En 2018, la Ville a prévu, dans un premier temps, un budget d’un million $ pour la réfection de rues et de 700 000 $ pour le rapiéçage mécanisé.

Moins de pavage cet été à Granby

La hausse du prix des enrobés bitumineux utilisés dans les travaux d’asphaltage aura pour effet de limiter le nombre de kilomètres réalisés cette année à Granby, relève le maire, Pascal Bonin.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle pour personne », a-t-il laissé tomber lors de la dernière séance du conseil municipal.

Le maire a émis ce commentaire dans la foulée de l’octroi d’un contrat pour la fourniture et le chargement d’enrobés bitumineux au coût de 1,2 million $. Des quatre soumissionnaires à avoir répondu à l’appel d’offres, Sintra a déposé la proposition la plus basse. La soumission la plus élevée présentait des coûts de 1,4 million $.

« Le prix d’un des deux mélanges dont on se sert quotidiennement a augmenté de 25 % et l’autre, de 40 % », a déploré Pascal Bonin.

Résultat : les coûts qui avaient été estimés pour la réfection des rues déjà annoncées sont inférieurs au contrat accordé récemment. La Ville devra ainsi piger dans le budget de 500 000 $ qu’elle avait pris l’habitude depuis quelques années de mettre de côté pour réaliser des rues supplémentaires en cours d’année, selon le maire Bonin.

« Le 500 000 $ va servir juste à finaliser la liste (déjà annoncée) et peut-être à rajouter une couple de rues. (...) Le sprint des rues résidentielles que je faisais chaque année avec les couches et les mini couches (d’asphalte), on risque de ne plus le voir », affirme-t-il.

Le maire de Granby, Pascal Bonin

En 2018, la Ville a prévu, dans un premier temps, un budget d’un million $ pour la réfection de rues et de 700 000 $ pour le rapiéçage mécanisé, en plus d’une enveloppe de 700 000 $ pour la réfection et le prolongement de trottoirs. La liste des rues visées par ces travaux est détaillée sur le site Web de la Ville, dans la section « Travaux projetés en 2018 », sous l’onglet Citoyens.

Impacts
Pascal Bonin estime que ces coûts à la hausse, qui seraient entre autres justifiés par l’augmentation du prix du baril de pétrole, réduiront au final d’environ 30 % la quantité de travaux d’asphaltage réalisés à Granby, contrairement aux années précédentes. « C’est plate pour le citoyen qui paye la même chose, mais qui, quelque part, va en avoir 30 % de moins pour son argent », laisse-t-il tomber.

Le maire souligne que l’impact de la hausse du prix des enrobés bitumineux n’a d’ailleurs pas fini de se faire sentir. Plusieurs projets incluent de l’asphaltage. Le stationnement de l’église Notre-Dame devra, par exemple, être refait une fois le chantier complété, évoque-t-il. Même chose avec le stationnement du centre aquatique actuellement en construction. « Ça va avoir un impact sur plein de choses. On voit que l’impact du prix de l’essence et du bitume n’est pas juste à la pompe. Ça va se refléter sur les contrats cet été », fait-il valoir.

Nationaliser ?
Le maire de Granby n’entend toutefois pas partir en croisade pour dénoncer la situation, qu’il juge « sans issue ». Il y a quelques années, à la suite de la commission Charbonneau, « l’avantage était aux villes », selon Pascal Bonin, alors que les coûts étaient à la baisse.

Depuis l’an dernier, le balancier s’est inversé et un cycle haussier s’est amorcé, dit-il. Quelques contrats municipaux d’infrastructures civiles, dont celui pour le réaménagement de l’église Notre-Dame, ont été accordés à des montants supérieurs aux coûts estimés.

Pour contrer les hausses des coûts des enrobés bitumineux, Pascal Bonin croit qu’il n’y aurait qu’une solution. « Il y a trois, quatre compagnies qui détiennent le marché. (...) Pour moi, c’est une évidence qu’à un moment donné, on devrait quelque part nationaliser tout ça, que la province et les municipalités soient propriétaires. Et ça devrait (les coûts) être au moins au cost », dit-il, en faisant valoir que les gouvernements (provincial et municipal) sont les principaux clients de ces entreprises.

Pour le moment, les municipalités sont d’une certaine façon « prisonnières » d’un système, estime le maire de Granby.