Jean-Marie Rainville, partenaire de son fils Jonathan au Terroir de Dunham, constatait mardi que la terre était toujours sèche malgré la pluie.

Mois de juillet difficile dans les champs

Les champs de la région avaient soif après quelques semaines de sécheresse. La pluie provoquée par le passage d’un front froid, mardi, a quelque peu soulagé certains agriculteurs, mais d’autres ne sont pas complètement sortis d’affaire.

« On a eu 45 mm d’eau à Saint-Paul. C’est fini la sécheresse ! », se réjouit David Côté, propriétaire des Jardins Damaco. « Avec la pluie qu’on a eue aujourd’hui (mardi), ça a calmé l’hémorragie. On n’a plus de pression. Ça a tout changé. »

Le producteur cultive dans ses champs de Saint-Paul-d’Abbotsford des oignons espagnols, du maïs sucré, des poivrons, des piments forts et beaucoup de fraises. Il déplore quelques dommages à certaines récoltes en raison de la sécheresse depuis le début du mois, mais il n’y a rien d’alarmant pour le moment.

Les pertes sont comparables à celles de l’an dernier, qui elles avaient été provoquées par des précipitations trop abondantes. « On va se rendre à Noël en même temps que les autres », affirme le producteur agricole.

Plus difficile ailleurs
On constate un peu moins d’optimisme du côté du Terroir de Dunham. À peine un demi-pouce de pluie était tombé mardi sur l’heure du midi.

« On fait juste gratter un peu et on voit de la terre sèche en dessous. C’est superficiel, commente le propriétaire de l’entreprise, Jonathan Rainville. Ce n’est pas ce qu’on attendait. »

Quand il se compare, il se console. Des villages voisins semblent avoir reçu moins de pluie qu’à Dunham au cours du mois de juin et les champs semblent souffrir davantage que les siens de la sécheresse. Si elles perdurent, ces conditions météorologiques pourraient avoir un impact négatif sur le rendement.

Producteur maraîcher, il a recours à des étangs d’eau pour irriguer ses champs les plus rentables et les plus petits, comme les champs de fraises, grâce à un système de goutte-à-goutte. Les champs de maïs et de courge, par contre, n’ont pas ce système.

Deux étangs sont utilisés et l’un d’eux est presque à sec. « Vu qu’il n’y a pas de pluie, il n’y a aucune recharge. Il y en a un qui est à la veille d’en manquer », explique M. Rainville.

Critique pour le grain
La sécheresse en a inquiété d’autres. C’est le cas des présidents des syndicats locaux de l’UPA, Jérôme Ostiguy (Haute-Yamaska) et Réjean Racine (Brome-Missisquoi). Tous deux producteurs laitiers, ils cultivent aussi du foin et du maïs pour nourrir leurs animaux. M. Ostiguy a constaté une baisse de 35 % dans sa première fauche de foin. « S’il n’y a pas de changements, ça va être pire pour la deuxième », croit le Sheffordois.

« On est dans une période assez critique dans le grain, laisse tomber Denis Routhier, porte-parole des Producteurs de grain du Québec en Estrie. Le grain du blé est en train de se remplir, le soya est en pleine floraison et le maïs est en train de fleurir aussi. On sait que ça peut affecter grandement les rendements. »

Une lueur d’espoir demeure tout de même. Les prévisions à long terme promettent quelques journées de pluie dès dimanche. M. Routhier souhaite que la pluie soit douce pour éviter l’érosion des sols et favoriser une meilleure absorption de l’eau.