L’accusé Mario Monast peu avant sa première comparution en cour, le 5 août 2019.
L’accusé Mario Monast peu avant sa première comparution en cour, le 5 août 2019.

Meurtre de son beau-fils: Mario Monast remis en liberté provisoire

Le tribunal a accepté, mercredi, de remettre en liberté provisoire l’auteur allégué d’un meurtre commis le 3 août 2019 à Granby.

« Je fais droit à la demande de M. Monast », a déclaré le juge Charles Ouellet, de la Cour supérieure, lors d’une audience au palais de justice de Granby.

Mario Monast, 70 ans, avait demandé le mois dernier d’être remis en liberté en attendant son procès pour le meurtre non prémédité de son beau-fils, Steve Bruce Marquis. Le crime avait été commis à la résidence de l’accusé située rue Foch. La victime, âgée de 51 ans, avait été tuée par balles.

Puisque le juge a accepté les conditions suggérées par la défense, représentée par Me Nicolas Cossette, M. Monast doit contracter, en guise de caution, une hypothèque légale de 50 000 $ sur sa résidence.

Sa conjointe et mère de la victime, Thérèse Marquis, fournira également un dépôt supplémentaire de 5000 $ « pour assurer la présence de l’accusé au tribunal », a dit le juge.

M. Monast devra habiter à son domicile, respecter un couvre-feu entre 22 h et 6 h et ne pas quitter la province. Il ne doit plus détenir d’arme à feu et a l’obligation de se rapporter une fois par mois au poste de police de Granby.

Principes

« On est content du résultat, c’est le plan de sortie qu’on a proposé », a indiqué Me Cossette à sa sortie de la salle d’audience.

Me Cossette a rappelé « les principes cardinaux que sont la présomption d’innocence et le droit fondamental d’un accusé à bénéficier d’une caution ». « En principe, aucun accusé ne doit être privé d’une liberté provisoire. »

Son client, a-t-il ajouté, est très âgé et n’a pas d’antécédent judiciaire. « Sa détention n’est pas nécessaire pour assurer la protection du public. »

De plus, les conditions imposées à M. Monast « sont majeures », donc il a « un intérêt assez prononcé à les respecter », estime Me Cossette. 

À l’audition de la requête sur remise en liberté, en janvier, Me Cossette avait aussi fait valoir que son client aurait « un moyen de défense majeur à faire entendre » à son procès.

Thérèse Marquis n’a pas fait de commentaire à La Voix de l’Est.

Influence

Du côté de la poursuite, Me Émilie Baril-Côté a mentionné que la Couronne allait « prendre le temps d’analyser » la décision du juge. La procureure ne prévoit pas en appeler, soulignant que les conditions imposées à l’accusé étaient « sérieuses ».

En janvier, Me Baril-Côté avait dit craindre que M. Monast cherche à influencer sa conjointe, qui devra vraisemblablement témoigner au procès.

Dans sa décision, le juge Ouellet reconnaît qu’il ne s’agit pas « d’une solution idéale », mais souligne qu’il n’y a pas de « probabilité marquée » que l’accusé tente d’influencer Mme Marquis. Il rappelle également que la remise en liberté provisoire « est la règle, et non l’exception ».

Mario Monast, qui était détenu préventivement depuis le 3 août dernier, fait également face à des accusations de port d’arme dans un dessein dangereux et d’entreposage négligent d’arme à feu. Il risque la prison à vie.

Son dossier doit revenir devant la cour d’ici quelques semaines pour l’étape de l’enquête préliminaire.