Selon Camélia Gouin , il ne faut pas voir le minimalisme simplement de la perspective d’avoir moins d’objets : « C’est surtout que ça t’apporte de te détacher un peu du matériel. »

Moins consommer et être plus heureux

Moins consommer pour moins travailler : la recette du bonheur ? Pourquoi pas ? estime Camélia Gouin. Avec humilité, l’adolescente souhaite remettre en question les valeurs de la société de consommation et propose une mode de vie minimaliste. Une personne à la fois, Camélia souhaite convaincre les gens qu’elle rencontre sur sa route de changer leurs priorités.

La Sheffordoise l’avoue d’emblée : elle ne sait pas tout et est loin d’être parfaite, mais elle tient tout de même à lancer la discussion sur la décroissance, un sujet cher à ses yeux qui en va selon elle de l’avenir de la planète. 

Après avoir passé les derniers mois à étudier l’idée dans le cadre de son « projet personnel » de fin d’études secondaires à l’école Joseph-Hermas-Leclerc, la jeune fille a franchi la dernière étape de son travail d’école avec une conférence sur la décroissance donnée mardi dernier à la mairie de Shefford. 

« J’ai surtout parlé de décroissance économique. Le but premier est de réduire notre empreinte écologique et de réduire notre consommation d’énergie et de ressources pour améliorer la situation écologique mondiale », explique Camélia, qui a accepté de rencontrer La Voix de l’Est quelques jours après sa conférence. 

Partant du constat que font les experts en environnement quant aux dangers liés aux changements climatiques, Camélia souhaite orienter la discussion vers le minimalisme. 

« C’est un peu de se poser la question “Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? ” puis de revoir ses priorités », donne-t-elle pour exemple, paraphrasant l’auteur à succès Pierre-Yves McSween. 

Déclic

Au fil de ses lectures et de ses visionnements, Camélia a enrichi ses réflexions des documents qu’elle a étudiés aux fins de son projet. C’est un voyage familial, il y a deux ans, qui a initié sa réflexion. « Disons que le voyage en tant que tel en motorisé n’était pas si écologique, souligne-t-elle en riant, mais le fait de vivre à six dans un petit endroit avec peu d’objets a remis les choses en perspective. Lorsqu’on est revenu à la maison après 47 jours, on s’est tous rendu compte qu’on avait beaucoup de superflus. »

Camélia explique qu’elle est déjà « conscientisée » aux enjeux environnementaux, mais que l’aventure lui a permis de lui ouvrir les yeux encore davantage... à elle et à son père qui écoute tranquillement la discussion. 

« Je pense que ça prend une sorte de déclic, pas nécessairement un voyage, ça peut être une lecture ou une expérience pour nous faire voir les choses autrement », estime-t-elle.

Selon elle, il ne faut pas voir le minimalisme simplement de la perspective d’avoir moins d’objets. « C’est surtout que ça t’apporte de te détacher un peu du matériel », souligne-t-elle.

M. Gouin souligne que le projet de Camélia a eu l’effet « d’un électrochoc » au sein de leur famille. « J’approche de la cinquantaine et ça me force à me questionner pour la suite. “Est-ce que je veux continuer à courir autant ? ” Tout le matériel qu’on achète, c’est du temps qu’on doit travailler pour le payer. Diminuer ses besoins, c’est avoir plus de temps pour soi et être plus disponible pour les autres », glisse-t-il. 

Il n’y a pas d’âge pour avoir ce questionnement, ajoute sa fille. Comme tous les jeunes gens de son âge, elle se questionne quant à sa future carrière. « Maintenant, le salaire ne pèse plus dans la balance. Avant je me disais que puisque j’ai de bonnes notes, je devrais aller vers un métier payant, mais maintenant ce n’est vraiment plus dans mes priorités », témoigne-t-elle.