La conception du plan de conservation des milieux humides et naturels de la Ville de Granby est plus difficile que prévu. On s’interroge à l’hôtel de ville sur la portée de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques.

Milieux humides: le plan de conservation prêt cet automne

Le plan de conservation des milieux humides et naturels de la Ville de Granby pourrait être prêt vers la fin de l’automne. Les élus seront appelés à donner leurs orientations en août ou septembre.

Lancés en juin l’an dernier, les travaux pour bâtir le plan s’avèrent plus difficiles que prévus, signale Gabriel Bruneau, directeur du service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville. L’analyse de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, adoptée en juin 2017, donne du fil à retordre à la Ville, fait-il remarquer.

Une rencontre a été organisée au début de l’année entre les fonctionnaires de la Ville qui travaillent sur le plan et des représentants du ministère de l’Environnement pour discuter de la portée de la loi. « Il faut s’assurer de bien comprendre quelles sont nos obligations. Ce n’est pas évident parce que le cadre normatif de la loi n’est pas encore sorti », explique M. Bruneau.

La Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques se base sur le principe d’aucune perte nette. Cela signifie que les responsables d’un projet de développement résidentiel, commercial ou industriel qui occasionne des pertes et des perturbations à des milieux humides devront verser des compensations financières. L’argent servira à protéger des milieux humides ailleurs, à en restaurer ou à en créer de nouveaux.

Des municipalités s’opposent à ces compensations, craignant qu’elles ne freinent le développement. Elles ne peuvent plus en effet offrir d’autres terrains similaires en guise de compensation pour des milieux humides qu’elles détruisent. Seules les compensations financières sont acceptées.

Outre les aspects légaux à considérer, le plan de conservation de la Ville doit être basé sur des données des espaces concernés. Des inventaires doivent être faits. À ce chapitre, beaucoup de travail reste à faire, reconnaît M. Bruneau.

La Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (SÉTHY) attend le plan de conservation de la Ville avec impatience. Elle a déjà réalisé des travaux d’inventaire environnementaux pour la municipalité et souhaite poursuivre dans cette voie.

Moment propice
Le moment est propice pour proposer des projets en lien avec la conservation des milieux naturels, soutient François Leduc, directeur général de la Fondation. Il fait référence au budget de 1,3 milliard de dollars sur cinq ans annoncé en février par Ottawa pour financer de tels projets.

Le gouvernement du Québec, dans son budget de mars, s’est engagé à investir 40,9 millions de dollars lors des cinq prochaines années pour créer de nouvelles aires protégées. Son but est de faire passer sa superficie de zones terrestres protégées de 9,4 % à 17 % de son territoire d’ici deux ans, et ce, pour respecter les objectifs fixés de la Convention sur la diversité biologique.

« Pour une fois que nos gouvernements investissent de l’argent pour des projets de conservation, on doit être là. On veut être parmi les organisations qui soumettent des projets », indique M. Leduc. « On attend de connaître les orientations du conseil », dit-il.

Parmi ses projets, la Fondation travaille depuis plus de deux ans pour qu’une grande partie de la tourbière Saint-Charles, dans le sud de la ville de Granby, où passe le ruisseau Noir, soit protégée. La protection de cette tourbière est jugée comme étant prioritaire dans le plan directeur de l’eau de la MRC de la Haute-Yamaska.