N’importe lequel des coups tirés en direction des victimes a pu les tuer, a indiqué la Dre Liza Boucher, pathologiste judiciaire.

Meurtre de Nancy Beaulieu et de Martin Bélair: leurs corps criblés de balles

L’autopsie des corps de Nancy Beaulieu et Martin Bélair, mystérieusement tués à Acton Vale en janvier 2015, révèle que le couple a été criblé de sept projectiles.

N’importe quel des trois tirs qui ont touché la Granbyenne ou des quatre qui ont heurté son conjoint auraient pu causer la mort, a indiqué vendredi la Dre Liza Boucher, pathologiste judiciaire.

L’analyse des cadavres, retrouvés trois jours après le crime, a aussi permis d’apprendre que les cœurs des victimes — tout comme bon nombre d’organes internes — ont été touchés et que les coups n’ont « pas été tirés de très loin ».

La Dre Boucher témoignait vendredi au procès de Francis Yergeau, accusé avec un complice allégué d’avoir mis fin aux jours de Mme Beaulieu et de M. Bélair, qui étaient gérants d’un bar de danseuses nues à Saint-Hyacinthe, le Cabaret Flamingo.

Une importante transaction de cocaïne serait à l’origine du crime. Des traces de cette substance ont d’ailleurs été trouvées dans l’urine de M. Bélair.

Dédommagement

Ce dernier « faisait des affaires » avec le coaccusé de M. Yergeau — une ordonnance de non publication empêche les médias de l’identifier pour ne pas nuire à son éventuel procès —, a confirmé Simon Desrochers, ancien copropriétaire du bar avec Martin Bélair.

Au lendemain des meurtres, le 7 janvier 2015, le complice allégué de M. Yergeau s’est d’ailleurs présenté au commerce de la rue des Cascades pour exiger un dédommagement de M. Desrochers.

L’homme alléguait que M. Bélair « s’était sauvé » avec un demi-million de dollars lui appartenant. Il a débuté l’entretien « en se pétant une grosse ligne de coke sur le bureau », s’est souvenu le témoin.

Le coaccusé de Francis Yergeau a tenté de soutirer un demi-million au partenaire d’affaires de Martin Bélair, Simon Desrochers (photo).

À la suite de quoi « il délirait ben raide » et « s’est présenté comme un haut placé de la mafia italienne ». « Je lui ai dit que je ne paierai rien », a dit M. Desrochers.

Quant à M. Yergeau, qui accompagnait fréquemment son coaccusé au bar d’effeuilleuses, le témoin a dit ne l’avoir vu « que deux fois ». M. Desrochers a cependant admis qu’il n’allait pas souvent à son bar.

Arme du crime

Selon l’exposé d’ouverture de Me Sandra Bilodeau, du ministère public, Francis Yergeau a avoué aux policiers avoir participé aux meurtres. Il a néanmoins plaidé non coupable aux accusations qui pèsent contre lui.

Est-ce lui qui a révélé où se trouvait l’arme du crime ? Chose certaine, un fusil de calibre 12 a été retrouvé en juin 2016 dans une rivière de Saint-Cyrille-de-Wendover, au Centre-du-Québec, et déposé en preuve. Le duo d’accusés, tous deux d’Acton Vale, avait été arrêté le mois précédent.

L’audience de vendredi, au palais de justice de Saint-Hyacinthe, a aussi permis d’apprendre que le complice allégué de M. Yergeau avait eu un comportement inusité lorsqu’il a retourné un camion loué, au lendemain des meurtres.

Il a dit de « faire attention de bien le nettoyer, qu’il soit très très propre », a dit Jean-François Gélinas, propriétaire du commerce Discount de Saint-Hyacinthe, et environ 450 km étaient affichés au compteur.

Coupures

L’homme a aussi déjà réglé une note en pigeant dans un sac d’épicerie rempli de billets de banque, a mentionné M. Gélinas. Ce qui n’a pas empêché le duo d’accusés de laisser au commerce une note impayée de 3000 $ à la suite de son arrestation, en mai 2016.

Une fouille policière a également permis d’apprendre que le coaccusé conservait chez lui plusieurs coupures d’articles de La Voix de l’Est traitant de la disparition — puis du meurtre — de Nancy Beaulieu et de Martin Bélair.

Le procès de Francis Yergeau se poursuit lundi, avec les derniers témoins de la Couronne, devant le juge Daniel Royer de la Cour supérieure.