, tuant une grande partie de sa population de koalas et menaçant d’éradiquer complètement certaines espèces d’oiseaux et de marsupiaux endémiques.

Les autorités ont cependant averti que la crise pourrait à nouveau s’aggraver, l’Australie n’étant qu’au milieu de son été.

Néanmoins, la perspective d’un temps plus humide dans l’est et le sud de l’Australie au cours des prochains jours laissait encore de l’espoir.

Les incendies et la sécheresse ont poussé à bout de nombreux agriculteurs et ces précipitations leur ont mis du baume au coeur.

«Que puis-je dire, nous sommes si chanceux. Avant cela, les barrages étaient à sec et nous avons transporté de l’eau et de la nourriture pendant des mois», a expliqué à l’AFP, Stephanie Stewart, qui possède une exploitation dans le nord de la Nouvelle-Galles-du-Sud.

«Maintenant, nous espérons que cela va s’étendre et que cela permettra d’alléger le poids porté par tant d’autres agriculteurs étonnants qui ont été et sont encore confrontés à cette redoutable sécheresse».

Les scientifiques évaluent à plus d’un milliard le nombre d’animaux tués à travers le territoire australien.

Une grande partie de leurs habitats ont été détruits et les associations de lutte pour l’environnement ont mis en garde contre un risque d’extinction de certaines espèces.

Koalas sauvés des flots

Les célèbres koalas concentrent une large partie de l’attention. Des images montrant ces adorables petites bêtes à la fourrure grise être sauvées de l’enfer des flammes ont fait la une de journaux du monde entier.

Mais vendredi matin, certains koalas et d’autres animaux du parc des reptiles d’Australie, sur le littoral est de la Nouvelle-Galles-du-Sud, ont été sauvés des flots.

«C’est incroyable, la semaine dernière encore nous avions des réunions tous les jours sur la menace imminente que représentaient les feux de forêt», a déclaré le directeur du parc Tim Faulkner.

«Aujourd’hui, toute l’équipe est sur le terrain, trempée, se démenant pour mettre nos animaux en sécurité et protéger le parc contre les flots. Nous n’avons pas connu de telles inondations dans le parc depuis plus de 15 ans», a-t-il souligné.

Ces pluies diluviennes se révèlent être une arme à double tranchant.

L’eau peut en effet compliquer l’intervention des camions de pompiers contraints de s’aventurer sur des pistes boueuses au plus profond des forêts, ont averti les autorités.

Les crues soudaines provoquent aussi l’inquiétude. Les montagnes qui ont brûlé ne peuvent pas retenir l’eau et risquent de rejeter des courants de cendres boueuses dans les cours d’eau.

De tels torrents sont déjà responsables de la mort d’un nombre considérable de poissons, empoisonnés par ces cendres boueuses, ont rapporté des médias.

Monde

En Irak, 17 ans d’échecs américains

BAGDAD — En 2003, en renversant la dictature de Saddam Hussein, ils promettaient démocratie, prospérité et un nouvel Irak. Dix-sept ans plus tard, les Américains pourraient quitter un pays aux institutions inopérantes, aux confessions et ethnies divisées, et sous la coupe de l’ennemi iranien.

État faible, économie et industrie à genoux, renouvellement politique rendu impossible par l’attribution des postes en fonction des confessions... Pour Karim Bitar, spécialiste du Moyen-Orient, «c’est un échec total» et prévisible car «le ver était dans le fruit» dès le 20 mars 2003, date de l’entrée des troupes américaines en Irak.

«Les montages constitutionnels élaborés par les Américains, notamment inspirés de la formule libanaise et son institutionnalisation du communautarisme» ont fait prospérer les divisions et entretenu un flou légal et économique dans lequel se sont engouffrés dirigeants véreux et groupes armés décidés à imposer leur loi.

Les minorités, notamment chrétienne, ont fui le pays, et «les élections qui devaient être des modèles ont tourné au recensement communautaire», affirme M. Bitar.

Constitution sans consistance

Quant à la Constitution, non seulement elle est «constamment violée» depuis son adoption en 2005, renchérit un responsable gouvernemental irakien, mais, en plus, elle ne prévoit pas les soubresauts politiques qui se succèdent en Irak.

Le fédéralisme et les territoires disputés par le Kurdistan? La Constitution les renvoie à plus tard.

Que faire si le premier ministre démissionne? Quand Adel Abdel Mahdi l’a fait fin novembre, tout le monde a semblé découvrir que la Constitution avait oublié cette possibilité.

En Irak, depuis 2003, ce n’est pas un cadre légal fort qui a prospéré sur les ruines de la dictature, mais les moyens de contourner la loi : les multiples commissions anticorruption n’en finissent plus d’énumérer les techniques développées par des politiciens inamovibles pour empocher l’argent public.

Alors que le passage de l’économie socialiste de l’Irak de Saddam Hussein sous embargo à une économie de marché n’a jamais été réalisé, le clientélisme a fait gonfler la facture des salaires des fonctionnaires et la corruption s’envoler une part significative du budget de l’État.

Sur le plan sécuritaire, les forces irakiennes auxquelles les Américains avaient remis les rênes du pays à la fin de l’occupation en 2011 ont battu en retraite face aux jihadistes du groupe État islamique (EI).

Car, affirme M. Bitar, «la plus grande erreur stratégique» des Américains après mars 2003 a été de «démanteler la police et l’armée dans un parallèle hasardeux avec la dénazification de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale».

Avec le secteur sécuritaire, la santé et l’éducation irakiennes, autrefois des modèles dans la région, se sont liquéfiées. Et la société civile, qui n’a pas été à l’origine ou associée au changement de régime en 2003, n’a pu se consolider par la suite.

Aujourd’hui, après la guerre contre l’EI, un nouvel acteur a gagné sa légalité : le Hachd al-Chaabi, qui regroupe des anciens miliciens ayant combattu l’occupant américain. Cette coalition est aujourd’hui l’acteur le plus puissant au sein des forces de sécurité — et agit pour préserver les intérêts de l’Iran.

Trump, «allié objectif» de l’Iran

Le grand voisin iranien «a des leviers politiques et un passé politique et culturel commun que les États-Unis n’ont pas», souligne auprès de l’AFP Fanar Haddad, spécialiste de l’Irak.

Washington n’a «pas transformé sa puissance militaire en levier politique», note-t-il.

Ne restent plus en main des Américains que deux cartes: le déchaînement des armes ou un nouvel embargo et la fermeture du robinet à dollars.

En face, l’Iran a aujourd’hui à ses portes un marché économique en expansion — neuf milliards de dollars d’exportation en 2019 —, des agents armés qu’il peut mobiliser sur place et au-delà et un canal pour contourner les sanctions américaines et obtenir des dollars.

Pour faire avancer sa «stratégie forgée depuis la guerre de 1980-88, qui vise, au moins, la neutralisation de l’Irak et au mieux sa mise sous protectorat», Téhéran a trouvé un allié objectif, dit Jean-Pierre Filiu, professeur à Science Po à Paris : le président américain Donald Trump lui-même.

«L’objectif de Téhéran est rendu plus accessible par les errements de la Maison-Blanche», affirme à l’AFP ce spécialiste du Moyen-Orient.

Il y a quelques jours, dans le tumulte lié à l’assassinat à Bagdad du puissant général iranien Qassem Soleimani dans un tir de drone américain, le commandement militaire américain en Irak a envoyé une lettre annonçant son retrait d’Irak. Le Pentagone a démenti. Bagdad a surenchéri.

La tension n’a fait qu’augmenter tandis que, sur le terrain, des hélicoptères américains continuent de voler, les Irakiens évoquant un départ, les Américains un «repositionnement». Tout ça, commente laconiquement un responsable militaire américain, est «stupide».

Si l’Iran a la haute main sur la classe politique — toutes ethnies et confessions confondues —, un acteur a changé la donne : la rue, qui manifeste depuis octobre.

Elle a montré que «les Irakiens, au-delà de leurs divergences communautaires, ont encore envie de mettre la priorité sur les enjeux sociaux et économiques et refusent d’être instrumentalisés par les puissances étrangères», affirme M. Bitar.

L’alternative que beaucoup d’entre eux proposent est de revenir à l’ancien régime, présidentiel. Et d’effacer toutes les institutions créées par les Américains.

Monde

45 millions de personnes menacées par la famine en Afrique australe

JOHANNESBURG — Un nombre record de 45 millions de personnes sont menacées par la famine dans les pays d’Afrique australe en raison de la sécheresse, des inondations et des difficultés économiques dans leurs pays, ont alerté jeudi les Nations unies.

«Cette crise de la faim atteint des proportions jamais vues et nos observations sur le terrain montrent qu’elle va encore empirer», a averti dans un communiqué la responsable régionale du Programme alimentaire mondial (PAM), Lola Castro.

Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain souffre d’un important déficit de pluies, aggravé par la répétition d’épisodes de l’anomalie climatique connue sous le nom d’El Niño, qui pèse sur les récoltes agricoles de ses 16 pays, pour la plupart très pauvres.

Le réchauffement mondial des températures y provoque également des tempêtes ou cyclones de plus en plus violents.

L’an dernier, le cyclone Idai a causé des inondations catastrophiques au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi, y faisant plus d’un millier de morts, des millions de sinistrés et des dégâts considérables, notamment aux réserves alimentaires. «La saison des cyclones a débuté, on ne peut pas se permettre la répétition des dégâts de l’an dernier», a souligné Mme Castro.

Météo sèche et chaude

Selon le PAM, les températures augmentent dans la région à un rythme deux fois supérieur à celui observé sur la planète. Cette année encore, les prévisions anticipent une météo sèche et chaude, laissant augurer d’une nouvelle mauvaise récolte.

Aux quatre coins de la région, de nombreuses familles ont déjà été contraintes de supprimer un de leurs repas quotidiens et ne survivent plus que grâce à l’aide d’urgence. 

Monde

Mystérieuse pneumonie en Chine: un second patient est décédé

PÉKIN — La mystérieuse pneumonie virale apparue dans le centre de la Chine, et dont le virus appartient à la même famille que le SRAS, a fait une seconde victime, ont annoncé jeudi les autorités sanitaires.

Un homme de 69 ans est décédé mercredi à Wuhan, où la maladie a été détectée le mois dernier pour la première fois, a indiqué la Commission municipale de l’hygiène et de la santé sur son site Internet.

Le patient, qui est tombé malade le 31 décembre, a vu son état de santé s’aggraver cinq jours plus tard avec une myocardite sévère (inflammation du muscle cardiaque), une fonction rénale anormale et de multiples organes gravement touchés, ont précisé les autorités sanitaires.

Selon le tout dernier bilan disponible, au moins 41 malades ont été recensés en Chine dont cinq sont dans un état grave.

Cette pneumonie alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

L’enquête des autorités sanitaires chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients sont des vendeurs d’un marché de fruits de mer et de poissons de Wuhan.

La municipalité a pris plusieurs mesures, ordonnant en particulier la fermeture du marché concerné, où des opérations de désinfection et des analyses ont été effectuées.

Deux autres cas de cette mystérieuse pneumonie ont par ailleurs été détectés en Thaïlande et au Japon, où les autorités de ces deux pays affirment que les patients s’étaient rendus à Wuhan avant leur hospitalisation. 

Monde

Une élue afro-américaine révèle être chauve dans une vidéo devenue virale

WASHINGTON — Ayanna Pressley, élue démocrate au Congrès américain, a révélé jeudi avoir perdu subitement tous ses cheveux dans une vidéo devenue rapidement virale et relayée par nombre de ses collègues.

«En tant que femme noire, le privé est politique. L’histoire de mes cheveux n’est en rien une exception. Je partage aujourd’hui une histoire très intime afin de créer une plateforme pour d’autres», a-t-elle déclaré sur Twitter, en relayant la vidéo de son témoignage poignant confié au média The Root.

L’élue du Massachusetts a révélé souffrir d’alopécie, une maladie provoquant une perte soudaine de cheveux. Elle raconte se réveiller un matin, puis tous les matins, avec un lavabo plein de cheveux.

«La veille de l’impeachment, mes derniers cheveux sont tombés, j’étais complètement chauve et je devais aller voter dans quelques heures», confie la femme de 45 ans, visiblement émue, en référence au vote de mise en accusation de Donald Trump à la Chambre des représentants, le 18 décembre 2019.

Elle raconte s’être sentie exposée, nue, honteuse, vulnérable et avoir eu le sentiment de participer à une «trahison culturelle» envers toutes les petites filles qui avaient jusqu’ici salué, voire imité ses tresses.

Ayanna Pressley, dit avoir senti qu’«elle devait une explication à toutes ces petites filles». «Mon mari m’a dit que non, que tout n’a pas besoin d’être politique, mais la vérité c’est que je suis une femme noire en politique et que tout ce que je fais est politique.»

L’écran s’assombrit alors et la femme originaire de Chicago revient sans sa perruque en affirmant : «Je ne suis pas ici que pour occuper l’espace, je suis là pour le créer.»

Une étude publiée en juillet 2019 dans le Journal of the American Academy of Dermatology a révélé que les Afro-Américains souffraient d’alopécie à un taux plus élevé que d’autres, les chercheurs suggérant qu’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux étaient en cause.

La vidéo, publiée jeudi, avait dépassé le million de vues sur Twitter, en soirée.

«Ayanna, tu es un don du ciel», a applaudi l’étoile montante du parti démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, benjamine du Congrès.

«Tu es une reine noire absolument magnifique. Je sais que des femmes et des jeunes filles dans le monde entier vont porter leurs couronnes avec plus de fierté aujourd’hui grâce à toi», a abondé sa collègue Ilhan Omar.

Autour du globe, 17 janvier 2020

Monde

Procès en destitution de Donald Trump: premiers «frissons» au Sénat

WASHINGTON — Du silence, des serments et de la gravité : le Sénat a ouvert solennellement jeudi le procès en destitution de Donald Trump, le troisième président de l’histoire des États-Unis confronté à telle avanie.

«C’est une mascarade, c’est une honte», a tonné le milliardaire républicain, tout en affichant son optimisme sur une issue rapide à cet épisode qui entache sa campagne de réélection.

«Ça devrait aller très vite...», a-t-il espéré, en comptant sur la majorité républicaine du Sénat pour être acquitté sans avoir à subir de longs débats.

Son procès, qui divise autant la classe politique que le pays, a débuté quand sept élus démocrates de la Chambre des représentants se sont présentés au Sénat pour lire l’acte d’accusation adopté le 18 décembre par leur assemblée.

«Donald John Trump, président des États-Unis, a été mis en accusation pour des crimes et délits graves», a énoncé Adam Schiff, qui dirige cette équipe chargée du rôle de procureur. L’ancien magnat de l’immobilier «a agi d’une manière contraire à la confiance placée en un président et subversive pour la conduite du gouvernement», a-t-il poursuivi d’un ton grave, empreint d’émotion. Selon un sénateur démocrate, des «frissons» ont alors parcouru l’assistance.

Après une pause, les parlementaires sont revenus dans l’hémicycle pour prêter serment devant le chef de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, chargé par la Constitution de présider le procès.

Ils ont collectivement juré de rendre la justice «de manière impartiale en accord avec la Constitution et les lois», devant le plus haut magistrat des États-Unis qui, drapé dans sa toge noire, a prononcé le même serment, la main sur la Bible.