Le promoteur Michel Duchesneau et l’urbaniste-conseil, Claude Théberge, soutiennent que la bande de protection imposée dans le développement de la rue de Verchères ne peut pas cohabiter avec la ligne électrique en arrière-lot.
Le promoteur Michel Duchesneau et l’urbaniste-conseil, Claude Théberge, soutiennent que la bande de protection imposée dans le développement de la rue de Verchères ne peut pas cohabiter avec la ligne électrique en arrière-lot.

Michel Duchesneau veut développer, pas se chicaner

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Même s’il s’est récemment engagé à respecter les règles édictées dans le Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA), le promoteur Michel Duchesneau soutient à nouveau que le dossier du prolongement de la rue de Verchères à Granby est actuellement dans une impasse.

« Je veux simplement qu’on s’assoie ensemble et qu’on trouve une solution. Il y a un problème majeur : la ligne électrique et la bande de protection ne peuvent pas cohabiter. (...) Ce n’est pas une guerre de coq. Je veux qu’on trouve une solution au problème qui est là », a laissé tomber mercredi Michel Duchesneau.

Le dossier est au cœur de l’actualité depuis le début de l’été, notamment parce que le promoteur a effectué du déboisement illégal dans la bande boisée de protection de six à vingt mètres qui doit être préservée entre les résidences des rues de Versailles et le prolongement de la rue de Verchères, en vertu d’un PIIA adopté en 2016.

Bien qu’il ait reconnu avoir débuté trop tôt l’opération qu’il qualifie de « nettoyage » et non de « déboisement », M. Duchesneau a justifié son geste par la nécessité d’aménager la ligne électrique en arrière-lot.

Le dossier s’est complexifié, car les normes d’Hydro-Québec ont changé depuis qu’il a commencé à travailler le projet, affirme celui qui a également été maire de Granby de 1993 à 2000. Les normes d’aménagement ne sont plus de trois mètres de part et d’autre de la ligne, mais bien de cinq mètres. « Ce que ça fait, c’est que ça réduit de façon considérable la partie constructible des terrains », dit-il.

« Quand on additionne l’ensemble des cadres réglementaires et des ententes qui ont été convenus ou obligés, on arrive au point que c’est plus grand que le projet », souligne Claude Théberge, l’urbaniste-conseil qui œuvre avec le promoteur sur le développement.

Bande litigieuse

Mardi, lors de la séance du conseil, une poignée de citoyens intéressés à s’établir dans le nouveau développement ont d’ailleurs dénoncé les conditions contraignantes, selon eux, de l’entente qui lie le promoteur, Michel Duchesneau, à la Ville.

La présence de la bande de protection au fond de leur terrain, additionnée au passage de la ligne électrique, fait en sorte que les marges de manœuvre sont pratiquement réduites à zéro sur certains terrains pour l’ajout, par exemple, d’une piscine ou d’un cabanon.

« C’est pratiquement une aire de conservation. (...) S’il y a quelque chose de tellement important à protéger pour le caractère boisé, pourquoi les gens de la rue de Versailles n’ont pas la même protection sur leur terrain. Pourquoi les mêmes normes ne sont pas appliquées des deux côtés », s’interroge Claude Théberge.

Si le maire Pascal Bonin estime que le promoteur n’avait pas à signer l’entente si elle ne lui convenait pas, le principal intéressé dit avoir accepté « dans la contrainte » pour « acheter la paix » et faire avancer le projet.

Selon Michel Duchesneau, certains acheteurs potentiels patientent depuis 2017 pour se construire dans ce secteur de la Ville, où 31 nouveaux terrains sont développés. Ils prolongent leur offre d’achat de six mois en six mois, dit-il.

« On est en train de coordonner une rencontre avec Hydro-Québec et la Ville de Granby pour aller sur le terrain et bien comprendre jusqu’où on doit aller et ce qu’on doit couper. On veut faire les choses comme il faut. (...) Mais on a l’impression qu’on ne sera pas capable tout seul de notre bord de régler le problème et qu’on va peut-être être obligé d’interpeller la Ville pour s’asseoir ensemble et trouver une solution », dit M. Théberge.

« Je ne suis pas là pour me chicaner, mais pour développer », lance Michel Duchesneau qui a aussi annoncé en juillet dernier son intention de briguer la mairie en novembre 2021.