Michaël Tessier affirme qu'il joue uniquement sur son talent. Après quatre matchs, il compte huit points.

Michaël Tessier, le dépanneur de luxe

Michaël Tessier disputera son cinquième match de la saison dans l'uniforme des Maroons, samedi soir à l'aréna Jacques-Chagnon, alors que les Waterlois vont recevoir la visite du Turmel de Lac-Mégantic.
Non, Tessier ne joue pas souvent. En fait, il agit comme dépanneur chez les Maroons. Un dépanneur de luxe, on s'entend. Et vous savez quoi ? Ça fait parfaitement son affaire ! 
« Ça fait quelques années que Michel (Deschamps) veut m'avoir, explique le choix de troisième ronde des Sabres de Buffalo en 2002. Je n'ai pas joué du tout la saison dernière, mais j'ai fini par me laisser convaincre cette année parce que Mike est un vieil ami. Mais j'ai imposé mes conditions et elles ont été acceptées. »
Tessier est directeur des ventes chez un concessionnaire auto­mobile de Saint-Hyacinthe et il n'est pas disponible le vendredi soir. Et ne comptez pas sur lui pour descendre­ à La Tuque non plus ! 
« J'ai beau jouer encore, je me considère à la retraite du hockey. J'ai un bon emploi, je suis en train de me construire une maison à Granby et le hockey n'est plus la chose la plus importante dans ma vie comme ça a été le cas pendant des années. D'ailleurs, je ne suis pas en forme. Je joue sur mon talent. »
Heureusement qu'il n'est pas en forme. Car après quatre matchs, il compte huit points, dont trois buts. Clairement, il est encore capable de faire pas mal de millage en jouant sur son talent. 
« Je ne patine plus comme je patinais, mais je me sers de mon intelligence et de mon expérience. Ça fait la job plus souvent qu'autrement. »
Ceci dit, Tessier ne veut pas qu'on pense qu'il regarde la Ligue de hockey senior de la Mauricie de haut. 
« Le calibre est bon. Ce n'est pas la Ligue nord-américaine, mais c'est bon. Et il y a de bons jeunes, des jeunes qui patinent et qui veulent apprendre. Il n'y a pas de gêne à jouer ici, surtout que le circuit­ est très équilibré. »
Pas de regret 
Au début des années 2000, Michaël Tessier était considéré comme un bel espoir du hockey professionnel. Mais les choses n'ont pas tourné à son avantage après avoir été repêché par les Sabres et il a tôt fait de se retrouver dans la Ligue nord-américaine, puis en Europe, à la suite de son séjour dans la LHJMQ à Acadie-Bathurst et à Québec. 
« J'ai vraiment adoré jouer en France, souligne-t-il. Même que si c'était juste de moi, j'y serais encore. Mais bon, la vie nous amène à prendre des décisions et il faut ensuite vivre avec nos choix. Des regrets ? Je n'en ai pas. Je reste fier de ce que j'ai accompli. »
Il a joué trois ans en France et sept ans dans la Ligue nord-­américaine. Ses derniers moments dans la LHJMQ, avec les Remparts de Patrick Roy, l'ont toutefois rendu­ amer. 
« Disons que ça a changé les choses par rapport à la suite de ma carrière. Mais c'est du passé, je ne veux pas m'étendre là-­dessus. Le hockey ne m'empêche plus de dormir. J'ai toutefois encore du plaisir sur la glace. Quand je m'en vais à Waterloo, je suis content de le faire. »
Et il y sera justement samedi soir.