Les artistes ont créé un univers lors de leurs ateliers avec les enfants. Ici, ils pouvaient choisir les trésors à utiliser pour confectionner leur marionnette.
Les artistes ont créé un univers lors de leurs ateliers avec les enfants. Ici, ils pouvaient choisir les trésors à utiliser pour confectionner leur marionnette.

Mission accomplie pour J’inviterai l’enfance

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Le projet pilote J’inviterai l’enfance, dans Brome-Missisquoi, s’est terminé abruptement en raison de la pandémie de COVID-19. Même si quelques activités n’ont pas pu être complétées, les organisateurs, les artistes, les éducatrices à l’enfance et les étudiants aux Techniques d’éducation à l’enfance peuvent dire mission accomplie.

Les objectifs de ce projet, initié par la Ville de Sutton il y a plus d’un an et porté par la Ville de Cowansville, ont été atteints au fils des mois, souligne la coordonnatrice du projet Sylvie Vandal.

J’inviterai l’enfance a permis la mise sur pied et réalisation de divers stages de création en milieu de la petite enfance par les artistes, de bonifier le parcours éducatif des étudiantes en Techniques d’éducation à l’enfance et d’offrir une formation aux éducatrices sur l’intégration de la culture dans le développement global des tout-petits.

«C’est vraiment une ouverture sur le monde de la culture pour les enfants. Ils ne faisaient pas des bricolages, ils découvraient les formes d’art de l’artiste, relate Mme Vandal. Il y avait, par exemple, un atelier de gravure à La passerelle des mousses, à Sutton. Les enfants travaillaient à faire de l’impression tout en ayant beaucoup de liberté.»

Un vernissage a même été organisé à Sutton en 2019 dans le cadre de ce projet qui visait aussi les municipalités de Bromont, Dunham, Farnham, Lac-Brome et St-Ignace-de-Stanbridge.

Enfants heureux, objectif atteint

Chaque artiste, qui avait reçu une formation, donnait cinq ateliers auprès des tout-petits. Les éducatrices autant que les artistes sont sortis grandis de cette expérience. Les artistes sont dorénavant outillés pour adapter leur travail et accueillir les enfants dans leur univers.

«Les artistes et les éducatrices devaient tenir un journal de bord. Les éducatrices donnaient leur point de vue, mais étaient aussi les yeux et les oreilles des enfants. À un moment donné, je me souviens qu’il y a eu une formation pour les éducatrices et Brigitte Lépine, du Regroupement des CPE de la Montérégie disait que si les enfants étaient heureux après la présentation, c’est qu’on avait réussi. Les enfants participaient, aimaient ce qu’ils ont fait ou vu. Les enfants plus difficiles d’approches, plus timides, finissaient par participer parce que c’est un monde merveilleux qu’on leur offrait.»

Les artistes arrivaient non seulement avec leur matériel, mais aussi avec un univers bien à eux. Ils rangeaient les jouets, installaient des décorations et des lumières et faisaient jouer de la musique pour proposer une immersion à leur jeune public.

Les éducatrices se sont dites inspirées par cette façon de faire. «La seule chose, c’est que le projet n’était pas sur une assez longue durée pour pouvoir noter le changement que la culture apporte aux tout-petits», ajoute Mme Vandal.

Inspirer d’autres régions

En tout, 60 stages de créations ont été réalisés, soit 10 ateliers artistiques différents via treize artistes professionnels, dont des duos, dans 12 CPE ou garderies dans les villes participantes. Plus d’une centaine d’enfants ont profité de cet éveil culturel. Quatorze étudiantes en Techniques d’éducation à l’enfance ont été impliquées.

«On a fait faire un rapport d’analyse du projet sur tous les aspects. Tout a été étudié, chiffré. Le rapport a été donné au ministère de la Culture et des Communications et l’idée c’est que le projet soit repris dans d’autres régions.»

La pandémie a toutefois empêché la tenue d’un colloque des agents de développement culturel où devait être présenté le projet et d’une conférence pour les fonctionnaires du ministère. Éventuellement, il leur sera possible de rencontrer les villes ou les MRC intéressées par le projet.

La suite

À l’automne, si la situation le permet, un atelier collaboratif entre un artiste et une éducatrice sera proposé aux enfants.

Ensuite la phase deux prendra son envol. Celle-ci vise les salles de spectacles, les musées, les galeries, les bibliothèques et tout autre lieu de diffusion culturelle. «On a ciblé 25 établissements qui pourraient assister à la formation où les artistes seront aussi invités à participer. L’idée est de développer des activités culturelles pour les tout-petits. On leur offre des moyens pour adapter leur prestation artistique pour les enfants.»

Pour faciliter l’accès à la culture pour les petits, une formation permettra de ressortir avec un bagage de solutions. Par exemple, une salle de spectacle pourrait avoir des bancs rehausseurs pour que les enfants voient bien la scène. Un théâtre pourrait aussi avoir un endroit où placer les poussettes. Ou encore des petits bancs pour que les enfants puissent se laver les mains plus facilement à la salle de bain.

Des témoignages d’experts en la matière, comme les propriétaires de théâtres pour enfants à Montréal, seront aussi entendus.