Monde

Cyclone Idai: plus de 550 victimes au Mozambique

Les Nations unies et les ONG ont multiplié vendredi les appels à l’aide pour l’Afrique australe, alors que des milliers de rescapés du cyclone Idai se trouvent dans une situation critique. Le cyclone Idai, qui a balayé la semaine dernière le Mozambique puis le Zimbabwe, a fait plus de 550 morts et affecté des centaines de milliers de personnes.

Nombre d’entre elles ont perdu maisons, récoltes ou encore vêtements. Après le déblayage des grands axes et le sauvetage des personnes encore bloquées dans les zones inondées, «la prochaine étape est d’avoir accès à de l’eau potable, parce que ce qui nous attend, ce sont des maladies», a déclaré vendredi à l’AFP la directrice de l’UNICEF, Henrietta Fore. «Le temps presse, on est à un moment critique», a-t-elle mis en garde depuis la ville de Beira au Mozambique, en partie dévastée par le cyclone. 

Évoquant «des corps décomposés et un manque d’hygiène et d’installations sanitaires», elle a également fait part de son inquiétude compte tenu de «l’eau stagnante et des moustiques qui arrivent». 

«Des cas de choléra ont déjà été signalés à Beira et les infections de paludisme se multiplient chez les rescapés piégés par les eaux», a souligné la Croix-Rouge.

Autour du globe, 23 mars 2019

Monde

Le procureur spécial Mueller a remis son rapport

WASHINGTON — Robert Mueller a remis vendredi au procureur général des États-Unis son très attendu rapport final sur l'enquête concernant une possible ingérence russe dans la démocratie américaine, qui a assombri la présidence de Donald Trump et débouché sur des poursuites criminelles contre certains de ses proches collaborateurs.

Le rapport, toujours confidentiel, marque la fin de l'enquête du procureur spécial Mueller, mais il ouvre maintenant la voie à de chaudes luttes politiques. Les prochaines étapes seront jouées dans le bureau du procureur général des États-Unis, au Congrès américain et vraisemblablement devant les tribunaux fédéraux.

Le département de la Justice a déclaré vendredi que M. Mueller avait remis son rapport final au procureur général, William Barr, et qu'il avait officiellement clos son enquête sur une possible ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 et sur une éventuelle collusion entre le Kremlin et des proches de M. Trump.

Le rapport va maintenant être examiné par M. Barr. Le procureur général a déjà indiqué qu'il rédigerait son propre compte-rendu du rapport d'enquête afin de communiquer les résultats de Robert Mueller au Congrès et au peuple américain. M. Barr a soutenu qu'il pourrait présenter son compte-rendu au Congrès dès ce week-end.

Aucun détail n'a été dévoilé à ce stade-ci et on ne sait pas si le rapport du procureur spécial Mueller répond aux questions fondamentales de cette enquête: des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump ont-ils manoeuvré avec le Kremlin pour influer sur l'élection présidentielle de 2016 en faveur de l'homme d'affaires? Et M. Trump a-t-il plus tard posé certains gestes dans le but d'entraver l'enquête, notamment en limogeant le directeur de la police fédérale (FBI) James Comey?

On ignore toutefois ce qui arrivera si M. Mueller a conclu à des activités criminelles: des avis juridiques au département de la Justice soutiennent qu'un président américain en exercice ne peut être mis en accusation.

Monde

Pays-Bas: le tireur d'Utrecht avoue devant le juge

LA HAYE — Le suspect poursuivi pour homicides à des fins terroristes après la fusillade qui a fait trois morts lundi dans un tramway à Utrecht, aux Pays-Bas, a avoué vendredi ses crimes lors de sa première comparution devant le juge, a annoncé le parquet.

«Le suspect âgé de 37 ans a avoué ce matin [vendredi] devant le juge d'instruction les infractions pénales qui avaient été retenues contre lui», a indiqué le ministère public dans un communiqué, ajoutant que le suspect avait déclaré avoir «agi seul».

La fusillade a fait trois morts et sept blessés dont trois grièvement atteints. Les personnes décédées sont une femme de 19 ans et deux hommes de 28 et 49 ans, tous originaires de la province d'Utrecht.

Gokmen Tanis, né en Turquie, déjà connu de la justice néerlandaise pour des faits de vol et de viol, a été arrêté lundi à l'issue d'une chasse à l'homme de huit heures. Une arme à feu a été saisie lors de son interpellation.

Le parquet n'a pas communiqué davantage d'informations sur les déclarations du suspect — placé en détention provisoire — devant le juge «afin de préserver les intérêts de l'enquête».

Un deuxième suspect, un homme de 40 ans arrêté mardi, a été relâché. Il était interrogé par les enquêteurs pour déterminer s'il a pu jouer un rôle de soutien en dehors de la fusillade.

«Cet homme a été arrêté mardi parce que le suspect âgé de 37 ans a été arrêté chez lui. Ces derniers jours, une enquête approfondie a été menée pour déterminer si l'homme avait participé à la fusillade ou s'il avait apporté son aide.»

«Aucune preuve n'a été apportée et l'homme n'est donc plus un suspect», a-t-il ajouté.

Une marche silencieuse se tiendra vendredi soir à Utrecht en hommage aux victimes de la tuerie, en présence du premier ministre néerlandais Mark Rutte et du ministre de la Justice et de la Sécurité, Ferdinand Grapperhaus.

Monde

Deux soldats américains tués en Afghanistan

KABOUL — Deux soldats américains ont été tués vendredi en Afghanistan, a annoncé l'OTAN, alors qu'États-Unis et talibans mènent depuis des mois des pourparlers de paix.

La mission «Resolute support» de l'OTAN, dans un communiqué, n'a pas précisé les lieux ni les circonstances de leur mort, seulement qu'ils étaient «en opération».

D'après un document du département de la Défense publié jeudi, près de 2300 soldats américains sont morts et plus de 20 400 ont été blessés en Afghanistan depuis fin 2001, quand une coalition internationale menée par les États-Unis a chassé les talibans du pouvoir.

Le nombre de morts américains a toutefois fortement chuté après 2014, quand la mission de combat de l'OTAN s'est achevée pour être remplacée par une mission de conseil et de formation des forces afghanes (Resolute support).

Les États-Unis, au sommet de leur présence, ont compté jusqu'à 100 000 militaires en Afghanistan. Quelque 14 000 s'y trouvent encore dans le cadre de Resolute support, qui voit aussi Washington fournir un important soutien aérien aux troupes afghanes.

Après plus de 17 ans de présence et une situation qui empire sur le terrain, les États-Unis cherchent à s'extraire de leur plus longue guerre à l'étranger.

Depuis l'été dernier, plusieurs sessions de négociations bilatérales se sont tenues entre responsables américains et une délégation talibane à Doha, dont la dernière session s'est conclue le 12 mars.

L'émissaire américain Zalmay Khalilzad avait à cette date fait état de «vraies avancées», évoquant un «accord préliminaire» sur les «garanties» que les talibans doivent fournir en matière de contreterrorisme et sur le «retrait des troupes» américaines.

Alors que les autorités afghanes se plaignent d'être tenues à l'écart des négociations, de nombreux Afghans craignent que le gouvernement ne s'effondre si les troupes américaines se retirent, ce qui pourrait permettre aux talibans de revenir au pouvoir et déclencher une nouvelle guerre civile.

Monde

Pyongyang quitte le bureau de liaison intercoréen, après l'échec du sommet Kim-Trump

SÉOUL — Pyongyang a retiré son personnel du bureau de liaison intercoréen, a annoncé vendredi la Corée du Sud, quelques semaines après l'échec du deuxième sommet entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.

Ce bureau situé dans la ville nord-coréenne de Kaesong avait ouvert en septembre dans le cadre d'un spectaculaire rapprochement sur la péninsule, mais celui-ci est mis à mal par le blocage des discussions sur la dénucléarisation.

Le vice-ministre sud-coréen de l'Unification Chun Hae-sung a déclaré aux journalistes que la Corée du Nord avait «notifié le Sud qu'elle se retirait du bureau de liaison».

La décision a été prise «en accord avec un ordre venu de la hiérarchie», a-t-il dit. «Ils ont dit qu'il leur était égal que nous restions ou pas dans le bureau de liaison.»

Après des années de montée des tensions sur la péninsule divisée, 2018 a été marquée par un remarquable rapprochement Nord/Sud qui s'est concrétisé par plusieurs sommets entre M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in.

Élu en 2017 en promettant de relancer le dialogue, ce dernier a multiplié les efforts pour que cette détente se traduise par des initiatives concrètes. L'ouverture du bureau de liaison en était une.

Parmi les autres projets, figuraient la relance de la zone industrielle intercoréenne également située à Kaesong, ou encore la reprise des voyages de Sud-Coréens dans le complexe touristique nord-coréen du Mont Kumgang.

Pression sur Séoul

Mais les sanctions internationales votées pour pousser Pyongyang à renoncer à ses programmes militaires interdits, et qui sont toujours en place, ont empêché que ne reprennent ces projets.

Les efforts pour rénover le réseau ferré nord-coréen ont également été reportés.

Des questions se sont même posées sur le fait de savoir si les fournitures équipant le bureau de liaison ne constitueraient pas une violation des sanctions.

L'incapacité de MM. Trump et Kim à avancer dans les discussions sur la dénucléarisation et la levée des sanctions, lors de leur sommet à Hanoï fin février, n'a fait qu'alimenter les doutes sur la pérennité du rapprochement intercoréen.

Pyongyang et Washington avaient exprimé leur intention de poursuivre le processus de discussions après Hanoï.

Mais l'émissaire américain Stephen Biegun a depuis indiqué que les États-Unis ne voulaient pas d'une dénucléarisation «progressive» de la Corée du Nord, mais d'un désarmement total et rapide en échange d'une levée des sanctions.

La vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréenne Choe Son Hui a indiqué la semaine dernière que Pyongyang n'avait «aucune intention de céder aux demandes des États-Unis».

À en croire certains experts, le retrait nord-coréen du bureau de liaison pourrait montrer que Pyongyang ne croit pas dans les capacités de Séoul à influencer Washington.

«Avec ce retrait, le Nord fait pression sur le Sud pour qu'il en fasse davantage en tant qu'intermédiaire entre Pyongyang et Washington», a estimé Yoo Ho-yeol, professeur d'études nord-coréennes à la Korea University.

Changement de stratégie

«Cela peut être compris soit comme des pressions, soit comme un avertissement», a-t-il dit à l'AFP. «En interne, la Corée du Nord pourrait utiliser ce retrait à des fins de propagande en disant à sa population qu'elle a l'initiative pour ce qui est des relations intercoréennes.»

Cheong Seong-chang, de l'Institut Sejong, a estimé que ce retrait, de même que le récent rappel de nombre de ses ambassadeurs dans le monde pourrait indiquer que «le Nord envisage de changer de stratégie sur la dénucléarisation et la politique étrangère».

Séoul a de son côté maintenu la porte du dialogue ouverte.

«Nous regrettons la décision du Nord», a déclaré M. Chun. «Bien que la Corée du Nord se soit retirée, nous continuerons de travailler comme avant au bureau de liaison.»

Ce bureau avait ouvert trois mois après que M. Kim eut signé avec M. Trump un engagement vague en faveur de la «dénucléarisation de la péninsule coréenne», en juin à Singapour, et peu avant une visite historique de M. Moon à Pyongyang.

Le bâtiment de quatre étages comprend des bureaux séparés pour le Nord et le Sud ainsi qu'une salle de conférence commune. Séoul avait indiqué à son ouverture que ce «canal de consultation et de communications» serait ouvert 24 heures sur 24, toute l'année.

Il était destiné à faciliter les échanges transfrontaliers, améliorer les relations entre le Nord et les États-Unis, et apaiser les tensions militaires.

Monde

La Chine durement frappée par une explosion chimique: 47 morts

YANCHENG — Au moins 47 morts et 90 blessés graves : le bilan encore provisoire de l'explosion d'une usine chimique dans l'est de la Chine est l'un des plus lourds de l'histoire du pays, régulièrement frappé par des catastrophes industrielles.

Les riverains du site, situé à Yancheng, à 260 kilomètres au nord de Shanghai, contemplaient vendredi, comme livrés à eux-mêmes, l'étendue des dégâts provoqués par l'explosion, qui a dévasté des habitations sur plusieurs kilomètres à la ronde.

«Je n'ai personne pour m'aider ici. Qu'est-ce que je vais faire avec tout le verre brisé et un mur cassé?» se lamente, les larmes aux yeux, Mme Wang, 57 ans.

L'explosion, dont l'origine n'est pas connue, a provoqué jeudi une énorme boule de feu de plusieurs dizaines de mètres de haut ainsi qu'une épaisse colonne de fumée grise, d'après des images relayées sur les réseaux sociaux.

«Nous savions que ça allait sauter un jour», se désole Xiang, une riveraine qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, occupée à déblayer les débris.

La sexagénaire, qui était chez elle au moment de la catastrophe, a vu la porte d'entrée de sa maison d'un étage fortement endommagée par le souffle de l'explosion. Elle redoute à présent une contamination de l'eau.

«Nous n'avons pas d'eau potable ici», se lamente-t-elle. «Pourquoi est-ce que l'État ne nous apporte pas d'eau potable?»

Le gouvernement central a indiqué avoir constitué une commission d'enquête pour faire la lumière sur l'origine de la catastrophe. Plusieurs arrestations ont eu lieu, selon les autorités locales, qui n'ont toutefois communiqué aucun chiffre.

Fondée en 2007, la société Tianjiayi Chemical, où s'est produite l'explosion, compte 195 salariés et fabrique des produits chimiques dont l'anisole, un composé hautement inflammable à l'odeur proche de l'anis.

Elle a dans le passé été épinglée à plusieurs reprises pour des manquements à la réglementation en matière d'environnement, selon l'administration locale en charge de ces questions. En 2015 et 2017, l'entreprise avait été condamnée à une amende pour avoir enfreint la législation sur la gestion des déchets solides et des eaux usées.

Monde

La Nouvelle-Zélande observe la prière musulmane du vendredi

CHRISTCHURCH, Nouvelle-Zélande — Dans un geste sans précédent, plusieurs milliers de Néo-Zélandais ont assisté vendredi à l’appel à la prière musulmane, une semaine après le massacre de 50 personnes dans des mosquées de Christchurch.

La première ministre Jacinda Ardern et des milliers d’autres personnes se sont rassemblées dans le parc Hagley, situé en face de la mosquée Al Noor à Christchurch, pour observer l’appel à la prière à 13 h 30, heure locale.

«La Nouvelle-Zélande pleure avec vous. Nous sommes un», a déclaré Mme Ardern.

Des milliers d’autres écoutaient à la radio ou regardaient la télévision pendant que l’événement était retransmis en direct. La prière a été suivie de deux minutes de silence.

Les fonctionnaires ont aménagé une vaste moquette marron clair dans laquelle des centaines d’hommes musulmans étaient assis en chaussettes ou pieds nus pour se préparer à la prière. Un homme au premier rang était assis dans un fauteuil roulant de l’hôpital de Christchurch.

Gamal Fouda, l’imam de la mosquée Al Noor, a remercié les Néo-Zélandais pour leur soutien.

«Ce terroriste a cherché à déchirer notre pays avec une idéologie diabolique, mais nous avons plutôt démontré que la Nouvelle-Zélande est indestructible, a-t-il déclaré sous les applaudissements de la foule. Nous avons le c?ur brisé, mais nous-mêmes, nous ne le sommes pas. Nous sommes vivants. Nous sommes ensemble. Nous sommes déterminés à ne laisser personne nous diviser.»

Cette célébration a lieu le lendemain de l’annonce par le gouvernement d’une interdiction des armes à feu semi-automatiques de type «militaire» et des magasins de grande capacité, comme les armes utilisées lors des attaques de vendredi dernier.

Au moins 42 personnes sont mortes à la mosquée Al Noor et au moins sept autres à la mosquée de Linwood, à proximité, après avoir été abattues par un suprématiste blanc.

L’interdiction immédiate des ventes est entrée en vigueur jeudi pour empêcher le stockage, et de nouvelles lois seront adoptées à la hâte par le Parlement qui imposera une interdiction complète des armes, a fait savoir Mme Ardern.

La nouvelle loi sur les armes à feu est soutenue non seulement par le parti travailliste libéral de Mme Ardern, mais aussi par l’opposition conservatrice. Elle devrait donc être promulguée. Le port d’arme en Nouvelle-Zélande n’est pas inscrit dans la constitution du pays.

Samier Dandan, président de l’Association libanaise musulmane à Sydney, faisait partie de ceux qui comptaient bien assister à la célébration de vendredi.

«C’est un horrible acte de terrorisme qui s’est produit dans une ville magnifique et paisible», a-t-il dit.

Il a ajouté que sa douleur ne pouvait pas être comparée à celle des familles des victimes. Leur résilience l’a beaucoup inspiré, a-t-il reconnu.

«Et je dois exprimer tout mon respect pour la première ministre néo-zélandaise. Par ses prises de position et ses gestes, elle a parlé fort.»

Monde

Détournement d'un bus scolaire: la colère monte en Italie

CREMA — La colère montait jeudi en Italie au lendemain du carnage évité de justesse dans un bus scolaire près de Milan, de nombreuses voix réclamant que le chauffeur ayant menacé les enfants soit déchu de la nationalité italienne.

Évoquant les migrants morts en Méditerranée, ce chauffeur d’origine sénégalaise, Ousseynou Sy, a retenu une cinquantaine de collégiens pendant une heure et a aspergé le bus d’essence, avant d’y mettre le feu juste au moment où les carabiniers parvenaient à faire sortir les enfants.

«C’est fou, c’est absurde, c’est inacceptable. Quelqu’un devra payer et cher pour ça», a déclaré jeudi à l’AFP Filippo Razzini, père d’une élève de ce collège de Crema, près de Milan.

Le chauffeur a été inculpé pour «prise d’otages, massacre et incendie» avec la circonstance aggravante de «terrorisme».

Conformément au décret-loi «immigration et sécurité» adopté à l’automne sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, il pourrait être déchu de sa nationalité italienne en cas de condamnation pour ce dernier chef.

«Nous ferons notre possible pour que ce type infâme soit déchu de la nationalité italienne», a martelé M. Salvini, en campagne toute la journée avant des élections régionales dimanche en Basilicate.

«Je pense que c’est un devoir de retirer immédiatement la citoyenneté à ce criminel», a renchéri son partenaire gouvernemental Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles.

Jeunes héros... étrangers 

À gauche cependant, le nouveau secrétaire général du Parti démocrate, Nicola Zingaretti, a fustigé ce discours, relevant qu’il s’agissait de la première attaque «terroriste» depuis des années en Italie.

«Salvini chevauche les problèmes, mais ne les résoud pas», a-t-il insisté, accusant le ministre d’attiser les tensions autour de l’immigration, un thème est ultra-sensible dans ce pays qui a vu débarquer plus de 700 000 migrants sur ses côtes depuis 2013, même si nombre d’entre eux ont depuis quitté l’Italie.

Parallèlement, les appels se sont multipliés pour réclamer la naturalisation immédiate de Ramy, Égyptien de 14 ans, et Adam, Marocain de 13 ans, les deux jeunes otages qui ont réussi à prévenir les secours. Tous deux sont nés en Italie, mais le droit du sol n’existe pas dans la péninsule.

Au-delà de la question migratoire, nombre d’Italiens se demandaient comment Ousseynou Sy, 47 ans, considéré comme un chauffeur sans histoires par la société qui l’employait depuis 2004, a pu rester au volant d’un bus scolaire malgré une succession de problèmes judiciaires.

«C’est un épisode qui nous pousse à nous interroger sur les exigences minimales que l’on doit avoir envers un chauffeur», a déclaré depuis Bruxelles le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, en réclamant plus de contrôles et en promettant d’aller rapidement rencontrer les enfants.

Certes, le casier judiciaire de M. Sy était vierge lors de son embauche en 2004. Et il n’était pas tenu par la loi de signaler les éléments qui s’y sont ajoutés.

En 2007, il a vu son permis de conduire suspendu pour six mois pour conduite en état d’ivresse. Et en 2018, il a été condamné en première instance à un an de prison avec sursis en 2018 pour un «harcèlement sexuel» sur mineure à bord de son bus qu’il a toujours démenti.

Il avait été naturalisé en 2004 à la suite de son mariage avec une femme de cette région du nord de l’Italie avec laquelle il a eu deux fils, aujourd’hui adolescents, et dont il s’est séparé.

«J’ai risqué la mort»

C’est «un homme tranquille, mais très seul», a raconté sa voisine au quotidien La Stampa. «La séparation est à l’origine de tous les problèmes d’Ousseynou», ont affirmé ses collègues chauffeurs.

Tiziana Magarini, la surveillante de 53 ans qui accompagnait les enfants dans le bus avec deux autres adultes, le connaissait aussi et le considérait comme «très bien élevé».

Mais mercredi matin, à peine montés à bord pour retourner au collège après une sortie au gymnase, les enfants se sont retrouvés piégés.

«Il a barricadé toutes les portes de sortie avec des chaînes. Il m’a montré un couteau et m’a dit d’attacher tous les enfants», a raconté Mme Magarini jeudi, décrivant la panique des enfants, mais aussi l’agitation du chauffeur.

«Il parlait beaucoup de l’aéroport de Linate. Mais il ne disait pas ce qu’il voulait faire. Il disait : “Je ne veux pas vous faire de mal” et puis il menaçait», a-t-elle expliqué.

Bloqué sur l’autoroute après l’intervention des carabiniers, il a été maîtrisé juste après avoir incendié son bus, mais les forces de l’ordre sont parvenues à faire sortir tous les enfants à temps.

Mme Magarini a été la dernière tirée dehors par un carabinier, le bus déjà en flammes. «J’ai risqué la mort, à une seconde près», a-t-elle raconté.

Monde

Trump soutient la souveraineté d'Israël

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump s’est prononcé jeudi en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, une décision en rupture avec la position des États-Unis depuis des décennies.

À l’approche d’élections législatives à l’issue incertaine, cette annonce est un vrai coup de pouce pour le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui la réclamait haut et fort.

Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l’a annexée en 1981, mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion.

«Après 52 ans, il est temps pour les États-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, qui a une importance stratégique pour l’État d’Israël et la stabilité régionale», a tweeté le président américain au moment où son chef de la diplomatie Mike Pompeo se trouvait à Jérusalem.

Quelque 23 000 Druzes apatrides vivent sur ce territoire dans des villes et villages entourés de colonies comptant environ 20 000 Israéliens.

«Merci» au président

«Merci président Trump!», a immédiatement tweeté M. Netanyahu après l’annonce de l’ancien homme d’affaires new-yorkais, dont il a loué le «courage».

Au pouvoir depuis une décennie, M. Netanyahu, qui sera à la Maison-Blanche en début de semaine prochaine, met inlassablement en avant sa proximité avec M. Trump et s’en sert d’argument dans sa campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables.

«Le président Trump vient d’écrire une page d’histoire», a insisté le premier ministre israélien lors d’un dîner avec M. Pompeo.

Fin 2017, Donald Trump avait déjà rompu avec le consensus international en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme la capitale d’Israël. La partie orientale de la Ville sainte a été conquise par Israël en 1967 et annexée en 1981.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la ville à des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Un haut responsable palestinien, Saëb Erakat, a dénoncé «le soutien américain» à l’occupation israélienne. «La politique [de Trump] ne changera pas le droit international selon lequel le Golan et tous les territoires palestiniens sont des territoires arabes occupés», a-t-il déclaré à l’AFP.

Dans son rapport annuel sur les droits humains dans le monde, publié il y a dix jours, Washington avait pris soin de ne plus parler du Golan syrien comme d’un territoire «occupé par Israël», signe interprété par nombre d’observateurs comme l’annonce d’un changement de pied à venir.

Mépris du droit

L’annonce de M. Trump a suscité de vives réactions aux États-Unis.

Leon Panetta, ancien chef du Pentagone, a ainsi déploré que M. Trump «tweete une annonce qui n’a pas été débattue avec nos partenaires internationaux et à l’ONU».

Robert Malley, président du Crisis Group et ancien conseiller de Barack Obama, a critiqué pour sa part une décision «éminemment politique», prise «au mépris du droit international» et dont le timing vise clairement à «aider Netanyahu sur le plan électoral».

Dans un entretien à Fox Business Network, M. Trump a assuré qu’il pensait prendre cette décision «depuis longtemps» et que cela n’avait rien à voir avec le calendrier électoral israélien. «Cela ne m’a même pas traversé l’esprit», a-t-il affirmé.

Dans son tweet de remerciement à M. Trump, le premier ministre israélien souligne que sa décision est d’autant plus importante qu’elle intervient au moment où «l’Iran cherche à utiliser la Syrie comme une plateforme pour détruire Israël».

Israël a récemment accusé le Hezbollah, l’un de ses ennemis, d’établir secrètement dans le Golan syrien, près du territoire sous son contrôle, un réseau militaire commandé par une figure du mouvement chiite libanais.

Le Hezbollah et l’Iran sont intervenus aux côtés du régime de Bachar al-Assad, également soutenu par Moscou, dans la guerre civile en Syrie. Israël fait campagne sans relâche contre cette présence du Hezbollah et de l’Iran chez son voisin syrien.