À la question d’un sondage réalisé l’automne dernier, «Désirez-vous que la Ville interdise l’utilisation des feux extérieurs», 72% des répondants ont répondu non, 20% oui, et 8 % ne se prononcent pas.

Mieux encadrer les feux extérieurs ou pas ?

Le mutisme de la Ville de Granby sur un possible encadrement, voire l’interdiction, des feux extérieurs dans le sondage qu’elle a mis en ligne, dans le cadre de la révision de son Plan environnement, déçoit amèrement le Granbyen Robert Choquette.

« Ils (l’administration municipale) ont fait une montagne avec leur sondage qui est supposé révolutionner le Plan vert. J’étais certain qu’il y aurait au moins une question sur les petits feux extérieurs, mais il n’y en a aucune. Je suis très déçu », laisse tomber M. Choquette, qui a fait plusieurs interventions au conseil municipal au cours des dernières années pour sensibiliser les élus aux effets néfastes des feux extérieurs.

Il a récemment relancé par écrit la conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux, Catherine Baudin, ainsi que la conseillère de son quartier, Julie Bourdon, pour leur faire part de sa surprise et de sa déception.

Robert Choquette ne comprend pas pourquoi la Ville sonde notamment les résidents sur leur intérêt à réaliser un « projet pilote dans un parc municipal avec un troupeau de moutons ou de chèvres qui couperait le gazon en le broutant pendant la saison estivale pour un entretien écologique et silencieux des pelouses », plutôt que de valider leur volonté d’améliorer la qualité de l’air avec une réglementation sur les feux extérieurs.

Le citoyen estime par ailleurs que la position de la Ville est contradictoire. Elle offre une subvention pour remplacer les vieux poêles à bois par un appareil de chauffage au bois ou aux granules neufs afin de réduire le nombre de poêles qui émettent des particules fines et nuisibles à la santé cardio-pulmonaire, mais les citoyens ont encore le feu vert pour faire des feux de camp. Tout aussi nocifs, selon lui, ces feux dégagent une fumée composée de plusieurs substances toxiques différentes, dont des particules fines, du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils et des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

La conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux à Granby, Catherine Baudin

Pas de volonté

Il y a trois ans, le maire Pascal Bonin avait déclaré à Robert Choquette, lors d’une séance du conseil, qu’il n’était pas question d’interdire les feux extérieurs, car la majorité de la population n’y est pas favorable. M. Bonin avait cité à l’époque les résultats d’un sondage réalisé en 2011, où 78 % des répondants étaient en désaccord avec l’interdiction des feux extérieurs.

Le portrait n’a pas tellement changé, selon un sondage réalisé l’automne dernier par la firme Léger marketing, dont les résultats sont disponibles sur le site web de la Ville. À la question « Désirez-vous que la Ville interdise l’utilisation des feux extérieurs », 72 % des répondants ont répondu non, 20 % oui, et 8 % n’ont pas d’opinion sur le sujet.

« Quand c’est une question de santé publique et d’environnement, ce n’est pas aux citoyens de décider ce qu’on fait. C’est aux gouvernements local, provincial et fédéral de le faire », estime M. Choquette.

À cet effet, Robert Choquette devrait également interpeller les organismes de santé publique, estime la conseillère Catherine Baudin. Cela dit, les citoyens préoccupés par cette question peuvent le souligner dans la portion commentaires de la section Qualité de l’air du sondage. « Si on voit qu’il y a une majorité de personnes qui émettent des craintes sur les petits feux, on va regarder la problématique de très près », dit-elle.

« Mais je me vois mal aller contre la majorité des gens dans les circonstances actuelles. Ça va peut-être changer dans l’avenir », ajoute Catherine Baudin.

Compromis

Selon elle, le récent sondage en ligne de la Ville a peut-être des visées plus larges, mais le sujet a néanmoins été abordé de façon plus pointue dans le sondage de Léger marketing. Les répondants opposés aux feux extérieurs se sont par ailleurs prononcés à 59 % pour une interdiction en tout temps et à 60 % pour les terrains plus petits de 5000 pieds carrés.

Alors qu’il militait auparavant pour une interdiction totale, Robert Choquette y va pour sa part d’une suggestion : permettre les feux extérieurs sur le territoire de Granby une fois par semaine, le vendredi ou le samedi, les journées paires.

« Une semaine, ça serait le vendredi et la semaine suivante, le samedi. Je crois que cela rallierait les citoyens. Personne n’est gagnant, gagnant. Mais chaque camp fait un bout de chemin pour les changements climatiques », dit-il.