Des formateurs de Dessercom en train de former des ambulanciers béninois au transport de blessé de façon sécuritaire­.

Mission humanitaire au Bénin: « On a eu un impact immédiat »

Marie-Claude Toupin est revenue avec des images plein la tête, mercredi, de son voyage humanitaire au Bénin. Ambulancière paramédicale à la caserne de Bedford depuis 28 ans, elle a été séduite par l’accueil et la douceur des Béninois qu’elle a contribué à former.

Rappelons qu’elle a effectué ce séjour en compagnie d’une dizaine de collègues formateurs à l’emploi de l’entreprise de services préhospitaliers Dessercom. Une dizaine d’étudiants et un enseignant en soins préhospitaliers d’urgence du Collège Ellis de Drummondville étaient également présents à Ouidah, à l’ouest de Cotonou, la capitale.

À LIRE AUSSI: Direction l'Afrique pour une paramédic de Bedford


« Les Béninois sont un beau peuple, accueillant, de bonne humeur, simples et doux, dit-elle à l’autre bout du fil, manifestement sous le charme. Je recommande ce pays à tous ceux qui souhaiteraient y aller pour participer à une mission humanitaire. »

Formatrice

Lors de son séjour, Mme Toupin a participé à former des employés du petit hôpital Le Messie, à Ouidah, un établissement de santé subventionné en partie par l’organisme Feed Needs Bénin, partenaire de cette mission.

Il s’agissait pour elle de former des aides-soignants et des infirmières au transport sécuritaire de blessés. « Je tenais à donner beaucoup de formations, pour que les patients qui arrivent avec des traumas puissent être pris en charge de la bonne façon », souligne-t-elle.

« Cela correspond en quelque sorte aux balbutiements de la formation en traumatologie », ajoute Stephan Scalabrini, directeur des opérations pour Dessercom et chef de mission au Bénin.

À titre de formatrice, Mme Toupin était accompagnée de deux à trois étudiants du Collège Ellis.

D’autres formations étaient données par ses collègues, l’une sur le fonctionnement de l’ambulance, une autre en réanimation cardiorespiratoire et une dernière destinée aux médecins et infirmières sur l’utilisation du moniteur-défibrillateur.

Et les locaux étaient avides d’apprendre. « On a formé jusqu’au comptable ! », dit-elle.

L’hôpital de Ouidah était composé de 3 médecins (un seul de garde), 3 infirmières et 16 aides-soignantes.

Expérience humaine

« Humainement, si j’avais à donner une note à cette expérience, ce serait 12 sur 10 ! », dit-elle.

Elle évoque notamment des funérailles particulièrement festives — celles du père du président de Feed Needs Bénin — auxquelles elle et le groupe de « yovo » (nom donné aux Blancs) ont été invités. « Les gens riaient, il y avait une fanfare d’une vingtaine de personnes, et le mort a été enterré derrière la maison ; c’était vraiment différent. »

Elle a aussi pu assister à trois accouchements à l’hôpital, les femmes accouchant dans le silence. L’une des mamans a même nommé son bébé Ellis, du nom de l’école en soins préhospitaliers !

Marie-Claude Toupin a malheureusement été témoin du décès de trois jeunes enfants à l’hôpital. Donner des soins au Bénin demande beaucoup de débrouillardise, car il n’y a que très peu de matériel médical de disponible.

« Ils sont très débrouillards, très ouverts d’esprit et ils étaient gourmands d’informations », précise M. Scalabrini.

L’équipe québécoise a laissé à ses hôtes une ambulance tout équipée, plusieurs trousses de soins complètes, deux moniteurs-défibrillateurs et des dizaines de caisses d’équipements médicaux et d’autre matériel destiné à des orphelinats et à des écoles.

Cette mission humanitaire semble avoir été un succès sur toute la ligne, alors qu’il s’agissait d’une première pour une entreprise et des élèves du domaine préhospitalier. « C’est une des plus belles actions que j’ai pu faire au niveau personnel et professionnel », insiste M. Scalabrini.

Il souligne que cette mission a également permis de démontrer l’importance que revêtent les soins préhospitaliers dans le système de santé.

« Je voulais montrer qu’on pouvait faire une différence, souligne le directeur des opérations de Dessercom. Là, c’était du débroussaillage, il reste encore beaucoup à faire, car on part de très loin. Cependant, on voit qu’on a eu un impact immédiat. »