On voit ici Jean-Pierre Domec qui arpente les abords du terrain d’entraînement équestre en cause dans l’envasement du milieu humide attenant.

Milieu humide en danger à Bromont

L’érosion marquée d’un terrain d’entraînement équestre, aménagé sans permis sur une portion du vaste site olympique appartenant à Bromont, menace d’envasement un milieu humide. Des résidants du secteur sonnent l’alarme. Jean-Pierre Domec est du nombre.

« Ça prend du front pour saboter la nature sur un site qui ne nous appartient pas. Et c’est encore plus déplorable quand on voit que les travaux réalisés illégalement menacent la seule petite portion de milieu humide qui reste. On ne peut pas tolérer ça », a clamé M. Domec.

La Voix de l’Est s’est rendu sur les lieux vendredi. Il suffit de faire quelques pas sur le terrain pour constater que les barrières temporaires ne font plus le travail. En plusieurs endroits, la terre, le sable et les nombreux sédiments ont envahi le milieu humide adjacent en raison de l’érosion.

De son côté, loin de nier les faits, la Ville dit attendre d’avoir le feu vert du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) pour passer à l’action. « Les représentants du Ministère nous disent que nos barrières à sédiments sont endommagées et qu’il faudrait les changer. On est bien d’accord. En même temps, ils ont entre les mains une étude que l’on a fait faire pour la réhabilitation du site », a indiqué le directeur général de Bromont, Éric Sévigny.

Restauration
Selon le DG, les barrières, qui sont en fait des toiles géotextiles temporaires, ont été érigées aux extrémités du terrain en 2017, à la suite d’un avis d’infraction émis à la Ville par le MDDELCC. Les travaux initiaux auraient été réalisés par la Société d’agriculture du comté de Shefford (SACS) l’année précédente, sans l’aval de la Ville, a mentionné Éric Sévigny. « Comme on est propriétaires du terrain, on n’a pas le choix d’agir de façon diligente dans le dossier », a-t-il résumé.

Ainsi, Axio Environnement a été mandatée par Bromont pour évaluer les travaux à faire. La firme a produit son rapport le 26 février dernier, concernant la « Restauration d’un milieu humide et mesures de contrôle de l’érosion » sur « l’aire de longe du Parc équestre », soit le lot 3 598 880. Rapport qui, selon le DG de Bromont, serait entre les mains du ministère de l’Environnement depuis près d’un mois. « Le document est dans une file d’attente. Le nombre restreint d’analyses fait que les dossiers sont traités selon leur date d’arrivée sur le bureau de l’analyste. Ça ne devrait pas trop tarder », aurait répondu à la Ville le 18 mai par courriel Alain Tanguay, de la Direction régionale de l’Estrie et de la Montérégie du MDDELCC, concernant le délai d’autorisation des travaux permanents.

La Ville devrait sous peu colmater les brèches dans la barrière de sédiments et retirer ce qui s’est écoulé dans le milieu humide, a fait valoir Éric Sévigny. Le ministère de l’Environnement n’a pas rappelé La Voix de l’Est vendredi.