Les infrastructures actuelles dans la région sont vieillissantes: certains équipements ont atteint leur fin de vie utile et d’autres n’ont plus la capacité de soutenir la demande actuelle en énergie, a souligné Marc Boucher, président d’Hydro-Québec TransÉnergie.

Mise à jour du réseau hydroélectrique: pour parer à la demande future

La mise à jour du réseau électrique dans la région se poursuit. Celle-ci permettra à Hydro-Québec de mieux desservir la population et de faire face à la demande future en énergie.

Les infrastructures actuelles dans la région sont vieillissantes : certains équipements ont atteint leur fin de vie utile et d’autres n’ont plus la capacité de soutenir la demande actuelle en énergie, a souligné Marc Boucher, président d’Hydro-Québec TransÉnergie, dans le cadre d’une rencontre organisée avec des représentants de nombreuses municipalités de l’Estrie et de la Montérégie dans un hôtel de Bromont, jeudi matin.

« Nous avons beaucoup d’équipements qui ont été construits dans les années 1950 et 1960, et même d’autres qui existaient avant même la naissance d’Hydro-Québec, dit-il. Demain matin, si des industries veulent venir s’installer dans la région, on est limités et on a peu de marge de manoeuvre pour bien les desservir. »

« Quand on regarde les prévisions actuelles et à venir, les postes d’alimentation et les lignes de transport en place ne peuvent plus subvenir à la demande. C’est accoté, renchérit le directeur de la planification Stéphane Talbot. C’est comme si on avait plusieurs verres d’eau dans lesquels il restait à peine un peu de place. Un nouveau client qui arrive ferait déborder le verre. »

Parmi quelques exemples, notons l’implantation de centres de données, de serres hydroponiques pour la production de cannabis et les fermes minières de cryptomonnaie, des industries en croissance qui choisissent le Québec entre autres parce que c’est là qu’on y retrouve un des tarifs les plus bas en électricité en Amérique du Nord et dans le monde.


«  Quand on va avoir terminé la conversion, on va avoir fait tout un ménage. Il y aura beaucoup moins d’installations, mais beaucoup plus de capacité.  »
Stéphane Talbot, directeur, Planification chez Hydro-Québec

Conversion

Le virage numérique qui convertira le réseau électrique en réseau intelligent permettra à celui-ci d’être plus performant, soutient M. Boucher. « En procédant de la sorte, on peut gérer l’alimentation en énergie selon la demande et réaliser des économies sur le réseau », allègue le président.

Cette conversion du réseau de 40 kilovolts (kV) à 120 kV assurera également la fiabilité du service.

On retrouve 3285 kilomètres de lignes de transport et 25 081 kilomètres de lignes de distribution d’électricité sur le territoire de l’Estrie et de la Montérégie. Plus de 860 000 clients sont desservis dans ces deux régions.

Les travaux ont débuté entre 2014 et 2016 avec la construction d’un nouveau poste dans le secteur Adamsville, à Bromont. Ainsi, les circuits de 49kV ont été retirés pour faire place à ceux de 120 kV.

La prochaine étape sera de faire de même avec le réseau du secteur Valcourt, actuellement desservie par des installations construites dans les années 1940. Un nouveau poste devrait être construit à Bonsecours en 2021-2022 et sera raccordé au réseau au moyen d’une ligne de 230 kV. La nouvelle ligne ainsi créée reliera ce nouveau poste à celui de Stukely-Sud, alors que les postes de Lawrenceville et de Valcourt seront démantelés.

D’ici deux ans, Hydro-Québec compte également reconstruire la ligne liant le poste de Cleveland, à Granby, à Waterloo pour la faire passer de 49 kV à 230 kV.

Au terme des travaux de modernisation prévus sur quinze ans dans la région pour la somme de 375 millions de dollars, on prévoit avoir remplacé 11 postes de transport d’énergie par cinq autres ayant une plus grande capacité. Les 239 kilomètres de lignes de 49 kV seront remplacés par 45 km de lignes à 120 kV et 30 km de lignes d’une capacité de 230 kV.

« Quand on va avoir terminé la conversion, on va avoir fait tout un ménage, indique M. Talbot. Il y aura beaucoup moins d’installations, mais beaucoup plus de capacité. »