L’industrie de la cryptomonnaie n’est pas la bienvenue dans la région. La MRC Brome-Missisquoi a décrété un moratoire sur ce genre d’entreprise, tandis que sa voisine vient de l’interdire sur son territoire.

Mines de crytomonnaie et centres de données interdits en Haute-Yamaska

Les entreprises spécialisées dans la cryptomonnaie et les centres de données ne pourront pas s’établir en Haute-Yamaska. La MRC a complètement fermé la porte à cette industrie, tant énergivore que volatile.

La MRC Brome-Missisquoi a décrété un moratoire à long terme sur les centres de cryptomonnaie en 2018. Les élus de la MRC voisine ont emboîté le pas. « Après une réflexion approfondie du dossier, tous les élus étaient sur la même longueur d’onde. On ne veut pas de ce genre d’entreprises sur notre territoire. Ça consomme une grande quantité d’électricité sans créer beaucoup d’emplois. Sans compter le bruit produit par les équipements et les grandes superficies nécessaires. Il n’y a vraiment aucun avantage pour nous », a indiqué le préfet de la MRC et maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin.

Ainsi, la résolution récemment adoptée par la MRC stipule « qu’il y a lieu de décréter un contrôle immédiat en vue d’établir un cadre réglementaire régional et d’enchâsser le tout dans le schéma d’aménagement et de développement révisé ». « On parle depuis des années de développement durable. C’est notre vision pour l’avenir de notre communauté. Il faut que les bottines suivent les babines », a imagé M. Sarrazin.

Le préfet de la MRC de la Haute-Yamaska et maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin

Se prémunir

Plusieurs municipalités ayant accueilli des mines de cryptomonnaie ou des centres de données ont « eu une série de mauvaises surprises », a fait valoir le préfet de la MRC de La Haute-Yamaska. « On ne voulait pas être pris avec les inconvénients avant de légiférer », a-t-il dit. 

Avant l’imposition d’un moratoire dans Brome-Missisquoi, la municipalité de Bromont avait été approchée en 2018 par une douzaine de promoteurs dans ce secteur d’activité. La mise à niveau du réseau électrique permettait à ce moment de dégager 36 mégawatts (MW) pour desservir les futures entreprises du parc scientifique. Or, la consommation énergétique d’importants joueurs dans ce domaine en effervescence a de quoi laisser pantois. « J’ai récemment eu une demande pour un gros centre de données pour le bitcoin qui prendrait environ 30 MW. C’est inconcevable. Il faut gérer notre capacité électrique en fonction de projets intéressants en termes de retombées pour la municipalité et pour la région. Mais on ne veut pas se lier les mains », avait mentionné à La Voix de l’Est le directeur général de la Société de développement économique de Bromont, Charles Lambert. 

Nouvelle ligne

L’épineux dossier de la nouvelle ligne électrique à haute tension reliant le poste Cleveland, à Granby, à celui de Waterloo a également pesé dans la balance pour que les élus interdisent cette industrie en Haute-Yamaska, a indiqué M. Sarrazin. « La nouvelle ligne électrique de Shefford pourrait éventuellement servir à alimenter ce type d’industrie. On s’est donc positionné avant d’être pris au dépourvu. »

En entrevue à La Voix de l’Est, deux porte-paroles d’Hydro--Québec avaient nié cette information. Pourtant, Monique Houde, ingénieure de projets pour la société d’État, a soutenu le contraire lors d’une rencontre avec des citoyens à l’hôtel de ville de Shefford, dont nous avons obtenu une vidéo. « Hydro-Québec, globalement, a eu plusieurs demandes [d’études], soit des serres, des centres de données, la crytomonnaie [...] pour Sherbrooke, pour Magog, pour Bromont, a-t-elle affirmé. Alors, Hydro-Québec voit l’avantage de venir, maintenant, construire cette ligne, isolée à 230 [kV] pour éviter, dans la mesure du possible, un deuxième corridor s’il y avait un besoin d’augmenter la capacité. »