La construction d’un nouveau bâtiment, dont les coûts sont estimés entre 8 et 10 millions $, est projetée. Il permettrait de relier le pavillon principal du Cégep au nouveau pavillon Notre-Dame.

Mobilisation pour l'Institut technologique du Cégep de Granby

La pertinence du projet n’est plus à démontrer. La phase deux de l’institut technologique du Cégep de Granby doit voir le jour, estiment différents acteurs dans les milieux de l’enseignement et municipal.

Le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine, ainsi que le directeur général de la Ville de Granby, Michel Pinault, ont joint leurs voix mercredi à celles du directeur général du Cégep de Granby, Yvan O’Connor, et du directeur des services administratifs du Cégep, François Deschênes, pour interpeller le député de Granby et ministre des Transports, François Bonnardel, afin que le gouvernement du Québec appuie financièrement le projet.

« C’est un projet qui nous tient vraiment à cœur. On l’a déposé il y a plus de deux ans auprès du ministère (de l’Éducation). On attend toujours des réponses, mais ça chemine », a affirmé M. O’Connor à l’occasion d’un point de presse. 

Celui-ci précise que la volonté de rallier sous un même toit les techniques de génie mécanique et de génie industriel, de même que le programme de technologie de l’électronique industrielle et les Services aux entreprises, est en fait la « suite logique » de l’aménagement du pavillon Notre-Dame, à même une partie des locaux de l’ex-église Notre-Dame, où sont dispensées depuis deux mois les deux premières techniques. « La phase deux était là dès le point de départ, mais on a dû scinder le projet », rappelle le DG du Cégep.

La construction d’un nouveau bâtiment, dont les coûts sont estimés entre 8 et 10 millions $, est projetée pour cette seconde phase. Il est visé de relier les installations actuelles du Cégep à celles du nouveau pavillon Notre-Dame.

Cette construction, qui renforcerait les avantages de « l’effet campus », s’étirerait entre les deux bâtisses. Les plans de l’institut prévoient l’aménagement d’une ouverture, voire d’un tunnel, pour maintenir l’accès au stationnement de l’établissement d’enseignement collégial à partir de la rue Saint-Antoine.

Besoins criants

Le temps a filé depuis le dépôt du projet à Québec. Mais les besoins demeurent criants. Les cours du programme de technologie de l’électronique industrielle sont actuellement offerts au Centre régional de formation intégré (CRIF), tandis que les services aux entreprises ont pignon sur la rue Principale, près du parc Miner. 

Le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine, affirme voir d’un « très bon œil » ce projet du Cégep, notamment car il permettrait de libérer des locaux au CRIF. 

« Il est clair que nous aussi, au niveau de la commission scolaire, de la formation professionnelle et de la formation générale des adultes, on est à la recherche d’espaces additionnels pour offrir des lieux plus adéquats pour l’apprentissage des élèves », relève M. Racine. 

La Ville de Granby plaide aussi pour la réalisation de l’institut technologique. « Ça consolide le quartier du savoir. Ça contribue à une plus grande vitalité au centre-ville. (...) Ça amène aussi un plus grand achalandage à nos commerçants. Sur le plan économique, c’est ultra positif », estime le directeur général de la Ville, Michel Pinault. 

Celui-ci affirme toutefois que si la Ville a participé à la phase un du projet avec la reconversion de l’église Notre-Dame, elle n’entend pas contribuer financièrement à la phase deux. 

Michel Pinault a d’ailleurs interpellé le représentant du député Bonnardel, François Lemay, afin que le gouvernement « débloque ce projet-là le plus rapidement possible ». « C’est un besoin qui est criant pour notre région et il faut que ça se concrétise », dit-il en souhaitant que la première pelletée de terre soit effectuée en 2020. 


Le projet d’institut technologique mobilise la communauté, se réjouit le DG du Cégep de Granby, Yvan O’Connor.

Financement 

Le montage financier n’est pas encore terminé, mais le Cégep de Granby pourrait utiliser les fruits de la vente de l’édifice de la rue Principale, où se trouvent les bureaux des Services d’aide aux entreprises, pour participer financièrement au projet. Sa valeur avoisine 1 million $, avance Yvan O’Connor. 

Le Cégep n’a d’ailleurs pas encore statué sur la réalisation d’une campagne de financement au sein de la communauté, car elle planche aussi sur un projet afin d’aménager de nouveaux plateaux sportifs ; projet, dont les coûts sont estimés à 8,5 millions $, qui tarde également à recevoir les subventions souhaitées. 

Le directeur général de la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska, Jacques Laurin, a pour sa part réitéré mercredi l’appui de l’institution financière au projet. Elle a versé
300 000 $ à la phase un. Il est prévu que l’Institut technologique porte le nom de Desjardins.

Le DG du Cégep souligne que les récentes prévisions démographiques du ministère prévoient une croissance de la fréquentation de l’établissement d’enseignement collégial de 15 à 20 % d’ici sept ou huit ans. 

« On va avoir besoin de plus d’espace. (...) On veut offrir un guichet unique et un lieu de perfectionnement aux entreprises, favoriser l’innovation et la croissance économique de la région et répondre aussi aux besoins de main-d’œuvre de la région, tout en participant à la revitalisation du centre-ville », dit Yvan O’Connor qui affirme être « prêt » à travailler pour la réalisation de ce projet. 

LE DOSSIER AMENÉ À QUÉBEC

Le député de Granby et ministre des Transports, François Bonnardel, se fera «porteur de ballon» à Québec pour le projet d’institut technologique du Cégep de Granby, affirme son conseiller politique, François Lemay. 

Celui-ci dit être conscient que «l’effet domino» pourrait être important, avec la réalisation de la phase deux. Le projet bénéficierait au Cégep, mais aussi au Centre régional de formation intégré en y libérant des locaux.

 «Tout le monde y gagne. La Ville travaille aussi à revamper son centre-ville et une augmentation de la population estudiantine est prévue. Le fer est chaud. Les conditions sont là et on va amener le dossier aux bonnes places», assure François Lemay.

Retenu à Québec, François Bonnardel n’a pu assister au point de presse du Cégep mercredi.