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De nouvelles étapes ont été franchies lundi soir pour quatre projets de règlement, entraînés par l’adoption de la Politique de conservation des milieux naturels.
De nouvelles étapes ont été franchies lundi soir pour quatre projets de règlement, entraînés par l’adoption de la Politique de conservation des milieux naturels.

Milieux naturels à Granby: la dissension persiste entre les élus

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
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Le fossé s’est creusé un peu plus lors de la récente séance du conseil municipal de Granby entre les élus au sujet de la Politique de conservation des milieux naturels. La poursuite des démarches réglementaires a donné lieu à quelques échanges musclés à la table du conseil.

Comme lors de l’adoption de la politique, les conseillers municipaux Jean-Luc Nappert et Julie Bourdon ont fait connaître leur opposition à la démarche, qu’ils jugent trop rapide. Ils ont une fois de plus déploré le manque de consultation citoyenne dans le dossier.

La nouvelle politique prévoit la conservation de 50 % des milieux naturels de cinq grands secteurs non construits de la ville, plutôt que la traditionnelle portion de 10 % prévue aux fins de parc. Un regroupement de citoyens, les Ami.e.s du Boisé Quévillon, milite cependant pour la préservation totale d’un de ces secteurs, de propriété privée et situé au bout de la rue Bourget Est. Ils sont appuyés dans leurs démarches par Julie Bourdon et Jean-Luc Nappert.

«Depuis 2015, la ville a en main les études qui nous démontrent que c’est un lieu d’importance. Le conseil en a pris acte il y a environ 10 jours», a déploré Mme Bourdon au sujet de l’analyse multicritères qui a guidé l’élaboration de la politique. « On n’a pas cru bon protéger les lieux depuis les six dernières années. Et là, on se dit qu’il faut rapidement protéger ces lieux-là. Je ne suis pas contre l’ensemble des PAE [plans d’aménagement d’ensemble]. Mais je pense qu’il faut regarder comment on veut réellement développer notre territoire. Correctement. Pas juste sur le coin d’une table», a-t-elle ajouté.

Il est possible d’être en désaccord avec la Politique de conservation des milieux naturels, a reconnu le maire Pascal Bonin. Mais il est «malhonnête», selon lui, de dire qu’elle a été réalisée sur le «coin d’une table». La démarche découle de la planification stratégique de la ville, a rappelé le maire. «Vous étiez d’accord à protéger les milieux naturels. C’est ce qu’on fait», a-t-il dit aux élus dissidents.

Pas levé le «flag»

Jean-Luc Nappert, qui représente le district où se trouve le Boisé Quévillon, a pour sa part réitéré qu’il aurait été important que la ville soumette sa politique à la population avant de l’adopter. S’il n’en tient qu’à l’élu, la ville aurait dû faire «le choix audacieux» d’acquérir la vaste forêt de 60 hectares qui présente, dit-il, une importante valeur écologique. Le gouvernement du Québec a récemment annoncé la disponibilité d’une enveloppe pour ce type d’acquisition, a-t-il souligné.

Le fossé s’est creusé un peu plus lors de la récente séance du conseil municipal de Granby entre les élus au sujet de la Politique de conservation des milieux naturels.

«Quand on détruit un écosystème comme le Boisé Quévillon, on ne l’aura plus. (...) Parfois, il est important de conserver 100%», croit le conseiller Nappert.

Les propos de ce dernier ont fait réagir le conseiller Alain Lacasse. «M. Nappert a dit qu’on n’a pas été assez vite. Mais depuis les huit dernières années, qui était conseiller du district dans ce coin-là? Qui s’occupait de l’environnement? Et qui n’a pas levé le flag? Quelque part, on est rendu là et on en sauve au moins 50%», a-t-il lancé à l’attention de Jean-Luc Nappert.

Limiter les dégâts

La conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux, Catherine Baudin, a aussi défendu avec vigueur le travail de la ville dans le dossier. «Je sais que le Boisé Quévillon est très important. (...) Mais au moins on a fait quelque chose. Il ne faut pas oublier qu’il y a une forte pression sur le développement résidentiel. Et encore plus aujourd’hui qu’hier. Il fallait qu’on intervienne de manière à limiter les ‘‘dégâts’’», a relevé l’élue en rappelant qu’attendre avant d’agir correspondrait à revenir à la portion de 10% de conservation.

Le Boisé Quévillon notamment est visé par un projet de développement, alors que le Groupe Lobato est en voie d’acquérir un des deux terrains qui le compose.

Mme Baudin a en outre fait valoir que toutes les municipalités ne pourront pas profiter de l’enveloppe budgétaire du gouvernement du Québec pour acquérir des milieux naturels. «Pour l’instant, on a au moins 300 hectares à coût nul. (...) Ce n’est peut-être pas parfait, mais on ne laisse pas 500 hectares et plus sans protection», dit-elle en rappelant que le plan d’action qui découlera de la politique verra à peaufiner le développement de chacun des secteurs.

La politique va de l’avant

De nouvelles étapes ont par ailleurs été franchies lundi soir pour quatre projets de règlement, entraînés par l’adoption de la politique. Deux d’entre eux sont susceptibles d’une approbation réglementaire.

De façon générale, ces projets de règlement concernent les normes de lotissement, le zonage, ainsi que les plans d’aménagement d’ensemble (PAE). Ces derniers visent à encadrer le développement des cinq secteurs non construits du territoire.

À l’instar des séances précédentes, plusieurs citoyens, dont des membres des Ami.e.s du Boisé Quévillon, ont profité de la période de questions pour exprimer leurs préoccupations pour la préservation des milieux naturels. Un projet de développement susciterait aussi des craintes dans le secteur de la rue Alfred-Pellan.